« 1907. L’âme terrienne ».

Il y a 110 ans, les Manifestations Viticoles de 1907.

Au milieu du XIXème siècle les quatre départements du sud-ouest de la France, Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales, sont uniquement tournés vers la mono culture de la vigne. A cette époque le vin se vend bien et le Midi connait une période de prospérité.

Et ce, jusqu’à ce qu’apparaisse le phylloxera qui va stopper cet élan. Néanmoins durant cette période la demande en vin reste soutenue, ce qui va entrainer l’importation de vins étrangers (surtout algériens) et la fabrication de vins « artificiels ».

Une fois le phylloxera éradiqué (au bout de 20 ans de tâtonnement), la production peut reprendre et le vin se remet à couler à flot grâce à de bonnes récoltes (vers 1899). Mais les importations et les vins « artificiels » contribuent à saturer le marché et vont provoquer la chute des cours aidés en cela par des mesures gouvernementales inappropriées (la suppression des taxes sur le sucre et le changement de statut des bouilleurs de cru). Les prix sont de plus en plus bas et provoquent la ruine des petits exploitants. Il y a surproduction et le marasme s’installe dans les campagnes. La misère gagne du terrain sans que les autorités et que le gouvernement de Clémenceau ne daignent réagir.

Dans le gros village d’Argeliers, dans l’Aude, un homme prend conscience du problème. Il est à la fois vigneron et cafetier et il se nomme Marcelin Albert. Et « Lou Cigal » (« Tête folle » ou le « Prêcheur des Platanes »), ses surnoms, se découvre une passion, la défense du vin naturel. Il arpente alors les villages en cherchant à fédérer les populations en ne cessant de répéter « Unissons-nous contre la fraude qui nous ruine et nous affame. Faisons trêve à nos discordes, délaissons la politique. N’ayons d’autres préoccupations que celles de l’intérêt commun ».

Le lundi 11 mars 1907, accompagné de 87 personnes des villages environnants, il va marcher vers Narbonne pour aller rencontrer la commission d’enquête parlementaire chargée d’étudier la crise viticole. Ce fut le début de la révolte des vignerons du Languedoc-Roussillon.

Marcellin Albert a véritablement incarné le désespoir de la viticulture.

Soutenu dans sa démarche par les municipalités soucieuses du bien-être de leur population, il crée un Comité qui fait le serment de tous s’unir pour la défense viticole, sans intérêt particulier, sans violence, sans esprit politique. Ce Comité lance la grève fiscale et entraine des milliers de gens dans les rues. Ce mouvement prend de l’ampleur et gagne la sympathie, outre celle de la population, mais aussi celle d’une partie de l’armée qui refuse « d’assassiner la République » (écouter Montéhus). Malgré cette détermination, Clémenceau fait arrêter des meneurs que l’on conduit en prison.  Marcellin Albert échappe à la rafle et disparait un temps. En fait, il était parti rencontrer le Président du Conseil sur Paris. Ayant pu le rencontrer, il lui demande de libérer ses camarades et de retirer la troupe installée dans le Midi.  Clémenceau accepte à la condition que le Comité se soumette. Marcellin Albert accepte mais il commet l’erreur d’accepter un billet de 100 francs pour son retour en train. Clémenceau s’en sert pour le discréditer aux yeux du public. Il sera même hué par ses anciens camarades de combat et il sera aussi écarté de son propre mouvement.

A lire le nouveau livre sur la révolte de 1907, « 1907. L’Ame terrienne » par Jules Rivals et Jean Sagnes, historien.

Parmi les ouvrages consacrés au mouvement vigneron de 1907, celui de Jules Rivals occupe une place à part. Publié en 1914, quelques années à peine après les événements qui ont bouleversé les départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales, « L'Âme terrienne » est non seulement une relation de cette révolte pacifique, servie par une très belle langue, riche, imagée, lyrique et même épique, mais aussi une réflexion sur la signification profonde de la longue marche de tout un peuple qui s'élargit en un essai d'histoire comparée qui n'a rien perdu de sa pertinence plus d'un siècle après.
C'est pourquoi, « L'Âme terrienne » méritait d'être porté à la connaissance du public d'aujourd'hui. Avec Jules Rivals, en effet, on mesure mieux la portée d'un événement qui a mis en mouvement des centaines de milliers d'hommes et de femmes, qui a ébranlé le gouvernement de la France et dont le retentissement international est attesté par la place que lui accordent alors les plus grands journaux d'Europe et même d'Amérique. C'est parce qu'il a eu une conscience vive du caractère extraordinaire de ce qu'a vécu alors le peuple du Midi que Jules Rivals transforme la révolte pacifique partie du petit village audois d'Argeliers en une véritable chanson de geste.

La présentation et les notes de « L'Âme terrienne » ont été confiées à Jean Sagnes, professeur d'histoire émérite à l'université de Perpignan et spécialiste du mouvement de 1907.

Le livre édité par  la Maison d’Edition OC (CS - Christian Sales Média)) aura son lancement officiel le 16 juillet 2017 au café de Marcellin Albert avec Jean Sagnes à Argelliers

CS PROD / Editions Christian Salès – 21 Bd du Gal de Gaulle – 11120 Argeliers – 04 68 46 21 29 ou au 06 09 75 10 18

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