Conférences

L'Orient de Flaubert

L'association Méditerranée Vivante propose "L'Orient de Flaubert", une conférence de Françoise Brun, agrégée de Lettres modernes. Professeur, Françoise Brun a enseigné dans le secondaire, les classes post-bac et à l’Université de Kobé au Japon.

vendredi 26 janvier 2018, 20h30,
salle Vayrac, Hôpital de Pézenas, rue Henri Reboul.

Le thème de l'Orient obsède Flaubert depuis sa jeunesse. On le trouve dès ses premières œuvres. C'est grâce à son ami Maxime Du Camp qu'il fait le grand voyage de sa vie entre 1849 et1851.
Rien de commun avec les voyages d'aujourd'hui: la croisière sur le Nil dure quatre mois et demi. Après six mois de préparatifs, les deux amis se rendent en Égypte, en Syrie-Palestine, et reviennent par la Grèce et l'Italie. Flaubert affirme " regarder sans songer à aucun livre ", parce que, " quand on voit les choses dans un but, on ne voit qu'un côté des choses ". Et pourtant, ce texte est un bel exemple de l'art de voir et de l'art d'écrire de Flaubert. Il ne cesse de penser à la peinture, à la couleur, au rendu de l'impression. Et il est lui-même un des éléments pittoresques de ses tableaux, bon vivant, jouisseur, ne se prenant pas au sérieux, mélancolique aussi, amer Flaubert effectuera également un voyage au Maghreb en 1858, c’est-à-dire à une époque où se renforce l’expansion européenne outre-mer.
L'orientalisme flaubertien est en rupture avec son temps. Il s’interdit de défendre une nation, une culture ou une religion. Ce qu’il préconise, c’est une ouverture à l’autre, à toute l’humanité : "Je ne suis pas plus moderne qu’ancien, pas plus Français que Chinois, et l’idée de la patrie c’est-à-dire l’obligation où l’on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte et de détester les autres coins en vert ou en noir m’a paru toujours étroite, bornée et d’une stupidité féroce. Je suis le frère en Dieu de tout ce qui vit, de la girafe et du crocodile comme de l’homme, et le concitoyen de tout ce qui habite le grand hôtel garni de l’univers".

L’histoire des miroirs au fil des siècles

Reflets

Le Jeudi 1 Février 2018 À 18H00
Îlot Molière, Office de Tourisme, Agde 
réservation obligatoire : 06.45.82.46.14 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Café patrimoine  animé par Arnaud Sanguy, guide conférencier, en partenariat avec les Métiers d’Art

 Les miroirs existent depuis l’antiquité. A cette époque, les artisans polissaient des métaux afin d’obtenir une surface réfléchissante. Cette méthode traditionnelle a rapidement été remplacée par une méthode que pratiquent les miroitiers contemporains, à savoir le placage d’une feuille de verre sur une feuille de métal. L’Italie a joué un grand rôle dans le développement du verre et plus particulièrement de la miroiterie. Ainsi, l’apparition de la miroiterie au sens industriel du terme s’est faite à Venise et à Monza.
C’est en 1665 que Colbert décida d’introduire cette industrie en France pour concurrencer les Italiens...

Conférence de Stéphane Mauné : l'oléiculture à l’époque romaine

Les Amis de Montagnac

CONFÉRENCE DE STÉPHANE MAUNÉ L'OLÉICULTURE À L’ÉPOQUE ROMAINEL’oléiculture à l’époque romaine, par Stéphane Mauné docteur en archéologie et chercheur au CNRS.
C’est à une découverte passionnante que Stéphane Mauné a convié les Amis de Montagnac le samedi 4 mars dernier. Une conférence présentée dans un style qui lui est propre, fait de rigueur et de passion. 
Nous avons découvert comment de Bétique, sur les bords du Guadalquivir, à Rome l’huile d’olive espagnole alimentait le quotidien des romains pour toutes sortes d’usages : alimentation, éclairage, construction. Comment à partir d’une simple montagne d’amphores oubliées dans l’ancien port de Rome, à partir de 1860 et surtout au XX° s, les historiens ont pu établir ce trajet mais aussi amasser nombre de renseignements sur la culture de l’olivier, la production d’huile et la confection des amphores en Espagne. 
Un trafic qui a duré deux siècles et demi du 2° s avant JC au 2° s après, et s’est étendu à tout l’empire romain, remontant le Rhône pour atteindre l’Allemagne et la Hollande, affrontant l’Atlantique pour atteindre l’Angleterre. 
C’est toute une armée de potiers, de producteurs d’olives et d’huile, de marchands, de transporteurs et de marins qui participaient à ce grand mouvement avec des points d’arrêt languedocien comme Lattes ou Narbonne, à une époque où, paradoxalement, il n’y avait pas d’olivier chez nous, pays alors trop froid pour cet arbre. 

