Un canal, des canaux.

Beaucoup apprécient le charme des canaux de Sète. Et maints touristes sont désorientés, en Ile singulière, lorsqu’ils passent d’une « île » à un pont qui franchit un canal, après avoir vu un semblable paysage urbain. A l’est de la ville, le pont des Dockers surplombe une voie d’eau déclassée où dorment de petites embarcations. Cette vénérable branche du canal du Rhône à Sète a peu d’intérêt économique. Le débouché du canal du Rhône est à Sète et le chemin d’eau qui mène de Frontignan au port languedocien est protégé par « la digue à la mer ».

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De la Champagne au Languedoc.

Après la halte des Aresquiers, c’est par là que cheminent de modernes vaisseaux fluviaux de 1200 tonnes qui acheminent au terminal portuaire 150 000 tonnes de fret par an. L’Evasion ou le Graciosa viennent de Mâcon ou du port Edouard Herriot de Lyon, lourds d’un fret qui gagnera ensuite Barcelone, la Lybie, l’Egypte. Au retour, ils « remontent » par exemple la houille à destination des centrales électriques de la vallée du Rhône (Laudun-L’Ardoise) ou de la métropole lyonnaise. D’Arles à Sète, par Saint Gilles, Aigues-Mortes, Lunel, Palavas, Frontignan (halte des Aresquiers), les automoteurs s’activent sur cette branche méridionale de la grande méridienne fluviale qui, à partir d’Arles, permet de joindre Avignon, L’Ardoise, Lyon et, au delà, Châlons-sur-Saône, Dijon au nord (et l’agglomération parisienne), Mulhouse à l’est (et la voie rhénane), le canal latéral de la Loire à l’ouest. La voie fluviale pourrait jouer un rôle économique majeur, mais le rail et la route la concurrencent. Au delà des possibilités qu’elle offre à la plaisance (1 500km de fleuves, rivières et canaux), le réseau français est un atout pour le futur.

Economie et environnement.

Voies Navigables de France contribuent à la gestion du patrimoine hydraulique et gère cet outil de transport qui s’avère le plus respectueux de l’environnement : peu énergivore, le transport fluvial est le mode de déplacement qui émet le moins de gaz à effet de serre. Aussi, le canal est-il l’objet de soins attentifs. M. Louafi, directeur de la station des Aresquiers, le démontre chiffres en main : chaque année, on débarrasse le canal de près de 80 000m3 de sédiments, traités ensuite comme dans une station de lagunage. Des analyses déterminent la teneur en CO2, en métaux lourds, en produits dangereux (PCB). Et le préfet fait appliquer les directives de la loi sur l’Eau. Pour mener ces campagnes d’entretien, VNF est en contact avec les communes, les associations, les prudhommies. Il y a tout un mode de vie à respecter. Mais on peut améliorer encore les performances. Depuis cet été, des travaux visent à rectifier le cours du canal qui pourra accueillir des navires de 2 000 à 2 500 tonnes. Il faut plus de postes de chargement-déchargement et, par exemple, aménager celui de Palavas. Cela nécessite deux ans d’étude, une mise en œuvre soignée et … des crédits. L’entretien à lui seul coûte 400 000 € par an. Et quand les cordons de la bourse restent serrés, on étale les travaux.

Aux Aresquiers comme à VNF, on travaille pour le futur. On doit ralentir, mais on prend patience. Près de Frontignan, d’importants travaux ont été réalisés : un méandre rectifié pour faciliter le déplacement des navires. Restent à adapter 10km à un plus grand gabarit. Car il faudra bien que cessent les processions de poids lourds sur les axes routiers, la pollution et son coût sociétal. Demain, c’est aujourd’hui

Hervé Le Blanche

 

Le trafic fluvial se porte bien

Le trafic fluvial sur le port de Sète connait une forte augmentation à fin juin (+ 46%) passant de 111 304 tonnes à 162 558 tonnes. Cette tendance s'explique par le dynamisme du groupe Saipol-Avril dont l'unité de trituration réceptionne de plus de plus de graines oléagineuses, dont une bonne partie descend par voie fluviale depuis le centre de la France. A fin juin Saipol aura réceptionné plus de 29 625 tonnes contre 3 945 tonnes l'an passé.
La croissance du trafic fluvial s'explique également par le démarrage en 2014 d'un nouveau trafic de ballast qui descend de carrières situées dans la haute vallée du Rhône. Il s'agit de ballast, 80 000 tonnes/ans et destiné à la rénovation des voies ferroviaires entre Montpellier et Narbonne. On enregistre à fin juin 45 493 tonnes de ce produit qui ont transité par le port de Sète. Enfin il faut souligner le retour du trafic de houille destiné à l'usine Feropem de Laudun Lardoise qui a enregistré un tonnage à fin juin de 27 112 tonnes. Seuls les engrais en remontée ainsi que les tourteaux de Soja accusent une baisse des volumes par rapport à 2014.
Il faut également souligner la confirmation, par la Région de la poursuite des travaux en cours sur le Canal du Rhône à Sète dans le cadre du prochain CPIER. Un accord financier ayant été trouvé entre les partenaires, ce sont ainsi 25 millions qui seront réinjectés dans ces travaux pour la période 2015-2020..



Le Canal du Rhône à Sète, long de 63 km permet d'acheminer des marchandises jusqu'au grand Rhône via l'écluse de Saint Gilles et ainsi élargir l'arrière-pays du port de Sète jusqu'au nord-est de la France (Franche-Comté et Bourgogne).