Poussons à la roue

Dimanche dernier le Tour Thau a permis plusieurs centaines de cyclistes de tous âges, partis tôt le matin de Marseillan en direction de Mèze, de traverser les villes et villages qui bordent la lagune avant de rallier, via Sète et le lido, l’avenue de la Méditerranée à Marseillan-plage. Un beau parcours et un événement appelé à devenir un grand classique du Pays de Thau.

Ce succès populaire crée du lien entre les communes. Il montre l’intérêt de la population pour de nouvelles formes de tourisme et de loisirs. C’est aussi l’occasion de promouvoir les déplacements doux.

Depuis 40 ans nos gouvernements ont puisé, l’un après l’autre, dans nos impôts pour défendre l’automobile. Primes à la casse, jupettes et autres baladurettes n’ont cependant pas empêché la délocalisation d’une grande partie l’industrie automobile vers les pays à bas coûts de main d’œuvre. Le seul résultat tangible est la congestion de nos villes avec les conséquences désastreuses que l’on connaît pour l’environnement et la santé. De maires bâtisseurs ont par ailleurs multiplié les autoroutes urbaines et transformé leurs communes voisines en banlieues sans âme. L’avènement des grandes surfaces avec leurs parkings géants en périphérie a rendu la voiture incontournable et mis en danger le petit commerce du centre-ville.

Vivons nous mieux pour autant ? Nos enfants trouvent-ils plus facilement un emploi ? Rien n’est moins sûr.

Au Danemark, dont le niveau de vie est un des plus élevé du monde, les habitants font en moyenne presque 1000 km en vélo chaque année malgré le froid, le vent et la neige. Outre Rhin, les allemands pédalent en moyenne 300 km par an. En France, nous arrivons péniblement à 75 km.
Les transports représentent le tiers de notre consommation d’énergie et le quart de nos émissions de gaz à effet de serre. Pour les ménages, c’est le deuxième poste de dépense après le logement. Malgré tout les français continuent de prendre la voiture pour aller acheter leur cigarettes au tabac du coin et d’amener leurs enfants à l ‘école située à moins de 10 mn à pied de leur domicile.
Il est temps de réaliser que la marche à pied ou le vélo sont bénéfiques pour la santé. Ils incitent à mieux vivre ensemble : le piéton et le cycliste sont par nature paisibles contrairement à l’automobiliste facilement irascible. Enfin moins de voiture et moins de carburant, c’est du pouvoir d’achat en plus, c’est bon pour l’économie locale et c’est bon pour l’emploi.

Avec l’arrivée d’ici 2030 de 7 à 800.000 nouveaux habitants dans le département, densifier l’espace urbain pour préserver l’environnement est une nécessité. Dans un tel contexte, nos élus les plus clairvoyants ont maintenant le courage politique de refuser le tout-auto, de promouvoir les déplacements doux et de repenser la ville en conséquence.

A Marseillan le vélo est devenu un levier de la transformation de la ville et un outil d’aménagement du territoire. Thau agglo encourage le vélo électrique. Sète met en place des bateaux bus pour la saison estivale.

Les citoyens que nous sommes ont tout à gagner de cette évolution. Alors poussons à la roue. L’Hérault, déjà un des départements les mieux lotis en pistes cyclables, peut jouer un rôle majeur pour développer les déplacements doux. Encore faut-il que les conseillers départementaux y travaillent. Dans ce domaine comme dans d’autres, ils ont mieux à faire que de voter, à l’unanimité et à peine élus, une augmentation de 8% de leurs indemnités.

Jacques Carles

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