Gloire aux plombiers-zingueurs

 

 
 

sur le rond-point de Bessan avec les « Sulfates de cuivres » de Florensac.

Depuis longtemps, je place le plombier-zingueur comme l'archétype des Français moyens ; vous savez, cette race des travailleurs manuels, à laquelle on ne demande jamais son avis, on préfère interroger des gens plus médiatisés, hommes politiques ou artistes connus, qui font bien sur un plateau et qui montrent un meilleur investissement humain pour une chaîne d'information : pourquoi Johnny Depp s'y connaîtrait plus sur la crise économique de l'Occident plutôt que Marcel Lambda, plombier zingueur à Joinville-le-pont ?
Longtemps je me suis posé cette question, comme Brassens, notre chaleureux poète sétois, qui exprimait ce même désarroi en ces termes : « c'est une erreur, mais les joueurs d'accordéon au grand jamais on ne les met au Panthéon ». Aujourd'hui, il existe une révolution sociale, la révolte des Gilets Jaunes ; sous cette étoffe fluorescente bat le cœur de gens ordinaires, des travailleurs manuels qui n'ont pas voix au chapitre et sont contraints d'accepter les lois venues d'en haut, les politiques, les gens de pouvoir. Aujourd'hui, les plombiers-zingueurs ouvrent leur gueule et, comme l'union fait la force, ils sont là, ensemble, heureux de faire vaciller la classe des énarques qui les arnaquent.
Aujourd'hui, ils se manifestent, « ils » ou « elles » d'ailleurs…
Alors, gloire à la plombière-zingueuse !

Dominique Coërchon