Le lycée Charles Alliès prépare des tracteurs pour le Burkina Faso

Un viticulteur a offert à l’association Denro 2 tracteurs agricoles, un Holder et un Massey-Ferguson 130. Remisés depuis longtemps dans un local agricole, ils devaient faire l’objet de quelques travaux ainsi que des opérations courantes d’entretien tel que la vidange, changement des filtres à huile, gas-oil et air et quelques réglages nécessaires.

Michel Boudet trésorier de cette association a fait appel au lycée professionnel Charles Alliès de Pézenas pour réaliser ces opérations avant le départ pour le Burkina Faso.

C’est la classe de 1MMAT de M. Loïc Teyssier qui s’est chargée de l’opération sous le contrôle de Benoît Carbo directeur délégué aux formations.

Ce n’est pas sans une certaine émotion que je me suis rendu dans ce lycée où j’ai obtenu en 1965 le CAP de mécanique agricole, sous la direction de M. Charles Alliès.

A l’époque ces structures étaient présentées comme des solutions de rechange pour ceux qui ne pouvaient prétendre au Bac, trois spécialités y étaient enseignées, la mécanique agricole, la mécanique générale et la menuiserie.

Aujourd’hui les mouches ont changé d’âne et ils sont devenus de gros pourvoyeurs d’emplois dont l’offre est inférieure à la demande des entreprises dans des domaines divers et variés dont nous nous ferons l’écho prochainement. Certains esprits chagrins pourront toujours dire que l’on envoie sur ce continent des tracteurs d’un autre âge.

Cela pourrait être vrai si l’on ne tenait pas compte des conditions climatiques locales.

De nos jours, les machines agricoles sont bourrées d’électronique, et ses ennemis sont la poussière et la chaleur!

Ces pays n’ont pas la main d’œuvre qualifiée ni les pièces en stock pour les réparer. S’ils ne sont pas dépannés dans un temps raisonnable, ils seront cannibalisés, c’est-à-dire démontés, les roues pour faire une remorque, les phares à monter sur une voiture, et ainsi de suite. Il est très difficile de refaire des pièces ce qui n’est pas le cas pour nos tracteurs Holder et Massey-Ferguson.

L’ingéniosité des africains est incroyable, on ne peut qu’être admiratif devant autant de savoir faire. Ils peuvent refaire un carter à partir d’un moule à la cire fondue.

Espérons qu’ils pourront en faire un bon usage pour produire les cultures vivrières afin de nourrir le plus grand nombre.

Bernard Bals