Vigne

Montpellier à l'heure bio


Du 25 au 27 janvier, le salon Millésime Bio, organisé par Sudvinbio, parera le vin et la ville de vert.

Réservé aux vignerons certifiés bios, il réunira au Parc des expositions 900 producteurs de 15 pays de l'hémisphère nord comme sud. Le Languedoc-Roussillon, première région bio de France, sera très largement représenté avec 233 exposants, dont une cinquantaine venue du grand Montpellier et du Bassin de Thau.

 Conférences, dégustations des meilleures cuvées avec Sud de France, rencontres, feront un tour d'horizon de la qualité des vins, des techniques menées à la vigne et en vinification, les réglementations et marchés ouverts à la culture biologique.

Une kyrielle de manifestations s'agrège dès dimanche 24 janvier au salon officiel, dans et autour de Montpellier. Le vin de mes amis à Castelnau-le-Lez, les Affranchis à Flaujergues, les Vignerons de l'irréel et les Outsiders à Montpellier, De chemins en pistes à Fréjorgues, Biotop wines à Palavas, une Battle carignan-grenache salle Pétrarque proposeront des dégustations, des assiettes toutes simples ou des dîners, des animations musicales ou des soirées concert.

"Ca va guincher!" promettent les vignerons.
Autour du vin bio, c'est toute une culture du partage qui s'installe pour quatre jours aux couleurs du bon, du naturel et de la fête.

Florence Monferran

 

Consommation

Une étude commandée en 2015 à l'institut de sondages Ipsos à l'échelle européenne révèle que la consommation de vins bios n'est plus anecdotique, dans un contexte général favorable. 35 % des européens boivent du vin bio.

Ils sont 51 % en Suède, 35,8% en France. La consommation est plus jeune que la moyenne (23 % ont moins de 35 ans), plus féminine (50,5% des consommateurs réguliers sont des femmes) et plus réfléchie (soucieuse de traçabilité et d'environnement).


A télécharger sur : www.millesime-bio.com

 

Les Costières de Pomerols, un succès qui s'exporte

Un entretien avec son directeur, Joël Julien, par ailleurs Président régional des oenologues de France

Créée en 1932, la cave de Pomerols a pris tous les tournants économiques pour reconvertir 1 700 ha à ce jour en vignobles fers de lance de l'AOP picpoul de pinet, d'IGP blancs et rosés. En opérant plusieurs fusions, se dotant d'outils de vinification, mise en bouteille et stockage, ainsi que de caveaux de vente, les Costières de Pomerols ont démontré leur capacité à s'adapter aux nouvelles conditions des marchés, y compris à l'export. Elles illustrent le nouveau souffle du secteur coopératif en Languedoc, en particulier en Pays de Thau. Plongée à l'intérieur de la cave à Pomerols, qui incarne avec le caveau de Beauvignac à Mèze, ultramoderne, les deux versants de cette réussite.

Thau-Info: Qu'en est-il du millésime 2015, qu'on prédit exceptionnel, à Pomerols ?

Joël Julien:
Le millésime 2015 a été, de par sa climatologie, particulier. Les conditions de vendanges, dans la zone du bassin de Thau, ont été un peu délicates, à cause d'un été sec en juillet, puis de pluies abondantes en août et septembre, qui ont retardé les maturités. Il a fallu être patient, gérer une certaine hétérogénéité au vignoble, l'état sanitaire et la fragilité des baies ... et le stress des vignerons. La climatologie de la seconde partie des vendanges a été beaucoup plus favorable, vent du nord, temps sec et ensoleillé ont levé les inquiétudes. Le millésime s'inscrit globalement dans les profils de produits que nous souhaitons: une belle expression aromatique, de l'élégance, de l'harmonie, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants pour les blancs et les rosés. Nous sommes très satisfaits de la qualité. Ces  vins avec une belle typicité sont bien commercialisés, les premiers retours de nos clients, exports comme français, le démontrent.

Thau-Info: Pouvez-vous nous parler des AOP en blanc, qui sont productions phares ?

Joël Julien:
Dans notre zone, l'AOP emblématique est le picpoul de pinet, notre meilleur ambassadeur, notamment à l'export. C'est une production qui se développe, grâce au succès économique qu'elle rencontre. Mais le taux d'occupation de l'aire de production laisse peu de possibilités de reconversion de parcelles. La croissance du potentiel est donc limitée, elle va beaucoup moins vite que celle du marché. La totalité de la récolte est commercialisée, essentiellement en bouteilles, avec une très forte proportion à l'export. Le produit nous permet d'intéresser une clientèle amatrice de vins blancs, notamment sur les Etats-Unis et l'Angleterre, et de servir d'appel pour d'autres produits.

Thau-Info: Quelles sont les raisons de ce succès à l'export, selon vous ?

Joël Julien:
Il y en a plusieurs. Nous avons traversé une crise économique où le consommateur cherche à identifier des produits de très bon rapport qualité/prix, ce qui est le cas du picpoul de pinet. D'autre part, le vin est doté d'une véritable identité, qui s'exprime à travers son cépage atypique, sa bouteille personnalisée. Un travail, une réflexion par rapport à l'intégration du produit dans son environnement, son territoire  ont été menés. La communication sur le picpoul de pinet "son terroir, c'est la mer", l'association du vin avec les crustacés, les fruits de mer, voire les poissons, qui paraissait un peu réductrice au départ, s'est avérée pertinente. Le produit répond aux attentes du consommateur. Notre originalité tient aussi à ce que nous sommes la seule grande appellation de vin blanc en Languedoc. Cette singularité est un atout, car notre zone de production est également très touristique, avec la proximité du Cap d'Agde. être un grand vin du Languedoc, d'origine France, attire à l'étranger, et nous prédispose à rencontrer un certain succès.

