Petits et grands regrets

Puisque c’est l’heure des bilans, pourquoi pas celui de nos regrets ?
En tête, je placerai celui d’avoir vu disparaître dans les années 60 la belle Maison de la Santé qui offrait ses charmes vénitiens à l’entrée des canaux. (Pour ceux qui ne l’ont pas connue, voir la photo ci-contre).
Nous fumes nombreux, Claude Bonfils en tête, à tenter d’empêcher sa destruction. Rien n’y fit et le maire de l’époque, Pierre Arraut, me dit « Rien à faire de cette bicoque… ». A la place, on bâtit cette hideuse Criée, certes économiquement justifiée, mais qui aurait pu englober ce vestige du 18° siècle. Il n’en reste plus rien, si ce n’est des fragments du fronton récupérés par des saint-clairiens pour orner leur jardin…
Il y eut aussi à la même époque la destruction de la Butte Ronde due à Vauban qui laissa place à un HLM.
Sur la Gardiole, dominant Gigean, l’abbaye de saint Félix de Montceau n’échappa à la destruction que grâce à Luc Routier et une poignée de ses amis. Sauvée in extremis de la ruine, le vénérable édifice attend toujours son toit. Voilà 50 ans que les élus successifs le promettent mais l’abbaye attend toujours alors que les budgets culturels ne cessent de financer des manifestations vite oubliées.
A la Pointe Courte, fleuron des paysages sétois, les aménageurs n’ont pas hésité à édifier un véritable Mur de Berlin à l’entrée du pittoresque quartier. A-t-on voulu isoler davantage les irréductibles pointus ?
Autre petit regret : le bassin du Jardin du Château d’Eau était, il n’y a pas si longtemps, occupé par un couple de cygnes. Paul Valéry les admirait tant qu’il manqua se noyer dans les eaux sortant de la grotte. Dans les Gorges de l’Hérault, actuellement les cygnes pullulent ? Ne pourrait-on en inviter deux à d’installer à Sète ?
Comme elle pourrait être longue la liste de ces regrets. Indiquez moi les vôtres pour une prochaine énumération de ces petits et grands regrets…

Bernard Barraillé