Nicolas Figuerolles "inventeur" de Césarion

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 Le lendemain de Noël, le 26 décembre 2001, Nicolas Figuerolles plongeur amateur passionné eut la chance de découvrir deux magnifiques statuettes de bronze.
Ce jour là il s'était mis à l'eau dans une zone qu'il fréquentait régulièrement en bordure de plage, côté mer vers Marseillan-plage, et il a fait ces deux incroyables découvertes. Ce sont les tempêtes d'hiver qui remuent les fonds et font bouger le sédiment .
Durant cette plongée, il n'a pas seulement découvert la statuette de Césarion mais tout à côté celle d'Eros, le Dieu de l'Amour.  J'ai vu le mollet de la première statuette, Eros, et je l'ai délicatement extrait des sédiments et en dessous j'ai alors aperçu Césarion..."
"J'ai eu un moment de vide. Pendant 10 à 15 secondes je ne savais plus si je respirais..."
Les deux statuettes sont en bronze. Celle d'Eros a les yeux en argent et celle de Césarion avait les siens en pâte de verre mais ils n'ont pas été retrouvés.
L'envie de plonger lui a pris en 1997 durant une formation au Lycée de la Mer de Sète. Il avait un ami professeur qui adorait plonger. Cet ami était féru de tout ce qui était épaves, antiquités. Et à chacune de leurs rencontres Nicolas Figuerolles ne cessait de lui demander de l'emmener plonger avec lui. Et de guerre lasse il l'amena plonger sur cette zone "en fait pour ne pas que j'aille fouiller sur sa propre zone".
D'où ces découvertes réalisées sur cette zone au bout de quatre ans d'exploration.
" Quand j'ai enfin trouvé, ça valait bien les quatre années de fouilles. Il y en a qui passent autant de temps sans rien trouver.".
Ensuite il y a eu la découverte de la Mosaïque le 10 mai 2003. La Mosaïque dénommée « La joute musicale d'Apollon et la condamnation du Satyre » fait au bas mot 40 kg. Elle a été découverte dans la même zone que les deux statuettes.
"Un jour, j'ai voulu changer mon profondimètre (l'instrument que les plongeurs utilisent pour pouvoir consulter à tout moment la profondeur à laquelle ils se trouvent), car dans toutes les plongées l'importance c'est la hauteur d'eau pour savoir si le sable est parti ou pas. Donc en revenant sur le même site si on s'aperçoit qu'il manque 20 cm de sable on peut espérer trouver quelque chose.
Et ce jour là, en l'essayant dans cette même zone, je suis tombé sur la Mosaïque. Elle était plantée verticalement ensablée de moitié. De retour chez moi avec l'objet, j'ai téléphoné de suite pour prévenir de cette découverte.
Afin de retrouver l'emplacement j'ai pris soin de laisser sur place un mousqueton métallique qui a permis, ensuite, de localiser le point exact de la découverte".
Cette mosaïque polychrome est composée d'une pierre calcaire et d'un assemblage au mortier de 15 000 tesselles.
Malgré toutes ces découvertes d'un très grand intérêt patrimonial, Nicolas Figuerolles a cessé ses plongées. Ayant eu un accident dans sa jeunesse, il en ressent aujourd'hui les contrecoups et la fatigue ne lui permet plus guère de plonger comme avant.
Le jour de ma rencontre avec lui au musée de l'Ephèbe au Cap d'Agde, Nicolas Figuerolles venait de déposer un nouvel "objet ".


« Un objet découvert du côté de Balaruc-les-Bains, un objet en bronze non encore défini donc « inconnu » qui pourrait être, d'après les premières hypothèses un plat ou un support de miroir à main. Sa styllistique le place sur une datation antique (voire gallo-romaine).
Aujourd'hui, dès lors que « l'objet » a été déposé par son inventeur, s'engage l'étude de l'oeuvre (datation, utilisation, origine,....) ainsi qu'une prochaine restauration dans un laboratoire spécialisé dans le mobilier archéologique métallique avant qu'il puisse être présenté au public ».
(Informations données par Olivier Chambon, régisseur des collections du Musée de l'Ephèbe)


Il est à noter qu'après un séjour, de plus de 6 mois au Japon, Césarion va de nouveau, accompagné de l'emblema de Mosaïque, être prêté pour une exposition sur les 50 ans du DRASSM . Cette exposition, « Mémoire à la mer. Plongée au cœur de l'archéologie sous-marine », aura lieu au Musée d'Histoire de Marseille du 28 avril 2016 au 28 mai 2017.
Plus d'informations sur : www.museecapdagde.com

Jean-Marc Roger