La politique est noble

Il faut dénoncer les avantages scandaleux dont profitent certains de nos politiciens. Il faut de même sanctionner sévèrement ceux dont l’absence de morale est une honte pour la représentation populaire. Mais devons nous pour autant reprendre à notre compte l’antienne « tous pourris » qui circule sur l’internet et qui prévaut dans les medias ?

Ce discours ne règle en rien les vrais problèmes qui sont les nôtres. L’emploi, la santé ou la qualité de vie, pour ne citer qu’eux, méritent bien plus d’attentions que les comportements sordides d’une poignée de politiciens véreux.

Les batailles de coqs de nos élites parisiennes, les amours des petits chefs d’officines partisanes, les règlements de compte et autres coups bas sordides entre énarques ne méritent pas davantage notre considération.

Si certains politiciens se comportent en fossoyeurs de la démocratie, la politique n’en reste pas moins noble. C’est particulièrement vrai au plan local où la plupart de nos élus s’engagent en politique d’abord pour le service des autres, pour des valeurs et pour des idéaux.

Le domaine d’action des élus locaux est réduit mais combien indispensable pour la vie de tous les jours, pour la sécurité, la protection de l’enfance, l’aide aux aînés, etc.
Ceux qui assument pleinement le mandat local que les citoyens leur ont confié multiplient les exemples réussis d’innovation sociale et de pratique de la solidarité.
Certains font même des miracles au plan économique en profitant de la petite latitude dont ils disposent de par la loi.

La Sodeal, dont les actionnaires sont la ville d’Agde et l’agglo Hérault Méditerranée est l’exemple type d’une société locale d’économie mixte qui produit un travail remarquable pour le développement du littoral agathois.

A Balaruc, alors que la station thermale était vouée à la disparition en 2009, le maire fraichement élu, soutenu par l’agglo et le département, innovait avec un projet ambitieux qui allait bien au-delà du nouvel établissement thermal dont l’inauguration officielle aura lieu le 2 mars prochain. Avec la création de la Société Publique Locale d’Exploitation des Thermes (SPLETH), une société gérée comme n’importe quelle société du domaine concurrentiel mais dont l’actionnariat est public (ville, agglo, département), l’activité thermale allait connaitre une renaissance. En cinq ans, plus d’une centaine d’emplois étaient créés et Balaruc vient de ravir à Dax la première place du classement des stations thermales de France. De plus, non seulement la SPLETH ne coûte rien aux habitants mais sa gestion exemplaire en fait une source de revenus pour la ville et donc d’économies d’impôt pour les balarucois

Dans un autre registre, l’action au Sénat du maire de Sète montre ce que peut apporter au plan national la compétence de terrain. En quelques mois, son implication à permis, entre autres, d’augmenter les moyens de notre chambre régionale d’agriculture et de préserver les contrats de vendanges si importants pour notre économie locale.

Ces quelques exemples nous montrent que les élections locales doivent maintenant prendre le pas sur les nationales. Les élus locaux doivent constituer le vivier du personnel politique de notre pays. Plus proche des citoyens, ils ont les compétences concrètes que les politiciens d’appareils parisiens n’ont pas.

Alors aux prochaines élections départementales, ne désertons pas. Votons ! Qu’ils soient de gauche ou de droite, choisissons d’abord des hommes et des femmes compétents.

Ne relayons pas sans réfléchir les discours nihilistes et démagogiques à la mode. Pensons par nous-mêmes, pour nous-mêmes, et souvenons nous de ce qui advint aux moutons de Panurge.

Jacques Carles