PATRIMOINE

L'abbaye de Cassan ouverte en septembre

Le superbe Château-Abbaye de Cassan (cf article sur Agde-infos), en septembre est ouvert tous les jours de 14h à 19h, mais pour les 35e Journées européennes du Patrimoine l'accueil se fait dès 11h !

Départ avec des guides conférenciers toutes les heures : 11h ● 12h ● 14h ● 15h ● 16h ● 17h ● 18h
Durée : 45 minutes env.

Outre les journées du patrimoine, une très belle exposition L’Inde de Tim Bickerton a lieu jusqu'à la fin septembre. Dans ses études de paysages indiens, les plages de couleurs occupent la surface, structurées par des touches de réalisme.  Exposition comprise dans la visite de Cassan.

Vous pouvez télécharger le programme des expositions qui y ont lieu ici.

 

Château-Abbaye de Cassan, ouvert tous les jours de 14h à 19h, fermetures exceptionnelles  : le jeudi 6 septembre à 17h30, le 13 septembre, le 27 septembre. Comment venir? • D13 • 34320 ROUJAN Tél : (+33) 4 67 245 245 • www.chateau-cassan.com Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. • chateaudecassan

Visites:

Ronan Jahény, guide conférencier, vous propose plusieurs programmes de visites dont la visite du Château Abbaye de Cassan aux dates et horaires suivants :

  • 2 septembre, départs à 14h et 16h,
  • 8 septembre, départs à 14h et 16h,
  • 22 septembre, départs à 14h et 16h,
  • 30 septembre, départs à 14h et 16h.

Participation 11€ 


Renseignement et réservation auprès de Ronan JAHÉNY
La Liquière - 34480 Cabrerolles 
04 30 72 44 05 / 06 09 70 28 69 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
http://www.histoiresdumidi.com

Saint-Pons-de-Mauchien, un village à découvrir

Ce village languedocien de 670 habitants surplombe la vallée de l’Hérault; il est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il possède de nombreux atouts avec ses sites archéologiques, les remparts, le château, son église. L’historien du village Guy Pargoire n’est pas un guide et l’on s’en réjouit, il ne récite pas un texte, il vit une passion pour son village.

 

Ce qui fait l’attrait de la visite, ce sont les détails, les anecdotes et les légendes.

De la mairie à l’ancienne distillerie, de la Croix de la mission à la place Jeanne d’Arc dont la statue à la demande du maire fut attribuée en 1892 par le Sous Préfet de Béziers.

On lui avait proposé Marianne, mais ce village chrétien n’a pas hésité. Qui sait aujourd’hui que ce sont les socialistes républicains qui ont relancé la ferveur envers la native de Domrémy comme symbole de la libération du pays et en perspective de la libération de l’Alsace et la Lorraine.

L’Eglise réagit et la béatifia en 1896 et fut déclarée sainte en 1920. En face, les remparts à base inclinée, il ne s’agit pas de renforts, mais d’un système de défense. On arrive devant l’emplacement du moulin à huile aujourd’hui disparu. Ensuite c’est le passage sous la porte des remparts avec au dessus l’assommoir.

On se trouve en face de cette superbe bâtisse appelée la maison des émigrés qui appartenait à la famille d’Astanières et qui a quitté le pays lors de la Révolution.

Puis la maison forte du XIIème qui appartenait à l’évêque d’Agde. Les techniques de construction sont identiques à celles employées au Palais des papes en Avignon.

En progressant, on aborde l’histoire du château, puis l’origine du nom de Saint Pons.

 

En souvenir de la Mission de 1947, un chemin de Croix a été érigé dans le village. Tous les ans, le Vendredi saint, les chrétiens perpétuent cette tradition.

Nous arrivons à l’église, à part le clocher visible de très loin, elle semble être une église comme beaucoup d’autres. Mais détrompez-vous, cela commence à la porte avec un blason inventé par le curé de l’époque.

A l’intérieur, des symboles de toute part... 

L’histoire de la Litre, la légende de N.D des Bosquets, la Vierge en bois d’olivier du XVIIIème. Le chemin de Croix en terre cuite fabriqué par la famille Giscard de Toulouse et qui a également fabriqué celui de Rennes le Château !