Thau-Info: Vous revenez récemment de Chine. Quelle est votre vision des nouveaux marchés ?

Joël Julien:
L'export, c'est le code génétique de l'entreprise, qui exporte depuis très longtemps. Elle l'a fait sur l'Europe et les Etats-Unis, qui sont maintenant des marchés matures. Le marché anglais s'est énormément développé ces six dernières années, il est devenu notre premier marché devant les Etats-unis. Pour découvrir de nouveaux clients, nous avons mis en place une politique sur l'Asie depuis cinq ans pour travailler davantage sur le Japon, où nous progressons, et sur la Chine, où la demande en vin blanc est encore faible, mais les évolutions rapides. L'important est d'y être présent, grâce à une commerciale sur Shanghai. Elle renforce notre efficacité, permet une meilleure compréhension de ce qui se passe sur le marché chinois, et fait un travail de prospection. Nous sommes prêts.

Thau-Info: Quels appuis recevez-vous pour vos démarches ?

Joël Julien:
Nous agissons dans le cadre des actions de Sud de France, nous étions à Shanghai avec eux, ainsi que dans le cadre de missions du CIVL, et des Budgets OCM/pays tiers. Nous avons mis en place des budgets sur les Etats-Unis, la Chine et le Japon, qui nous permettent de travailler vers ces pays lointains, où les déplacements demandent du temps et des moyens significatifs. Ils nous aident à être plus pertinents et plus présents pour rencontrer nos clients.

Thau-Info: Comment la cave de Pomerols s'est-elle adaptée aux nouvelles conditions du marché ?

Joël Julien:
Des stratégies ont été bâties, puis poursuivies durablement. Les vignerons des Costières de Pomerols ont souhaité développer, depuis les années 1990, l'activité conditionnée, convaincus que c'était la seule façon de pérenniser un revenu agricole, et de mieux vivre de leur savoir-faire. Ce travail a nécessité des investissements pour se doter de nouveaux outils de production. Un certain nombre d'indicateurs sont aujourd'hui au vert et accélèrent notre développement. La taille de l'entreprise, qui a un peu grossi, les vignerons qui plantent, investissent, font que la croissance interne de la structure, liée à sa bonne santé économique, met plus de volumes, commercialement conditionnés, à disposition. L'outil de production, déjà performant, est sans cesse amélioré. Nous avons des ratio à la fois de coûts de production et de rapport qualité/prix vraiment très bons. L'entreprise s'adapte vite aux conditions du marché. Notre volume de production nous permet, avec nos outils de conditionnement, de vinification, notre savoir-faire, nos équipes en place, de répondre aux demandes des clients. Nous travaillons avec des partenaires commerciaux (agents, distributeurs ou enseignes) qui maîtrisent la distribution et nous accompagnent dans notre développement commercial. Depuis presque trente ans, cela fonctionne bien: tout en restant sur une structure aux effectifs maîtrisés nous atteignons un chiffre d'affaire conséquent.

Thau-Info: ce succès de la cave de Pomerols peut-il être mis en lien avec le nouveau souffle de la coopération en Languedoc, en particulier ici, sur le bassin de Thau ?

Joël Julien:
Dans notre conception de la coopération, il s'agit avant tout d'une aventure humaine, et d'une mise en commun de moyens pour mettre en oeuvre des stratégies d'entreprise efficaces et performantes. Elle est un formidable outil pour aller plus vite, plus loin. Alors que l'investissement était souvent considéré comme une prise de risque, ou une part qui venait amputer la rémunération, nous constatons une mutation dans les mentalités. Les adhérents ont pris conscience qu'aujourd'hui la coopérative est aujourd'hui une entreprise, qui doit comme toute entreprise investir, se doter d'outils performants. C'est à ce titre qu'elle parviendra à capter de la valeur ajoutée, à valoriser son activité et bien rémunérer ses adhérents.

Thau-Info: Il a été beaucoup question, à la COP 21, de changements climatiques. Ressentez-vous ces changements? Envisagez-vous des méthodes pour vous en prémunir ?

Joël Julien:
Il est toujours difficile sur des échelles de temps aussi courtes d'affirmer des changements. Pour corriger les excès  d'eau comme de sécheresse, qui ne sont pas bons dans noter métier, nous avons mené une réflexion sur  l'accompagnement de la maturation du raisin, via un projet d'irrigation assez ambitieux sur le bassin de Thau. En relation avec Aqua Domitia, nous voudrions, à l'échelle de plusieurs coopératives, avec nos voisins de l'Ormarine et Florensac, capter l'eau du Rhône pour irriguer nos vignobles. Notre démarche s'inscrit non dans une logique productiviste, mais dans une approche qualitative de régulation du stress hydrique de la vigne, du mûrissement du raisin. Nous espérons concrétiser ce projet d'ici 2020.

Thau-Info: Pour terminer sur une note festive, quels vins conseillez-vous pour accompagner les repas de fin d'année ?

