Vigne

Picpoul de Pinet

L’AOP Picpoul de Pinet toutes voiles dehors pour une montée en qualité


 

photos: AOC Languedoc Picpoul de Pinet 
www.picpoul-de-pinet.com

Il est loin le temps où le piquepoul se buvait entre amis, au milieu d’une nature encore sauvage en bord d’étang de Thau, avec quelques huîtres et coquillages. « Un petit vin, pas vraiment pris au sérieux » raconte avec sa faconde le Président du syndicat picpoul de pinet, Guy Bascou. Aujourd’hui, la jeune Appellation d’Origine Protégée, obtenue en 2013, compte parmi les plus dynamiques du Languedoc. La production confidentielle est passée à 80 000 hl, « plus que Faugères ou Fitou » s’enorgueillit son Président. Le marché s’est structuré. Le vin, mis en bouteille dès le mois de décembre, finit chaque année par manquer et le millésime suivant est attendu fébrilement. 56 % des vins partent  à l’export, notamment chez les clients anglo-saxons. 
Présent dans les archives dès le XVIe siècle dans l’armada de grands vins blancs du Languedoc, avec les Picardans, clairettes et muscats, ce cépage ancien et original offre une typicité particulière - impossible de le confondre avec un autre cépage blanc- qui méritait une bouteille particulière, aisément identifiable.  Guy Bascou analyse les raisons de son succès: « Vin de conversation », facile, homogène entre les différents producteurs, il a misé sur un côté plaisir et rafraichissant, à un prix attractif  pour le consommateur. Pari gagné, en temps de crise économique et de recherche de nouveaux goûts.
La dégustation primeur de la cuvée 2015 le 14 avril à Carcassonne, lors de l’opération Terroirs et Millésimes, a conforté les choix opérés par l’AOP. Guy Bascou, accompagné de Joël Julien, directeur des Costières de Pomerols, a présenté le vin aux journalistes du monde entier, dont beaucoup d’américains, canadiens, irlandais, allemands et chinois. 
Cette « merveilleuse dégustation » selon les mots du président ouvre tous les espoirs au picpoul de pinet. Le terroir recèle bien des qualités, entre terre et mer. Le vignoble se déploie aussi bien sur le littoral que sur les coteaux, plus méconnus,  du cœur d’Hérault.
L'appellation en a tiré des enseignements. Sur le solide socle d’un marché stable, forte de ses succès à l’export, elle souhaite offrir à ses vignerons les moyens d’aborder de nouveaux marchés. Elle vise l’entrée chez les cavistes et en CHR (cafés, hôtels, restaurants), avec un vin plus travaillé, plus complexe - le cépage s’y prête -. Après le temps de la réflexion, l’action se met en route. Une réunion est prévue en mai, une bouteille est en cours de création, pour élaborer un vin avec un cahier des charges propre, qui serait vendu autour de 8 € la bouteille. Par sa montée en qualité, picpoul de pinet tourne la tête à la fois vers l’avenir et vers  son histoire méconnue. Un livre en cours de préparation appuiera la réflexion globale menée sur le cépage piquepoul et les vins élaborés. Guy Bascou conclut, serein: « le picpoul de pinet existe dans le monde et dans l’histoire. Il faut le faire avancer maintenant. »
Le cap est mis sur une nouvelle tranche de cette histoire, toutes voiles dehors.

Florence Monferran

A noter : balade dans les vignobles, dans le cadre  de
 Vins, vignes, terroirs le dimanche 22 mai

Vinocap 2016

C'est par une belle matinée ensoleillée qu'a été lancée la 7ème édition de Vinocap. Venus faire découvrir leurs vins et rencontrer le public, près de 100 vignerons étaient présents sur les quais de la station touristique du Cap d'Agde.



 
 
 
 

François Commeinhes, le sénateur-maire de Sète et président de Thau agglo ainsi que la presque totalité des maires des communes de l'Agglo « Hérault Méditerranée » étaient là aussi aux côtés du Maire d'Agde, Gilles d'Ettore qui a entamé son discours en exprimant son plaisir de constater que la manifestation allait se dérouler, durant les trois prochains jours, sous un franc soleil. Il a ainsi appelé les visiteurs à venir et à revenir durant ces trois jours pour pleinement profiter des dégustations offertes par les vignerons régionaux présents sur l'Esplanade Pierre Racine.


