PATRIMOINE

Inauguration de l'Espace Patrimoine de Caux

Monsieur Jean Martinez, maire de Caux a inauguré, mercredi 28 juin, un "espace patrimoine" créé par l'association les Amis du Clocher et du Patrimoine de Caux.
Malgré le mauvais temps de nombreux visiteurs se sont déplacés, des caussinards mais aussi d'autres associations du patrimoine de Castelnau-de-Guers, Neffiès et Montagnac.
Les trois salles d'exposition pourtant assez grandes suffisaient juste...

Dans chacune des salles, des thèmes différents retraçant l'histoire du village, archéologie, vigne, chasse, outils anciens, salle rétro, hommes célèbres de Caux,
le tout dans un cadre historique puisque ce bâtiment était l'ancien hospice.

L'Espace Patrimoine se situe 3 place de l'église.
Durant l'été, les jours d'ouverture seront les lundi, mercredi et vendredi de 10h à 12h
ou en visite "privée" sur demande :
par téléphone au 04.67.98.40.09 (Mairie de Caux)
ou par mail auprès de l'association Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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Quel avenir pour le canal du Midi ?

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L'année 2017 s'est ouverte sur les Assises du canal du Midi convoquées à Carcassonne  comme suite à la création du Comité de Bien du Canal. Il s'agit de définir la politique de la Région pour réhabiliter le canal du Midi.

Pourquoi ce bouillonnement et cette urgence à agir ?

Nous avons fêté en 2016 deux commémorations coïncidant avec l'an I de la région Occitanie. Le 350e anniversaire de l'Édit de création du canal signé par Louis XIV en octobre 1666.  Il a focalisé l'attention du public sur son concepteur et réalisateur Pierre Paul Riquet. Le 20e anniversaire de l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité en décembre 1996. Il nous ramène à la dure réalité. Cette reconnaissance universelle est-elle toujours méritée ?

La situation aujourd'hui.   

Il suffit de se déplacer le long du canal pour se rendre compte de la réalité de son délabrement. Le canal qui s'étale sous nos yeux depuis la disparition des platanes qui en assuraient l'attrait incontestable, souffre d'un demi-siècle de désintérêt et d'abandon. Nous en sommes tous responsables. Un constat et des explications :

  • Privé de toute activité marchande depuis 1960, défiguré par une mise à niveau technique avortée, on a envisagé jusqu'à son déclassement au profit de voies routières.
  • Entretenu a minima par son gestionnaire, il reste ouvert à la circulation des seuls bateaux de plaisance.
  • Faute d'entretien, les bâtiments historiques ont perdu leur caractère et ne sont plus que des fantômes pitoyables.
  • Les eaux sont polluées par les effluents et parfois les déchets déversés librement par les bateaux de plaisance, ses rives sont occupées par des barques abandonnées à demi-immergées.
  • Les ouvrages d'art témoins de son origine ne sont l'objet d'aucune mise en valeur ; aucune information ne les signale aux visiteurs.
  • Manque de respect de la part de certains riverains, utilisateurs et visiteurs.
  • Le chemin de halage envahi d'herbes folles, voie d'accès naturelle à ce musée vivant de plein air, est difficilement praticable.
  • Abandon pur et simple de certains ouvrages patrimoniaux de grand intérêt.

Qu'a-t-on fait depuis 1996 ? Rien, ou si peu. Notre orgueil légitime a fait long feu. Le mépris a perduré. Pire, on prive le chef-d'œuvre de ses attributs historiques en poursuivant la destruction de ce qui est considéré de nos jours comme inutile, sans être toutefois gênant.

On peut comprendre l'amertume et la déception de ceux qui ont œuvré et rendu possible son inscription par l'UNESCO, menacée aujourd'hui de déclassement.

Des projets de modernisation et leurs limites.

La Région va prendre en mains le devenir de cet immense voie d'eau. Il faut redonner au canal à la fois un intérêt économique, un attrait touristique et une reconnaissance forte de la valeur patrimoniale de ce chef-d'œuvre du Grand Siècle.

