Aide à la personne: un métier difficile

L’ADMR, siégeant à Saint-Thibéry, 1 rue de l’ancienne mairie, joue un rôle fondamental dans le maintien à domicile des personnes âgées. Dans une société où les hôpitaux refusent des patients faute de place, le maintien à domicile est une des solutions envisageables pour la plupart des familles éloignées, soucieuses du bien être de leurs anciens. Le rôle des auxiliaires de vie et celui des aides à domicile ne s’arrête pas à la livraison des repas, le ménage, le repassage, il est surtout un soutien moral, une écoute pour ces personnes seules souvent, mais également une aide aux aidants, un soulagement dans leur journée.

Le 30 janvier dernier, la mobilisation des personnels des Ehpad et de l’aide à domicile a été largement suivie sur un plan national (en photo Incarnation auxiliaire de vie de l'ADMR et une résidente en colère). A l’appel du Syndicat Départemental de l’Action Sociale Force Ouvrière, des salariées de l’Admr de Saint Thibéry se sont joint au mouvement. Cette mobilisation avait pour but d’alerter sur les conditions de travail des salariés, et des conditions d’accueil et de soins des résidents en structure, mais aussi à domicile. Les logiques d’économies et de restrictions budgétaires n’épargnent plus le secteur de l’aide à domicile et la qualité des services et la prise en charge des personnes âgées s’en ressent.

Interviewée, Geneviève Debilliers, Déléguée Syndicale SDAS FO s'explique: "Si la situation est à peine meilleure que dans les structures, c’est essentiellement grâce au dévouement des salariés et bien évidemment au détriment de leurs conditions de travail, de leur vie de famille et au détriment de leurs conditions de rémunération. En effet, le fonctionnement de l’aide à domicile dépend essentiellement de financement public et les politiques d’austérité impactent gravement les salaires au point que les employeurs n’arrivent pas à respecter les simples mesures conventionnelles en matière de rémunération:

-- la totalité des kilomètres effectués ne sont pas remboursés

-- les temps de déplacement entre deux domiciles ne sont pas comptabilisés au réel

-- aucune augmentation de salaire si ce n’est l’augmentation annuelle du smic

-- aucune augmentation de l’indemnité kilométrique qui plafonne à 0,35 centimes depuis plus de 8 ans malgré les hausses du prix des carburants et celles des assurances

-- les trajets des interventions du début d’après-midi ne sont même plus pris en compte.

Rien que sur les temps de déplacement, qui sont considérés comme du temps de travail, c’est un manque à gagner en moyenne de plus d’un tiers par rapport au temps qui est décompté. Sans parler du fait que le manque de budget empêche toute augmentation de salaire ou avancées sociales que tous les autres secteurs d’activité obtiennent. A cela s’ajoutent des conditions de travail de plus en plus pénible, des- difficultés d’organisation qui impactent la qualité des services, un- isolement des salariés dits de terrain qui n’ont parfois de contact avec leurs collègues qu’au niveau administratif,- peu ou pas de coordination entre salariés pour la prise en charge des personnes et des horaires de travail qui changent sans arrêt d’un jour à l’autre et qui ont des répercussions sur la vie privée et sur la prise en charge des bénéficiaires. L’articulation entre vie professionnelle et privée est difficile dans ces métiers, les temps partiels favorisant des amplitudes horaires conséquentes et des interruptions d’activités journalières fréquentes.

L’épuisement physique et moral des salariés est grandissant. Les accidents de travail et arrêts maladie dans ce secteur sont une fois et demie supérieur aux autres secteurs. Ces pratiques engendrent fréquemment des accidents de travail, parce que bien souvent, les salariés ignorent les gestes techniques de manipulation des personnes et se font mal en effectuant de faux mouvements tout en portant du poids. Cela génère aussi un stress énorme, peur de faire mal, de mal faire, d’être face à des situations qu’on a pas appris à gérer, maladie, fin de vie, handicap... C’est pourquoi, outre les maladies professionnelles inhérentes à ces métiers, on fait face aujourd’hui à des troubles liés au stress, burn-out, dépressions, ainsi qu’à une extrême démotivation. Tout cela participe de la dévalorisation de nos métiers et des personnes qui les exercent, et de leur manque d’attractivité. A l’heure où le secteur des services à la personne est en pleine expansion, il peine à recruter. Il est temps de renverser la vapeur. Les métiers de l’aide à domicile sont des métiers magnifiques et les revaloriser par une reconnaissance financière et un plan réel de formations qualifiantes seraient une première étape vers la normalisation de la profession, encore trop souvent considérée comme marginale. C’est pourquoi d’autres mouvements pour dénoncer le manque de moyens sont prévus, et les salariées espèrent une participation grandissante de tous les acteurs concernés, salariés, bénéficiaires, employeurs, élus, syndicats."

En activité depuis 34 ans, cette structure emploie entre 50 et 99 salariés, et en fait un des plus gros employeurs du village. L’ADMR de Saint-Thibéry intervient sur plusieurs communes: Florensac, Montblanc, Nézignan-l’Evêque, Pinet, Pomérols. Elle est animée et gérée par une équipe de bénévoles qui encadrent des salariés.

Coordonnées de l'ADMR: Tél: 04 67 77 95 46. 1 rue de l’ancienne mairie.

Geneviève Debilliers Déléguée Syndicale SDAS FO : 06 47 58 20 57

F de Martino