Lavagnac, un patrimoine sacrifié

Les jours passent, et ce château que l’on appelait pompeusement le Versailles du Languedoc tombe en ruine. Cette demeure à qui on avait promis en cette soirée du 8 juillet 2008 le renouveau après 19 ans d’abandon de la part de ces vilains japonais. On avait évoqué qu’ils n’avaient pas les moyens de leurs ambitions, c’est-à-dire d’en faire un hôtel. Il fallait être bien naïf pour croire de telles promesses. Ils étaient venus là pour blanchir de l’argent de provenance douteuse. L’oncle Sam avait refusé que le vieux Hideki Yokoi se porte acquéreur en 1994 de l’Empire State Building à New-York. Qu’à cela ne tienne, il a recours à un homme de paille. Un chèque de 42 millions de dollars et la présence du milliardaire Donald Trump aux cotés des acheteurs finiront par avoir raison de la méfiance des propriétaires. Mais les frères Cox aussi sympathiques soient-ils n’ont pu mener à bien ce projet ambitieux. Pendant les quatre années passées, ils n’ont absolument pas touché au château, mais ont dévasté la garrigue. En 2011, le vandalisme va s’installer, il continue encore aujourd’hui à l’intérieur. Le temps poursuit inexorablement son œuvre destructrice, les toitures de la cave, de la ferme, de la chapelle tombent les unes après les autres dans l’indifférence la plus totale. La pluie entre par les vasistas, les tuiles soulevées par le vent, les fenêtres ouvertes et ruisselle jusqu’au rez-de-chaussée. La situation depuis l’inauguration du 13 juin 2014 n’a pas évolué, bien au contraire. Et pourtant, ils étaient venus, ils étaient tous là pour entendre des promesses sur l’emploi, la rénovation du château, la priorité aux artisans locaux, mais elles n’engagent que ceux qui y croient ! La chaine M 6 était intéressée pour son émission Zone interdite. En 2014 B. S. journaliste a essuyé un refus pour un tournage destiné à être programmé pour les journées du patrimoine.

Depuis l’enquête publique sur l’eau, les maires de Montpeyroux à Cazouls d’Hérault sont opposés farouchement à ce projet et tout particulièrement au golf grand consommateur d’eau. Les viticulteurs ont multiplié avec l’aide des élus les réunions d’information. Dans la mesure où cette réalisation est en sommeil, le mouvement est en veille. Quant à l’édifice, un coup de vent, un épisode cévenol et il en sera fini de ce patrimoine sacrifié sur l’autel de l’argent par certains personnages dévorés par l’ambition de gloire et d’honneurs.

Bernard Bals

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