Sur cette photo on voit le tableau de Monserey représentant Saint Pons. Il est indéniable que la personne qui a construit cette église a voulu montrer des choses.

 

Mais quelques siècles après, c’est Guy Pargoire qui vous en montrera. Les visites se font à la demande, et sont gratuites. Pour prendre rendez-vous, téléphonez au 04.67.98.77.66.

 

Bernard Bals

Le retable de Saint-Thibéry

A l'occasion des journées du patrimoine, découvrez un des joyaux de Saint-Thibéry et de son Abbatiale, son retable! (Le retable est une construction verticale qui porte des décors sculptés et/ou peints en arrière de la table d'autel d'un édifice religieux).

Dans la très belle brochure éditée par la région, laissez-vous conter: les retables du XVIIe siècle en val d'Hérault, Denis Nepivoda souligne parmi les retables du XVIIe siècle conservés, celui réalisé par François Laucel, architecte et sculpteur de Narbonne, pour l'église abbatiale de Saint-Thibéry. Le chêne, associé au bois blanc et au tilleul, a été utilisé pour cette oeuvre magistrale.

La partie basse d'origine devait accueillir l'autel mais a été remplacée au XVIIIe siècle par un autel de marbre. Deux colonnes de marbre de Caunes sont de chaque côté, en retrait l'une par rapport à l'autre pour l'illusion d'optique. La partie centrale est légèrement arrondie, et les panneaux de bois décorés d'une rosace et de motifs végétaux sont cintrés vers l'intérieur. Au milieu, dans une fausse niche est placée une Vierge en bois doré.
Au milieu des feuillages se tient un serpent tenant une pomme, symbole du péché.
Au-dessus du retable, un Saint-Esprit est entouré par deux anges. Le tout est couronné par un fronton triangulaire surmonté d'une coquille. La composition de ce retable est caractéristique de l'art du sculpteur François Laucel, et rappelle celle de l'église Saint-Sébastien de Narbonne.
Vous pouvez vous procurer cet ouvrage très complet auprès de l'office de tourisme de Pézenas. Place des Etats Généraux du Languedoc.

Florence de Martino

 

Visites de l'abbatiale et de Saint-Thibéry, samedi 15 et dimanche 16 septembre de 15 à 17h rendez-vous devant l'Abbatiale.

L’Office de Tourisme est ouvert:

  • du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h
  • le dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Tél : 00 33 (0)4 67 98 36 40 – Fax : 00 33 (0)4 67 98 96 80

Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Lavagnac, on le redoutait, c'est arrivé!

Depuis longtemps on le redoutait.

C’est arrivé, le toit de la chapelle s’est en partie effondré.

La maison attenante est également en ruine depuis longtemps. Ancien moulin à huile, elle avait été transformée par Jean de Mirman.

Françoise, Gabrielle de Mirman y sera baptisée le 25 octobre 1656.

La famille d’Alzon la rénovera et y fera inscrire sa devise Déo Dati. Il y avait un prêtre à demeure, l’abbé Bonnet, précepteur d’Emmanuel d’Alzon qui célébrait l’office tous les jours. Les obsèques de Marie-Françoise de Puységur, présidée par Mgr de Cabrières y ont été célébrées.

Jean de Puységur l’a faite rénover à la fin du XIXème. Il y a des notes de 1917 qui relatent une messe de minuit avec le curé Hemmer venu de Béziers où le comte Henri d’ Aulan jouait du violon.

Des enfants d’ouvriers nés sur le domaine y ont été baptisés, Bals Félix, Andrée Imbert. Le RP d’Alzon y célébra pour ses parents une messe à son retour de Rome en juillet 1835.

Le 9 mai 1845, Marthe, fille d’Anatole de Puységur et de Marie-Françoise d’Alzon fait une chute mortelle dans les escaliers qui mènent à la chapelle sous les yeux de sa mère. On est à peu près sûr que sa sépulture se trouve à proximité.

Dans les lettres du RP d’Alzon, on y trouve beaucoup d’événements qui s’y sont produits. Le 16 juillet 1860, sa sœur Augustine décède de la tuberculose. Alors il venait s’asseoir aux places qu’elle occupait. Le 29 août de passage à Lavagnac, il se rend à la chapelle et trouve sur une chaise un bouquet de fleurs blanches déposées par le jardinier. Il en demande la raison, et on lui dit que le lendemain c’est la fête de sa sœur Augustine décédée un mois plus tôt.

