Vigne

Chronique de Vinisud

Inaguration du salon par Carole Delga

C’est par des propos dynamiques et rassurants sur la nouvelle grande région LRMP que Carole Delga, sa présidente, a inauguré le salon Vinisud 2016. Après avoir rappelé que le vignoble méditerranéen est le premier producteur et exportateur de vins en volumes et en valeur, que « la vigne a façonné nos paysages et nos économies » elle a dressé les lignes forces d’une action régionale pour la filière viticole, 3e secteur d’exportation française.
La région va continuer à investir auprès des professionnels pour la bataille de la qualité, avec Sud de France marque phare pour la notoriété à l’international, pour développer l’oenotourisme, ici, dans l’Hérault avec Kléber Mesquida. En termes économiques,  la viticulture peut être un pourvoyeur d'emplois pour les jeunes, de l’amont jusqu’à l’aval. Elle soutient ainsi le projet d'école nationale de la sommellerie. Au travail dès aujourd’hui avec les responsables de la filière pour coordonner les marques Sud de France et vins du Sud-Ouest, pour innover, elle annonce des mesures pour une irrigation raisonnée, et pour débattre sur la question foncière. Elle sera "attentive et volontaire pour aider les vins". Carole Delga salue la réussite du salon Vinisud, et souhaite que cette édition soit « commerciale et conviviale »
Fabrice Rieu, président de Vinisud, rappelle dans son discours ce que le salon doit à ses prédécesseurs, aux différents présidents de la région LR, aux acteurs de la filière, tous « fous de leur territoire et de leur terroir, qui prétendaient tutoyer les plus grands  ». Et de citer Jean-Claude Gayssot : «  nous n’avons désormais aucune raison d’avoir peur ». Il a rendu ensuite différents hommages, aux oenologues qui ont forgé le Palais Méditerranéen (2500 références en libre service), à la femme, dans tous les métiers et places qu’elle occupe dans la filière viticole. Il invite à « grandir ensemble en gardant taille humaine ».
Fabrice Rieu a bien voulu souligner pour Montpellier-Info « l’expansion exceptionnelle de Vinisud. Nous avons ouvert notre offre à d’autres régions que la Méditerranée (Bordeaux) et nous lançons l’expérience de devenir annuel. Il y aura une édition en 2017, et une en 2018, c’est acté ».

Florence Monferran

 

Puech-Haut présente la plus grande barrique du monde



12 m de longueur, 6m de hauteur, pesant 41 tonnes elle peut contenir 300.000 litres!

À l’occasion de VINISUD du 15 au 17 Février 2016 (Stand A4.A76), Puech-Haut va présenter, au domaine à St Drézéry, une barrique (ou foudre) géante, la plus grande au monde.

D’une contenance de 300 000 litres, elle surpasse la barrique Mercier (160 000 litres) à Reims, présentée pour l’exposition universelle de Paris et la barrique d’Heidelberg (195 000 litres). Les dimensions de la barrique : 12 m de longueur et 6m de hauteur. Conçue par Bernard Farina, elle a été entièrement réalisée en France par les Ets Mouysset à Millau (12).
En chêne français, elle aura nécessité l’utilisation de 36 tonnes de bois, le cerclage métallique représentant, lui, 5 tonnes d’acier. C’est donc une barrique de plus de 40 tonnes qui sera exposée.
source : Gérard BRU, château de Puech Haut

Vinisud : les vins méditerranéens tiennent salon à Montpellier

La 12e édition de Vinisud, carrefour des vins de la Méditerranée, se tiendra du 15 au 17 février au Parc des expositions à Montpellier. Le salon, présidé par Fabrice Rieu, se présente comme la vitrine du premier vignoble mondial (plus de 53 % de la production et 63 % des échanges à lui seul).

 
Fabrice Rieu
Fabrice Rieu au micro

Elodie Le Drean
Elodie Le Drean (Sud de France développement)

Jacques Gravegeal
Jacques Gravegeal
Président du Syndicat des Producteurs de vins de pays d'OC

   

 

Espace de transactions à destination des acheteurs professionnels de tous les continents, de l’importateur au caviste, des restaurants à la grande distribution, Vinisud a pour objectif  « d’ouvrir la Méditerranée aux nouveaux marchés du vin, (…) de tout mettre en œuvre pour attirer les acheteurs et poursuivre la dynamique export des vins méditerranéens ».

32 000 visiteurs sont attendus, dont 9 600 internationaux. 1 700 exposants leur feront découvrir et déguster plus de 26 000 références de vins dans leur grande diversité, du Sud de la France et de l’ensemble du pourtour méditerranéen, du Portugal au Proche-Orient, des Balkans au Maghreb.

Le salon fournit également l’occasion pour les vignerons et négociants de dévoiler des nouveautés, de lancer des initiatives marketing.  De nouvelles tendances s’y dessinent, comme le boum sur la consommation des effervescents ou le poids du rosé, symbole de la culture méditerranéenne.

Le salon fait aussi la part belle à l’œnotourisme

Au lendemain de l’ouverture du portail français Visit french wine par le gouvernement (Visitfrenchwine.com). Sud de France Développement y lancera les premières routes œnotouristiques dans la région (www.destinationsuddefrance.com).
Un espace sera dédié à la richesse du patrimoine viticole, culturel, culinaire de la Méditerranée, avec une nouvelle sélection de cépages rares présentée par Wine Mosaïc, une exposition du photographe régional Claude Cruells. Un éventail d'animations, conférences, et autres expositions de livres, peintures appuyera l’ensemble de ces thématiques.