Joël Julien:
Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de se retrouver en famille ou entre amis, d'apprécier des produits découverts dans l'année ou que l'on connaît bien. Le mariage du picpoul de pinet avec les fruits de mer est une bonne association. Je dirai plutôt les picpoul, car à l'intérieur de l'AOP, nous avons des styles différents à proposer. Si nous avons élevé ensemble le niveau qualitatif de cette 'appellation, chaque producteur a travaillé différentes expressions de ses propres terroirs. Nous produisons également, à Pomerols, des vins atypiques moelleux, en IGP Cotes de Thau, blancs, à base de piquepoule, particulièrement recommandés pour les foies gras. Nous sommes également gros producteurs de vins rosés, vins-plaisir agréables à l'apéritif ou pour accompagner des mets légers et certains desserts fruités. Ce sont nos trois produits-phares, complétés par une large offre de vins, qu'on retrouve sur nos deux points de vente à Mèze et à Pomerols. J'invite les clients à venir les déguster, les découvrir. C'est compliqué de parler de tous ses enfants, comme on les aime tous!

Thau-Info: Comment va se passer la commercialisation du millésime 2015?

Joël Julien:
Elle a déjà commencé. Nous avons eu pas mal de ruptures sur le millésime 2014, liées à la faible production. Nous avions besoin d'une belle récolte, ce qui est le cas, et de la commercialiser rapidement. Aujourd'hui, plusieurs vins blancs sur le marché, l'AOP picpoul de pinet, les rosés Cotes de Thau, les rosés de grenache et les chardonnay, sauvignon, viognier en pays d'Oc. Nous sommes allés relativement vite, un peu à l'inverse du marché vrac qui démarre plus tranquillement.

Thau-Info: Les fêtes se passeront avec le millésime 2015 à Pomerols?

Joël Julien:
Oui, sauf pour les rouges qui attendront encore.

Propos recueillis par Florence Monferran

 

Les Costières de Pomerols en quelques chiffres

  • 1 700 ha
  • 350 coopérateurs environ
  • 132 000 hl en 2015
  • 81 % de blancs et de rosés
  • 26 000 hl en AOP picpoul de pinet,
    dont 60 à 70 % vendus à l'export
    IGP Oc et IGP Cotes de Thau

Costières de Pomerols
Avenue de Florensac
34 810 POMEROLS
04 67 77 89 94

Caveau de Beauvignac
Route de Pézenas
34 140 MEZE
04 67 43 80 48

Mél: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Site internet: www.cave-pomerols.com

 

 

Marché vrac: vin vendu en citerne
Marché conditionné: vin vendu conditionné, en bouteille ou en bag-in-box (BIB)CIVL: Comité interprofessionnel des Vins du Languedoc
OCM: Organisation commune du marché vitivinicole

Changements climatiques, vins et terroirs à l'issue de la COP 21

Le réchauffement continu de la planète depuis la révolution industrielle, de + 1,5° à Montpellier en 150 ans, connaît une accélération brutale dans les dernières décennies. la température s'élève, le cycle des pluies se dérègle, la variabilité du climat s'accroît (épisodes cévenols, gels, étés secs). Les zones favorables à la viticulture se déplaceront sur un axe sud-est / nord-ouest, selon le dernier rapport de Greenpeace. Le Languedoc et l'ensemble des vignobles du Midi seront bien les premiers exposés à la sécheresse, au risque de montée du niveau de la mer, à l'érosion de la biodiversité. Les impacts sur les cépages, les pratiques à la vigne et en cave, les terroirs appellent des adaptations urgentes qui mobilisent chercheurs, pouvoirs publics et professionnels du monde viticole.

Pour l'instant, même si la vigne se développe plus vite, avançant les dates de vendanges, les hausses de température ont un effet bénéfique sur la qualité, donnant des vins plus alcoolisés, moins acides. Aussi, les vignerons se félicitent-ils d'une succession de millésimes excellents. Mais les composantes biochimiques du raisin se modifient, découvrant de nouveaux profils aromatiques qui influent sur le goût du vin.

Le changement climatique altère les rendements et  quand la vigne manque d'eau, en stress hydrique comme nous l'avons connu ces dernières années, l'échaudage altère la qualité et  la viabilité même de la vigne. 

Les impacts économiques toucheront l'utilisation des produits, les coûts de production, les revenus des viticulteurs. L'augmentation du risque de perte de récolte, et du risque sur la valeur du vignoble sont à craindre. Un enjeu patrimonial fort tiendra à la modification des terroirs. L'introduction de Carignan est testée à Bordeaux. Les chercheurs envisagent la présence en 2040 de cépages méditerranéens en Bretagne, ou de champagne en Pologne. Nous entrerons dans une compétition accrue entre régions, mais aussi avec les pays émergents en Europe, Angleterre et Allemagne en tête, et dans le Nouveau Monde.

Comment s'adapter à cette nouvelle donne?

Les avancées scientifiques visent à implanter des cépages plus tardifs, modifiés par métissage ou crées. L'INRA dispose pour cela d'une collection unique sur trois domaines en Languedoc (Chapitre, Vassal, Pech Rouge).
Le traçage de la carte génétique de la vigne permet de repérer des gènes résistants à la sécheresse, aux principales maladies.
A cette modification, des vignerons préfèrent de vieilles méthodes, la réintroduction de cépages oubliés ou rares, adaptés au lieu de production, ou la sélection massale (surgreffage de sarments à maturité tardive, ou de pieds très qualitatifs). Les nouvelles techniques de vinification seront à visée corrective: désacidification, utilisation de levures moins efficaces dans la transformation du sucre en alcool, voire désalcoolisation du vin.
Les chercheurs testent de nouveaux modes de conduite de la vigne qui la protègent de la chaleur et séquestrent le carbone dans le sol, comme la taille "en cordon déployé", laissant le feuillage retomber sur la grappe, l'enherbement, la plantation d'arbres dans les vignes. Des pratiques que connaissent bien les adeptes d'un retour à des conduites propres et diversifiées du vignoble, de la biodynamie au labour à cheval, au désherbage naturel par moutons et chèvres.
Entre les deux tendances qui convergent en quelques points, l'agriculture conventionnelle, longtemps négligente de la question environnementale, a appauvri la biodiversité et les sols. Le réchauffement climatique fournit l'occasion de rattraper un mouvement en marche, que les pouvoirs publics ont inscrit en "agro-écologie" dans la loi d'avenir pour l'agriculture (2014). Des scenarii envisagent une vigne totalement bio, tout au moins en agriculture raisonnée en 2050, usant de panneaux solaires, de circuits de distribution courts et économe en eau. L'irrigation, là où elle sera possible, sur environ  1/4 du vignoble languedocien, sera ponctuelle et de précision, en goutte à goutte, et peut-être issue du recyclage d'eaux usées, en test à Pech Rouge, à Murviel-lès-Montpellier.

