Les treize desserts

Il n’y a pas si longtemps, le soir du réveillon de Noël, dans le Midi,   lorsque venait l’heure du partage des treize desserts, on laissait sur la table familiale  quelques noix, un peu de pâte d’amande, une figue et quelques autres délices de chez nous.  C’était la part du pauvre, lequel pouvait passer dans la nuit, après  la visite du père Noël.

Cette coutume se perd car chacun ou presque réalise que c’est lui qui va hériter de la part du pauvre.

En Occident, la classe moyenne est en train de disparaître. Ce socle de la société des trente glorieuses s’effondre. Les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres. Les riches de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches.  Ce fossé qui se creuse ne peut que conduire à la catastrophe. Pire il se creuse aussi entre les générations avec des jeunes objectivement bien mal lotis.

Pour beaucoup,  l’ultra-libéralisme hérité des années Thatcher  est à l’origine de tous nos maux, pour d’autres c’est la baisse de la natalité et  le vieillissement de la population qui expliquerait le déclin, d’autres enfin accusent  la perte de repères moraux. 

Si le phénomène est une réalité, les causes de cette pauvreté qui nous guette sont complexes. Il n’existe probablement pas de solution miracle. Mais est-ce une raison pour se résigner ?

Concentrons-nous sur l’essentiel, oublions l’accessoire et les querelles stériles de personnes ou de chapelles.

Dans notre région où le chômage atteint des sommets, il est grand temps que nos élus alignent leurs efforts dans la même direction. La seule priorité qui s’impose, est celle du bien commun et de l’emploi.

Plutôt que division, c'est le moment de parler addition. Que la synergie entre tous permette que 1+1=3 devienne une identité remarquable en pays agathois comme en piscénois.

Jacques Carles