Le CEPRALMAR : coopérer avec les gens de métier

Un entretien avec André Lubrano, Président du Cépralmar

Le Cépralmar (Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes ) est un acteur régional reconnu au niveau national et international. Apprécié des professionnels de la mer comme des élus des collectivités territoriales, il intervient depuis 35 ans pour favoriser le développement durable du secteur des pêches et des cultures marines mais également la gestion intégrée des zones côtières.

Le Cépralmar est néanmoins très peu connu du grand public. Thau-info a voulu en savoir plus sur cette structure associative soutenue par la Région et qui a inspiré nombre de décisions et de réglementations nationales. Son président André Lubrano a bien voulu répondre à nos questions.

 

 

CEPRALMAR

Depuis 2016 le CEPRALMAR est implanté à Sète, la ville-port appelée à jouer un rôle majeur dans la grande région LRMP.

Association loi 1901, créée en1981 le Cépralmar, soutenu par la Région, a pour objet statutaire :

  • de favoriser et de promouvoir les actions visant à sauvegarder l'exercice de la pêche et des cultures marines en mer et dans les étangs et à encourager les tentatives, menées par les professionnels, destinées à une meilleure exploitation du milieu lagunaire et marin,
  • de mettre en œuvre toutes formes d'études techniques pour le compte des maîtres d'ouvrage et d'assurer leur suivi pour la bonne exécution des programmes définis dans le cadre de l'association",
  • de contribuer à la définition d'une politique à long terme concernant la mise en valeur du milieu côtier de la région.

Une originalité structurelle :

Avec sa représentation paritaire élus - professionnels de la mer, le CEP¨RALMAR est une véritable "chambre des métiers de la mer".
Le Cépralmar a un conseil d’administration composé de 12 membres représentant l’ensemble des acteurs de la mer.
Ces membres sont répartis en 2 collèges :

  • collectivités Territoriales et Syndicats mixtes gestionnaires de milieux lagunaires et marins
  • représentants professionnels.

Depuis 2010, le Cépralmar est présidé par André LUBRANO, Conseiller Régional.

   

T.I : A quoi sert le Cépralmar ?

Andre Lubrano :
Le Cépralmar est un outil qui permet d'abord aux professionnels de la mer et aux élus ou gestionnaires de syndicats mixtes de se parler, d'échanger et de construire ensemble. Les professionnels tiennent à son existence car il permet aux gens de métier de s'exprimer librement et de coopérer. C'est leur outil.
Au fait des évolutions économiques, techniques, réglementaires et sociales, le Cépralmar propose une ligne d’actions adaptée aux réalités régionales et la traduit en programmes d’interventions sur le terrain.

T.I Quels sont les grandes missions du Cépralmar?

André Lubrano :
Nous avons trois grands axes:

  • développement des filières maritimes : avec sa vision transversale de la filière des produits aquatiques, le Cépralmar conseille les professionnels et leurs organisations dans la définition stratégique, le montage et l'évaluation de leurs projets de développement. Cette présence quotidienne auprès des exploitations et des entreprises du secteur maritime lui permet de recenser les besoins, de promouvoir la diversification des activités de production, d'encourager les initiatives privées vers une démarche innovante en lien avec les marchés. L'équipe technique travaille au côté des organisations professionnelles dans la conduite de leurs missions et dans la construction de projets collectif.
  • gestion intégrée et durable du territoire littoral : La qualité de l’environnement littoral conditionne le maintien de l’ensemble des activités maritimes. Porte-parole des métiers de la mer, le Cépralmar agit pour faire reconnaître leur importance dans la vie économique régionale et leur contribution au maintien des équilibres de la bande côtière. Il contribue à l’élaboration de documents de planification (SCOT, SAGE, ...), s’implique dans des opérations d’aménagement (récifs artificiels, restauration des lagunes...) et de gestion (contrats d’étang, réseaux de suivi) et intervient dans des programmes de recherche appliquée au niveau national et européen. L’ensemble de ces actions est résolument inscrit dans une approche de gestion intégrée et durable du littoral régional.
  • coopération entre les acteurs : Interface entre le monde scientifique, professionnel et les institutions, le Cépralmar joue un rôle fédérateur dans la mise en œuvre de réseaux de collecte et de transfert des “connaissances” et des “savoirs”. Il organise la concertation entre tous. Enfin, il coordonne l’élaboration de réponses appropriées et concertées à destination des collectivités publiques et des professionnels.

T.I : De quels moyens dispose le CEPRALMAR ?

André Lubrano :
Malgré un très vaste champ d'intervention, l'équipe permanente est très réduite. Elle est constituée de 4 chargés de mission de haut niveau : Erika GERVASONI pour l'aquaculture, Adeline FOURRIER pour la gestion du milieu maritime et la planification, Matthew HEBERT pour la gestion des lagunes et Jean-François HOLLEY pour la pêche. Sylvie MERIC, directrice administrative et Perine CAZORLA responsable du secrétariat complète l'équipe.
Le budget du Cépralmar, de ce fait très raisonnable - 600.000 euros par an - est financé pour environ 80% par la Région.
Les moyens pour lancer les études ou les projets doivent donc être trouvés à l'extérieur auprès de partenaires privés ou institutionnels, régionaux, nationaux ou européens.

 

Un programme riche et dense

 

l'équipe du Cépralmar

 

T.I : Existe-t-il des synergies entre les métiers de la mer et ceux de la terre ?

André Lubrano :
Pour la qualité de l'eau des lagunes, ce qui se passe et se déverse à terre, revient dans l'eau, la coopération et le dialogue entre les deux est  une évidence et une nécessité. Sur les plans des produits, des actions de valorisations complémentaires sont déjà en cours et le seront de plus en plus. Hier par exemple on a fêté à Marseillan les médailles obtenues au concours général agricole par Philippe Ortin, le Président du CRCM,  pour la qualité de ses huîtres et par les Caves de Richemer pour ses vins (voir notre reportage).

Propos recueillis par Jean-Marc-Roger et Jacques Carles