Les Assises et les Ateliers vont tenter de fixer les objectifs et les moyens. Les collectivités territoriales « mouillées » vont se pencher sur ce grand corps malade. Pourra-t-on obtenir un consensus quant au travail à faire d'urgence sur l'emprise actuelle du chantier ?

Et l'on voit poindre le projet d'une « vélo-route », sorte de voie rapide pour cyclo-touristes pressés. Tel qu'il est présenté, ce projet surdimensionné va engendrer des atteintes irréversibles au monument classé. Son coût sera disproportionné par rapport aux retombées économiques attendues. Des solutions plus sages, plus adaptées au site et à l'attente des visiteurs curieux doivent être étudiées.

Il est heureux que la Région prenne conscience de l'importance de l'enjeu. L'ouvrage majeur de notre patrimoine historique régional a un besoin urgent d'être réhabilité, redynamisé, modernisé (avec mesure), rendu accessible et compréhensible par tous.

Il faut lui offrir un nouvel avenir en respectant son passé.

 Jean-Michel Sicard

Sauvons Brescou

Au cours des Journées Européennes du Patrimoine, la ville d'Agde a lancé un appel au mécénat citoyen pour la restauration et la sauvegarde du fort de Brescou.

Lors de la présentation de l'opération, Gilles d'Ettore, le Maire d'Agde, a rappelé "à quel point le Patrimoine occupe une place importante aujourd'hui dans notre politique et dans la vie de la cité." ajoutant que "le fort de Brescou c'est, au-delà d'une carte postale, c'est un emblème, c'est notre histoire.".
La Fondation du Patrimoine dont M. Jean Viala puisqu'il est le Délégué Départemental, reçoit les dons pour renforcer le budget nécessaire à cette restauration. Cet édifice ne peut être laissé à l'abandon et on ne peut le laisser s'effondrer mais pour autant il y a un travail considérable à faire car la force des embruns et le poids des années ont considérablement abîmé cet édifice remarquable.

Autre aspect de notre Patrimoine, une étude que nous lançons avec la Marine Nationale sur le sémaphore qui est en haut du Mont Saint-Loup puisque la Marine Nationale n'a plus rien à faire dans ces locaux anciennement militaires. Là aussi nous ne voulons pas laisser ces bâtiments tomber dans l'oubli vu leur remarquable position stratégique. Donc, nous avons pour objectif que ce sémaphore puisse, demain, accueillir tout public, mais aussi d'autres activités comme des gîtes .

Le château Laurens fait aussi partie intégrante du Patrimoine agathois. C'est l'édifice le plus subventionné par la DRAC  de Toulouse (Direction Régionale  des Affaires Culturelles). C'est l'édifice auquel les services de l'Etat, de la Culture, croit le plus dans cette région. Il va y être investi 10 Millions d'euros avec plus de 80% de subventions.
Là, nous avons un gros chantier qui va démarrer dans les mois qui viennent.

Il y a aussi, la Cathédrale et les églises que nous avons rénovés, pour la plupart. Je vous invite à aller visiter « l'église Notre-Dame-du-Grau » car c'est un véritable bijou. C'était un taudis il y a encore deux ans puisqu'elle avait servi de lieu de salaison de jambons après la révolution française et que nous l'avons complètement rénovée. Elle est remarquable.

Il y a aussi le Patrimoine naturel avec les herbiers de Posidonie qui se portent de mieux en mieux., la réserve naturelle de Bagnas sur laquelle nous avons un projet de rénovation des anciens bâtiments des Salins du Midi pour un meilleur accueil du public.

Le Musée des bronzes du Cap d'Agde, le Musée de l'Ephèbe, sur lequel nous avons là aussi, à plus ou moins long terme, un projet. Celui de le transplanter sur l'Ile des Loisirs pour qu'il ait une meilleure audience. D'autres équipements seront eux aussi implantés là bas comme l'Aquarium.
Nous avons des collections de bronzes uniques en France qui nous rappellent notre passé Grec mais également notre passé Romain. Des fouilles actuelles sont en cours de réalisation et tendraient à prouver que Agde est encore plus ancienne que la civilisation grecque.

