Incertitudes

Au milieu du gué tumultueux et dangereux que nous traversons en ce début du XXIème siècle, à quoi pouvons-nous nous raccrocher ?
A la culture, dont Edouard Herriot aurait dit « c'est ce qui reste quand on a tout oublié » ?
A la littérature qui nécessite un effort tel que certains y renoncent ?
Pourtant, depuis qu’Homo Sapiens écrit et peut conserver ses écrits, la littérature contient toute l’expérience humaine, pour le meilleur et peut-être aussi pour le pire.
Comment tirer parti de son enseignement car la littérature, diverse à l’infini, parfois tumultueuse elle aussi, est comme une immense « toile » pour laquelle n’existe malheureusement pas de « moteur de recherche ».
Est-elle un labyrinthe où l’on risque de se perdre ? Quelle Ariane peut nous éviter de chercher midi à quatorze heures et de nous brûler les ailes ? Ariane qui donne le « truc » (on n’ose pas dire « la ficelle » !) pour s’en sortir…. Quoique l’on puisse se demander si ce mythe est bien pertinent ici car, suivant le fil d’Ariane, on ne fait que rebrousser chemin, ce qui n’est pas la meilleure façon d’avancer.Or, il ne faut pas reculer, il faut avancer.
La littérature que l’on estime totalement disponible, surtout depuis le développement de l’édition à bon marché et la généralisation des outils numériques, est-elle vraiment accessible à tous, et à quelles conditions ? L’une de ces conditions est certainement de savoir lire ! Mais qu’est-ce que savoir lire ?
Toutes ses questions doivent être posées, et sans doute d’autres encore. Il y va de la civilisation parce qu’on ne peut pas imaginer que l’on doive continuer à réagir à l’immédiat, dominés par l’émotion, ce à quoi nous obligent souvent les médias actuels, sans le recul que permet la lecture d’une langue travaillée.
                                                                                                                                             Maurice Bouchard