Propos sur la première cigale

 Il est des évènements naturels qui surviennent naturellement, sans que l’homme y soit pour quelque chose.. La première cigale fait partie de ces faits saillants qui surgissent comme un jalon temporel sur notre belle planète. On voit surgir ainsi la première hirondelle, et on entend la première cigale. ..

C’était dimanche dernier, profitant de la chaleur soudaine d’un mois de juin naissant, la cigale s’est extirpée laborieusement de sa chrysalide. Après une lente maturation de plusieurs années dans la terre, elle s’est hissée sur l’écorce d’un frêne pour vivre sa belle vie d’adulte. Et là, s’est mise à chanter, lancinante mélodie sans laquelle nos garrigues surchauffées ne seraient que des déserts stériles.

En fait l’invisible insecte ne se trahit que pas sa cymbalisation, cet incessant mouvement de l’abdomen qui nous ferait croire qu’elle chante à perdre haleine ! …

Nos scientifiques pourraient y trouver matière à réflexion, selon l’équation :

« matière naturelle + déformation = bruit (très fort) sans usure »,

car elle a beau gondoler et regondoler, la cigale est inusable. C’est là son moindre défaut, et quand elles s’y mettent à plusieurs, elles nous « ensourdent », à peine si on s’entend marcher dans nos garrigues, non seulement il y fait chaud, mais, quand on les entend, il fait encore plus chaud… Ô insectes infernaux, inextinguible engeance, on vous perçoit aimablement tant que vous êtes seule ou la première, mais vous nous forcez à souhaiter le soir où, enfin la fraîcheur revenue, vous vous taisez enfin.

Autre anecdote: les habitants de St Hippolyte du fort se nomment les Cigalois, (on peut le comprendre, c’est certes plus poétique que Saint fortohippolyticiens)…

 Dominique Coërchon

 

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