Sortie à Saint Jean d'Alcas et à l'abbaye de Sylvanès

La dernière sortie de l’association « Les Amis de Montagnac » s’est déroulée, en mai dernier, par un temps parfait, ni trop chaud ni trop froid qui incite toujours à la bonne humeur, en deux visites passionnantes à divers titres. Il y a d’abord eu le voyage, véritable leçon naturelle de géographie sur l’arrière-pays montagneux du sud-Aveyron. Après la plaine de l’Hérault, ils ont traversé, les terres rouges du lodévois (les ruffes), le plateau du Larzac, verdoyant cette année, puis ses rebords boisés, ensuite ils ont suivi les petites vallées qui entaillent ce plateau, dont celle de la Sorgue (la source en langue d’oc) ; au retour par l’itinéraire direct qui traverse l’ancienne région des mines de charbon (Graissessac-Andabre) les voyageurs sont passés par la vallée de l’Orb, célèbre pour ses routes bordées de cerisiers, pour enfin arriver sans encombre à Montagnac. La route souvent sinueuse et difficile a permis au chauffeur, Thierry, de montrer toute sa dextérité et la souplesse de sa conduite. Ajoutons à cela un excellent repas pris dans la grande salle pittoresque de l’abbaye de Sylvanès et vous comprendrez que les conditions de confort étaient réalisées, favorisant une appréciation sereine des belles choses qu’ils ont vues.

D’abord à Saint Jean d’Alcas, modeste abbaye et village fortifié, qui a connu une histoire tumultueuse. Ancienne possession des templiers, par la suite, le village a servi de tour de guet durant la Guerre de Cent ans : il se trouvait à la limite des possessions du roi de France et de celles, plus envahissantes, des armées anglaises triomphantes.

Mais aujourd'hui on peut oublier l’histoire et se laisser aller au charme de ces rues rudement pavées, de ces murs austères qui ont résisté au temps, montrant encore de solides constructions à la conception rustique mais efficace.

Une bien belle découverte sous la conduite de Charlotte, jeune guide passionnée non seulement par le site mais aussi par la vie paisible qu’ elle mène dans ce coin longtemps oublié de tous et qui reprend vie, grâce aux efforts constants de gens déterminés comme elle.

L’excursion a continué en suivant les petites vallées qui sinuent au gré des ruisseaux, les Amis de Montagnac sont descendus sur Sylvanès où un agréable repas les attendait et une halte récupératrice dans l’ancien grand dortoir de l’abbaye qui a gardé les voûtes croisées de ses origines. Sans difficulté ils ont suivi leur nouveau guide un féru d’histoire qui possède aussi l’art du récit ce qui rend plus assimilable les détails parfois arides. Un temps à l’abandon, puis transformé en bergerie, l’édifice a été sauvé de la ruine par un groupe de bénévoles, heureusement soutenu par les autorités officielles, qui a su lui redonner vie. La pièce maîtresse de l’édifice en est évidemment la chapelle dont l’évolution dans le temps est marquée par la succession des styles, roman, mi roman-mi gothique, pour terminer par du gothique méridional.

Les participants ont beaucoup parlé lors de ces deux visites, d’abbayes cisterciennes ce qui, tout naturellement leur a permis d’évoquer la très belle abbaye de Valmagne mais aussi, à propos du gothique méridional, de l’église Saint André de Montagnac, exemple type de ce style.

 

La journée s’est terminée par la découverte de « l’église de tous les cultes », située à cinq kilomètres de Sylvanès. Il s’agit là d’une autre histoire. Cette église de bois, de style orthodoxe, a été conçue en Russie, par de jeunes architectes russes, transportée en pièces détachées, par train et camions, elle a été reconstituée au milieu des bois. Depuis elle est devenue un lieu de pèlerinage religieux ou de curiosité.

Ainsi s’est achevée cette belle journée sur cette note à la fois pittoresque et paisible : d’une église au style inattendu, dans ce décor aveyronnais, au calme impressionnant qui incite à la méditation.