Ces Journées Européennes du Patrimoine sont pour nous une manière de partager cette passion avec l'ensemble des Agathois. Au-delà des passions qui nous animent les uns et les autres, c'est aussi pour nous un moyen de développer un tourisme qui servira à notre économie patrimoniale à laquelle nous croyons.

Chaque année nous sommes heureux de vous montrer nos avancées et j'espère vous retrouver sur différents sites tout au long du week-end.

Christine Antoine, conseillère municipale déléguée au Patrimoine, prit ensuite la parole pour remercier le public pour sa présence à cette 33ème édition des Journées Européennes du Patrimoine dont le thème de cette année est « Patrimoine et citoyenneté ».
« Ce thème nous renvoie aux sources même de cette manifestation, créée en 1984, celle d'une appropriation pour tous d'un bien commun, d'une histoire commune. Le fort de Brescou fait partie de notre histoire commune ».

Christine Antoine, comme l'avait fait M. le Maire, rappela aux Agathois la nécessité de sauvegarder cet emblème de la ville et elle présenta les autres intervenants à cette conférence, avec pour lui succéder Arnaud Sanguy, guide conférencier de la ville. Ce dernier présenta l'histoire de la création géologique de l'îlot accueillant le fort et l'aspect historique de cet édifice.

« Cette histoire remonte à 1586 quand sur ordre du Vicomte de Joyeuse, le fort fut construit. Un temps repère des pirates et des corsaires, il sera sauvé de la destruction demandée par le Roi, par le Cardinal de Richelieu, qui imaginait en faire un grand port militaire.
La mort du cardinal stoppa les travaux engagés et le fort devient alors une prison d'Etat de 1680 à 1852. Déclassé, il est attribué aux Ponts et Chaussées en 1889.

En 1998, des travaux de consolidations des fortifications sont entrepris.

Le fort de Brescou est désormais inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques ».

Il devient la propriété de la ville d'Agde en 2009.

 

Renaud Dupuy de la Grandrive, directeur de la gestion du milieu marin de la ville d'Agde, prit ensuite la parole pour la partie patrimoine naturel  A l'aide de magnifiques diapositives, il mit en valeur les fonds marins situés autour du fort.  

« Sachez qu'autour de Brescou, nous faisons régulièrement venir des spécialistes et qu'à ce jour il a été découvert plus d'une centaine d'espèces d'algues, ce qui montre la richesse de notre côte.
Pour coller à la récente actualité agathoise et concernant les moules de Brescou, même si effectivement il y en a moins qu'avant, il n'en demeure pas moins qu'elle est toujours présente sur les rochers de cette zone ».

Voilà qui devrait rassurer les amateurs de moules farcies …. à l'agathoise, la moule de Brescou n'a donc pas disparu.

Il rappela aussi le rôle de l'Aire Marine Protégée de la côte agathoise, un rôle primordial qui consiste à protéger l'environnement marin, comme celui de préserver la Grande nacre (un mollusque qui est l'un des plus grands coquillages au monde), à conserver les herbiers de posidonie uniquement présents en Méditerranée mais aussi d'éviter l'implantation d'espèces pouvant être envahissantes comme Caulerpa racemosa qui est transportée par les ancres des bateaux.
La zone de mouillages écologiques de Brescou fait partie des actions entreprises par la ville d'Agde sur ce site Natura 2000 « Posidonie du Cap d'Agde ».

Monsieur Jean Viala, Délégué Départemental de la Fondation du Patrimoine, prenant ensuite la parole rappela le rôle de la Fondation dans le cadre du fort de Brescou et la création d'une souscription populaire pour la rénovation du fort.

« Il faut que tout le monde comprenne qu'on peut, grâce à cette souscription populaire, soutenir la rénovation du fort ».

