Jean-Michel Guenassia : La valse des arbres et du ciel

Dans notre région où les artistes sont légion, nul doute que le dernier livre de Jean-Michel Guenassia, vif et pétillant, à contre-courant des idées reçues sur Van Gogh, devrait connaître un beau succès.

 Survenue le 29 juillet 1890 à Auvers sur Oise, la mort de Vincent Van Gogh ne cesse de susciter nombre d’hypothèses et suppositions.
Il est vrai que les zones d’ombre, certaines pour le moins surprenantes, favorisent ces interrogations. L’absence d’enquête sérieuse sur les circonstances de l’évênement, aucune recherche pour retrouver l’arme ayant occasionné la blessure fatale, aucune reconstitution du drame...
Tout cela permet à présent d’imaginer toutes sortes de causes et d’effets. Toutes sortes de thèses ont été échafaudées pour ne retenir finalement que celle du «suicidé de la société», de l’artiste maudit, exalté, fatigué de ne pouvoir vivre de sa peinture alors moquée et rejetée par les courants officiels.
Jean-Michel Guenassia dans son ouvrage "La valse des arbres et du ciel" n’admet pas cette interprétation. Il décrit plutôt un artiste sûr de son talent, ayant retrouvé la santé après son séjour pour le moins perturbé en Arles, troubles dont il repose la cause plus sur l’abus de l’alcool que sur la déficience mentale. Guenassian met au centre du récit Marguerite Gachet, c’est elle la narratrice qui est censée noter tous les évênements dans son journal intime. L’autre personnage est son père le docteur Gachet à qui Théo Van Gogh a confié son frère et lui a demandé de veiller sur sa santé. Mais en juillet 1890 Vincent écrit à son frère Théo : "je crois qu’il ne faut aucunement compter sur le docteur Gachet. D’abord, il est plus malade que moi, à ce qu’il m’a paru..." Ce livre offre donc une vision iconoclaste du peintre, toujours passionné mais plus humain et équilibré que présenté habituellement, et une dramaturgie pour le moins surprenante, mais toutefois plausible à l’examen des documents et témoignages.

Michel Puech

 

Description de l'image Jean-Michel Guenassia.jpg.Jean-Michel Guenassia

Avocat pendant six ans, Jean-Michel Guenassia vit de sa plume en écrivant des scénarios pour la télévision.
Il publie un roman policier en 1986, Pour cent millions (éditions Liana Lévi, prix Michel-Lebrun), dont il dit : "Je ne le renie pas,... mais je n'ai pas donné suite, il me fallait autre chose" , puis il fait jouer des pièces de théâtre, notamment, Grand, beau, fort, avec des yeux noirs brûlants..., en 2008 en Avignon. Son roman, "Le club des incorrigibles optimistes", paru à la rentrée littéraire 2009, a obtenu le Prix Goncourt des lycéens. Jean-Michel Guenassia est aussi le Lauréat du Prix du Roman Chapitre 2012 pour "La vie rêvée d'Ernesto G."