Sur le Canal du Midi : Port Cassafières

 

Port Cassafières en 1974

   

En 1970, M. Roger Sicard, propriétaire du domaine de Cassafières qui s’étend du Canal du Midi à la Méditerranée, se rend compte que cette voie d’eau est en train de changer de vocation. Les péniches de céréales, de carburants, les pinardiers, se font de plus en plus rares. Par contre la navigation de plaisance se développe rapidement grâce aux anglais qui implantent des sociétés de location un peu partout. La principale, la Blue Line, filiale du groupe Guiness, se trouve à Castelnaudary, ils ont un savoir faire et des bateaux adaptés. M. Sicard va rencontrer l’homme providentiel, Robert Linon, ingénieur subdivisionnaire du Canal du Midi à Béziers. Il va obtenir l’autorisation de ce dernier de creuser une darse au bord du canal, puis le port.

En 1971, il embauche le fils de son régisseur, Bernard Bals, mécanicien de formation et conducteur d’engins dans l’entreprise Bec. Il crée la Compagnie de Navigation de Plaisance et va acquérir 2 bateaux pour la location. Auparavant il s’est fait livrer un chalet exposé au salon de la navigation de plaisance au CNIT à Paris, qui va être utilisé pour la réception, le stockage du matériel, et qui existe toujours. Son fils Gilles vient travailler sur le port. On fait de la location mais aussi des promenades jusqu’à Agde et certains jours sur Marseillan. Durant l’automne 1971 il fait l’acquisition d’une pelle mécanique Poclain et un camion. La terre est transportée sur le bord du chemin d’accès au port pour l’agrandir, et faire un parking surélevé au Sud du restaurant. Ainsi le tiers du port sera creusé hors saison par l’employé permanent. Au printemps 1972, l’entreprise Brault creusera un passage du Canal du Midi à la partie du port déjà aménagée. En mai 1972, le Tour de France Nautique parti de Chalons sur Marne fait escale à Port Cassafières à peine baptisé du nom de jeune fille de sa mère. C’était Edmond James, secrétaire général des comités directeurs des groupes plaisance, croisière, et motonautisme au Touring Club de France qui avait mûri ce projet. Il se faisait appeler le Commodore ! Des constructeurs comme la SICOPAL filiale des Charbonnages de France amène ses coches d’eau, Jo Inskip de la Burgundy line amène ses deux bateaux Le Saint Bris et l’Irancy, ainsi que la société Pierre de Meulan. Une fois cette manifestation terminée, la plupart des house-boats seront intégrés dans la flotte de Port Cassafières. Comme il faut aller très vite pour les recevoir, c’est l’entreprise Brault qui viendra terminer ce chantier.

 Jonction des deux bassins  La darse en 1971  Jonction des deux bassins
                                     Mise à sec peu conventionnelle                                                      Darse

En 1973, un groupe d’investisseurs anglais veut reprendre le port, la Summerway cruisers et la Med cruisers proposent d’amener 50 bateaux. Il s’agissait de ce qu’on appelle aujourd’hui un fond de pension. Les bateaux viennent d’Angleterre et sont fabriqués par un français le baron de Tourtelon, personnage atypique, d’ailleurs les modèles de bateaux sont des « Barons ». Le chef de base est M. Cairns. Le directeur est un nommé Garry Lowe et son associé P.S Horner. L’affaire va tourner court, M. Lowe se retrouvera en prison outre Manche et une vente aux enchères aura lieu le 20 juin 1974. Des anglais avaient également construit un restaurant, qui a brûlé et a été reconstruit en dur. La Compagnie de Navigation de plaisance reprend la main, il faut se développer, construire des infrastructures, faire face à la concurrence, et cette entreprise familiale ne peut y prétendre. C’est la Beaver Fleet basée à Agen qui va venir s’implanter et poursuivre le développement de ce port. Ainsi se tournait une page de cette saga familiale où Mme Sicard était la gérante, Gilles l’homme de toutes les situations, François et Catherine venaient lors des vacances scolaires à la réception ou piloter le bateau de promenade. Aujourd’hui c’est l’entreprise Le Boat qui gère ce port.

Bernard Bals