Unité nationale

Que les choses soient claires : Il ne suffit pas d'invoquer l'unité nationale pour qu'elle se réalise. C'est un vœu pieu, comme tant d'autres, qui n'a aucune chance de prospérer si personne ne fait ce qu'il faut pour y parvenir.
Et pourtant, c'est vrai, l'unité nationale est en danger. Je ne l'ai jamais vu aussi proche de se rompre.
La faute à qui ?
D'abord, bien sûr et avant tous, à l'Etat Islamique. C'est d'ailleurs son objectif. Mais c'est notre ennemi. Notre ennemi à tous. On ne fait pas la guerre contre un ennemi commun en se divisant.
Et cela est valable pour tous ceux qui ont en charge de servir de repère aux "troupes".
C'est aussi la faute du gouvernement qui, à force de nous servir un discours lénifiant, exaspère une opinion publique au bord de la crise de nerfs. L'incantation à l'unité nationale, sans l'action qui doit en résulter, c'est lui.
C'est la faute à tous les leaders de partis politiques qui, d'une manière ou d'une autre, utilisent la haine que l'ennemi nous porte, pour tenter de rallier des électeurs. Et cela c'est la faute des primaires stupides qui n'ont pas été organisées pour l'expression démocratique mais pour régler "entre soi" des problèmes de prééminences de seconds couteaux entre eux.
Et bien sûr, n'en déplaise à mes amis qui à longueurs de déclarations, de reprises de discours aussi excessifs que haineux, favorisent les thèses qu'il ressasse depuis des décennies, c'est la faute du Front national qui exploite comme seul le Poujadisme avait su le faire en son temps, l'expression des exaspérations d'une population plus encline à hurler qu'à réfléchir.
Si les problèmes à régler étaient simples, ils auraient évidemment été réglés, et depuis longtemps. C'est parce qu'ils sont compliqués qu'ils ne le sont pas et que personne, avec ses propres recettes-miracles, ne peut les régler. C'est une vision commune d'une société que nous devons défendre ensemble qui constitue l'arme de l'unité nationale. Pour cela il ne nous faut ni un charlatan, ni un "Bisounours" mais un porte-voix charismatique (nous attendons les candidats) et une population raisonnable.
L'unité Nationale est une force à condition que le peuple ressente son besoin. Sinon, le délitement guette cette population qui sombrera dans la guerre civile "grâce" aux vigiles spontanés qui prétendent aller en guerre mais qui veulent en fait régler des comptes et relancer la mode des ratonades. Ce n'est pas cela que la France demande mais c'est cela qui l'attend si elle ne fait pas rapidement un retour sur elle-même.
Vous tous qui vous croyez plus forts en hurlant avec les loups, craignez l'avenir que vous vous fabriquez !
La balle n'est pas que dans le camp des leaders politiques, elle est aussi dans le nôtre.

Yves Marchand