Quelles stratégies pour continuer à produire sur nos terroirs?

Les stratégies figées (ne rien changer) ou conservatrices d'un état ne suffiront pas à faire face aux bouleversements, prédisent les chercheurs. La prospective imagine une délocalisation des terres, voire des vignobles nomades, et même sur roulettes! Maintenir les vignobles dans leurs aires actuelles, même si la qualité des vins se modifiera, demandera des innovations radicales. Le viticulteur, attaché à son terroir, est prêt à y consentir, estime Jean-Marc Touzard (INRA). Il faudra déplacer les plantations, modifier les expositions, s'adapter sans cesse. C'est l'occasion pour les viticulteurs, leurs syndicats, de repenser leur stratégie à tous les niveaux, à l'échelle locale  sur la parcelle, l'exploitation, le terroir, mais aussi à l'échelle de la région, du pays.
Les chercheurs envisagent non pas une, mais des solutions, multiples, combinées entre elles, conçues pour chaque territoire, interactives entre scientifiques, pouvoirs publics et vignerons.

Dernière inconnue, comment les consommateurs percevront-ils ces changements?
Le goût du vin évolue de tous temps. Celui du réchauffement n'y échappera pas. Testés à Bordeaux, de tels vins donnent des résultats mitigés: séducteurs de prime abord, ils lassent dans la durée des dégustations. Le consommateur aussi devra s'adapter.

Les changements climatiques changeront avec eux nos cépages, nos pratiques, nos patrimoines viticoles. Jusqu'à + 2° en 2040, objectif fixé par la COP 21, le maintien des vignobles actuels est envisageable, y compris dans le Midi. Les années cruciales à venir malmèneront la notion si française de terroir - il n'existe pas de traduction au mot - , déjà classé au patrimoine de l'UNESCO en Bourgogne et en Champagne. Que deviendra la notion même de patrimoine quand on projette des vignobles nomades? Un sacré défi pour nos chercheurs, nos pouvoirs publics et professionnels, et pour le vigneron dans son quotidien, à la vigne et en cave, de plus en plus connecté aux battements du monde.
Florence Monferran

Restaurer la biodiversité

L'exemple du projet LIFE+ Biodivine: le projet a pour objectif de conserver des espèces par aménagement des structures paysagères agricoles. Il est coordonné par l'IFV, financé par l'Union Européenne sur sept sites (France, Espagne, Portugal) dont trois en Languedoc: Costières de Nîmes, Limoux, Cotes de Thongue. Il vise à recenser, restaurer et replanter des haies, arbres isolés, créer des mares, remonter des murets et cabanes en pierre sèche, enherber, semer des parcelles au repos, lutter contre la confusion sexuelle au lieu de se servir de pesticides. L'expérience en Cotes de Thongue, retracée au Sitevi par Emilie Alauze, viticultrice, présente l'originalité de proposer un autodiagnostic par le vigneron lui-même sur la biodiversité et l'eau.


Autre initiative, une pratique d'enherbement en AOP faugères a été visitée par Stéphane Le Foll, Minsitre de l'Agriculture. Il a découvert un des premiers GIEE (Groupement d'Intérêt Economique et Environnemental) reconnus en Languedoc-Roussillon, le GIEE de la CUMA des Enherbeurs, collectif de quatre viticulteurs.

 

Florence Monferan

La viticulture languedocienne au coeur des changements mondiaux

 
Domaine du Chapitre, Villeneuve-lès-Maguelone, Agenda de 1915

 


Stand "Recherche et innovation" au Sitevi, Montpellier

La viticulture languedocienne connaît en cette fin d'année une intense activité avant les fêtes qui la clôtureront. Il en ressort trois thématiques principales, objet de toutes les attentions, à l'instar des changements climatiques et des marchés à l'export, ou souci récurrent, comme peut l'être la question de la transmission des exploitations. Trois enjeux, dont le fil directeur, le tronc commun, le socle les relient à un patrimoine millénaire propulsé dans un nouveau monde en train de se dessiner.

Le développement à l'international

"La concurrence n'est plus avec son voisin, mais avec les régions viticoles du monde entier" rappelle l'élu Yvon Pellet. Dans l'optique de redonner une place de choix à notre viticulture à l'international, l'Observatoire viticole du département de l'Hérault organisait le 4 décembre à Montpellier un colloque sur "les nouvelles dynamiques viticoles internationales". 30% des volumes produits dans le département sont destinés à l'export, en premier lieu vers l'Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Royaume-uni). Chine et Etats-Unis constituent également d'importants marchés. Des délégations de Sud de France Développement , dans une action régionale, et de Montpellier Méditerranée Métropole, liée à des accords historiques avec Chengdu, étaient d'ailleurs reçues en Chine au mois de novembre. Des vignerons, notamment de Pomerols, Pic-Saint-Loup et de l'AOP Grès de Montpellier, faisaient partie du voyage. Pour exemple, 22 vignerons de la Métropole réalisent un chiffre d'affaire d'un million d'euros avec la Chine, appuyés par un système de paiement garanti à la commande par les instances chinoises. Les exportations de vin du Languedoc progressent de + 6,6 % en 2014, et + 7 % déjà en 2015.

