Une révolution est inéluctable

Toutes les conditions qui ont conduit à la révolution française de 1789 sont maintenant réunies : chômage de masse avec des millions de gens sans espoir, prêts à suivre tout mouvement populiste promettant des lendemains meilleurs, fracture entre la population et les élites politiques coupées des réalités sociales, incapacité du régime à lancer les grandes réformes indispensables pour l’avenir du pays, dette publique abyssale, inégalités croissantes…

Les élites nationales sont conscientes de la situation mais elles ne parviennent pas à sortir le pays de l’ornière car elles sont prisonnières de tous les privilèges qui les soutiennent.

Elles espèrent encore qu’un retour à la croissance redonnera un peu d’air et réglera tous les problèmes. Or la croissance est en berne depuis 50 ans, pire elle ralentit de décennie en décennie au point d’être quasi nulle aujourd’hui. Sans réforme profonde la poursuite de ce lent pourrissement débouchera sur l’explosion.

Les grands chefs politiques parisiens n’ont de cesse que de se battre entre eux pour savoir qui va dominer le pays alors que le seul enjeu véritable est celui de définir comment on pense et construit l’avenir.

De tous bords, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ils jouent avec le feu en exacerbant les faux-problèmes et en ignorant les vrais défis. Ils prennent prétexte de tous les sujets possibles pour provoquer l’affrontement et l’éclatement de notre société : les modes de vie, l’école, la religion, l’origine ethnique, la position sociale, etc. Les medias qui pour l’essentiel ont pour ligne éditoriale la pensée dominante de l’élite renforcent ce climat délétère en privilégiant les faits divers sordides à l’analyse des problèmes. Montrer des ruelles devenues des coupe-gorges et étaler des histoires de fesses fait vendre du papier. La presse écrite réinvente le Mercure galant du 18ème siècle.

Le monde politique tout à ses querelles internes se soumet au monde économique du libéralisme brutal qui nous ramène deux siècles en arrière. L’extrême gauche rêve d’un retour illusoire à la lutte des classes et le Front National fonde son succès sur la contestation de la pensée unique dominante. Hélas il ne suffit pas de dénoncer une situation, ce qui compte c’est la pertinence des solutions proposées. Or sur ce plan les « solutions » de l’extrême droite sont pires que le mal qu’elle dénonce, elles déboucheraient sur une catastrophe économique et sociale. Le monde a changé, il s’est rétréci et s’est globalisé. Les visions du passé ne sont plus pertinentes pour construire l’avenir.

Maintenir la confrontation comme mode d’action politique ne peut que conduire au désastre.

Face à la crise de défiance des citoyens envers leurs élites, la seule méthode efficace est de remettre la participation au cœur du système et d'impliquer les hommes et les femmes à la construction de leur futur dans toutes ses dimensions.

Au delà d’une démocratie participative se résumant à des réunions d’expression et à un bulletin dans une urne, il s’agit de mettre en place un système organisé qui permette que toutes les idées constructives des citoyens soient examinées de manière efficace. 
Un système d'autant plus légitime que sera important le nombre de personnes prenant part aux décisions qui les concernent. Le peuple est bien plus inventif et intelligent que ne le croit nos élites. Les chefs d’entreprises performants l’ont déjà compris depuis longtemps avec le management participatif. Les nouvelles technologies de la communication peuvent nous y aider à condition d’être convaincus qu’une nouvelle approche de la démocratie est nécessaire.

Une révolution est inéluctable qui débouchera sur une nouvelle forme de civilisation. Faisons en sorte qu’elle soit pacifique et démocratique.

Jacques Carles