Les AOP et IGP du Languedoc, représentant 350 entreprises de la filière, arrivent en force à Vinisud.

Pays d’Oc IGP, avec ses 6 millions d’hl mis en bouteille sous la bannière aisément reconnaissable du cépage, se présente comme le leader français en la matière. Le Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc lance quant à lui une campagne de sensibilisation des professionnels, afin de mettre en lumière  la qualité du millésime, né sur des terroirs variés. Vinisud permet en effet aux acheteurs de découvrir en avant-première les nouveaux crus. Entre Millésime Bio, à Montpellier, et ProWein à Dusseldorf, Vinisud se positionne à un moment-clé de la période des achats et souhaite devenir annuel.

Loin d’une actualité brûlante, le salon propose de poser notre regard sur la Méditerranée, creuset d’une viticulture, qui a servi de ciment commun à tous ses pourtours.

Florence Monferran

 

 

Le vignoble méditerranéen
1er  producteur et 1er  exportateur mondial en volume et en valeur

Les vins méridionaux, nouvelle puissance économique
+59% en valeur à l’export des vins méridionaux en 5 ans

Le rosé symbole de la culture méditerranéenne
76% des échanges mondiaux de rosé sont réalisés par les vignobles méditerranéens

Le boom des effervescents
+30% d’augmentation de la consommation mondiale de vins effervescents entre 2003 et 2013

Lancement des Routes Œnotouristiques Sud de France à Vinisud

 Avec plus de 1 700 exposants, Vinisud, salon international des vins et spiritueux méditerranéens, est le grand rendez-vous des professionnels de la viticulture à Montpellier.
 
Les 15, 16 et 17 février 2016 au Parc des Expositions de Montpellier, à Vinisud, Sud de France Développement lance les premières Routes Œnotouristiques Sud de France qui complètent le dispositif déjà mis en place pour promouvoir l’œnotourisme en Languedoc-Roussillon à travers le club œnotourisme qui compte aujourd’hui 33 membres et le label Tourisme Sud de France.

Ces Routes Œnotouristiques Sud de France proposent de découvrir en visitant, en apprenant ou en dégustant de façon parfois insolite, les plus beaux terroirs et lieux d’accueil viticoles de la vallée du Rhône, du Languedoc, des Corbières, du Minervois, du Roussillon…

Les touristes amateurs de vins, de patrimoine ou d’activités hors des sentiers battus pourront faire leurs choix d’escapade parmi plus de plus de 330 établissements labélisés ou membres du club œnotourisme Sud de France. Tout ceci à la carte, en suivant des suggestions de découvertes labellisées « Vignoble et Découverte », ou en achetant directement des offres de « circuits Sud de France ».

A Vinisud,  la marque Sud de France dispose d'un stand de 600 m2 où près de 500 vins Sud de France seront proposés aux professionnels en libre-service, afin de mettre en valeur cépages et terroirs spécifiques du Languedoc-Roussillon.

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Palmarès de Challenge Bio

Photo : Sudvinbio

Le concours attaché au salon Millésime Bio de Sudvinbio organisé pour la première fois en partenariat avec la section régionale de l'Union des Oenologues de France, présidé par l'oenologue suédois Lars Torstenson, a décerné 419 médailles. Le Languedoc-Roussillon récolte 47 médailles d'Or, dont 21 dans le seul département de l'Hérault.

Pour le Bassin de Thau:  Château Stony (Frontignan), Ametièr, Pays d'Oc IGP muscat à petits grains 2014, Paul Mas (Montagnac), Cuvée secrète, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Cave de l'Ormarine (Pinet), Simplement Ormarine, Pays d'oc IGP rosé 2015, Domaine de Roquemale (Villeveyrac), Male, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2013

Pour le grand Montpellier: Domaine St Jean de l'Arbousier (Castries), Gourmandise, Languedoc AOP rosé 2015, Domaine de la Triballe (Guzargues), La capitelle, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2014, et Aphylianthe, Languedoc AOP Blanc 2014, Château Cazeneuve (Lauret), Les Calcaires, Languedoc Pic-saint-Loup AOP rouge 2014, Terroirs vivants (Montpellier), Réserve naturelle, Pays d'Oc IGP rosé 2015, Le Clos d'Isidore (Murviel-lès-Montpellier), Dolia Pays d'Hérault IGP rouge 2014, Mas de Figuier (Vacquières), Cabernet, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Vins Folle Avoine (Vendargues), Cantarille, Pays d'Oc IGP rouge 2014

Et dans le reste de l'Hérault: Domaine de l'ancienne Mercerie (Autignac), Les petites mains rouges, Faugères AOP rouge 2013, Mas Onésime (Cabrerolles), Le sillon rouge, Faugères AOP rouge 2013, Domaine de Valambelle (Laurens), Florentin Abbal Faugères AOP rouge 2011; Domaine des Jougla (Prades-sur-Vernazobre) Sarremale, Saint-Chinian AOP rouge 2013, Mas de Cynanque (Cruzy), Althéa, Saint-Chinian AOP Blanc 2013; Domaine de Virgile Joly (Saint-Saturnin-de-Lucian), Virgile, Languedoc Saint-Saturnin AOP rouge 2010; Domaine de la réserve d'O (Arboras), Alliance, Languedoc AOP Blanc 2014; Vignobles jeanjean (Saint-Félix-de-Lodez), Senteur nature, Pays d'Oc IGP rosé 2015; Mas Gabriel (Caux) Clos des papillons, Pays d'Oc IGP blanc 2014