Le changement climatique dans la viticulture, notamment en zone méditerranéenne

Hausse des températures, baisse de la pluviométrie, variabilité du climat, modification des terroirs et des caractéristiques des vins touchent et impacteront le Languedoc. COP 21 oblige, le sujet fleurit depuis plusieurs mois dans la presse, occupe conférences et tables rondes, mobilise les chercheurs du monde entier. La métropole languedocienne y prend toute sa part. Un programme national multidisciplinaire, le projet LACCAVE, est co-animé par Jean-Marc Touzard, directeur de recherches à Montpellier. Un pôle unique INRA (recherche) / SupAgro (enseignement supérieur) va être mis sur pied, au service des viticulteurs. Il travaillera sur la diversité génétique, la création de cépages, les pratiques culturales et oenologiques, le marketing, la communication, avec l'aide de start'up locales.

D'un autre point de vue, un mouvement propulsé par la conversion en agriculture biologique et en vins naturels, oppose au tout scientifique, qui a longtemps négligé les questions écologiques, une manière plus libre et plus diversifiée de conduire la vigne et la cave. Basées sur l'observation, le retour aux cépages anciens par exemple, ces pratiques ont posé au coeur de leur action le respect du raisin, du vigneron et du consommateur, de l'environnement. Deux visions, entre scientisme et empirisme, que l'urgence climatique, les défis lancés à l'échelle mondiale feront, qui sait?, marcher dans le même rang. Les solutions préconisées par les chercheurs passeront par des actions collectives et multiformes dont certaines intègrent déjà des méthodes bio et douces, de l'enherbement des parcelles jusqu'aux circuits courts de distribution.

La transmission des exploitations viticoles

Pour parler de marchés à l'export, d'avenir, d'adaptation à de nouvelles conditions de production, encore faut-il qu'il reste des viticulteurs. Troisième défi, et non des moindres, le devenir des exploitations fait souci. La viticulture occupe encore 50% des terres agricoles , mais la pyramide des âges montre un vieillissement inquiétant. Partout, les repreneurs font défaut: 70 % de vignes n'ont pas de successeur dans le pourtour montpelliérain. Les syndicats, les présidents de caves coopératives alertent sur la difficulté à installer des jeunes, de par la lourdeur des investissements, la faiblesse de la rentabilité, la dureté du métier. Montpellier Méditerranée Métropole l'évoquait récemment en conférence de presse, un Plan Local d'Urbanisme à l'échelle intercommunale est en réflexion. Il est conçu comme un outil marquant la volonté de réserver des terres à l'agriculture, à côté de terres vouées au développement démographique et aux autres secteurs économiques.

Les initiatives se multiplient en Languedoc, tant institutionnelles que professionnelles, collectives qu'individuelles, locales qu'internationales. Un mouvement est en marche, autour d'une viticulture traditionnelle en pleine mutation qualitative depuis une vingtaine d'années, au coeur de l'innovation et de l'inventivité, dynamique à la vigne aussi bien que sur un salon à l'étranger. Une viticulture, comme le rappelait le chercheur Jean-Marc Touzard, "qui s'adapte au monde, et le fait depuis 5000 ans"

Florence Monferran

Partageons les fruits de la vigne, d'ici et d'ailleurs

Après des jours éprouvants, se pose à tous la question: faut-il continuer à se divertir, à se rassembler dans la convivialité, à célébrer le vin en ce mois de novembre qui lui était dédié en Languedoc? A Paris, restaurants, bars à vin, lieux de spectacle, incarnant un art de vivre à la française visé par les attentats, multiplient les initiatives, à l'instar de "Tous au Bistrot!". Bernard Baraillé le rappelle, cette joie de vivre nous distingue aux yeux du monde et marque une forme de résistance à la peur aujourd'hui.

Le 3ème jeudi de novembre, revient le Beaujolais Nouveau, comme un rendez-vous immuable sur nos agendas. Un rendez-vous dont Gilles Paris, Président d'Inter Beaujolais fixe les contours cette année: "A l'heure où notre culture et notre art de vivre sont attaqués, il nous semble indispensable de maintenir les principaux événements marquant l'arrivée des Beaujolais Nouveaux 2015 (...) Ils maintiendront la tradition, fiers, plus que jamais, d'être français! Par respect pour les victimes et leurs proches, une minute de silence sera respectée lors des différents événements."

Le SITEVI (salon international des équipements et savoir-faire pour des productions vigne-vin, olive, fruits-légumes), inscrit dans tout agenda vigneron après les vendanges, débutera mardi 24 novembre sous le signe de la question environnementale avec des moyens de sécurité renforcés, annonce sa directrice, Martine Degremont. La 12ème Fête des vignes de Montpellier Métropole est maintenue, du 27 au 29 novembre sur l'Esplanade à Montpellier et dans les caves et domaines de l'agglomération, où les vignerons partageront leur passion avec les visiteurs, dans un moment de découverte et d'échange. "L'art et le vin rapprochent les hommes" disait Goethe. Nous dirons de cet art de vivre qui intègre depuis quelques jours la peur dans son quotidien qu'il est aussi accessoire qu'indispensable.
Ultime pied de nez à une année bien sombre, dont il éclaire les derniers jours, le millésime 2015 sera de l'avis de tous, vignerons et professionnels, un grand cru en France, un grand cru en Languedoc.

