De la laïcité aux valeurs de la république : commentaire

Réaction à l'édito de Jacques Carles sur De la laïcité aux valeurs de la république

Désolé de contredire M. Jacques Carles !

Si je le rejoins dans le fond de son propos, je dois dire qu’il fait dans ses références une impasse nullement négligeable sur l’Evangile, texte fondateur du christianisme. En effet, la laïcité trouve déjà son fondement dans la parole de Jésus Christ “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu”. Les Lumières n’ont ainsi en aucune manière inventé cette séparation du temporel et du divin, même si elles se sont fort justement élevées contre un mélange des genres imposé le plus souvent par les souverains (en France comme ailleurs), ce qui parfois arrangeait bien quelques princes de l’Eglise ! Quant à saint Paul et autres histoires très accessoires de coiffures vestimentaires, ce qui relevait de la culture d’époques révolues n’existe plus que dans quelques esprits ayant une vision passéiste ou anachronique du christianisme ! En un mot, le christianisme n’est pas une religion d’observance de préceptes ou de rites, même s’ils peuvent être utiles à la manifestation de la foi, mais avant tout un message d’amour avec l’annonce de la Bonne Nouvelle (évangile en grec) du salut de l’homme par la mort et la résurrection du Christ, ainsi que l’ont témoigné et transmis ses nombreux disciples et comme continuent à le faire leurs successeurs en dépit de persécutions ou attaques toujours actuelles de nos jours. Cette Bonne Nouvelle est proposée aux hommes qui le veulent bien (hommes de bonne volonté) de toutes les nations et non imposée (malgré certes des écarts regrettables au cours des siècles, les hommes n’étant jamais que ce qu’ils sont). Etre chrétien c’est d’abord être libre, de recevoir ou non cette Bonne Nouvelle, de croire ou de ne pas ou de ne plus croire. Une laïcité ininterrompue depuis plus de deux mille ans. La République s’en est inspirée avec bonheur !

Frédéric Chouvion