Ce palmarès reflète la diversité actuelle de la culture en vins biologiques, mesurée au gré des rencontres sur le salon. Y figurent des négociants, comme Paul Mas et sa Cuvée secrète, ou Terroirs vivants à Montpellier. Mais les Domaines sont principalement familiaux, installés depuis plusieurs générations (Mas de Figuier, Folle Avoine, Domaine de la Triballe, Château Stony...), ou créés directement en bio (Domaine de la Réserve d'O, Clos d'Isidore par ex). Quel impact de ces médailles pour les vignerons? Récompense bien entendu du travail accompli, la médaille d'or amène sur les stands des acheteurs qui découvrent l'ensemble de la gamme, notent Edith Bez (Clos d'Isidore) ou Gilles Pagès (Mas de Figuier). Les médailles sonnent comme une confirmation, quand elle récompensent, deux années d'affilée, la même cuvée. C'est le cas pour Valérie Ibanez, au Domaine de Roquemale, ou Marie et Frédéric Chauffray au Domaine de la Réserve d'O. "La médaille donne une crédibilité, mais les cavistes et les restaurateurs ont envie d'avoir leur propre jugement" relativise Frédéric, étonné de voir récompensés "des vins de terroirs, très typés, en biodynamie". 
Ce sont également des démarches pour limiter l'impact sur l'environnement et développer la biodiversité qui sont mises en lumière. Ainsi Guillaume Daumond (Folle Avoine) voit le retour de mésanges bleues sur son Domaine, Nicolas Viguier (Domaine de Saint Jean de l'Arbousier) celui de faucons et petit ducs, lui qui recycle ses coffrets en bois ... en nichoirs. 

Florence Monferran

               

Le vin biologique, une culture de plus en plus partagée

L'édition 2016 de Millésime Bio a fermé ses portes sur une belle fréquentation. Coup de projecteur sur la production mondiale de vins biologiques, l'événement a consacré l'ancrage bio de la région Languedoc-Roussillon élargie à Midi-Pyrénées (24 000 ha, 1 million d'hl), et la qualité des vins présents, expression d'un travail maîtrisé à la vigne comme en cave. Pour Jean-Philippe Granier, Directeur des AOP Languedoc, "la pratique biologique a été un des fers de lance du renouveau du Languedoc". Cendrine Vimont, chargée de la communication de Sudvinbio, organisateur du salon, le confirme. La pluie de médailles décernées à la région (dont 21 médailles d'or pour le seul département de l'Hérault) "reflète ce renouveau qualitatif depuis une vigntaine d'années". C'est d'ailleurs l'association régionale qui continue de porter un salon devenu international.

  

Les stands ont conservé leur taille et leur philosophie des origines, en 1993: deux mètres sur un pour tout le monde.
Le souci du terroir et du patrimoine ressort des échanges avec les vignerons, facilités par ce contact direct: cailloux, fossiles, et même des vestiges romains extraits des vignes tapissent les tables. Le souci de la terre y est constant, au-delà de la seule pratique viticole labellisée en vin biologique. Des démarches Déméter, label en biodynamie, des vins sans sulfites ajoutés ... les vignerons bios continuent de creuser de nouvelles pratiques.



Vin en biodynamie Déméter
Médaille d'Or
    
 Vin sans sulfites
Médaille d'Or
 

Car s'ils ont été taxés de passéistes, par leur retour à des méthodes anciennes, comme le labour à cheval, l'observation du cycle lunaire ou des vents, ces hommes et ces femmes font figure aujourd'hui de novateurs. Leurs démarches visant à limiter l'impact de leur activité sur l'environnement (économie d'eau, stations d'épure, usage limité de la mécanique ou de l'électricité, jusqu'à la bouteille ou le bouchon recyclable) élargies à l'attention sur la biodiversité, le vivant qui les entoure (plantation de haies, enherbement, utilisation des insectes et des animaux) inspirent les chercheurs. Dans le sillage de Millésime Bio, qui accueille toutes les pratiques à condition d'être certifié vin biologique, ont foisonné encore cette année salons, rencontres, échanges, valorisant cette viticulture, labellisée ou non. La pratique biologique innove sans cesse, et la profession se place dans la prospective avec une étude lancée depuis six mois. Francevinbio, en  partenariat avec SupAgro et France Agrimer, porte un projet de recherche et développement "sur une vision stratégique de la viticulture bio du futur, avec différents paramètres, des cycles de consultation". Cendrine Vimont n'en dira pas plus, les résultats seront connus en 2017, au prochain Millésime Bio. A la possibilité d'un scénario Toutes vignes bio en France en 2040 ou 2050, élaboré par l'INRA dans la lutte contre les changements climatiques, elle répond que "techniquement, c'est possible. Les vignerons bios sont très pointus, anticipent les problèmes par habitude de faire de la prophylaxie." Leur expérience peut servir à tous. La culture du bio, pratique culturale et culturelle, est prête à relever les défis.

