Misons futés

Le très haut débit pour améliorer la circulation

En France, le coût annuel des bouchons dépasse les 17 milliards d’euros, soit environ 2000 euros par an pour chaque foyer se déplaçant en voiture. Selon l’INRIX le leader de services d’info-trafic, ce chiffre atteindra à 22 milliards d’euros en 2030, soit une hausse de plus de 30% par rapport à la situation actuelle.
Au-delà de l’aspect financier, du carburant et du temps perdu, les bouchons ont un impact environnemental considérable : le carburant consommé lorsqu’un véhicule est immobilisé dans la circulation résulte en l’émission de gaz à effet de serre et de polluants divers ayant pour conséquence une dégradation de la qualité de l’air.
Avec un taux de congestion de 28% en 2015, Montpellier est devenue la troisième ville la plus embouteillée de France, juste derrière Marseille et Paris. Sur le littoral, Sète, en regard à sa taille, n’est guère mieux lotie : aux heures de pointe, la traversée de l’île singulière devient un véritable calvaire.

Face à cette situation préoccupante, les pouvoirs publics investissent pour développer les transports en commun et les modes de déplacement doux. L’Hérault est aujourd’hui le département qui a le réseau de pistes cyclables le plus étendu de France et la grande région est engagée dans une politique active en faveur du train avec les billets de TER à 1 euro. Montpellier Métropole et Thau agglo ont des plans ambitieux pour moderniser et rationaliser leurs réseaux de bus, elles subventionnent l’acquisition de vélos électriques et créent des voies réservées aux cyclistes.

Toutes ces politiques sont positives. Le fait d’améliorer les transports publics et de proposer une offre multimodale compétitive améliore les conditions de la mobilité. Le voyageur a davantage de choix, y compris celui de ne plus prendre systématiquement sa voiture.
Mais ne devrions-nous pas réfléchir à des approches complémentaires plus innovantes ?
Plutôt que de chercher à optimiser nos déplacements ne devrions-nous pas d’abord chercher à les éviter ? Supprimer une bonne partie des raisons de se déplacer serait moins coûteux et en définitive plus satisfaisant.

Près de la moitié des déplacements sont motivés par l’activité professionnelle (ou les études) le reste se répartit à parts presque égales entre les loisirs, les achats et les affaires personnelles (démarches administratives, médecin, etc.)

La France se lève chaque matin à la même heure, pour prendre sa voiture ou son bus. Le soir, elle fait le trajet inverse pour rentrer à la maison. Ça pollue, ça fait perdre du temps à tout le monde, ça génère du stress...
Dans les pays scandinaves, le télétravail via internet est déjà une réalité depuis de nombreuses années. En Suède, par exemple, à peine un actif sur deux va tous les jours dans son entreprise, les autres alternent entre travail à la maison et travail au bureau. L’état encourage le mouvement. Les salariés qui utilisent leur domicile comme lieu de travail ont droit à une réduction d’impôt et les entreprises bénéficient d’avantages fiscaux pour équiper leurs salariés d’outil modernes de communication (ordinateurs, visiophones, etc.).

On l’ignore souvent mais l’Hérault est un des départements les plus innovants de France en matière de nouvelles technologies.
Le Conseil Départemental s’est engagé à ce que d’ici 2022 tous les habitants du département aient accès à internet à très haut débit. Sur le littoral, la fibre optique permettra de télécharger un DVD en quelques secondes. Mais au-delà des applications de loisirs, avec le très haut débit, Frontignan, Montpellier et Sète déjà en pointe pour les démarches administratives en ligne devraient développer encore davantage l’e-administration pour faciliter la vie des gens et leur éviter de se déplacer.
En lançant sur l’internet la plateforme achat-ville en pays de Thau, la CCI de Sète fut parmi les premières à réaliser que le commerce traditionnel et l’e-commerce n’étaient pas antinomiques mais complémentaires.
La télésanté avance également à grand pas. Inutile de se déplacer pour aller chercher ses résultats d’analyses, ils deviennent disponibles en ligne sur le site internet du laboratoire. Des sociétés médicales commencent aussi à proposer des conseils médicaux en ligne ou par téléphone. Elles visent d'autres prestations : suivi de maladies chroniques et même consultations à distance.

A l’horizon 2030, les experts s’accordent à dire qu’une politique affirmée en faveur des nouvelles technologies pourrait réduire de 30% les besoins de déplacement. C’est considérable mais pour réussir une telle révolution encore faut-il convaincre les citoyens que bitume et parking ne sont pas l’alpha et l’oméga de la mobilité.

Jacques Carles