Gilles d'Ettore a tenu à remercier et à célébrer tous les vignerons et toutes les confréries (la Clairette d'Adissan, la Croustade et le Rosé de Bessan, les Pointus du Grau d'Agde, les Amis de Marseillan, les Bescos Figos de Nézignan l'Evêque, le Picpoul de Pinet, les Mille et Une pâtes du Bassin de Thau, Saint Hippolyte et le Rosé de Fontès.....) présents lors de cette manifestation. Le Maire d'Agde a également rappellé que "toutes ces confréries montrent à quel point nous sommes ici en Languedoc,  attachés à ces traditions, à ces valeurs qui font finalement notre particularité et qui font aussi notre caractère. Et c'est important d'avoir du caractère... CC'est pour nous un grand moment que Vinocap ".
Le désormais traditionnel coupé de ruban a ensuite eu lieu avant une déambulation à la rencontre des vignerons.

Jean-Marc Roger

Gilles d'Ettore, Sébastien Frey,
Marie-Christine Fabre de Roussac et François Commeinhes

La colère gronde aussi chez les viticulteurs


en 1907, déjà... source : Mémoires de Marcelin Albert

Après la tension agricole liée à la crise de l’élevage, la colère s’est emparée du monde du travail et de la jeunesse face au projet de loi El Khomri. Elle gagne depuis quelques semaines le monde viticole. Un premier signal d’alarme avait été tiré par les viticulteurs audois contre la présence de vins chiliens sur les étapes du Tour de France cycliste (Voir dans ces colonnes « Les raisins de la colère »). Mi-mars, les chiffres du commerce extérieur 2015, divulgués par FranceAgriMer, laissaient présager la fin de l’embellie dans laquelle la viticulture languedocienne baignait ces derniers mois grâce aux résultats économiques des AOP, IGP et de l’export.  Un  record vient d’être battu, celui des importations de vins étrangers : 7,2 millions d’hectolitres en 2015, + 11 % en un an. 81 % de ces volumes proviennent de vins vendus en vrac à des prix très bas, et les 3/4 sont espagnols. A noter : la présence des vins sud-africains (7% des importations) et la stabilité des entrées italiennes. Ces importations, pour lesquelles les opérateurs envisagent d’atteindre la barre des 8 millions d’hectolitres en 2016,  sont pour la plupart destinées à des marchés de BagInBox en grande distribution, à bas coût pour le consommateur.

 

A la publication de ces chiffres, Jacques Gravegeal, président du Syndicat des producteurs de vin de pays d'Oc, exprimait son inquiétude dans une lettre à Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture. Il lui demandait de protéger les vins à Identité Géographique  français contre l’arrivée massive de ces vins étrangers sans provenance géographique ni cépage, « à des prix totalement cassés ». Les prix du vrac espagnol défient en effet toute concurrence : 0,32 € le litre contre 0,60 € le litre de vin français sans IG, et 1,06 € le litre de vin en IGP.

Exaspérés par l’épisode des vins chiliens du Tour de France, inquiets de ces importations massives, voici maintenant des viticulteurs en colère. Le déversement sur la chaussée, début avril, du chargement de cinq citernes en provenance d’Espagne au péage du Boulou, par 150 viticulteurs du Midi vient exprimer cette colère. Il rappelle les actions menées dans les différentes crises de mévente des vins du Sud, dans les années 1970 et 1980.
Le quarantième anniversaire des tragiques événements de Montredon, près de Narbonne le 4 mars 1976, aurait-il servi de détonateur à des viticulteurs subissant la baisse des cours? L’épisode du Boulou restera-t-il un acte isolé, ou fera-t-il tâche d’huile ? Après les vins espagnols, la concurrence du Prosecco italien a été examinée à la loupe. La protestation pourrait gagner d’autres lieux et d’autres cibles symboles de ces importations  de vins étrangers.