Les choix des manifestations off

Petit tour dans le vivier de manifestations qui proposent de nouvelles alternatives en culture biologique, tout en souhaitant garder l'esprit qui a présidé à la création d'une culture autour du bio: une relation humaine privilégiée (pas plus d'une cinquantaine d'exposants), une ambiance propice au partage, un peu éloignée de l'extension fulgurante que doit gérer Millésime Bio, avec ses trois halls d'exposition, ses 900 exposants venus de 15 pays.
Laetitia Laure, ancienne communicante parisienne reconvertie sommelière, organisatrice du salon de vins nature "Les Affranchis" au Château de Flaujergues, "sélectionne les vignerons sans posture, sur le seul critère de qualité". Depuis quatre ans, elle observe "le décollage des vins nature, qui deviennent un argument de vente"

 
I. Villemade, A. Mosse et L. Laure

"De chemins en pistes", Véronique Attard, artiste--peintre devenue vigneronne à Cabrières, a accueilli dans les salons de l'Aéroport Hotel à Fréjorgues, "sans obligation de label, mais dans le respect de la terre" des vignerons certifiés, en conversion, Déméter. Tous partagent des conseils, leurs repas, leurs fichiers, s'entraident et ouvrent leur table le soir aux visiteurs. La relation vigneron / acheteur est privilégiée, dans une ambiance à la fois décontractée et passionnée de vin, de terroirs, d'amitié.

 
V. Attard 

 Florence Monferran

Pour se retrouver parmi les vins biologiques

Vendange en vignoble bio. ph: Sudvinbio

Le consommateur doit se frayer un chemin au milieu des labels, normes et expressions propres aux vins biologiques, qui dessinent la famille d'une viticulture propre en trois grands traits.


Les vins biologiques
Pour obtenir le label, il est obligatoire d'être certifié par un organisme agréé, après trois campagnes de conversion de son vignoble. Le vin peut alors revendiquer la mention vin biologique sur l'étiquette.
Vins de raisins issus de l'agriculture biologique jusqu'en 2012, c'est-à-dire cultivés sans produits chimiques de synthèses (pesticides, désherbants, engrais) ni OGM, protégeant le vignoble par des procédés ou produits naturels (sélection des plants, prédateurs naturels contres les insectes)
Vins biologiques depuis la charte européenne qui remplace le label AB par l'eurofeuille, et étend la réglementation à la vinification. Raisin, sucre (en cas de chaptalisation), alcool pour les mutages, moûts concentrés doivent être 100 % bios, les produits oenologiques et levures également. Les teneurs maximales en SO2, antioxydant et antiseptique, sont limitées par rapport à la viticulture conventionnelle pour réduire l'ajout de sulfites dans le vin. Certains intrants (additifs) sont interdits, comme l'acide malique, ainsi que des procédés comme la flash-pasteurisation ou la cryo-extraction. "La certification vin biologique est une sécurité pour le consommateur. Tous les producteurs sont soumis aux mêmes règles, à la vigne et au chai. En cas de manquement au cahier des charges, ils doivent recommencer toute la certification à zéro" explique Cendrine Vimont, chargée de communication à Sudvinbio. Plus de 150 contrôles ont été effectués sur les vins présentés au salon Millésime Bio, afin de vérifier le bon suivi du label, garantie pour les acheteurs et les futurs consommateurs.

Les vins en biodynamie 
Le vigneron peut choisir d'aller plus loin dans sa démarche, avec le label Déméter, dont le cahier des charges plus strict , dans les dosages de SO2 par exemple, et des pratiques soucieuses de la terre et du vivant garantissent des vins en biodynamie. En favorisant une plus grande biodiversité des sols et en renforçant la santé des plantes, la biodynamie se définit comme une agriculture durable. Elle travaille dans le respect des cycles naturels, des rythmes lunaires et planétaires, fertilise et traite la terre par des compostages, infusions, décoctions naturelles, refuse la mécanisation des tâches. Le vigneron peut aussi choisir de ne pas labelliser sa démarche en biodynamie.

Les vins naturels 
Poussant dans ses limites la démarche, il peut choisir de produire un vin naturel, pour lequel il n'existe aucun cahier des charges ou label officiel. Après une démarche propre à la vigne, le vigneron n'ajoute aucun intrant, même des levures. L'association des Vins Naturels autorise les sulfites ajoutés dans des doses minimales, si possible en soufre naturel, produit par les volcans.Labellisés ou pas, entre sécurité et liberté de création, c'est ensuite au consommateur de faire son choix.