Depuis très longtemps, les religieux, religieuses de l’Assomption y venait en pèlerinage du monde entier marcher sur les pas de leur fondateur. Elle a été vandalisée à plusieurs reprises et même squattée. On a utilisé ce patrimoine local à des fins bassement matérielles, sans jamais se soucier de son état de délabrement et de la manière de le protéger.

L’important ce sont les promesses électorales, alors il faut dissimuler cette situation patrimoniale catastrophique.

Pour cette chapelle, c’est le début de la fin dans l’indifférence totale, sacrifiée comme le château sur l’autel du profit.

Bernard Bals

Jacky Fanjaud l'inventeur de l'Ephèbe d'Agde.

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L'Ephèbe d'Agde est une statue antique en bronze haute de 1,4 mètres et datée du IVème siècle avant JC. Elle a été découverte dans le lit de l'Hérault, juste en face de la cathédrale d'Agde  le dimanche 13 septembre 1994.

Ce dimanche reste un jour important dans le cœur de son "inventeur" Jacky Fanjaud qui faisait partie à l'époque du GRASPA (Groupe de Recherches Archéologiques Subaquatiques et de Plongée d'Agde).
A ce jour, c''est le seul bronze grec découvert en France, ce qui en fait une découverte très importante.

Jacky Fanjaud a toujours été un passionné de plongée. Dès ses 15/16 ans, après la guerre quand il fut possible d'accéder aux plages, il pratiquait déjà la plongée et il allait faire de la pêche sous-marine avec des amis.
Depuis 3 mois un club de plongée agathois venait de se créer, le 2 avril 1960 et un ami bitterois connaissant sa passion lui avait conseillé d'intégrer ce club agathois.. Il avait alors 29 ans.
A sein du GRASPA il a commencé en faisant un petit peu de tout, tout d'abord comme « stagiaire » pour montrer ce qu'il savait faire.
A ces débuts le club ne possédait aucun équipement, pas de bouteille et pas de compresseur. Tous les membres de cette jeune association venaient avec leur propre équipement jusqu'à ce que la commune d'Agde leur alloue de l'équipement sous forme d'une subvention leur permettant d'acheter leur première bouteille. Rapidement le club a fait des découvertes qui ont amené d'autres aides.
A ses débuts, lui-même venait avec sa propre bouteille qui lui permettait une autonomie de 30 minutes pour un maximum de 6 à 8 mètres de profondeur. Mais elle était suffisante pour plonger dans l'Hérault. Il partageait sa bouteille avec ses autres collègues pour des descentes en plongée de 5 minutes.
A cette époque, il ne trouvait pas grand-chose à la différence de ses collègues. Sans trop se décourager, il s'est obstiné et il a continué à plonger.
L'Hérault a toujours été propice aux découvertes car les bateaux grecs remontaient le fleuve et venaient accoster. Une fois sur place, du matériel et des amphores cassées, entre autre, étaient sans doute jetées à l'eau, d'où les nombreuses découvertes. Ils trouvaient surtout du phocéen, des amphores grecques de Marseille.
Il a lui-même réalisé un inventaire des types d'amphores retrouvées, il en a identifié plus de 50 différentes.
Jacky Fanjaud connaît toutes sortes d'amphores car il en a tellement vues, dessinées et classées mais là s'arrête sa connaissance de l'archéologie.
Il ne se targue surtout pas d'être un archéologue, il adore juste chercher et trouver.
Il a, par sa passion et son engagement, fait tout de suite sa place au sein du club. Il y était dès que possible, jours fériés ou non. C'était une passion pour lui. Il a été secrétaire du club puis trésorier fédéral mais il balayait aussi la salle et il entretenait, comme tous les autres, le matériel.
Les membres du club était au nombre de 12 et l'adhésion se faisait au compte-goutte. Il fallait être parrainé par 2 membres du club et avoir fait ses preuves durant une année pour y être admis, afin d'éviter d'intégrer des personnes « douteuses » plus intéressées par un certain pillage que par la sauvegarde.
La sauvegarde du mobilier archéologique agathois était la raison d'être du club. Dans ses statuts il était bien précisé que tout objet retrouvé lors de fouilles devait revenir au GRASPA.
Il n'y a qu'à aller voir les collections du Musée de l'Ephèbe d'Agde pour se rendre compte de la richesse des fonds sous-marins de nos côtes.

