Florensac : la centrale photovoltaïque et le lézard ocellé.

Dans le discours du Maire pour les vœux aux florensacois, il y avait une annonce extraordinaire mais assez succincte pour passer inaperçue (ou inouïe, puisqu’en la circonstance il s’agissait du sens de l’ouïe). Il fut un bref instant question du lézard ocellé qui empêcherait l’édification d’une centrale photovoltaïque dans les garrigues de Florensac ! Puis on passa vite aux bienfaits que notre belle commune a su mettre en place pour le bonheur de ses administrés …

Cette affaire de lézard ocellé m’était restée en travers, d’habitude on dit, lorsqu’une affaire tourne bien : « Y’a pas de lézard », ici, il semblerait que si.

Je vous sens curieux d’en savoir davantage. Vous imaginez déjà un combat entre deux factions d’écologistes, l’une défendant les énergies douces avec le généreux soleil comme générateur, et une autre, plus terre-à-terre, défenderesse du bonheur des lézards ocellés à parcourir quiètement nos garrigues surchauffées sans l’ombre d’un panneau solaire. C’est dans sa nature, cet animal magnifique aime lézarder sous le soleil brûlant en toute tranquillité !

Vous vous dites : si maintenant les écologistes s’affrontent par nature interposée, c’est le serpent qui se mord la queue. Où va-t-on ? Pour le savoir, je vais pour vous à la mairie de Florensac, où l’on m’a affirmé que rien n’était encore décidé et que tout était aux mains des hautes autorités de l’état, donc du ministère de l’environnement. Toutefois, on me fit remarquer qu’il serait dommage que notre commune se prive d’une manne financière que le soleil pourrait répandre dans sa colossale générosité.

Il demeure étonnant que cette lutte fratricide entre les partisans du lézard et les partisans des panneaux solaires se passe sans tenir compte des écologistes locaux, serait-ce une manifestation du parisianisme ambiant ? Et ne serait-il pas concevable de laisser cohabiter les lézards et les panneaux dans notre environnement à nous ? Et les cigales ? Qu’en pensent-elles ? Et les outardes, il paraîtrait qu’elles aient leur mot à dire…

Affaire à suivre, la vie est passionnante.

                                                                                          Dominique Coërchon