Saipol ralentit

 Le groupe Avril va réduire temporairement, d'août jusqu'à la fin de l'année, sa production de biodiesel en raison du contexte mondial "défavorable", avec notamment la chute des cours du pétrole, tout en s'engageant à préserver l'emploi. L'unité de production SAIPOL du port de Sète sera touchée.

Le groupe Avril a présenté, mercredi 20 avril, dans le cadre d’un Comité central d’entreprise extraordinaire, un projet de réduction temporaire de ses activités d’estérification en France afin de faire face à une situation économique défavorable tout en préservant l’emploi.

Réduction de l’activité de Saipol en France jusqu’à la fin de l’année 2016

Le projet prévoit la mise en œuvre, à compter du mois d’août et pour le reste de l’année 2016, d’une réduction des activités d’estérification de Saipol, filiale du groupe Avril. Cette réduction résulte d’éléments conjoncturels, notamment d’une baisse importante des commandes, les projections de ventes de Saipol à début avril 2016 s'élevant à 928 000 tonnes, contre 1,5 million de tonnes en 2015 à la même période.
Le projet concernerait, dans des conditions adaptées à chacune d’entre elles, les 5 usines d’estérification de Saipol en France : Bassens (Gironde), Grand-Couronne (Seine Maritime), Le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire Atlantique) et Sète (Hérault).
La Direction s’engage à tout mettre en œuvre pour que ces mesures soient sans impact sur l’emploi.

Adaptation de la production pour faire face à des conditions de marché défavorables

Ce constat s’inscrit dans un contexte d’érosion persistante des conditions économiques et réglementaires du marché, sous l’effet :
de la surcapacité du marché européen du biodiesel, excédentaire dans un contexte de baisse du prix du gazole et du taux de change euro-dollar, lequel favorise le recours à l’importation par les pétroliers européens d’esters bénéficiant du dispositif de double comptage[1] ;
du développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour la production de biodiesel, favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme ;
de la traduction hétérogène par les Etats membres du cadre réglementaire européen relatif à l’application des directives touchant au développement des énergies renouvelables en général et des biocarburants en particulier ;
du recul de la compétitivité de la graine métropolitaine et européenne, dans un contexte de baisse des récoltes de colza au sein de l’UE.

Ce contexte affecte fortement la compétitivité, la rentabilité et les perspectives de développement des activités de Saipol en France, qui enregistre une baisse importante du volume de ses ventes en 2015 et en 2016. Il rend nécessaire l’adaptation immédiate de la production à la baisse des commandes, afin de préserver la compétitivité et l’avenir des activités de trituration, d’estérification et de vente de biodiesel issu de la filière agricole, et l’emploi qui lui est associé.

Détermination à pérenniser le débouché biodiesel de la filière nationale

Avril a, à maintes reprises, alerté les pouvoirs publics sur la menace que représentent ces dégradations du débouché biodiesel pour la survie pour la filière agro-industrielle nationale.
Menace qui ne ferait que s’accentuer considérablement avec la reconversion envisagée par le groupe Total de son unité de production de La Mède (Bouches-du-Rhône), prévue pour le printemps 2017, qui porterait la production annuelle d’HVO par Total de 20 000 à 500 000 tonnes au moins, concurrençant d’autant le biodiesel issu de la filière agricole et industrielle française.

Selon la Direction "ce projet n’entame en aucun cas la détermination du groupe Avril et de sa filiale Saipol à poursuivre la production de biodiesel, énergie renouvelable contribuant à la transition énergétique, et à préserver et développer ce débouché pour les productions oléagineuses françaises."