Les circonstances de la découverte de l'Ephèbe

Ce 13 septembre 1964, comme tous les dimanches il y avait une sortie le matin en mer à bord du bateau du club.
De retour en Agde, lui et deux de ses amis du club, Raphaël Molla, et Aimé Blanc ont décidé de remplir leurs bouteilles et ensuite d'aller plonger dans l'Hérault.
Après avoir pris leur déjeuner ils plongèrent tous les trois (vers les 15 ou 16 heures).
Comme à leur habitude ils sont partis prospecter au fond, parfois en tâtonnant, en zigzag le plus souvent.
A un moment Jacky Fanjaud croise Aimé Blanc et après avoir constaté, par un signe de la main, que tout va bien ils repartent chacun de leur côté, à l'opposé l'un de l'autre. A cet instant de l'histoire il faut noter qu'Aimé Blanc était un homme pesant plus de 100 kg. Il se plombait « à mort » pour pouvoir descendre et quand il passait il « labourait » le fond.
En progressant, 10/15 mètres plus loin, la vase s'étant reposée, Jacky Fanjaud a vu une tâche, du vert de gris, "même pas de la taille d'une sous-tasse à café". Il s'est fait la réflexion... "ça jure dans le contexte". Il y est allé et en nettoyant la vase il lui est apparu toute la chlamyde (une draperie) sur l'épaule de la statue. Il a continué jusqu'à apercevoir le visage ….
Il était émerveillé par la beauté des traits du personnage. Sans rien connaître encore sur la valeur de l'objet ni en savoir sa provenance, ni pouvoir encore le dater.
"J'étais content parce que c'était beau. Il y avait une grosse lauze posée sur le torse (une pierre qui servait et qui sert encore à couvrir les toits) qu'il a repoussé. Là ça m'est apparu … c'était quelque chose de magnifique .
Quand il a été bien dégagé je l'ai soulevé doucement pour ne pas l'abîmer. On sent si ça va venir ou si ça pas venir. Si ça va pas venir on continue. Je l'ai dégagé complètement. Je suis vite remonté à la surface et là j'ai vu le président du club, Denis Fonquerles qui venait d'arriver. Je lui ai demandé de me donner un bout (un morceau de corde) lui annonçant que j'avais trouvé un athlète en bronze » (à ce moment-là on ne parlait pas encore d'Ephèbe)
Je prends le bout et je redescends. J'étais sur ma réserve d'air. J'accroche le bronze et je tire les trois coups pour qu'on le remonte. Denis Fonquerles se met à le remonter doucement. Je suis arrivé à la surface, je n'avais plus d'air.
Et là, à la surface quand je l'ai vu dans une eau plus claire, quand je l'ai vu s'élever dans l'eau de surface …. avec le soleil... c'était quelque chose de merveilleux. Là, on a le palpitant qui accélère. Donc on l'a remonté sur le bateau. La main est tombée"
N'ayant plus d'air dans sa bouteille, Jacky Fanjaud demande à Aimé Blanc de vite aller la rechercher avant de perdre sa trace dans ces fonds vaseux. Ce qu'il fit. A partir de ce moment-là Jacky Fanjaud a toujours considéré qu'Aimé Blanc était devenu le "co-inventeur" de l'Ephèbe.
Le lendemain, la presse est venue et Denis Fonquerles a présenté la découverte en stipulant que cette découverte avait été réalisée par Jacky Fanjaud, membre du club.
Les autorités compétentes ont aussitôt été averties et un spécialiste est venu de Marseille le jeudi suivant.
La rencontre s'est faite dans un restaurant agathois, la Galiotte. Lors de cette rencontre le patron du restaurant, passionné d'antiquité, Jules Boudou, s'est exclamé "ça, c'est un éphèbe" (le terme désigne aujourd'hui un jeune homme d'une grande beauté). Cette appellation lui est depuis restée.
La statue désormais appelée Ephèbe est partie dans un musée de Marseille et là elle a été préservée de toute attaque par le sel en attendant sa restauration. Elle est ensuite partie pour Nancy où elle a été prise en charge par un laboratoire qui en a fait ce qu'elle est actuellement.

