Le goût du théâtre

Ca y est ! La Scène Nationale a dit adieu au Chai Skalli qui l’abrita durant les travaux de rénovation du vénérable Théâtre Molière. Où  l'on s’active dans les finitions pour nous offrir, après l’été, une salle aussi belle et fraîche qu’à son inauguration. A ses débuts surtout voué au bel canto qu’adoraient les sétois, d’origine italienne ou pas, le plus beau théâtre à l’italienne de France (ce qu’on ne dira jamais assez) s’ouvrit progressivement à la comédie, à la tragédie et aux variétés. Sous la tutelle d’Henry Delpont, puis avec Maurice Morelly, le beau théâtre devint plus sérieux dans ses choix et s’ouvrit surtout à l’art dramatique.

Vint le classement en Scène Nationale (bravo Yves Marchand) et la venue de Bruno Deschamps à la direction. Ce fut une spectaculaire montée de niveau de la qualité des spectacles que poursuit aujourd’hui Yvon Tranchant.

Et pendant tout ce temps, dans l’ombre de ces grands pros, le théâtre amateur prospérait avec de nombreuses compagnies, depuis celle de Georges Barthélémy auteur de scénarios très sétois et dont la vedette, campant une populaire poissonnière de la Marine, était Louis Michel, négociant et président du FC Sète, qui devait mourir au cours d’un match. Plus sérieuses étaient les compagnies de jeunes, tels les Compagnons comédiens, animés par Jacques-Henry Delcamp. Aujourd’hui, la vitalité de ce théâtre de passionnés est assurée par le Bateau-Bœuf de Jean-Hervé Mirouze ainsi que par La Mouette.

Cet amour du théâtre est typiquement sétois et on le chercherait en vain dans les villes voisines, même plus peuplées…

Bernard Barraillé

 

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