Partis trop tôt

André Asseo, qui fut appelé par Henry Dumas pour diriger les Journées Brassens du temps d’Yves Marchand, publie un livre consacré à ses amis trop tôt disparus : « Que sont mes amis devenus ? » Parmi eux figure en bonne place Brassens dont il écrit « Georges Brassens avait bien d’autres chefs d’œuvre à offrir ». Effectivement, alors que beaucoup se sont contentés d’une carrière lancée par quelques tubes et sans cesse ressassés, Brassens n’a jamais cessé d’évoluer et de créer jusqu’à ce que la Camarde le fauche.

Paco Ibañez, qui est en France en ce moment, raconte une histoire assez drôle. Il était dans un taxi parisien et le chauffeur avait mis de la musique anglaise. Paco lui demande s'il n'avait pas de la chanson française, du Brassens, par exemple. Je vous donne en mille la réponse du taxi : "Brassens ? Connais pas !" (sic !!!).
A la réflexion cette anecdote n'est pas drôle du tout. Brassens, Ferrat, Barbara, Brel, Ferré, Trenet, etc. risquent bien un jour d'être oubliés et remplacés par des Lady Gaga et autres Eminem.

Autre chose en réponse à des lecteurs s’étonnant que, dans un précédent édito, nos louanges soient réservés uniquement à de grands professionnels sétois de la culture. S’il faut oeuvrer à ce que les sétois apprennent à ne pas se croire le nombril de la région, il faut aussi reconnaître le talent où il est. Bordelais ou marseillais ne jalousent pas Paris et ses 100 Musées! Alors soyons fiers que Sète soit le fer de lance du pays de Thau.

Bernard Barraillé
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