Les Précurseurs

C’est un événement artistique considérable qui vient de s’ouvrir pour l’été au Musée Paul Valéry de Sète. Maïté Valles-Bled y présente la naissance de la Figuration Libre  avec des œuvres qu’elle réussit à obtenir en France et aux USA, les deux pays où est né ce courant à la même époque. Et en France, c’est principalement de Sète qu’est partie cette nouvelle manière de peindre.

Mais l’art des deux chefs de file Hervé di Rosa et Robert Combas qui allaient connaître un renom international n’est pas né par hasard dans l’ile où venaient de s’installer Desnoyer et Soulages.

Dans les années 50, il y avait à Sète un étonnant professeur de dessin : Pierre Baudou. Passionné par son travail, il recevait chez lui, dans son modeste logis, les scolaires pour prolonger son enseignement. Il les incitait à faire preuve d’inventivité et d’imagination. Parmi les élèves assidus, se trouvait Pierre François, qui très vite se révéla particulièrement créatif. Parallèlement, dans sa maison de garde-barrière à La Peyrade, Gregogna ne cessait de créer et d’influencer les jeunes qui fréquentaient son atelier, parmi lesquels Hervé di Rosa qui devait devenir son gendre.

Tous ces jeunes fous de peinture fréquentaient aussi l’école des Beaux Arts que dirigeait Mme Beaupuy-Manciet. Cette Lauréate du Prix de Rome, savait oublier sa culture classique pour être une adepte convaincue de la liberté de création qu’elle laissait à ses élèves, dont Di Rosa et Combas.

A la suite de ces deux chefs de file, se créent des groupes de jeunes débutants, tel les Yaros, où débutent les bons peintres d’aujourd’hui, tels Routier, Christophe Cosentino, les frères Biascamano ou André Cervera.

Rien d’étonnant donc à ce que la Figuration Libre soit pour l’essentiel née à Sète. Tout était réuni pour que du cocon  sorte une jolie chrysalide.

Bernard Barraillé