Florence Monferran

Les vins Sud de France confirment leurs bonnes performances à l’export

La publication des chiffres des exportations de vins du Languedoc-Roussillon par la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) met en lumière les excellentes performances des exportations des vins Sud de France pour le premier semestre 2015.
Les AOP du Languedoc-Roussillon tirent leur épingle du jeu. Le total cumulé des exportations de vins régionaux à AOP atteint, sur les six premiers mois 2015, 104,1 M€ (+13% par rapport à 2014 – année record !) pour 309 milliers d’hl (+7%). Ce qui permet aux vins Sud de France d’atteindre en juin une nouvelle part record dans les exportations nationales d’AOP : 13% en quantité et 6% en valeur.
La Chine, premier client des AOP régionales, continue de progresser
Les ventes à la Chine de vins AOP tranquilles rouges et rosés progressent sur les six premiers mois de 2015 de 53% en valeur et de 50% en quantité. Le rythme de croissance est donc très fort pour les exportations vers le premier client (pour les AOP) qui absorbe en 2015 plus du quart des volumes totaux d’AOP régionales rouges et rosés contre 16% un an plus tôt.
C’est le résultat direct des opérations menées par Sud de France Développement, l’unique porte d’entrée vers l’export pour les entreprises du Languedoc-Roussillon. Pour 2015, en Chine, une quarantaine d’opérations est organisée par Sud de France Développement pour le compte de la Région Languedoc-Roussillon.
Les prochaines opérations en date sont le lancement du premier concours Top 50 des vins Sud de France sur l’ensemble du territoire chinois, les 17et 18 septembre ; l’accompagnement des entreprises régionales aux salons Tang Jiu Hui, du 28 au 30 octobre, Hong Kong International Wine & Spirits Fair du 5 au 7 novembre, ProWine du 11 au 13 novembre et la mission de prospection dans les villes secondaires chinoises du 29 octobre au 2 novembre.
Sud de France Développement : un dispositif « tout terrain »
Sud de France Développement par le biais des Maisons de la Région Languedoc-Roussillon de Shanghai et de New York s’attache aussi à valoriser les vins régionaux avec des résultats significatifs puisqu’en Chine, les vins Sud de France s’exportent au prix moyen de 237,5 €/hl (+30,8% de hausse depuis 2012) et aux Etats-Unis, au prix moyen de 391,4 €/hl (+56,1% de hausse depuis 2012).
En 2015, les Etats-Unis ne sont pas en reste d’ailleurs avec une progression de +43% en valeur et +37% pour les vins AOP régionaux par rapport aux six premiers mois 2014.

Vin et cinéma aux Journées européennes de l'oenotourisme

Les Journées européennes de l'oenotourisme ont pris leurs quartiers du soir samedi 7 novembre à Frontignan, où l'alliance vin et cinéma, pratiquée depuis quelques années avec les Emmuscades, a trouvé une nouvelle déclinaison. La Ville et le Forum Oenologie, organisateurs du prochain festival international du film sur la vigne et le vin, du 26 au 29 ami 2016, ont proposé un avant-goût des festivités. Rendez-vous était donné aux amateurs au CIné-Mistral de Frontignan, où l'équipe de Priscilla Schneider s'était mobilisée autour de l'événement. Après quelques mots d'introduction de Michel Sala et Kelvine Gouvernayre, élus délégués au patrimoine et à l'oenotourisme, la bande-annonce du prochain Festival Oenovideo a présenté la teneur de la compétition. L'assistance nourrie s'est plongée dans l'univers du vin sous toutes ses facettes et ses pays avec la projection d'une série de courts-métrages déjà primés. Puis le film "Premiers crus" de Jérôme Le Maire a mis en lumière le terroir, le métier de vigneron, la transmissions de pratiques et de savoirs en Bourgogne, à travers deux générations incarnées par Gérard Lanvin et Jalil Lespert. En guise d'entracte entre les deux projections, le Club muscat avait organisé une dégustation en plein air, avec l'aide d'une météo clémente. Les spectateurs ont pu ainsi goûter, dans un mariage avec fromages et desserts, cinq vins récompensés aux Muscats du monde, autre manifestation fruit du partenariat de la ville et du Forum Oenologie. Le Maire, Pierre Bouldoire, pouvait se féliciter d'une belle soirée autour de la culture du vin, et d'un terroir des muscats cher aux Frontignanais.
Les Journées européennes de l'oenotourisme se sont poursuivies dimanche 8 novembre par une découverte du Domaine de la Peyssonnie, avec initiation à la taille et dégustation. Cette balade gourmande était la dernière d'une saison prolongée par la douceur du temps. Les balades reprendront le 22 avril 2016.


Florence Monferran

Les inscriptions pour participer aux concours du festival du film (fictions, documentaires, publicitaires, longs et courts métrages) et à terroirs d'images, exposition de photographies, sont ouvertes sur: www.oenovideo.com.
La réalisation des futures affiches du festival a été confiée au photographe frontignanais Alain Marquina, déjà primé à Terroirs d'images. Présent à la soirée, il ne pouvait rien dévoiler du contenu, si ce n'est qu'il y sera question de muscat, de Frontignan, et de macrophotographie, sa passion.

