Rencontres de Juillet

Rencontré le mareyeur sétois Jean-Raymond Azaïs qui passera au Tribunal parce qu’il a acheté à la Criée des poissons de 18 cm alors que la taille autorisée est d’au moins 20 cm. Notons d’abord que ce n’est pas le vendeur qui est pénalisé mais l’acheteur. Celui-ci a eu beau expliquer que, des tribunes de la Criée, il est difficile de voir la différence entre 18 et 20 centimètres, les pandores maritimes l’envoient devant les juges.

Dans le même esprit, rencontré un maraicher de l’arrière-pays, attaché aux légumes anciens, vient d’être frappé d’une amende de 450 € pour avoir vendu des tomates anciennes non cataloguées… C’était bien la peine qu’il se décarcasse à sauver une espèce en voie de disparition.

Si tous ces verbalisateurs zélés pouvaient être affectés à la surveillance des sauvageons et autres malfaisants qui empoisonnent la vie de nos villages, ce serait aussi bien…Gendarmes et policiers s’échinent à refréner la voyoucratie mais visiblement les décideurs préfèrent chercher les poils sur les œufs des animateurs économiques.

Rencontré un des pionniers de l’aquaculture dans l’étang de Thau qui m’a appris que cette année, pour la première fois, le tonnage des poissons élevés allait dépasser le tonnage des poissons péchés. Il en était fier et tout heureux. Je suis loin de partager son bonheur.

Bernard Barraillé