Florence Monferran

 

De Montredon à aujourd’hui, un marché vrac agité

A partir de 1970, les viticulteurs du Midi entrent en guerre ouverte contre la déréglementation européenne, qui laisse entrer massivement des vins italiens, et engendre l’effondrement des cours de leurs productions. Le 4 mars 1976, à Montredon-des-Corbières, ils  protestent contre l’arrestation de membres de leur comité d’action viticole. Un barrage de 3 000 manifestants est dressé. L’intervention des CRS se solde par un très lourd bilan: un viticulteur et un CRS sont tués, les blessés se comptent par dizaines. Montredon résonne dans la mémoire vigneronne et collective comme la fin sanglante d’une époque de lutte, enclenchée avec la révolte de 1907. Dès lors, le Languedoc opère en trois décennies, dans la douleur, une mutation de son vignoble avec des arrachages massifs, l’installation d’une politique de qualité (création des AOC, hiérarchisation des vins). Aujourd’hui, le marché du vrac à bas prix est d’autant plus ouvert aux vins européens que les derniers règlements sur les droits de plantation renouvellent les autorisations annuellement sur toute l’Union. Un nouveau paysage viticole est en train de s’y dessiner.

 

Sud de France fait la promotion des vins du sud

35 entreprises Sud de France à Londres
Le 13 avril, à Londres, Sud de France Développement organise le Trade Day. 35 entreprises régionales ont l’occasion de faire déguster leurs vins aux acheteurs britanniques recrutés par la Maison de la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées de Londres.

Les « 100 meilleurs vins Sud de France » pour les Britanniques
Du 3 au 5 mai, lors de la London Wine Fair, est dévoilé le palmarès du concours « Top 100 des vins Sud de France ». Organisé par Sud de France Développement, il sélectionne les 100 meilleurs vins de la région à destination des Britanniques.

Le printemps du Languedoc-Roussillon Sud de France s’étend en province
De mieux en mieux référencés sur les tables parisiennes et dans toute la France, le Printemps du Languedoc-Roussillon Sud de France qui se déroule jusqu’au 17 avril, promeut les vins du Languedoc dans le circuit CHR (cafés – hôtels – restaurants) de Paris ainsi qu’auprès des cavistes français. Cette année, l’opération visera à renforcer l’image des vins du Languedoc dans les villes de Rennes, Lille et Toulouse.

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 04 99 53 24 11

Les balades gourmandes sont de retour

Escapade en toute gourmandise pour lancer une saison œnotouristique riche en évènements

Les balades gourmandes sont de retour . Dimanche 3 avril à Frontignan la Peryrade avait lieu la 1ère sortie de l’année au Mas Rouge. D’ici à novembre, chaque semaine, les amoureux et curieux de vin et de terroir pourront rencontrer tous les producteurs de la célèbre AOP muscat de Frontignan qui fête cette année ses 80 ans.

Depuis 2009, d’avril à novembre, la Ville de Frontignan la Peyrade propose des balades gourmandes sur les petits chemins au pied du massif de la Gardiole, à la découverte d’un terroir d’exception et des domaines de l’AOP, appellation qui fêtera d’ailleurs cette année ses 80 ans d’existence. Une véritable invitation à partager le savoir-faire des vignerons et déguster les fameux muscats de Frontignan.

Après quelques rendez-vous hivernaux autour du club muscat, de la journée européenne de l’œnotourisme ou encore du marché de Noël, avec les ateliers autour du muscat sur les tables de fêtes, et avant le grand rendez-vous annuel du Festival du muscat, ces balades gourmandes ouvrent donc la saison œnotouristique. Ces dernières visent essentiellement à faire connaître à tous les publics, enfants et adultes, autochtones comme vacanciers, le terroir du muscat, un environnement naturel exceptionnel et des produits locaux de qualité, le tout, bien entendu dans la bonne humeur ! En effet, c’est une véritable plongée au cœur de l’art de vivre muscatier qui est proposée ici. Chaque balade se termine dans un domaine, à la rencontre du vigneron, avant de déguster les muscats de Frontignan, ainsi que foie gras, chocolats, sorbets au thym, tielles, confits au muscat et bien d’autres délices.