 

Les cinq vins dégustés:

  • Lumière d'automne, cuvée 2007, Château Stony (Frontignan France)
  • 12 ans d'Age, cuvée 2002, Frontignan Muscat (Frontignan France)
  • Belle étoile, cuvée 2014, Domaine Peyronnet (Frontignan France)
  • Alpinae Fior d'arancio Passito, cuvée 2011, Domaine Vignalta (Arquà Petrarca, Italie)
  • Classico, Moscatel del Douro, Adega de Favaios (Favaios, Portugal)

Salons d'automne, célébrations et conférences

Novembre sous le signe de la vigne et du vin

L'Hérault se pare de couleurs d'automne, couleurs vins en ce mois de novembre.

Plusieurs rendez-vous attendent les amateurs: des salons, d'abord, les 7/8 novembre à la Grande-Motte, les 14/15 novembre à Montpellier, où Terre des Vins tiendra sa 4ème Edition.
Puis, à la fin du mois, du 24 au 26 novembre, le Sitevi (salon international des équipements et savoir-faire pour les productions vigne-vin, olive, fruits-légumes) revient à Montpellier en alternance avec Bordeaux.
Plus grand salon des techniques viticoles, rendez-vous incontournable des viticulteurs après les vendanges, le Sitevi accueillera plus de 1000 entreprises, dont 25 % internationales.
En point d'orgue de ces manifestations, la 12e Fête des Vignes clôturera, du 27 au 29 novembre, ce mois dédié à la vigne et au vin. Elle consacrera deux jours sur l'Esplanade, puis le dimanche dans les caves, à la dégustation des Domaines de Montpellier Méditerranée Métropole.

Fêtes du vin nouveau, expositions et conférences sur le patrimoine viticole, comme en pays agathois, journées européennes de l'oenotourisme les 7/8 novembre en pays de Thau, l'automne sied à la célébration du vin.

Montpellier capitale du vin? Assurément si l'on en juge le calendrier. Et c'est là qu'il y a trente ans deux passionnés, Jean-Claude Bousquet et Jean Clavel, façonnaient le nouveau visage de la viticulture méridionale, en créant les Coteaux du Languedoc. Joyeux anniversaire aux AOC!

En parallèle de rencontres conviviales et festives, la vigne et le vin sont l'objet d'une réflexion au coeur de l'actualité. Une série de colloques et conférences, y compris à l'intérieur du Sitevi, nourrissent des interrogations et des débats sur les changements prévisibles de nos pratiques agricoles, qu'ils soient liés à l'envie de produire autrement, autour du Bio, d'une "vigne durable" prônée par le Conseil départemental, ou imposés par la nécessité de s'adapter à de nouvelles conditions, climatiques par exemple.

Le retour de cépages anciens ou la création de nouvelles variétés résistantes par l'INRA se veulent des réponses au réchauffement de l'atmosphère, très ressenti en Languedoc. Deux événements en périphérie de Montpellier illustrent cette préoccupation: les 5ème Rencontres des cépages modestes à Saint-Côme-d'Olt (Aveyron) les 7/8 novembre, et le 2ème Symposium de Wine Mosaïc à Marseille le 27 novembre. Les cépages ancestraux parés de tous les noms - autochtones, indigènes, rares, modestes - seraient-ils l'avenir de la viticulture et de sa "vino-diversité", en contradiction avec l'uniformisation des cépages dans la mondialisation?
Avec "l'agroécologie", concept inscrit dans le plan "Agriculture-Innovation 2025" du Ministère de l'Agriculture, le sujet se décline sous tous les modes. Proximité de la COP 21 en décembre à Paris, ou révolution en marche, l'avenir nous dira jusqu'où sera-t-il vert pour le vin.

Florence Monferran

Des terroirs et des vins

La vigne et le vin occupent une place particulière en Languedoc. Une place physique: 80 % de l'espace agricole est couvert de vignes dans l'Hérault. Une place économique, procurant plus d'un tiers de l'emploi régional, et ressource unique sur certains terroirs. Une place historique: c'est sur ses rivages que la viticulture il y a 27 siècles, près des comptoirs grecs, puis avec l'installation du plus grand vignoble d'un seul tenant par les Romains. Un patrimoine écologique s'est constitué au fil des siècles, tissé de cépages, façonné de paysages d'une grande beauté. Il n'est qu'à voir en ces jours coteaux et plaines se couvrir de couleurs d'automne et s'offrir aux objectifs des photographes. L'attachement des habitants à la vigne, aux productions et aux traditions qu'elle a engendrées se couple à l'intérêt de touristes de plus en plus nombreux sur nos côtes et dans l'arrière-pays, curieux de partir à la découverte des vignerons et de leurs caves.

Ainsi entrent dans la lumière des vins de plus en plus qualitatifs, abordables, et respectueux de leur environnement, confortant le Languedoc comme première région de production bio de France. Ainsi, après des mutations viticoles parfois traumatisantes, renaissent une viticulture, des terroirs depuis longtemps réputés. Muscat de Frontignan, Clairettes, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Christol, Saint-Drézery, Assas, la hiérarchie des vignobles prestigieux depuis le XVIe siècle est connue. Elle englobe de nos jours le pourtour de Montpellier et de Sète, villes-phares dans l'histoire viticole. Les vins y font figure de fers de lance, en Appellations d'Origine Protégée Languedoc Rouge Pic-Saint-Loup, Coteaux de la Méjanelle, Grès de Montpellier, comme en blancs, en AOP Muscat de Frontignan, de Mireval ou Picpoul de Pinet, sans oublier les dynamiques vins de pays sous différentes Identifications Géographiques Protégées.

