Le député Euzet au four et au moulin

Entre deux avions et  ses rendez-vous  sur le terrain local, le nouveau député de la 7ème circonscription de l'Hérault a bien voulu accorder un entretien à Agde-infos pour évoquer les 3 premiers mois de son mandat et les perspectives à venir pour son action parlementaire.

 

 Christophe Euzet "il faut qu'on avance !"

Pour Christophe Euzet rien de grand ne se construit sans un rythme soutenu pour ne pas dire une certaine vitesse.  Élu le 18 juin 2017, il participe 3 jours plus tard, dès le 21 juin, à sa première réunion de travail à Paris.
Pas question de vacances non plus avec la session extraordinaire de l'Assemblée Nationale. Au 9 août, déjà 18 lois votées et le député de l'Hérault s'est retrouvé d'emblée impliqué dans la préparation de 11 de ces lois dont les plus emblématiques : la loi de prolongation de l'état d'urgence, la loi habilitant le gouvernement à procéder par ordonnances pour réformer le code du travail, la loi organique sur la moralisation et "la confiance dans la vie politique", etc.
Pour ce travail législatif, le député de l'Hérault, docteur en droit public, est dans son élément. Une compétence qui  se remarque et une influence qui  peut être utile à notre territoire. Ne dit-on pas que le vrai pouvoir est le pouvoir de proposition? Si notre circonscription dispose d'un bon relai à Paris, qui s'en plaindra?
Cette capacité a bien vite été identifiée par nombre d'élus locaux et par les mileux socio-économiques. Quand il n'était pas à Paris cet été, le député était sollicité localement de toutes parts. Il en a profité pour saisir toutes les occasions pour parcourir le terrain et échanger avec les uns et les autres.  On l'a vu à la Saint Louis de Sète, à la fête de l'âne à Bessan,  avec les vignerons, avec les conchyliculteurs, avec la CCI et des chefs d'entreprises, avec les services de l'État, etc.

De ses échanges avec les uns et les autres, Christophe Euzet en retire que  la population attend  du gouvernement des résultats rapides. En tant que député de la majorité il en est très conscient. D'un tempérament battant, cela n'est d'ailleurs pas pour lui déplaire. "Il faut qu'on avance... et vite" martèle-t-il.

   

A.I : Comme beaucoup de nouveaux députés, c'est votre premier mandat électif. Comment vivez-vous cette expérience?

 Christophe Euzet : Je suis bien conscient que la population attend avant tout des résultats et que le gouvernement que je soutiens ne bénéficie d'aucun état de grâce. Aussi je m'implique à fond. Comme pour tous les projets auxquels j'ai participé dans ma vie professionnelle, j'aborde mon mandat avec le désir de réussir, de faire bouger les choses et d'être utile à ma circonscription.
Avec le non cumul des mandats et la réforme des institutions qui se profile, le travail du député change de nature. Il requiert davantage de présence parlementaire et un investissement accru au niveau national. Comme la présence sur le terrain reste elle aussi fondamentale, cela signifie beaucoup de temps et d'énergie à consacrer à ma mission. Heureusement, j'ai pu constituer une équipe solide avec mon suppléant William Nicolas, les attachés parlementaires et proches collaborateurs qui m'aident à Paris et localement. Et physiquement, j'ai la forme pour tenir le rythme qu'impose les circonstances et l'obligation de résultats.

A.I  : A quelles réformes des institutions pensez-vous?

Christophe Euzet : Ce sont celles annoncées déjà par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle :  réduction du nombre de députés, de sénateurs, et des élus locaux, limitation du nombre de renouvellement des mandats, instauration d'une dose de proportionnelle pour les élections.

A.I: Quel type de député souhaitez-vous être à Paris?

Christophe Euzet : Je suis d'un naturel actif et entreprenant. Je ne me contenterai pas d'une présence passive ou symbolique. J'entends travailler et faire mes preuves pour exister. J'ai l'avantage d'être juriste de formation, ce qui me permet d'avoir été intégré à la commission des lois de l'Assemblée Nationale et de participer activement à la préparation des textes législatifs qui prépare les changements nécessaires à notre pays.
Au niveau local, je souhaite être un relai, un facilitateur pour que mon travail à Paris soit aussi utile à la  7ème circonscription de l'Hérault

A.I : Que pensez-vous de la baisse de popularité du Président Macron et de son gouvernement?