Cette nouvelle saison qui s’ouvre s’annonce particulièrement riche en évènements autour du muscat. En effet, l’année 2016 verra le Festival du Muscat fêter sa 30ème édition et l’Appellation d’Origine Protégée (AOP), soufflera elle ses 80 bougies. Pour l’occasion, sera dévoilée la rose Xcellence de Frontignan aux couleurs dorées évoquant la robe du muscat créée à la demande de la Ville par le créateur Edirose.

Afin de célébrer dignement cet anniversaire, la Ville de Frontignan la Peyrade, capitale mondiale du muscat, accueillera également du 26 au 29 mai le festival Œnovidéo, le plus ancien festival international de films et de photographies sur la vigne et le vin, qui fera escale pour la première fois de son histoire dans le département de l’Hérault.

Avec, cet été encore, plus d’une centaine de balades gourmandes, natures pour les adultes comme pour les enfants, à la découverte de la faune, de la flore, de la Gardiole, des vignes, des étangs ou encore en mer, qui accueillent chaque année quelques 2 500 personnes, la Ville de Frontignan la Peyrade s’inscrit définitivement dans un tourisme vert et de terroir. Bénéficiant d’un cadre naturel remarquable, tout comme le sont les domaines viticoles qui accueillent généreusement les visiteurs mais aussi des évènements comme les incontournables Emmuscades, pour des soirées de cinéma accompagné de brasucade de moules et bien sûr de muscat, la Ville jouit du label Vignoble et découverte, porté par Thau Agglo et décerné par les ministères du tourisme et de l’agriculture, qui fait du pays de Thau, la première destination œnotouristique labellisée de l’Hérault.

Les costières de Pomérols au top 10 des Chardonnay du monde

 

Le palmarès des Chardonnay du monde, organisé par Forum Oenologie, a consacré les vignerons des costières de Pomerols, qui obtiennent une grande médaille (top 10).

La 23e confrontation qualitative des meilleurs Chardonnay du Monde s’est déroulée du 8 au 11 mars 2016 dans le cadre du Château des Ravatys, Domaine Viticole de l’Institut Pasteur à Saint Lager en Bourgogne viticole.
782 échantillons représentant 39 pays. Le collège des dégustateurs était composé de 50 % de dégustateurs en provenance de pays étrangers. Après quatre journées de travaux, les Jurys ont attribué 259 médailles sur 782 échantillons présentés, soit 33,1 %, qui se répartissent qualitativement de la manière suivante

 

Répartition des médailles

  • Médailles d’Or : 63
  • Médailles d’Argent : 196
  • Palmarès complet des vins de notre région :

Classement Top 10* des meilleurs Chardonnay du Monde® 2016

8e: Pays d'Oc IGP Cap Cette Chardonnay 2015
Les Costières de Pomerols

Médailles d’or:

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP dA Chardonnay Réserve
2015 Boisé

LES COSTIERES DE POMEROLS
Pays d'Oc IGP Saint Peyre Chardonnay
2015

Argent

LES CAVES RICHEMER
Côtes de Thau IGP Henri de Richemer Chardonnay
2015

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Astelia Chardonnay
2015 Boisé

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Jean Claude Mas Les Grès Réserve Chardonnay
2015 Boisé

LES VINS SKALLI
Pays d'Oc IGP Fortant de France Réserve des Grands Monts Chardonnay
2014

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Paul Mas Estate Chardonnay
2015 Boisé