Mais entre-temps, six mois plus tard, son collègue Raphaël Molla avait trouvé la jambe gauche un peu plus en aval à environ à 600 mètres de la précédente découverte.

La découverte de la jambe

Jacky Fanjaud aime à dire qu'il associe à cette découverte Raphaël Molla, "inventeur" de la jambe de l'Ephèbe ainsi que Aimé Blanc qui était co-inventeur de l'Ephèbe pour la remontée de la main.Après mûres réflexions, Jacky Fanjaud pense que cet Ephèbe devait être placé sur un socle et qu'à un moment donné il a dû être jeté verticalement à l'eau et s'envaser Une crue violente a dû arriver et l'on connaît aujourd'hui les effets dévastateurs des crues de l'Hérault. "Il a dû se plier et se casser au niveau des chevilles. Donc le socle est là où l'Ephèbe est tombé. L'Ephèbe quant à lui, il est parti, entraîné par le courant".
Lors de cette seconde découverte Jacky Fanjaud était à bord du bateau pendant que son ami Raphaël Molla était en plongée. "C'était un très bon plongeur. Il avait aussi un très bon œil et quand il sortait quelque chose il savait ce que c'était . Il sort à une vingtaine de mètres du bateau et dit qu'il a trouvé un tuyau de poêle.... Moi connaissant Raphaël, j'ai douté que ça en soit un. Vite, vite je gratte, délicatement, le prétendu tuyau de poêle et puis je vois que c'est une jambe ! Je remarque la cassure au niveau de la hanche. J'étais alors déjà persuadé que c'était la jambe de l'Ephèbe. Nous étions fébriles. On se dépêche d'emporter la jambe au club car nous étions impatients de savoir. On arrive au club et on regarde la photo car la statue de l'Ephèbe était partie. Pas de doute c'était la jambe de l'Ephèbe."
Cette jambe a alors rejoint le reste de la statue et elle a été reconnue comme appartenant au reste du corps. Par contre la main qui avait été repêchée par Aimé Blanc ne semblait pas correspondre au corps. Malgré le fait que Jacky Fanjaud ai bien vu cette main se casser et couler il en est venu à croire cette version, la main n'était pas celle ayant appartenu à l'original à sa création.
"C'était sûrement une réparation de l'époque. A bien y regarder elle me paraît trop grosse par rapport au reste de la statue, elle est surdimensionnée. Malgré les doutes elle a été rajouté au corps. Mais je trouve que cette main elle jure …Il a dû arriver quelque chose à un moment donné et ils en ont refait faire une".
Le socle est pour lui toujours en place … Oui, mais où ?.
A la suite de cette découverte, en mer, Il a aussi trouvé des ancres en bois, en pierre et de nombreuses amphores. Toutes ces découvertes sont désormais visibles au Musée de l'Ephèbe d'Agde.
Son désir de reconnaissance :
"Le GRASPA a été une très belle aventure pour moi . Sans la création du club, je n'aurais jamais eu l'occasion de découvrir l'Ephèbe. Je n'imaginais même pas que l'on puisse découvrir des amphores dans l'Hérault. Je me suis rendu compte qu'étant jeune je m'étais laissé un peu dominé. Je souhaite aujourd'hui dire ce qui a été ".
Voilà qui est fait.
Pour plus de renseignements et pouvoir admirer l’Ephèbe :
Musée de l’Ephèbe - Mas de la Clape - 34300 Le cap d’Agde
04 67 94 69 60