Il détailla ensuite les autres soutiens que la Fondation peut apporter aux particuliers. Il mit aussi en valeur la mise en route de 60.000 projets pour une création de plus de 6.000 emplois l'an dernier.

Il termina son propos par des remerciements à deux personnes, Mmes Christine Antoine et Laurence Reslinger (Chargée d'Etudes – DGAS Vie de la Cité),
« qui ont tout donné et qui donnent encore pour la rénovation de ce fort Brescou ».

Marc Sauer, directeur par intérim des Musées d'Agde et entre autre de celui de l'Ephèbe, prit ensuite la parole.

« Je vais vous parler de deux sites découverts autour du fort de Brescou, celui de Brescou 1 et celui de Brescou 2. Ces découvertes datent des années 70 et des années 90.
Tout d'abord parlons de Brescou 1, communément appelée « Des petits pots » dont les premiers prélèvements de céramiques ont été réalisés en 1970 à quelques centaines de mètres du fort de Brescou. L'inventeur de ce site se nomme M. Gilbert Vidal et il a vraiment découvert ce site en 1977 et un très bel ensemble de céramiques vernissées en terre rouge, en fait plusieurs centaines de céramiques.
En 1989, une autre fouille a permis la découverte de nouvelles céramiques mais aussi des restes de caisses en bois qui permettront de remettre ces découvertes dans leur contexte.
Il n'y a pas que des petits pots mais aussi des bols , des plats, des petites marmites, des saucières ….. dans un état de parfaite conservation. Ils ont été datés fin du 16ème et début du 17ème siècle et ils proviendraient de la région de Barcelone.
Il y avait jadis beaucoup de naufrages autour du fort et ces vestiges auraient été apportés par une barque ou une pinasse échouée dans les années 1636. Cette vaisselle vernissée était destinée à notre région.

Pour le deuxième site, soit Brescou ii, qui est encore plus prestigieux, il a été découvert en 1995 par un agathois, Michel Souques à seulement trois mètres de profondeur à la sortie du port du Cap d'Agde. Plongeur en apnée, il a alors découvert sept canons dont deux, en bronze, hors du sable. Les cinq autres étaient peu visibles. Par réflexe, sachant qu'une équipe du DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) était présente sur Sète, il a été les prévenir de sa découverte. Une fois sur place et vue l'importance de celle-ci, les deux canons sont sortis de l'eau et les cinq autres laissés en place pour être sortis plus tard. Mais après quelques difficultés de localisation, les autres canons n'ont été extraits qu'en 1997 et en 1999 pour un total de dix-sept canons sortis des eaux (dix en fer forgé et sept en bronze ainsi que vingt neuf armes à feu portatives).

On peut dire que la collection des pierriers de Brescou est la collection la plus complète d'artillerie légère découverte en France. Ici, ce sont de petits canons utilisés à la fin du 15ème siècle et jusqu'au début du 18ème. Ils ont été progressivement abandonnés car d'une portée très limitée.


Crédit photo: Claude Cruells

Malgré le manque de traces visibles, il a été possible d'identifier le navire de guerre qui portait un tel armement. Il s'agirait d'un navire de la marine royale de Louis XIV qui se serait appelé « Aux armes de France » (d'après un dessin de 1670). Une identification rendue possible grâce à un texte retrouvé dans les archives nationales qui fait référence à ce bateau et à son naufrage en 1678 sous Brescou.

Pour conclure : dès trois mètres de profondeur on trouve facilement des choses, ce qui est bien mais aussi pas bien car s'il y a des gens qui déclarent leurs découvertes mais tout le monde ne fait pas cette démarche.

Marc Sauer a ensuite demandé au public présent de bien vouloir inciter leurs amis à venir visiter les Musées et les différents sites patrimoniaux de la ville.

Ces conférences se sont terminées autour des expositions photographiques de Renaud Dupuy de la Grandrive pour l'aspect patrimoine naturel des fonds marins, « Beautés de Brescou », et sur celle de Laurent Gheysens pour les outrages du temps subis par le fort de Brescou, « Brescou en danger ».