Le pont de Montagnac



 

Combien d’automobilistes ont franchi cet ouvrage sans même se poser la question de savoir ce qu’il y avait en dessous, obsédés par la limitation de vitesse à 70 km/h et la circulation souvent dense, ajouté à cela la présence de nombreux convois hors gabarit.
Vieux pont sur le fleuve Hérault entre les communes de Montagnac et Pézenas, situé sur la RN 113 devenue D 613, son histoire n’est pas un long fleuve tranquille !
La date du premier pont en bois n’est pas certaine, pourtant des documents attestent qu’en 1288 un péage existe et que des droits sont acquittés pour l’acheminement des marchandises et des animaux.
Ce pont en pierres a été bâti en 1627 sous Louis XIII.
A partir de 1659, en assemblée de sénéchaussée de Carcassonne on s’inquiète, ce fleuve ayant tendance à quitter son lit au pont de Montagnac et il faut y remédier au plus vite. Elle demande à Monsieur de Périquet, vicaire général de l’Evêque d’Agde qu’il fasse procéder à des vérifications au plus tôt avec les consuls de Pézenas et de Montaniac.
En 1660, on ordonne les travaux, mais la sénéchaussée de Carcassonne se disant surchargée d’impôts, demande au diocèse d’Agde de faire avancer par son receveur le 1er paiement à rembourser sur les impôts de 1661.
Les travaux seront réceptionnés par l’évêque de Lodève, le baron de Rieux, les sieurs grand vicaire de Carcassonne, les consuls de Carcassonne, Albi, Castres et Mirepoix, le sieur Roux syndic général et Guilleminet greffier des Etats, c’est dire l’importance que l’on donne à cet ouvrage.
En octobre 1680, on autorise un emprunt afin de rendre le chemin libre dans le temps des inondations du fleuve Hérault.
En 1685, on s’inquiète du retard pris par les troupes du Roy qui ont du faire étape et dont le coût s’élève à 5 ou 6.000 livres en un an. Ajouté à cela les foires de Pézenas et Montagnac qui sont les plus considérables de la province après celle de Beaucaire. Elles ont souffert un si grand préjudice par le retardement des marchandises et des personnes qui fréquentent les foires qu’il y aurait danger de voir transférer le commerce en d’autres endroits.
Rien que pour les chaussées, on parle de 100.000 livres. Il sera fait fond par imposition dans le départ des dettes et affaires du pays de la somme de 200.000 livres par an, et ce pendant 5 ans à commencer de 1686.
Les modifications vont inclure des parapets à angle saillants pour la défense de l’ouvrage, ils serviront de longues années comme refuge pour les piétons, car il était étroit et à une seule voie.
En 1934, l’Association des Riverains de l’Hérault pour la Défense et contre les inondations demande entre autres la réfection de ce pont. Cette réfection devrait prendre en compte une décision ministérielle demandant la suppression des piles afin d’améliorer les conditions d’écoulement des eaux, elle ne sera jamais prise en compte. Il sera classé par un arrêté du 16.10.1944.
Il ne subira des modifications qu’après la deuxième guerre mondiale.
Long de 115 mètres, le tablier repose sur 5 arches. De part et d’autre, il comprend 77 travées de décharge. La circulation hippomobile et automobile fut à l’origine de nombreux conflits de priorité, c’est celui qui avait fait le moins de distance sur la chaussée qui devait reculer. Les incidents et le développement de la circulation nécessiteront son élargissement à deux voies.
En 2003, il a fait l’objet de travaux importants de consolidation des piles déchaussées par les inondations au fil du temps. Il est à noter que la pile du pont a été dégagée en septembre 2016.
A ce jour tout est à refaire d’où la pertinence de la décision ministérielle de supprimer les arches.
Le pont en fer qui se trouve au sud du tablier a été posé autour de 1870 pour le passage du train que l’on appelait l’Intérêt local.

Bernard Bals

 

Etat du Languedoc - Délibération en assemblée de sénéchaussée: Carcassonne (19 novembre 1659)

L'Hérault ayant tendance à quitter son lit au pont de Montagnac, la sénéchaussée de Carcassonne ordonne au sieur de Roux d'écrire au vicaire général d'Agde pour qu'il vérifie au plus tôt, avec les consuls de Pézenas et de Montagnac, les travaux à faire...Il faut y remédier au plus vite sous peine de constituer la sénéchaussée de Carcassonne en de grands frais.

N.B. En 1661,  Montaniac , écrit un temps Montaigniac, deviendra Montagnac.