LES COSTIERES DE POMEROLS
Pays d'Oc IGP Beauvignac Chardonnay
2015

» en savoir plus: tous les résultats

Les Héritières de Bacchus, le petit salon qui grandit

Après un coup d’essai en 2015, les Héritières de Bacchus ont réussi un coup de maître pour leur 2ème édition.
Ils étaient peu nombreux, au soir de la première édition, à parier sur l’avenir de cette expérience originale et unique en Languedoc de réunir un salon vigneron entièrement féminin. Avec patience, énergie et détermination, Laurent Lafont, son président, entouré d’une solide et joyeuse équipe de bénévoles, a tissé une toile d’amitié, un réseau solide de partenaires publics et privés pour pérenniser la manifestation. Pari réussi, la deuxième édition, dimanche 13 mars, a réuni des vigneronnes venues de toute la France, des entreprises et start’up viticoles, ainsi que des élus locaux de Claret, de la Communauté du Pic Saint-Loup, du département et de la région LRMP, venus tous inaugurer le salon. Le public a répondu en nombre sur la place du 3e Millénaire, sous un doux soleil printanier. De nombreux amateurs, des cavistes se sont pressés sur des stands toute la journée. Vins blancs, rosés et rouges, cépages locaux et classiques, vins rares, ces vigneronnes ont montré leur savoir-faire et une qualité de haut niveau. Les ateliers de dégustation de Christine Dardé et l’exposition photographique de Didier Page sur les vigneronnes dans leur quotidien ont apporté des éclairages complémentaires sur la femme dans le vin.
Au bilan, 1 500 verres ont été vendus, les vigneronnes ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour l’année prochaine, et Laurent Lafont a  repris son bâton de pèlerin pour donner une grande envergure à ce projet, occasion pour lui « de belles découvertes gustatives et humaines ». Fabienne Bruguière (Mas Thélème), Agnès Bourgeron (Domaine de Fournaca), Elisabeth Villeneuve (La robe pourpre) ont représenté la production locale, près du Pic Saint-Loup qui offrait un écrin paysager et patrimonial à la manifestation. Françoise Ollier-Taillefer, du Domaine éponyme en Faugèrois, remercie les Héritières  pour « leur gentillesse et leur professionnalisme », Carine Fitte, du Domaine de Herrebouc en Gascogne, loue « une superbe ambiance ».  Dans leurs commentaires, les vigneronnes ne tarissent pas d’éloge sur l’événement, qui met dans la lumière leur travail, la qualité de leurs vins et leur vision du monde viticole, qu’elles contribuent, en Languedoc et ailleurs, à faire progresser depuis trois décennies.

 

Les vins du Languedoc célèbrent le Printemps

dans les villes et dans les vignes

L’opération « Printemps du Languedoc-Roussillon » met une nouvelle fois à l’honneur, du 17 mars au 17 avril 2016, les vins AOC de la région à Paris. Elle contribue, avec le support de Sud de France, à la présence des vins régionaux chez les cavistes d’Ile de France. 97% d’entre eux ont au moins une référence vin en AOC Languedoc-Roussillon.
400 restaurants, 550 cavistes, bistrots et bars à vins proposent pendant un mois des dégustations, rencontres avec les vignerons, menus du sud basés sur des accords mets-vins et offres spéciales. Nouveauté de taille cette année, l’opération s’étend à de grandes villes : Lille, Rennes et Toulouse. Elle promet plein de surprises, à suivre donc.

Le printemps fleurira aussi dans les vignes, avec la reprise des balades gourmandes. Les AOC Languedoc en ont publié le calendrier, et les inscriptions sont ouvertes. Les Grès de Montpellier ouvriront le bal, le dimanche 8 mai 2016. En AOP depuis 2003, les collines qui enserrent la ville et dominent la mer produisent depuis longtemps des vins rouges réputés. Le circuit historique, à la découverte cette année de lieux insolites du patrimoine montpelliérain, est parsemé de haltes gustatives, plats et vins accordés. Pour cette édition, le traiteur Grand animera les six étapes programmées, dont une surprise.

Réservation obligatoire, ouverte en ligne :
Tarif : 59 € par personne ; moins de 12 ans :20 € par personne

Temps fort des balades vigneronnes, « Vins, vignes, terroirs » propose six circuits parmi les plus beaux fleurons des AOC: Pézenas, Saint-Drézery, St Saturnin, le samedi 21 mai, Cabrières, Picpoul de pinet, Sommières le dimanche 22 mai. Hors des sentiers battus, la marche se veut pédagogique, avec des lectures de paysages, la découverte du patrimoine viticole, et la dégustation de vins. A noter, à Saint-Saturnin : trois départs, dont un en occitan et un en anglais.

