D’où vient le nom de la rue Barnabo ?


Pietro Bernabo (1808-1886), descendant de Maurice Ange, ami personnel d’Alphonse Thiers, président de la République, et de Lamartine qu’il traduira en italien. Pietro est l’aïeul de Mario Bernado vivant aujourd’hui en Italie et très attaché à Bessan

 

La maison Bernabo, au n°2 de la rue Barnabo, en 2012.

 

On trouve la première mention d’un Bernabo sur un acte notarié passé à Bessan en 1786. Il s’agit de l’achat d’une maison pour 4 000 livres au marquis d’Alphonse et seigneur de Castelsec, par  Dominique Emmanuel Noël Bernabo.

Fils de Maurice Ange Bernabo, né en 1736 à Port Maurice, République ligurienne de Gênes en Italie, qui fait carrière dans le commerce maritime transportant entre autre le vin du Languedoc pour le compte d’un armateur, Dominique est négociant en huile et vins et porte le titre de vice-consul de sa Majesté à Port Maurice.

Il se marie en 1786, à Bessan, avec Marie Daurel, et a 3 enfants, dont Jean Pierre Etienne, né à Bessan en 1788, et 2 autres enfants qui meurent en bas âge. Sentant le vent de la Révolution venir, le couple retourne en Italie, et a en 1792, un dernier enfant, Maurizio. Marie, l’épouse de Dominique y meurt l’an suivant, à l’âge de 27 ans.

Durant la période mouvementée suivant la Révolution de 1789, où les nobles, les bourgeois et les curés sont, aux yeux des révolutionnaires, considérés comme des traîtres, Dominique ravitaille la population de Bessan et de la région en denrées alimentaires grâce à ses bateaux provenant d’Italie. La municipalité de Bessan, de plus en plus sévère, séquestre en juin 1794 les biens de la famille sis à Bessan, tout en incluant la famille et leur servante, Anne Bégou, sur la liste des émigrés. Cet épisode dure peu : en novembre de la même année, la municipalité procède à la restitution des biens. Après cette période trouble, Dominique revient à Bessan avec son fils Jean Pierre Etienne et son père Maurice Ange.

En 1798 un groupe de 142 Bessanais signe une pétition en faveur de Dominique Bernabo, le Génois, afin que son comportement exemplaire pendant la Révolution soit reconnue : Dominique est nommé citoyen d’honneur de Bessan et la rue desservant sa maison porte désormais son nom « rue Barnabo ». Un seul regret pour les descendants, la faute d’orthographe dans leur nom de famille figurant sur la plaque de rue !

D’après l’article écrit par Francis Delmas, en collaboration avec l’association « La Guilde 2 Bessan, Patrimoine et Traditions ».