Florence Monferran

Dosages de sulfites ajoutés selon la catégorie de vin

Source: Sudvinbio

Le Musée de la vigne quitte Marseillan

C'est sur 16 hectares de terrain à Gruissan, dans l'Aude, que va être recréée la banque génétique mondiale de la vigne : 7.500 "accessions" (cépages, vignes sauvages, nouvelles créations...), provenant de 54 pays, seront transférées de la célèbre collection de Vassal, située à Marseillan-Plage, dans l'Hérault. Des plants ancestraux tombés dans l'oubli ou presque, comme l'oeillade, le verdabel, le chatus; des ceps exotiques comme les mavrud ou melnik bulgares; des pieds classiques, comme l'éternel cabernet mais aussi des créations, comme celles résistant aux maladies... Cela représente "environ la moitié des variétés existantes" dans le monde, précise Thierry Lacombe, ingénieur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Montpellier.
Le "Louvre de la vigne" menacé a enfin trouvé son terroir Baptisée le "Louvre de la vigne", la collection avait été créée en 1949 sur le domaine de Vassal, un cordon littoral choisi pour ses sables, barrière naturelle au phylloxéra, qui a décimé la vigne française à la fin du XIXe siècle. Cette banque de données s'enrichit "d'environ 80 nouvelles accessions par an, depuis la France et l'étranger", ajoute M. Lacombe, animateur scientifique de la collection de Vassal. Cela fonctionne comme la Bibliothèque de France. Chacun y dépose son cépage, mais de manière volontaire", déclare Hernan Ojeda, directeur des Unités expérimentales de l'Inra à Pech Rouge à Gruissan et Vassal._Mais ce trésor génétique était menacé. "Vassal n'est qu'à un mètre au-dessus de la mer: la montée des eaux, due au réchauffement climatique, peut nous submerger", observe le responsable. "De plus, Vassal n'appartient pas à l'Inra mais au Conservatoire du littoral qui veut un retour à la nature du site", poursuit-il. Un trésor génétique replanté entre 2018 et 2023 Il a donc été décidé de transférer Vassal au site de l'Inra, à Pech Rouge, qui "couvre 163 hectares et offre des terres à 30 mètres au-dessus de la mer", explique le directeur. Mais le projet de déménagement, à l'étude depuis les années 2000, s'est heurté à de multiples obstacles: une pétition a réuni des milliers de signatures pour dénoncer les risques de dégradation de la collection lors du transfert, et un contentieux judiciaire a opposé l'Inra à l'ancien propriétaire, Listel, qui a finalement cédé Vassal au Conservatoire du littoral. 15 ans pour faire aboutir le projet initial et son financement

Le projet vient d'être bouclé en fin d'année dernière. Il a été inclus au Contrat de plan Etat-Région 2015-2020 et un premier chèque de 750.000 euros a été signé, sur un coût total de "deux à trois millions d'euros", dit à l'AFP Laurent Bruckler, président du centre Inra de Montpellier. L'Institut apporte 1/3 du financement, la région un autre, la Communauté d'agglomération du Grand Narbonne et le Conseil départemental de l'Aude, le dernier tiers. La commune de Gruissan échange quant à elle, une parcelle de 10 hectares. Cette année, sera effectuée l'étude d'impact environnementale puis le terrain sera défriché en 2017 avant le début des plantations en avril 2018. L'ensemble sera planté d'ici à 2023", selon M. Ojeda. Ce conservatoire viticole vise à préserver les cépages de la destruction, mais pas seulement. "C'est un lieu vivant qui va devenir notre source" pour de nombreuses recherches, en particulier sur le réchauffement climatique, souligne son directeur. Dans ce trésor génétique a ainsi été identifiée une création variétale qui y sommeillait depuis les années 1970 et dont les raisins sont "naturellement mûrs à 10 degrés, contre 14 normalement". De quoi enrayer la hausse du taux d'alcool subie par la vigne en raison du réchauffement climatique, explique Jean-Louis Escudier, chercheur à l'Inra de Gruissan. "On ne sait jamais longtemps à l'avance à quoi peut servir une collection. Dans 20 ans, on aura peut-être besoin de tel ou tel cépage", résume-t-il.

Les nouveaux habits du Languedoc

En ce début d'année 2016, les vignobles languedociens affirment leur dynamisme dans les premiers bilans chiffrés qui nous parviennent. IGP et AOP démontrent que le tournant qualitatif et structurel pris depuis une trentaine d'années porte ses fruit en un temps éclair. 245 000 ha ont produit 13,6 millions d'hl, sur des vignes dont 60 % ont moins de vingt ans. Le millésime que d'aucuns annoncent exceptionnel, laisse augurer de beaux présages. Les premiers blancs et rosé mis en bouteille en confirment la qualité.
Des fruits économiques viennent récompenser ce travail sur le produit, mais aussi sur le positionnement et les prix. En 2015, le Languedoc a vu ses ventes s'envoler, notamment à l'exportation (+ 14 %). dans un marché national morose, les AOP Languedoc ont connu la plus forte augmentation sur toutes les couleurs, en particulier ne grande distribution, et s'enorgueillissent d'être les appellations les plus diffusées chez les cavistes parisiens.
Les vins de la région connaissent de vrais succès auprès des publics, venus en masse à la rencontre des vignerons, que ce soit aux Estivales (300 000 personnes à Montpellier, 25 000 à Saporta, sans compter Sommières, Pézenas et Narbonne) dans les Balades gourmandes (Pic Saint Loup, Terrasses du Larzac, La Clape) ou dans les caves et domaines (400 000 visiteurs estimés). Ces rendez-vous avec le public confortent une notoriété que les medias relaient largement. Pour preuve, le magazine Terre des Vins consacre son premier numéro de l'année aux 100 meilleurs vins du Languedoc. La Revue du Vin de France, qui décerne ses trophées aux hommes de l'année, élit deux languedociens: Gérard Bertrand, "négociant de l'année" à Narbonne, et Philippe Catusse, "caviste de l'année" au Chameau ivre à Béziers.