Un réseau de manifestations qui mettent le vin en lien avec les arts (musique, peinture et sculpture, littérature, théâtre et bande dessinée), la gastronomie, les traditions (fêtes des vendanges, du vin nouveau) contribue à faire briller, autour de ces productions, une culture du vin multiforme, festive, élément constitutif de cette civilisation du vin installée dès l'Antiquité.
Des terroirs et des vins, des hommes et des femmes, des paysages et une histoire, une culture, retrouvez-les désormais dans les colonnes de Thau-Info et de Montpellier-Info.

Florence Monferran

Les Costières de Pomérols font un Carttoon

Le vendredi 23 octobre les Costières de Pomérols ont lancé officiellement "CarttooN" en présence de nombreuses personnalités institutionnelles et professionnelles.
CarttooN est un nouveau concept de présentoir lumineux destiné à valoriser les produits régionaux dans une démarche environnementale qui fait la part belle au recyclage puisque cet outil marketing est constitué à 93% de carton fabriqué à partir de papier recyclé.

 

"De par sa conception en carton recyclé mais aussi grâce à son engagement envers les associations qui agissent pour le développement durable, CarttooN, concept "éco-solidaire". a pour objectif de « Rendre à la nature ...
Créer pour valoriser les territoires et le savoir-faire, CarttooN est donc plus qu’un beau présentoir lumineux…"

 

   

On notait, entre autres,  la présence du sénateur Henri CABANEL, du vice-président de la Communauté d’Agglomération Hérault-Méditerranée et maire de Pinet, Gérard BARRAU,  de Raphaël COLICCI, fondateur du centre Oléatherm et ancien président de la cave oleïcole de Clermont l’Hérault, de Xavier DE VOLONTAT, président du CIVL et de René MORENO, président des IGP.
Egalement présent, Christophe MORGO, Vice-président du Conseil Départemental chargé de l’Environnement, qui a clos les discours en présentant la campagne de sensibilisation environnementale qu’il souhaite mener sur le département avec "cette nouvelle génération de présentoirs, 100% modulable et personnalisable, dédiée à tous types de produits et à la représentation de ceux-ci dans leurs environnements."

Cyr GAUDY, Président des Costières de Pomérols et Joël JULIEN le directeur de cette noble maison ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Dans leur quête permanente pour aller de l'avant et valoriser les produits de leur cave en progression constante, ils ont vite vu dans CarttooN une belle opportunité pour allier "le bon et le beau". 

L'histoire de CarttooN est aussi celle d'un homme, Claude Cruells et d'une équipe. Claude CRUELLS, un photographe bien connu dans le monde du vin a eu l'idée du concept. Avec son équipe, et suite à une première approche prometteuse à Mèze, au Caveau de Beauvignac, le projet a pris forme. Une fois le concept validé, la fabrication des présentoirs CarttooN a été confiée à un entreprise régionale, la société MTM dont le siège est à Perpignan.
Aujourd'hui la réussite est manifeste. Les écrins Carttoon valorisent à merveille des contenus de qualité exceptionnelle. L'œil est flatté et stimule les papilles.

Daniel Monteil

L'équipe d'un projet innovant qui pour des produits de qualité

 


Vins de Beauvignac : Caveau de Pomérols - Caveau de Mèze

Le vin, la vigne en pays agathois

Une manifestation organisée par la Mission Patrimoine de la ville d'Agde.

Pour débuter cet hommage au vin nouveau, les agathois ont eu droit à une causerie sur le riche passé viticole du pays agathois et de ses alentours. La Mezzanine du Patrimoine, réservée pour cette occasion, était comble.
Michel Adgé, historien bien connu sur Agde, un grand spécialiste du Canal du Midi, ancien professeur de Sciences-Physiques et un curieux de « tout », a déroulé devant un auditoire attentif l'histoire des découvertes. De nombreuses fouilles ont mis au jour des restes de poteries servant au vin ainsi que des traces d'installations viticoles antiques. Ce qui laisse supposer que la grande région de Béziers a été le premier site en France en plantations de vignes.
Une exposition riche en informations est venue compléter cette conférence. Cette exposition est visible à l'îlot Molière à la Galerie du Patrimoine jusqu'au 5 janvier 2016, ouverture du lundi au samedi 9h-12h / 14h-18h
Michel Adgé est le président de « l'Escolo Dai Sarret », une association qui « oeuvre » depuis de nombreuses années pour la sauvegarde du patrimoine agathois. Cette association est intimement liée au Musée Agathois Jules Baudou qu'elle a aidée à fonder. Les buts de l’association sont de “préserver les coutumes et les costumes agathois, dont le sarret, le tout grâce aux bénévoles, sans qui il n’y aurait pas de Musée”.
Puis, le dimanche suivant malgré une météo qui se voulait incertaine, le public a pu suivre, entraîné par la « Pena del Sol » et « Li tambourinaire de l'estang de l'ort », un cortège à travers les rues de la ville avec de petits arrêts dédiés à des danses et musiques traditionnelles. Egalement présents durant ce défilé le groupe des Agathoises en costume traditionnel.
Tout ce petit monde s'est ensuite retrouvé à la cathédrale Saint Etienne pour une messe et un hommage au vin nouveau. Un public nombreux a assisté à l'office, la cathédrale était emplie de monde.
La fête s'est ensuite terminée devant l'Office de Tourisme avec des danses folkloriques puis par une distribution de raisin offert au public, ce qui a clos cette matinée toute destinée au vin nouveau.

Jean-Marc Roger.

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