Services publics… à vendre ?

Ce vendredi 1er septembre, la Ville de Frontignan la Peyrade, la sixième ville de l'Hérault, met en vente sur le « bon coin » son hôtel de ville, une école - la plus ancienne de la commune - et son cinéma municipal pour dénoncer les baisses de dotation de l'Etat… Cette vente - 2,5 millions d’euros chaque bâtiment - n’est ...que symbolique bien sûr ! C’est la façon qu’a imaginé le Maire Pierre Bouldoire pour dénoncer la baisse des dotations de l’État et les "premières mesures concrètes" dévoilées par le gouvernement pour la maîtrise des dépenses et la "rénovation du modèle social" .

 

Nicolas Démoulin, député de la 8ème circonscription de l’Hérault réagit :

"Ce vendredi 1er septembre, le maire de Frontignan, Monsieur Bouldoire a décidé de faire un « coup de com » simulant une vente immobilière pour attaquer la politique du gouvernement tout en portant atteinte à ma vie privée.
La baisse des dotations aux collectivités, le décret du 20 juillet 2017 a procédé à des annulations d’autorisations d’engagement et de crédits de paiement, à hauteur d’environ 300 M€ sur la mission «Politique des territoires». Cette baisse s’inscrit dans l’effort d’économie budgétaire demandé à tous les ministères en 2017 pour réduire l’accroissement de la dette de la France. Elle ne porte que sur des projets non engagés et correspond pour l’essentiel à des crédits gelés par la précédente majorité. Aucun projet en cours n’est donc annulé.
Au delà d’une méthode peu glorieuse, il a décidé en même temps de rendre public mon numéro de téléphone personnel sur un site de petites annonces et sur plusieurs bâtiments municipaux dont la façade de la mairie.
Le débat démocratique mérite mieux que des caricatures et des attaques personnelles vis à vis d’un député fervent défenseur de sa circonscription et de la ville de Frontignan. Cela n’aura évidemment aucune incidence sur mon engagement et ma détermination. Le désaccord politique ne justifie pas tout."

communiqué de Nicolas Démoulin, 1er septembre 2017

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, trois grandes banderoles : "À vendre" ont été déployées sur les trois bâtiments appartenant à la municipalité. Sur les banderoles, les noms des agences immobilières fictives renvoient directement au président de la République et au premier ministre : "Jupiter et fils" ou encore "SCI Philippe".

« Chacun le sait ici ou à peu prés, je suis un élu local.
Mon choix a été fait très tôt et je n’ai jamais brigué de mandat national »

La baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF)  envisagée au niveau national est de 13,7 milliards. Pour Frontignan, elle sera de 2,5 millions d’euros jusqu’en 2022. Elle avait déjà été de 1,7 million d’euros entre 2014-2017 ; Le gel des emplois aidés – près de 500 000 aujourd’hui en France tous secteurs confondus – impacte ici 88 employés, dont 32 dès la fin de l’année. La taxe d’habitation, 8,6 millions d’euros en 2017, représente 50% de nos recettes issues de l’impôt… Pour le maire « soustraire des aides, asphyxier les collectivités, et donc, in fine, transférer les services publics au privé, ce n’est pas réformer » et il en appelle à la population pour se mobiliser « pour éviter d’en arriver à ces solutions qui n’en sont pas »

Frontignan la Peyrade emploie 88 contrats aidés type CAE, le gel représenterait le non renouvellement de 33 CAE dont la moitié est employée dans les écoles de la ville ou dans le social. "Mais je rassure les Frontignanais, précise Pierre Bouldoire "le dispositif d’accueil sera maintenu" avant d'ajouter qu'il est  favorable aux changements et  à des reformes, "mais pas comme çà ".
"Oui, p
oursuit Pierre Bouldoire,je suis pour une dynamique citoyenne et politique où nous sommes "en marche" pour un monde meilleur pour tous,. Oui, j'ai voté Emmanuel Macron au 2ème tour de l'élection présidentielle et Nicolas Démoulin au 2ème tour des élections législatives. Mais mon cœur est à gauche et mon seul parti, c'est le bon sens.  Je ne me résoudrais donc pas à accepter que les économies soient faites sur le dos des villes : baisse de la Dotation globale de fonctionnement (#DGF), fin des contrats aidés, augmentation de la CSG pour les retraités ou baisse des APL qui impacte les étudiants.
J'entends qu'il faut laisser du temps mais n'en soyons pas pour autant muets. La priorité, c'est le bien-vivre dans notre Ville et les choix effectués actuellement dans les plus hautes strates de l'Etat vont impacter nos choix à venir. Il est donc légitime d'exprimer nos inquiétudes

Pour conclure Pierre Bouldoire invite le président de la République et les membres du gouvernement à venir à Frontignan voir  comme fonctionne une mairie.

Pas sur que l’invitation soit prise en compte.

Alain Sanfilippo

 

Drapeau du Royaume-UniEnglish abstract

On Friday september the 1st, Frontignan la Peyrade, 6th Herault city, sells on the "Bon Coin" its town hall, a school -the oldest in the commune- and its public cinema, in order to denontiate public help decrease by the government…
That 2.5 million euros sale per building is only symbolic! It's mayor Pierre Bouldoire humoristic way to denonciate French government's public help decrease as well as its "tangible actions" to master expenses and "renovate social model".
During thursday to friday's night, 3 big banners FOR SALE were installed over 3 buildings belonging to the municipality. On them, were written the names of fictitious real estate agencies with a direct hint to our president : "Jupiter and son" or "Philippe's SCI ".
Public help's decrease on a national level should be of 13,7 billions. For Frontignan, it will be of 2,5 million euros until 2022. It was of 1,7 million euros between 2014-2017 ; Helped jobs freeze -close to 500 000 today in France for all industries – impacts 88 employees, of which 32 by the end of the year. Housing taxes, 8,6 million euros in 2017, represent 50% of our income from taxes…
For the mayor, "cut down help, asphyxiate collectivities, and therefore transfer public services to private, is not remodeling. So he's calling public to get into action "to avoid reaching solutions which are not". 

traduction : Florence de Martino