Pour entreprendre sa mue, la région s'est défait de ses vieux habits et a plongé au coeur de l'innovation. Une innovation culturale d'abord, avec le passage pionnier en agriculture biologique, qui fait aujourd'hui du Languedoc le leader de la production en France. Adaptée au climat et aux sols de nos contrées, la culture biologique s'étend sur 21 000 ha, soit un tiers du vignoble bio français, touche 1200 producteurs et rallie les grands groupes viticoles régionaux. L'innovation passe aussi par des packaging audacieux. Un vent créatif a dépoussiéré noms de cuvées, étiquettes, bouchons et bouteilles. Dernière en date, la création de la styliste Chantal Thomass, qui reprend les codes de l'élégance en osant un style très féminin, a séduit le négociant Gérard Bertrand. Issu de leur collaboration novatrice, mais s'appuyant sur des cépages emblématiques produits localement de l'Etang de Thau à celui de Leucate, un Languedoc blanc, Baies des perles, vient de sortir, Au coeur de l'innovation scientifique, dans la ligne de l'Ecole d'Agriculture de Montpellier, Sup'Agro pour l'enseignement et l'INRA pour la recherche ont bâti une expertise qui se fond aujourd'hui en un pôle unique. La profession et les vignerons sont sollicités pour participer à l'élaboration des vignobles du futur, adaptés à de nouvelles conditions climatiques et de production. L'innovation par la révolution numérique pour le vin, dont The conversation se fait l'écho, trouve avec le label French Tech à Montpellier les moyens de son expression. Les outils développés par les nouvelles technologies se mettent au service du vigneron, du drone dans les vignes à le-commerce, des outils de réalité augmentée ou d'interaction avec le consommateur aux applications liées à l'oenotourisme, à l'exemple de Geovina en Languedoc.

En 2016, un festival destiné à la jeune génération, les "Vino Days", de la pédagogie avec l'Ecole des Vins, u Mas e Saporta au centre du tourisme vinicole, à Montpellier, les AOC fourmillent d'idées. Le salon mondial Millésime Bio confirmera du 25 au 27 janvier, l'ancrage nature de nos terroirs. Vinisud, grand rendez-vous des vins de la Méditerranée, s'élargit et ouvrira ses portes, en février, à plus de 1700 exposants et deviendra annuel. 2016 sourit déjà aux projets d'un Languedoc amarré à ses terroirs, abouti dans son chemin qualitatif, innovant et audacieux, témoin de la vitalité de vignobles et de vignerons en pleine reconnaissance de leurs efforts.

Florence Monferran

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Montpellier à l'heure bio


Du 25 au 27 janvier, le salon Millésime Bio, organisé par Sudvinbio, parera le vin et la ville de vert.

Réservé aux vignerons certifiés bios, il réunira au Parc des expositions 900 producteurs de 15 pays de l'hémisphère nord comme sud. Le Languedoc-Roussillon, première région bio de France, sera très largement représenté avec 233 exposants, dont une cinquantaine venue du grand Montpellier et du Bassin de Thau.

 Conférences, dégustations des meilleures cuvées avec Sud de France, rencontres, feront un tour d'horizon de la qualité des vins, des techniques menées à la vigne et en vinification, les réglementations et marchés ouverts à la culture biologique.

Une kyrielle de manifestations s'agrège dès dimanche 24 janvier au salon officiel, dans et autour de Montpellier. Le vin de mes amis à Castelnau-le-Lez, les Affranchis à Flaujergues, les Vignerons de l'irréel et les Outsiders à Montpellier, De chemins en pistes à Fréjorgues, Biotop wines à Palavas, une Battle carignan-grenache salle Pétrarque proposeront des dégustations, des assiettes toutes simples ou des dîners, des animations musicales ou des soirées concert.

"Ca va guincher!" promettent les vignerons.
Autour du vin bio, c'est toute une culture du partage qui s'installe pour quatre jours aux couleurs du bon, du naturel et de la fête.

Florence Monferran

 

Consommation

Une étude commandée en 2015 à l'institut de sondages Ipsos à l'échelle européenne révèle que la consommation de vins bios n'est plus anecdotique, dans un contexte général favorable. 35 % des européens boivent du vin bio.

Ils sont 51 % en Suède, 35,8% en France. La consommation est plus jeune que la moyenne (23 % ont moins de 35 ans), plus féminine (50,5% des consommateurs réguliers sont des femmes) et plus réfléchie (soucieuse de traçabilité et d'environnement).


A télécharger sur : www.millesime-bio.com

 

Les Costières de Pomerols, un succès qui s'exporte

Un entretien avec son directeur, Joël Julien, par ailleurs Président régional des oenologues de France

Créée en 1932, la cave de Pomerols a pris tous les tournants économiques pour reconvertir 1 700 ha à ce jour en vignobles fers de lance de l'AOP picpoul de pinet, d'IGP blancs et rosés. En opérant plusieurs fusions, se dotant d'outils de vinification, mise en bouteille et stockage, ainsi que de caveaux de vente, les Costières de Pomerols ont démontré leur capacité à s'adapter aux nouvelles conditions des marchés, y compris à l'export. Elles illustrent le nouveau souffle du secteur coopératif en Languedoc, en particulier en Pays de Thau. Plongée à l'intérieur de la cave à Pomerols, qui incarne avec le caveau de Beauvignac à Mèze, ultramoderne, les deux versants de cette réussite.