Jean-Marc Roger

Nicolas Figuerolles "inventeur" de Césarion

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 Le lendemain de Noël, le 26 décembre 2001, Nicolas Figuerolles plongeur amateur passionné eut la chance de découvrir deux magnifiques statuettes de bronze.
Ce jour là il s'était mis à l'eau dans une zone qu'il fréquentait régulièrement en bordure de plage, côté mer vers Marseillan-plage, et il a fait ces deux incroyables découvertes. Ce sont les tempêtes d'hiver qui remuent les fonds et font bouger le sédiment .
Durant cette plongée, il n'a pas seulement découvert la statuette de Césarion mais tout à côté celle d'Eros, le Dieu de l'Amour.  J'ai vu le mollet de la première statuette, Eros, et je l'ai délicatement extrait des sédiments et en dessous j'ai alors aperçu Césarion..."
"J'ai eu un moment de vide. Pendant 10 à 15 secondes je ne savais plus si je respirais..."
Les deux statuettes sont en bronze. Celle d'Eros a les yeux en argent et celle de Césarion avait les siens en pâte de verre mais ils n'ont pas été retrouvés.
L'envie de plonger lui a pris en 1997 durant une formation au Lycée de la Mer de Sète. Il avait un ami professeur qui adorait plonger. Cet ami était féru de tout ce qui était épaves, antiquités. Et à chacune de leurs rencontres Nicolas Figuerolles ne cessait de lui demander de l'emmener plonger avec lui. Et de guerre lasse il l'amena plonger sur cette zone "en fait pour ne pas que j'aille fouiller sur sa propre zone".
D'où ces découvertes réalisées sur cette zone au bout de quatre ans d'exploration.
" Quand j'ai enfin trouvé, ça valait bien les quatre années de fouilles. Il y en a qui passent autant de temps sans rien trouver.".
Ensuite il y a eu la découverte de la Mosaïque le 10 mai 2003. La Mosaïque dénommée « La joute musicale d'Apollon et la condamnation du Satyre » fait au bas mot 40 kg. Elle a été découverte dans la même zone que les deux statuettes.
"Un jour, j'ai voulu changer mon profondimètre (l'instrument que les plongeurs utilisent pour pouvoir consulter à tout moment la profondeur à laquelle ils se trouvent), car dans toutes les plongées l'importance c'est la hauteur d'eau pour savoir si le sable est parti ou pas. Donc en revenant sur le même site si on s'aperçoit qu'il manque 20 cm de sable on peut espérer trouver quelque chose.
Et ce jour là, en l'essayant dans cette même zone, je suis tombé sur la Mosaïque. Elle était plantée verticalement ensablée de moitié. De retour chez moi avec l'objet, j'ai téléphoné de suite pour prévenir de cette découverte.
Afin de retrouver l'emplacement j'ai pris soin de laisser sur place un mousqueton métallique qui a permis, ensuite, de localiser le point exact de la découverte".
Cette mosaïque polychrome est composée d'une pierre calcaire et d'un assemblage au mortier de 15 000 tesselles.
Malgré toutes ces découvertes d'un très grand intérêt patrimonial, Nicolas Figuerolles a cessé ses plongées. Ayant eu un accident dans sa jeunesse, il en ressent aujourd'hui les contrecoups et la fatigue ne lui permet plus guère de plonger comme avant.
Le jour de ma rencontre avec lui au musée de l'Ephèbe au Cap d'Agde, Nicolas Figuerolles venait de déposer un nouvel "objet ".


« Un objet découvert du côté de Balaruc-les-Bains, un objet en bronze non encore défini donc « inconnu » qui pourrait être, d'après les premières hypothèses un plat ou un support de miroir à main. Sa styllistique le place sur une datation antique (voire gallo-romaine).
Aujourd'hui, dès lors que « l'objet » a été déposé par son inventeur, s'engage l'étude de l'oeuvre (datation, utilisation, origine,....) ainsi qu'une prochaine restauration dans un laboratoire spécialisé dans le mobilier archéologique métallique avant qu'il puisse être présenté au public ».
(Informations données par Olivier Chambon, régisseur des collections du Musée de l'Ephèbe)


Il est à noter qu'après un séjour, de plus de 6 mois au Japon, Césarion va de nouveau, accompagné de l'emblema de Mosaïque, être prêté pour une exposition sur les 50 ans du DRASSM . Cette exposition, « Mémoire à la mer. Plongée au cœur de l'archéologie sous-marine », aura lieu au Musée d'Histoire de Marseille du 28 avril 2016 au 28 mai 2017.
Plus d'informations sur : www.museecapdagde.com

Jean-Marc Roger