CONFÉRENCE DE STÉPHANE MAUNÉ L'OLÉICULTURE À L’ÉPOQUE ROMAINE

 

Le public a suivi avec intérêt cette conférence illustrée de nombreuses vues, de nombreux dessins, de nombreuses cartes donnant à l’exposé un aspect vivant et concret. C’était un retour à une page de notre histoire souvent méconnue, où l’on découvrait que les romains avaient déjà des notions techniques et commerciales que nous avons redécouvertes péniblement au cours des siècles. 
Mais pour cette leçon d’histoire il fallait un présentateur à la fois compétent et agréable à suivre c’est ce qu’a démontré pendant près de deux heures Stéphane Mauné. Le plus bel hommage que l’on pouvait rendre au conférencier c’était cette attention soutenue de l’auditoire, complétée par les nombreuses questions qui ont suivi la fin de l’exposé.

Corinne Cambon

Jérôme Bosch : conférence d'Evelyne Tschirhart à Montagnac

A la Maison des Associations Vincent Diaz, Evelyne Tschirhart a présenté Jérôme Bosch au cours d'une conférence qui a rassemblé une belle assistance ainsi que les adhérents de l'association culturelle "Kaf'Kali".
Jérôme Bosch dont on vient de célébrer le 500ème anniversaire de la mort par deux expositions : l’une dans sa ville natale de Bois-le-Duc en Hollande et l’autre à Madrid, est le peintre le plus connu du bas moyen-âge. On connaît peu de choses de sa vie et aucune de ses œuvres n’est datée. C’est seulement en 2007, avec la création du Centre de recherche de sa ville natale, Bois-le-Duc, grâce aux moyens scientifiques, que l’on arrive à approfondir la connaissance que l’on avait de lui.
Il est issu d’une famille de peintres : grand-père, père, frères et neveux. 
De son vrai nom, Jérôme Van Aken, il naît vers 1450 et meurt en 1516, d’une maladie contagieuse. Il devait avoir entre 60 et 65 ans.
Son grand-père Thomas van Aken a créé l’atelier des peintres qui sera repris par ses cinq fils. Il était en 1450 le plus important peintre de la ville et membre de la confrérie "Notre Dame", fondée elle-même en 1318. 
Jérôme Bosch épouse en 1480 environ, une femme issue d’une famille de marchands fortunés de la haute bourgeoisie mais il n’y eut pas d’enfant de cette union.
Il crée son propre atelier et devient peintre indépendant.
Grâce à ce mariage, Jérôme Bosch entre alors dans la confrérie Notre Dame comme frère juré en 1486, il pourra ainsi accéder à des réfections de la chapelle et créer des œuvres pour la confrérie. Les membres de cette confrérie seront aussi des commanditaires.
Pour entrer dans la confrérie, il fallait appartenir à une classe élevée, être un bon Chrétien et si l’on n’était pas fortuné, être reconnu pour un talent particulier comme le grand-père de Jérôme.
Bois le Duc et son importance, le climat religieux.
C’est une ville des Pays-Bas appartenant au Duché de Braband comme Anvers, Louvain et Bruxelles.
Elle est connue pour ses confréries ; elle est souvent visitées par les Princes : Charles III de Bruxelles, Philippe II le Beau (d’Espagne). 
Les confréries faisaient la traductions des textes saints (Bible, Évangiles et vie des Saints) en langue vernaculaire. Elles étaient fréquentées par les humanistes de l’époque. La vie intellectuelle y était très importante. 
Jérôme Bosch vit dans une époque portée au mysticisme et à l’ésotérisme. À la fin du Moyen âge, le diable fait encore partie du quotidien. Et l’enfer est une menace permanente pour chacun. Les châtiments corporels étaient couramment pratiqués (exemple un joueur pouvait être puni et on lui perçait la main d’un poignard).
Cependant, Bosch posait un regard critique sur les institutions ecclésiastiques et était sensible à la Réforme qui venait de débuter au XVème siècle. 
La Réforme protestante est une volonté de revenir aux sources du christianisme. La question du salut était centrale et les réformateurs dénonçaient la corruption de la société engendrée par le commerce des indulgences. En achetant des indulgences, les chrétiens s’offraient la remise de leurs péchés et espéraient entrer au paradis.
L’essor de l’imprimerie permet de faire circuler la Bible traduite en langues vulgaires.
La peinture de Bosch a donc un caractère pédagogique puisqu’elle montre par l’image les instincts les plus vils de l’homme pour en mieux inspirer la répulsion. C’est ce que nous allons voir dans son œuvre.
Le Christ et les figures saintes sont des exemples à suivre. Mais Bosch est aussi un peintre de l’invisible. Il est capable d’illustrer l’univers effrayant des désirs des hommes et de leurs conséquences : le paradis ou l’enfer.