Thau-Info: Qu'en est-il du millésime 2015, qu'on prédit exceptionnel, à Pomerols ?

Joël Julien:
Le millésime 2015 a été, de par sa climatologie, particulier. Les conditions de vendanges, dans la zone du bassin de Thau, ont été un peu délicates, à cause d'un été sec en juillet, puis de pluies abondantes en août et septembre, qui ont retardé les maturités. Il a fallu être patient, gérer une certaine hétérogénéité au vignoble, l'état sanitaire et la fragilité des baies ... et le stress des vignerons. La climatologie de la seconde partie des vendanges a été beaucoup plus favorable, vent du nord, temps sec et ensoleillé ont levé les inquiétudes. Le millésime s'inscrit globalement dans les profils de produits que nous souhaitons: une belle expression aromatique, de l'élégance, de l'harmonie, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants pour les blancs et les rosés. Nous sommes très satisfaits de la qualité. Ces  vins avec une belle typicité sont bien commercialisés, les premiers retours de nos clients, exports comme français, le démontrent.

Thau-Info: Pouvez-vous nous parler des AOP en blanc, qui sont productions phares ?

Joël Julien:
Dans notre zone, l'AOP emblématique est le picpoul de pinet, notre meilleur ambassadeur, notamment à l'export. C'est une production qui se développe, grâce au succès économique qu'elle rencontre. Mais le taux d'occupation de l'aire de production laisse peu de possibilités de reconversion de parcelles. La croissance du potentiel est donc limitée, elle va beaucoup moins vite que celle du marché. La totalité de la récolte est commercialisée, essentiellement en bouteilles, avec une très forte proportion à l'export. Le produit nous permet d'intéresser une clientèle amatrice de vins blancs, notamment sur les Etats-Unis et l'Angleterre, et de servir d'appel pour d'autres produits.

Thau-Info: Quelles sont les raisons de ce succès à l'export, selon vous ?

Joël Julien:
Il y en a plusieurs. Nous avons traversé une crise économique où le consommateur cherche à identifier des produits de très bon rapport qualité/prix, ce qui est le cas du picpoul de pinet. D'autre part, le vin est doté d'une véritable identité, qui s'exprime à travers son cépage atypique, sa bouteille personnalisée. Un travail, une réflexion par rapport à l'intégration du produit dans son environnement, son territoire  ont été menés. La communication sur le picpoul de pinet "son terroir, c'est la mer", l'association du vin avec les crustacés, les fruits de mer, voire les poissons, qui paraissait un peu réductrice au départ, s'est avérée pertinente. Le produit répond aux attentes du consommateur. Notre originalité tient aussi à ce que nous sommes la seule grande appellation de vin blanc en Languedoc. Cette singularité est un atout, car notre zone de production est également très touristique, avec la proximité du Cap d'Agde. être un grand vin du Languedoc, d'origine France, attire à l'étranger, et nous prédispose à rencontrer un certain succès.

Thau-Info: Vous revenez récemment de Chine. Quelle est votre vision des nouveaux marchés ?

Joël Julien:
L'export, c'est le code génétique de l'entreprise, qui exporte depuis très longtemps. Elle l'a fait sur l'Europe et les Etats-Unis, qui sont maintenant des marchés matures. Le marché anglais s'est énormément développé ces six dernières années, il est devenu notre premier marché devant les Etats-unis. Pour découvrir de nouveaux clients, nous avons mis en place une politique sur l'Asie depuis cinq ans pour travailler davantage sur le Japon, où nous progressons, et sur la Chine, où la demande en vin blanc est encore faible, mais les évolutions rapides. L'important est d'y être présent, grâce à une commerciale sur Shanghai. Elle renforce notre efficacité, permet une meilleure compréhension de ce qui se passe sur le marché chinois, et fait un travail de prospection. Nous sommes prêts.

Thau-Info: Quels appuis recevez-vous pour vos démarches ?

Joël Julien:
Nous agissons dans le cadre des actions de Sud de France, nous étions à Shanghai avec eux, ainsi que dans le cadre de missions du CIVL, et des Budgets OCM/pays tiers. Nous avons mis en place des budgets sur les Etats-Unis, la Chine et le Japon, qui nous permettent de travailler vers ces pays lointains, où les déplacements demandent du temps et des moyens significatifs. Ils nous aident à être plus pertinents et plus présents pour rencontrer nos clients.

Thau-Info: Comment la cave de Pomerols s'est-elle adaptée aux nouvelles conditions du marché ?

Joël Julien:
Des stratégies ont été bâties, puis poursuivies durablement. Les vignerons des Costières de Pomerols ont souhaité développer, depuis les années 1990, l'activité conditionnée, convaincus que c'était la seule façon de pérenniser un revenu agricole, et de mieux vivre de leur savoir-faire. Ce travail a nécessité des investissements pour se doter de nouveaux outils de production. Un certain nombre d'indicateurs sont aujourd'hui au vert et accélèrent notre développement. La taille de l'entreprise, qui a un peu grossi, les vignerons qui plantent, investissent, font que la croissance interne de la structure, liée à sa bonne santé économique, met plus de volumes, commercialement conditionnés, à disposition. L'outil de production, déjà performant, est sans cesse amélioré. Nous avons des ratio à la fois de coûts de production et de rapport qualité/prix vraiment très bons. L'entreprise s'adapte vite aux conditions du marché. Notre volume de production nous permet, avec nos outils de conditionnement, de vinification, notre savoir-faire, nos équipes en place, de répondre aux demandes des clients. Nous travaillons avec des partenaires commerciaux (agents, distributeurs ou enseignes) qui maîtrisent la distribution et nous accompagnent dans notre développement commercial. Depuis presque trente ans, cela fonctionne bien: tout en restant sur une structure aux effectifs maîtrisés nous atteignons un chiffre d'affaire conséquent.

