Regrets

Jean Vilar ne cessait de le répéter : "Rien ne vaut un spectacle vivant, avec des artistes vivants, devant un public vivant". On en a eu la preuve lors de l’ouverture de la saison de la Scène Nationale avec une Comédie Française plus moliéresque que jamais. Et cela ravive nos regrets de voir le Théâtre de la Mer se cantonner à la musique de variétés et au jazz, de très bon niveau, certes.

Ceux qui ont connu les belles soirées théâtrales données par Jean Deschamps, puis par Jacques Echantillon, partageront cette nostalgie. La prochaine municipalité, qu’elle soit conduite par François Commeinhes ou par un autre, reviendra-t-elle aux sources qui transformèrent le Fort Saint Pierre délabré en rival d’Avignon, sous les yeux de Vilar qui, depuis son havre de « Midi le Juste » pouvait apercevoir les réalisations de ses disciples. L’art dramatique reviendra-t-il dans ce haut lieu pour lequel il fut aménagé ?

Tout cela, notre concitoyen Henri Massadau, à qui Malraux confia la première Maison de la Culture, le dit depuis longtemps et mieux que moi :
"Public, je t’en prie, écoute ce que je tente de te dire : Dérange toi, découvre, existe. C’est à dire :sors. Sors de chez toi, sors de toi-même. Rencontre Molière, Brecht, Pirandello, etc… Rencontre les tous, tu rencontreras ton frère. C’est ça le Théâtre. Ce n’est pas la machine à décerveler, ce n’est pas la Télé (Dé-chaine toi). Ce n’est pas le confort, c’est un acte plus joyeux, plus riqué, plus lucide."

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.