Des laïcs montpelliérains à Lavagnac

La paroisse Saint Augustin de l’aqueduc organise tous les ans une sortie en bus pour marcher sur les pas du P. d’Alzon. Guidés par le P. Michel Carrière et le P. Huan, Assomptionnistes, les religieux et laïcs se sont rendus le matin à Lamalou les Bains, visiter la chapelle érigée par le P. d’Alzon et son ami le docteur Privat. Ils s’étaient rencontrés dans la diligence le soir du 14 mars 1832 l’un poursuivait ses études de médecine et E. d’Alzon entrait au séminaire. C’est Louis Sécondy, professeur honoraire, conférencier, écrivain, auteur de « Prêtres d’exception en Languedoc-Roussillon » et « Les villages de l’Hérault » entre autres, qui commentait la visite. A 12 h 30, ils étaient accueillis dans la cour du domaine de La Conseillère, par Mme Sabine de Virieu qui avait dressé des tables dans la cour et pour les plus sensibles à la chaleur, dans la cave. Ah la fraîcheur qui règne en ces lieux ! Déjà, lors du décès des frères Boudet, dont l’un était son régisseur, le P. d’Alzon déclarait dans son homélie « J’espère que le paradis leur sera aussi agréable que la fraîcheur de la cave de Montmau ». Après le repas, certains se sont rendus au caveau pour acheter quelques bouteilles dont celles de la cuvée du P. d’Alzon.

A 15 heures, c’est l’arrivée à Lavagnac, un émerveillement lorsqu’on découvre la façade du Midi, mais les pèlerins vont vite déchanter lorsqu’ils apercevront l’intérieur par les fenêtres ouvertes pour la circonstance. A cause de la canicule, on se déplace de zones d’ombres en zones d’ombres, ils écoutent les commentaires de Bernard Bals, sur l’historique du château, la famille d’Alzon à Lavagnac, l’enfance, l’adolescence et plus tard les nombreuses convalescences et visites d’E. d’Alzon en ces lieux. Les anecdotes ne manquent pas à son sujet, il aimait faire du cheval, chasser. Plus jeune il ne manquait pas une occasion de faire des bêtises, comme celle de débusquer une nichée de hiboux et de la placer au fond du lit de son précepteur, l’abbé Bonnet. Dans ses nombreuses lettres, il racontait tous les événements qui se déroulaient lors de ses séjours, les travaux en cours, inondations, les moissons, et même il s’offusque du vol d’une couvée de canards. Il y avait la vie sur le domaine, la polyculture qui est la période la plus florissante avec la culture des oliviers, de la vigne, l’exploitation des chênes pour le tan, bois de cheminée et charbon de bois, amandiers, élevage des vers à soie, troupeaux. A travers des photos et documents amenés par Bernard, on suit l’évolution de cette propriété, sa famille étant présente depuis 1881. Un pèlerin déclarait, "je n’ai jamais autant entendu causer du P. d’Alzon, mais c’est le personnage le plus important qui a vécu en ces lieux. Ce grand homme est omniprésent dans le monde entier, c’est un homme d’aujourd’hui qui a vécu hier".

Après la disparition de Jean de Puységur, c’est son gendre, le comte Robert d’Aulan qui hérite du château, puis ce sera son fils Henri, en 1959 le fils de ce dernier, Jean-François décède dans un accident de la route. C’est un tournant dans l’histoire de cette propriété. En 1976, le comte d’Aulan décède, son petit fils est encore mineur, c’est le grand père maternel qui gère le domaine jusqu’en 1987 date à laquelle il est vendu à un groupe japonais. Mais avant la vente, la famille prend soins de le dépouiller de tout son mobilier. Mme Bayol voyant que l’on emporte le tableau du P. d’Alzon, qui était à Lavagnac ce que la Joconde est au Louvre, informe les religieuses de Nîmes. Ces dernières vont tout faire pour entrer en possession de ce tableau sans aucun résultat. Il en sera de même pour le comte Geoffroy de Virieu qui souhaite acquérir les tableaux et portraits des d’Alzon, de Puységur, d’Aulan, il fera une demande au nom de sa famille, mais n’obtiendra aucune réponse. Une vente aux enchères s’est tenue à Marseille à l’Hôtel des ventes des Bordes.

Après avoir observé de l’extérieur la modeste chambre du P. d’Alzon au deuxième étage, les pèlerins se sont dirigés vers la chapelle, puis l’allée du bréviaire avant de traverser le domaine pour se rendre vers le bus.

A 18h, une messe a été célébrée par le P. Huan dans l’église Saint André de Montagnac. L’homélie a été prononcée par le P. Michel Carrière. Pour la circonstance, le tableau du P. d’Alzon avait été installé dans le Chœur. Belle journée pour ces montpelliérains auxquels s’étaient joints quelques amis de la région.

Bernard Bals