Thau-Info: ce succès de la cave de Pomerols peut-il être mis en lien avec le nouveau souffle de la coopération en Languedoc, en particulier ici, sur le bassin de Thau ?

Joël Julien:
Dans notre conception de la coopération, il s'agit avant tout d'une aventure humaine, et d'une mise en commun de moyens pour mettre en oeuvre des stratégies d'entreprise efficaces et performantes. Elle est un formidable outil pour aller plus vite, plus loin. Alors que l'investissement était souvent considéré comme une prise de risque, ou une part qui venait amputer la rémunération, nous constatons une mutation dans les mentalités. Les adhérents ont pris conscience qu'aujourd'hui la coopérative est aujourd'hui une entreprise, qui doit comme toute entreprise investir, se doter d'outils performants. C'est à ce titre qu'elle parviendra à capter de la valeur ajoutée, à valoriser son activité et bien rémunérer ses adhérents.

Thau-Info: Il a été beaucoup question, à la COP 21, de changements climatiques. Ressentez-vous ces changements? Envisagez-vous des méthodes pour vous en prémunir ?

Joël Julien:
Il est toujours difficile sur des échelles de temps aussi courtes d'affirmer des changements. Pour corriger les excès  d'eau comme de sécheresse, qui ne sont pas bons dans noter métier, nous avons mené une réflexion sur  l'accompagnement de la maturation du raisin, via un projet d'irrigation assez ambitieux sur le bassin de Thau. En relation avec Aqua Domitia, nous voudrions, à l'échelle de plusieurs coopératives, avec nos voisins de l'Ormarine et Florensac, capter l'eau du Rhône pour irriguer nos vignobles. Notre démarche s'inscrit non dans une logique productiviste, mais dans une approche qualitative de régulation du stress hydrique de la vigne, du mûrissement du raisin. Nous espérons concrétiser ce projet d'ici 2020.

Thau-Info: Pour terminer sur une note festive, quels vins conseillez-vous pour accompagner les repas de fin d'année ?

Joël Julien:
Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de se retrouver en famille ou entre amis, d'apprécier des produits découverts dans l'année ou que l'on connaît bien. Le mariage du picpoul de pinet avec les fruits de mer est une bonne association. Je dirai plutôt les picpoul, car à l'intérieur de l'AOP, nous avons des styles différents à proposer. Si nous avons élevé ensemble le niveau qualitatif de cette 'appellation, chaque producteur a travaillé différentes expressions de ses propres terroirs. Nous produisons également, à Pomerols, des vins atypiques moelleux, en IGP Cotes de Thau, blancs, à base de piquepoule, particulièrement recommandés pour les foies gras. Nous sommes également gros producteurs de vins rosés, vins-plaisir agréables à l'apéritif ou pour accompagner des mets légers et certains desserts fruités. Ce sont nos trois produits-phares, complétés par une large offre de vins, qu'on retrouve sur nos deux points de vente à Mèze et à Pomerols. J'invite les clients à venir les déguster, les découvrir. C'est compliqué de parler de tous ses enfants, comme on les aime tous!

Thau-Info: Comment va se passer la commercialisation du millésime 2015?

Joël Julien:
Elle a déjà commencé. Nous avons eu pas mal de ruptures sur le millésime 2014, liées à la faible production. Nous avions besoin d'une belle récolte, ce qui est le cas, et de la commercialiser rapidement. Aujourd'hui, plusieurs vins blancs sur le marché, l'AOP picpoul de pinet, les rosés Cotes de Thau, les rosés de grenache et les chardonnay, sauvignon, viognier en pays d'Oc. Nous sommes allés relativement vite, un peu à l'inverse du marché vrac qui démarre plus tranquillement.

Thau-Info: Les fêtes se passeront avec le millésime 2015 à Pomerols?

Joël Julien:
Oui, sauf pour les rouges qui attendront encore.

Propos recueillis par Florence Monferran

 

Les Costières de Pomerols en quelques chiffres

  • 1 700 ha
  • 350 coopérateurs environ
  • 132 000 hl en 2015
  • 81 % de blancs et de rosés
  • 26 000 hl en AOP picpoul de pinet,
    dont 60 à 70 % vendus à l'export
    IGP Oc et IGP Cotes de Thau

Costières de Pomerols
Avenue de Florensac
34 810 POMEROLS
04 67 77 89 94

Caveau de Beauvignac
Route de Pézenas
34 140 MEZE
04 67 43 80 48

Mél: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Site internet: www.cave-pomerols.com

 

 

Marché vrac: vin vendu en citerne
Marché conditionné: vin vendu conditionné, en bouteille ou en bag-in-box (BIB)CIVL: Comité interprofessionnel des Vins du Languedoc
OCM: Organisation commune du marché vitivinicole