Montagnac

Tous pour chacun, chacun pour tous

 

 

Jeudi 15 décembre, Mme Sabine Ternon, réalisatrice, était à la cave coopérative "Les vignobles Montagnac" afin de présenter son film documentaire Tous pour chacun, chacun pour tous qui parle des vignerons, de leur coopérative et de l’avenir du métier à travers la rencontre de viticulteurs de l’Hérault dont certains de Montagnac.

De Montpeyroux à Maraussan, de Vergèze à Baixas, Mme Sabine Ternon fait partager les vendanges de Jean-Paul, Xavier, Myriam, Jérôme, Jean-Philippe et Didier.
L'hiver à Montagnac, ce sont Serge, Christian, Pierre, René, qui entraînent le public dans une expérience collective écologique. Ces viticulteurs-coopérateurs de 5 coopératives du Languedoc-Roussillon initient les spectateurs aux défis auxquels il sont confrontés, aux solutions qu'ils testent, et à l'esprit de solidarité sur lequel repose l'idée de coopération.
C'est un film à hauteur d'hommes, qui donne la parole à des pionniers des temps modernes, qui tentent de perpétuer les valeurs de leur prédécesseurs, tout en participant à une grande mutation :

  • transition des pratiques pour une viticulture plus écologique, réduction des traitements chimiques, production diversifiée,
  • adaptation aux changements climatiques, choix des cépages, des terroirs, irrigation,
  • transmission et attractivité pour la génération des plus jeunes,
  • partage d'expériences et de risques au sein du collectif...

Ces acteurs de l'économie sociale et solidaire font encore le pari, qu'après un siècle d'existence la coopération est toujours une force d'avenir.
Le vif débat qui a suivi la projection prouve que Mme Sabine Ternon a su mettre en exergue, parfois avec humour, le travail des viticulteurs coopérateurs.
Point positif, un réel intéressement pour les non-initiés. Durée du film : 1h20 DVD disponible au caveau de la cave coopérative.

C.C

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Patrimoine : glacières en ruines




 

Sur le domaine de Lavagnac subsiste encore deux glacières. 
L’une près de la bergerie, semi-enterrée avec une structure voutée et l’autre au Sud du domaine, de forme cylindrique et enterrée. 
Les premières ont été construites il y a plus de 3.000 ans en Perse. En Occident il faudra attendre le XVIème siècle pour qu’elles se développent. A partir du XVIIème, leur nombre va augmenter considérablement. Elles étaient destinées à stocker la glace ou la neige hivernale. Elles servaient à conserver les aliments, les boissons au frais, mais la glace servait aussi fin XIXème à soigner les malades. Elles sont généralement enterrées, mais Versailles fait exception, et comme un défi, elles sortent de terre pour montrer que même le soleil n’affectera pas le plaisir du Roi. 
C’est une industrie qui va se construire autour de ces édifices. Il y a la construction, elles se trouvent en hauteur afin que les eaux de fonte puissent s’évacuer. Pour les cylindriques, leur diamètre variait de 4 à 5 mètres, et leur hauteur de 6 à 10 mètres. Une dalle sur le dessus fermait le tout, elle était recouverte de terre pour assurer l’étanchéité. Pour introduire ou retirer les produits, un passage, une porte se situait sur la paroi face au Nord pour réduire l’entrée d’air chaud. Ensuite vient la préparation, il faut mettre des branchages au fond, puis de la paille avant de commencer le chargement en glace ou en neige. La glace pouvait être récupérée sur place, mais aussi descendre des monts de l’Espinouse. Le transport se faisait dans des charrettes tirées par des chevaux que l’on remplaçait dans des relais. Plus tard on utilisera le Canal du Midi et le chemin de fer. La glace ou la neige compactée était protégée avec des bâches et de la paille. On construira par la suite des cylindres métalliques pour éviter une fonte prématurée. Ces convois s’effectuaient de nuit. La société des Glacières de Paris avait acheté une concession à Chamonix pour exploiter la glace du Glacier des Bossons.
Le chargement était un moment très important qui nécessitait beaucoup de main d’œuvre. Il fallait transporter l’or blanc à dos d’homme ou dans une brouette, ensuite on pilait la glace avant de la compacter par couche. 

Les glacières cessèrent de fonctionner autour de 1910. Celle qui se trouve près de la bergerie sera en partie transformée en réservoir d’eau qui alimentait la source de la coquille qui se trouve sur la grande terrasse. En France, bon nombre ont été sauvées après restauration. La plus importante se trouve à Chantilly, une autre dans Paris à l’hôtel Matignon, à Versailles. 
Les glacières de Lavagnac pourraient être encore sauvées, mais lorsqu’on observe l’état du château où des personnes ont allumé récemment des feux à l’intérieur, l’optimisme n’est pas de rigueur.

C.C.