Réservation obligatoire
Tarif : 10 € par personne, 5 € pour les enfants
Syndicat AOC Languedoc
04 67 06 04 44Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.www.coteaux-languedoc.com

 

Autres grands rendez-vous familiers des amateurs :

A vos agendas !
Florence Monferran

Un millésime 2015 tout en fraîcheur sur le littoral héraultais


Photos: IGP d'Oc et AOC Languedoc

Après les événements montpelliérains, la présentation des vins aux professionnels s’est poursuivie au Salon International de l’Agriculture à Paris, grand rendez-vous annuel viticole également. S’y dessinaient les contours d’un millésime 2015 qui tient ses belles promesses dans l’Hérault. Terre antique de vins blancs, puis de rosés, les clairets, il déploie sur son littoral, d’Agde à Lunel, une viticulture encore massivement basée sur ces couleurs. Le raisin a bravé les épisodes climatiques. Sécheresse tout l'été, orages ou pluies abondantes au moment des vendanges ont contrarié la maturation du raisin, mis à rude épreuve son état sanitaire, et les nerfs des vignerons, entre nécessité de laisser mûrir et impératif de récolter avant les ondées. Leur art et leur maîtrise ont eu tout loisir de s’exprimer sur ce millésime difficile. La quantité était globalement au rendez-vous et une belle qualité se confirme partout. Restait à reconduire, en vinification, un même profil de vin « pour que le consommateur retrouve son produit » explique Frédéric Bailleux, directeur des Vignerons de Lunel.
Sur le terroir des muscats, les blancs secs se sont révélés d’une grande richesse aromatique typique du cépage à petits grains, marqués cette année par le fruit de la passion, le pomelos, le citron, ainsi qu’une dominante pêche des vignes, avec de la rondeur et du gras sur les vins biologiques, très présents sur le littoral. Olivier Robert, au Mas de la Plaine Haute à Vic-la-Gardiole, met en avant une année peu commune pour le muscat, retardé dans sa maturation pour l’élaboration des vins doux naturels (VDN). Du gras, de la rondeur, un bel équilibre ressortent aujourd’hui en dégustation. A la cave de Frontignan, où ils occupent encore 73 % de la production, Deborah Donnadei confirme les notes dominantes de fruit, « expression des beaux raisins récoltés » sur les muscats en AOP. Après les pluies, le vent du nord qui séchait les grains a œuvré pour les passerillages. Les raisins récoltés tardivement ont développé une grande complexité.
2015 consacre le picpoul, avec une vendange abondante compensant une faible récolte en 2014. Ce cépage tardif, qui n’a pas subi les pluies, a, par nature, la peau dure! Très floral, d’un bon équilibre en bouche, il révèle de Florensac jusqu’à Mèze, en passant par Castelnau-de-Guers, « une belle expression aromatique, avec de l'élégance, de l'harmonie » note Joël Jullien, directeur des Vignerons de Pomerols. Olivier Azan, au Domaine du Petit Roubié à Pinet, met l’accent sur « une belle acidité, du fruit, de la longueur en bouche, et de la vivacité». Sur les hauts terroirs, les picpouls expriment « du volume, de la matière, de la rondeur travaillée sur lies » chez les Vignerons de Montagnac.
D’une manière générale, 2015 préfigure une grande année pour les AOP Blancs, issues d’un grenache et vermentino au mariage harmonieux, d’un viognier remarquable quand récolté bien mûr, roussanne et marsanne apportant de la complexité.
Les Vins de Pays blancs et rosés se parent de belles robes franches, limpides, avec une bonne maturité en général, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants. « Les pluies ont été très opportunes, nous avons eu très peu de corrections à faire sur les acidités, beaucoup d’arômes en Cœur d’Hérault » ajoute Jean-Louis Reffle, directeur des Vignerons de Montagnac. Le grenache blanc, emblématique du Languedoc, se découvre très floral en Pays de Thau. Quant au cépage - roi cette année, le vermentino, il se révèle tout en rondeur.
Symbole de la culture méditerranéenne, les rosés seront eux aussi très frais, avec de bonnes acidités. La star en sera le grenache, marqué fruits rouges et fruit de la passion, à la belle robe très pâle, expressive. Le muscat aussi prend des couleurs, à l’exemple de la cuvée Terres roses à Frontignan, aux arômes musqués, assemblage de muscat blanc et de muscat rouge.
Blancs secs et rosés sont déjà mis en bouteille et commercialisés depuis quelques semaines, avec un bon démarrage des ventes. La fraîcheur du millésime 2015 séduit, les résultats du Concours Général Agricole de Paris en attestent, avec une moisson de médailles sur le littoral. Le lent cheminement de ces vins arrive dans la dernière étape: la rencontre avec les consommateurs, pour être bus dans l’année avec toute leur vivacité, leur belle typicité d’une vendange 2015 … entre les gouttes.

