Elus et populations mobilisés à Vias pour dire "J'aime ma commune"

Plusieurs dizaines de maires, élus communaux, départementaux et communautaires, ont répondu ce matin 19 septembre à l'invitation du maire Jordan Dartier et du sénateur-maire de Sète François Commeinhes, qui avaient choisi la commune de Vias pour relayer la journée de mobilisation nationale initiée par l'Association des maires de France pour que les élus sensibilisent la population aux coupes franches opérées depuis 2013 et jusqu'en 2017 par l'Etat dans les dotations aux collectivités, "goûte d'eau dans la réduction des déficits publics mais coup sans précédent porté au service public de proximité et investissement local portés par les communes et intercommunalités". Dans leur prise de parole, et avant d'inciter le public à relayer le message et signer la pétition en ligne sur change.org, maire et sénateur ont insisté sur l'iniquité et le rythme effréné des baisses de dotations de l'Etat (-30% au total), qui menace d'asphyxie les finances communales et pénalise l'investissement public, principalement porté par les collectivités locales, et par là même l'emploi privé.

 

JOURNEE DE MOBILISATION NATIONALE DE L’ASSOCIATION DES MAIRES DE FRANCE
Discours de François Commeinhes, Sénateur-Maire de Sète

Tout d’abord, merci au maire de Vias, mon ami Jordan Dartier, de m’accueillir dans sa commune pour cette matinée de rencontre et de sensibilisation sans précédent.
Elle vise, partout en France, à mobiliser la population sur ce véritable coup porté pour plusieurs années à nos collectivités, et en particulier celle à laquelle les Français sont le plus attachés, à savoir la commune.
Si j’ai voulu, en ma qualité de sénateur de l’Hérault, m’exprimer en dehors des frontières de ma ville de Sète, c’est justement pour montrer que je n’en fait pas un cas personnel. Mais que cette politique menée à l’échelon national touche sans discernement toutes nos villes et nos villages, et par là même les services à la population, pour lesquels ces mêmes communes et intercommunalités sont par ailleurs de plus en plus sollicitées sans compensation.
Votre maire a donné quelques chiffres qui vous concernent directement. Pour parler de l’exemple que je connais le mieux, celui de Sète, la baisse de la dotation forfaitaire de l’état est sans précédent, puisque de 9 millions et demi d’euros en 2013, année 1 de cette politique d’austérité, elle a diminué d’environ 6% l’année suivante, puis de 15% cette année, et qu’à l’échéance 2017, si aucun coup d’arrêt n’est mis à ce dangereux engrenage, c’est que 5,3 millions d’euros que nous devrions recevoir. Pas moins de 4 millions d’euros en moins pour assurer le même service à la population : pour permettre des cantines et crèches accessibles à vos enfants, pour assurer sécurité et qualité pour vos voiries, votre éclairage public. Ou encore, en ce si symbolique week-end du patrimoine, pour entretenir vos installations culturelles, sportives ou ludiques, qui permettent aux citoyens de s’épanouir dans une société en crise et trop souvent en pertes de repère.
J’en arrêterai là avec l’exemple sétois car je ne suis pas venu parmi vous pour m’appesantir sur mon cas particulier. Mais je souhaitais comme acteur de la représentation nationale, élu dans une «haute Assemblée» qui a justement pour mission la défense des collectivités locales, dire haut et fort que ces coups portés aux missions de nos communes et intercommunalités, goûte d’eau contre les déficits publics globaux, sont un coup à la qualité de vie, un coup au lien social qui nous unit.

Il y a eu des erreurs de gestion, des excès parfois inexcusables, mais comment accepter que des communes en viennent à fermer leur piscine municipale, à couper drastiquement dans les budgets sociaux ou des sorties scolaires, car l’Etat a décidé de manière arbitraire qu’elles devaient, et de loin, être les premières contributrices à l’effort de réduction de la dette qui, pourtant, concerne chaque entité publique ?! Avec des chiffres parlant d’eux mêmes, que Jordan Dartier vient de détailler.
Donc je vous le dis, Mesdames, Messieurs, c’est sans hésitation ni aucune arrière pensée que je m’associe au mouvement initié par l’Association des Maires de France, de loin la plus représentative des élus de France, et, à travers eux, de la population.
Au-delà de ce moment symbolique qui nous réunit dans votre commune comme dans de nombreuses autres, il faut faire passer le message, clamer haut et fort que l’ampleur et le rythme de cette baisse des dotations n’est pas tenable, que les commune ne peuvent servir de simple variable d’ajustement et risquer l’asphyxie !
Et utiliser, avec les pétitions en ligne, avec les réseaux sociaux et leur parfois formidable effet démultiplicateur, tous les moyens à votre disposition pour qu’au delà de vos représentants, les citoyens prennent la parole pour dire qu’ils refusent qu’on s’en prennent ainsi aux collectivités qui sont au cœur de tous les aspects de leur vie quotidienne.
Ainsi réunis, nous pèserons pour un rééquilibrage qu’au delà de toute considération politique, le simple bon sens exige, afin que nos communes ne soient plus «un patrimoine en danger». Je vous remercie de votre attention, et conclue en vous souhaitant de belles journées du patrimoine, ce patrimoine commun si cher à notre identité que nous ferons tout pour préserver que chacun hier, aujourd’hui comme demain puisse en profiter.

François Commeinhes
19 septembre 2015, VIAS