Christophe Euzet : Le Président Macron fait ce qu'il a dit qu'il ferait s'il était élu. C'est honnête et courageux.
Si certaines des mesures annoncées par le gouvernement  peuvent être perçues ponctuellement comme impopulaires il convient de les replacer et de les apprécier dans un programme d'ensemble. C'est  le "pourquoi" de ces mesures et leur cohérence globale qu'il faut regarder. L'objectif est de redynamiser l'économie du pays.
Assouplir les contraintes et apporter de la souplesse dans le code du travail n'est peut être pas la solution miracle mais face à un chômage de masse qui perdure depuis tant d'années, nous devons agir et essayer d'autres voies que celles qui ont été explorées jusqu'à présent. La priorité c'est bien de créer les conditions pour faciliter les embauches.

Prenons les contrats aidés, les "CAE" qui font polémique. Leur financement  mobilise des fonds publics considérables et ils sont finalement peu efficaces car ils conduisent rarement à des emplois durables. L'objectif est de réorienter cette politique pour obtenir de vrais emplois et faire baisser structurellement le chômage.
Nous souhaitons par ailleurs encourager l'initiative, dynamiser l'économie, rétablir la confiance, retrouver du positif et en quelque sorte mieux maîtriser notre futur pour aller de l'avant. Pour un programme aussi ambitieux et en rupture avec la passé, il faut à la fois aller vite pour agir mais laisser aussi du temps pour juger des effets.

 

Emplois aidés : le vrai du faux

La diminution annoncée des contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE) fait débat car ils font défaut à nombre de collectivités territoriales et d’associations qui utilisent  ces emplois subventionnés pour alléger leur budget
C’est donc sans surprise que nombre d’élus locaux sont montés au créneau pour les défendre, à commencer par le président de l’association des maires de France, François Baroin, l’ancien bras droit du candidat François Fillon qui en réclamait pourtant leur suppression totale lors des présidentielles.
Sous une forme ou sous une autre, ce type de contrat existe depuis une quarantaine d’années avec l'objectif de favoriser l’emploi. Au-delà des postures politiques et sans polémiquer sur l’utilité de ces contrats, la réalité est qu’ils coûtent horriblement cher (4,2 milliards d’euros en 2016) et qu’ils ne conduisent guère à des emplois durables : dans les collectivités territoriales et dans les associations, à peine 20% de ces contrats débouchent en fin de compte sur des emplois stables.
La décision d'en diminuer significativement le nombre ne vient d’ailleurs par du gouvernement actuel mais du gouvernement précédent qui en avait budgété 280.000 pour 2017 contre 460.000 en 2016. Face à nombre de situations critiques, le gouvernement d’Edouard Philipe a d’ailleurs dû prévoir d’en rajouter 40.000 pour éviter le pire à court terme. Par contre il a d’ores et déjà annoncé que les mesures seraient prises pour que le nombre de ces contrats subventionnés ne dépasse pas 200.000 en 2018. D’autres voies "plus efficaces" devraient être recherchées pour favoriser l’insertion sociale des bénéficiaires actuels.  

 

A.I : Les députés et le gouvernement travaillent-ils sur la sécurité?

 Christophe Euzet : Bien évidemment. C'est un thème majeur et dès demain 12 septembre, l'Assemblée Nationale examine le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.

A.I : Quand la France s'est construite elle n'était pas une réalité ethnique, elle a su néanmoins devenir une réalité politique. L'Europe peut-elle suivre le même chemin?

Christophe Euzet :  Je crois qu'une Europe fédérale est possible. L'Europe reste une opportunité à condition de la faire évoluer d'une logique purement économique où les valeurs du marché l'emportent sur tout le reste vers une logique véritablement politique. Une Europe fédérale conserve les spécificités des uns et des autres mais parle d'une seule voix pour sa sécurité, ses choix de sociétés, ses politiques industrielles et commerciales. Je souhaite une Europe cohérente,  ouverte mais forte,  qui refuse un élargissement sans fin au delà des ses frontières historiques. La jeunesse qui voyage et qui profite des programmes Erasmus, se sent déjà profondément européenne. Elle se sent chez elle partout en Europe. Elle nous montre sans doute la voie.