Florence Monferran

Palmarès complet du concours général agricole de Paris sur : www.concours-agricole.com/vins_palmares_rech.aspx

Les raisins de la colère

un vin chilien choisi comme vin officiel du tour de France

 Afficher l'image d'origineLes coureurs du tour de France ne carburent pas au gros rouge et l'eau minérale est toujours leur breuvage préféré tout au long de la Grande Boucle. Mais il existe un "vin officiel" du Tour, c'est le le vin présenté lors des Grands Départs et étapes du Tour de France se déroulant l’étranger, où la Loi Evin ne s’applique pas, en Suisse et en Espagne par exemple.
Cette année le « vin officiel » sélectionné par ASO (Amaury Sport Organisation), l’organisateur du Tour de France, est... chilien et c’est le groupe Cono Sur qui a été retenu pour installer son véhicule promotionnel dans la caravane publicitaire du Tour de France, avec sa cuvée « Bicicleta ».
"Le Tour de France est une vitrine du patrimoine culturel, économique et social. Je trouve ça incroyable qu'il soit représenté par un vin étranger lors des étapes hors de nos frontières", regrette Frédéric Rouanet, président du syndicat départemental des vignerons de l'Aude, interrogé par Le Figaro.
Les vignerons sont prêt à entrer en guerre contre cette décision et menacent déjà de bloquer la route du tour. Carole Delga, la présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, a adressé un courrier au président du Tour, Christian Prudhomme, pour déplorer ce choix. Par ailleurs huit députés de l'Hérault viennent également de signer un courrier adressé à Stéphane Le Foll pour lui demander d'intervenir : cliquez ici pour lire la lettre.

Les vignobles de Montagnac impliqués dans la lutte biologique

Les vignobles de Montagnac, qui regroupent des viticulteurs de huit communes du cœur d’Hérault, augmentent leur surface de lutte biologique contre la tordeuse de la grappe, par la méthode dite « de confusion sexuelle » contre ce parasite ravageur. Il s’agit de tromper le papillon responsable du ver de grappe, en posant sur le pied de vigne de petites torsades humectées d’hormones, pour empêcher sa reproduction. Cette démarche, engagée en 2013  sous l’impulsion du Conseil départemental de l’Hérault, a d’abord réuni un groupe de vignerons constitué autour du Terroir d’Art et Nature, en AOP picpoul de pinet. Une centaine d’hectares a été traitée depuis deux ans au cœur du parcours oenotouristique. En 2016, au vu des résultats satisfaisants obtenus, les vignerons tripleront leur surface : aux 350 hectares provenant des vignerons coopérateurs s’ajouteront des vignobles en caves particulières, créant ensemble des ilots homogènes de 30 à 50 ha traités par confusion sexuelle. La pose des protections à la vigne est programmée pour courant mars.  Elle sera collective et simultanée, pour un effet d’impact sur toute la zone. Jean-Louis Reffle, directeur des vignobles de Montagnac, envisage de développer et de généraliser la pratique, « qui convainc de plus en plus de viticulteurs sensibilisés au respect de leur environnement et soucieux de leur propre santé. La prise de conscience est collective, dynamisée par l’arrivée de jeunes, et le soutien du conseil départemental. On sent une vraie envie » déclare-t-il. L’action, ciblée, qui allège le sol de traitements conventionnels, est englobée dans une démarche vers des usages doux : pose de panneaux photovoltaïques, recyclage du matériel de cuverie détruit à la création de nouveaux ateliers de vinification. Soucieuse de préserver son terroir et d’y inviter à une promenade de qualité, les vignobles de Montagnac témoignent du souffle nouveau de caves en pleine modernisation.

Florence Monferran

Les Vignobles de Montagnac
04 67 24 03 74 - www.lesvignoblesmontagnac.com

 
Jean-Louis Reffle à Vinisud 2016                                                                       Conseils à la vigne (ph. Vignobles de Montagnac)