Conchyliculture

Philippe Ortin élu Président National de la Conchyliculture

 Suite à la démission de Gérald Viaud en août, Philippe Ortin a été élu, le mercredi 27 septembre, à la présidence du Comité National de la Conchyliculture (CNC) par 17 voix contre 16 pour son adversaire, le Breton Philippe Le Gal.

 

Le Comité National de la Conchyliculture (CNC) assure la représentation de l’ensemble des éleveurs et distributeurs de coquillages.

L’organisation interprofessionnelle de la conchyliculture comprend 7 comités Régionaux situés chacun dans une région de production : Normandie Mer du Nord, Bretagne Nord, Bretagne Sud, Pays de la Loire, Poitou Charentes, Arcachon Aquitaine et Méditerranée.
L’adhésion au CNC est obligatoire.

En 2011 la loi a étendu les missions de cette représentation régionale comme celles du Comité National de la Conchyliculture. Parmi ces nouvelles missions figurent :

  • la promotion des produits issus de la conchyliculture ;
  • l’amélioration des connaissances du secteur conchylicole, notamment pour favoriser l’adaptation quantitative et qualitative de l’offre à la demande des produits conchylicoles ;
  • l’harmonisation des pratiques de production et de commercialisation.

Plus généralement, ces nouvelles attributions renforcent les missions d’étude du CNC et des CRC et le rôle de l’organisation professionnelle en termes de proposition aux pouvoirs publics et aux organismes compétents pour toutes mesures d’ordre général concernant la conchyliculture.

Pour faciliter la transmission des exploitations et l’installation de jeunes conchyliculteurs, l’organisation ia également en charge de gérer :

  • un registre d’immatriculation des entreprises conchylicoles, composé à partir de la déclaration obligatoire de toute personne physique ou morale ex erçant des activités de cultures marines ;
  • un répertoire des candidats à l’installation dans le secteur conchylicole.
 

Foire aux huîtres de Bouzigues 2017.

 

samedi 5 et dimanche 6 août 2017.

Comme chaque année, exposants, stands de dégustation et spectacles animeront ces deux jours de foire. Plus de 20.000 visiteurs sont attendus pour ce rendez-vous annuel si attendu.

Cliquez ici pour voir le programme
Renseignements : au 04 67 43 66 40 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Quelques ambiances glanées lors de l’inauguration.

C’est sur des airs de la « Pena San’Gonis » que c’est déroulé l’inauguration de la foire aux huîtres 2017. Les élus étaient venus en nombre assister au lancement de cette 32ème édition festive et conviviale.Le long du parcours, bordé de stands, nos élus ont pu s’arrêter et déguster quelques bons crus locaux pendant que dans les cuisines se préparaient quelques bons petits plats eux aussi locaux  sans oublier les désormais traditionnelles huîtres de Bouzigues crues ou bien cuites.


Un vrai régal pour tous les amateurs. 

L'huitre triploïde fait débat

A première vue et au goût, aucune différence entre une huître traditionnelle 100%naturelle et une huître triploïde…
Pourtant, un chromosome les sépare : la traditionnelle en compte deux et la triploïde trois. Mais à la vente sur le marché, elles se mélangent dans les bacs. Et les producteurs traditionnels aimeraient un meilleur étiquetage. L'huître triploïde existe depuis 2001.
En effet, pour manger des huîtres, même en période de reproduction, des chercheurs ont créé en laboratoire une huître artificielle : Un super-mâle à 4 chromosomes vendu ensuite en écloserie. De son croisement avec une femelle ordinaire, naîtra la triploïde. Stérile, non laiteuse et consommable toute l'année, la triploïde est aussi plus charnue et plus rentable car elle grossit plus vite.
Pas d'introduction de nouveau gène pour l'huître triploïde : il s'agit d'un « organisme vivant modifié » et donc aucune obligation de traçabilité pour le moment. Les triploïdes représenteraient au moins 1/3 de la production. Et les ostréiculteurs exclusivement traditionnels réclament aujourd'hui un étiquetage des bourriches pour rassurer leurs clients. Une idée qui divise la filière...

La fête de l’huître à Marseillan toujours aussi prisée !




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Beaucoup de monde sur le quai autour de celle à qui était dédiée la soirée : l’Huître.
En effet de nombreuses personnalités étaient présentes pour ouvrir cette première soirée 2016 de la Fête de l’Huître à Marseillan.


Autour du maire, Yves Michel et du président du syndicat conchylicole, Philippe Ortin, le représentant de la Région et président du Cépralmar, André Lubrano, les deux conseillers départementaux, Marie-Christine Fabre de Roussac et Sébastien Frey, les maires des villes du pourtour de la lagune de Thau, le maire de Vias, mais également la prud’homme major, Claudia Azaïs, et le Père Robert Martin.

A l’issu des discours, Philippe Ortin a été intronisé par la confrérie des Mille et une Pâtes.
La soirée s’est prolongée avec les groupe Carmela’s Project et poursuivie avec un concert du groupe Juice.

La confiance en l'avenir revient chez les conchyliculteurs

Un entretien avec Philippe Ortin, président du Comité Régional Conchylicole de la Méditerranée

Depuis 2008 et les années noires de la crise de la surmortalité des huîtres, la conchyliculture a beaucoup évolué. La profession a fait d’énormes efforts pour modifier ses pratiques d’élevage, pour innover et améliorer la qualité de ses produits. Malgré les divers aléas et la pression économique du court terme, les conchyliculteurs ont su restés responsables et jouer collectivement la carte du dialogue avec les pouvoirs publics et toutes les parties prenantes autour du bassin de Thau. Certes le problème de la surmortalité des coquillages n’est pas encore résolu et le principe de précaution peut parfois interrompre la commercialisation des coquillages à la moindre présence de micro-algues présentant un risque de toxicité  mais la confiance en l'avenir est revenue. Un signe qui ne trompe pas : pour la première fois depuis des années une dizaine de jeunes conchyliculteurs, tous de niveau bac, viennent de s’installer sur le bassin de Thau.

 

Nouvelle gouvernance professionnelle

Le Comité National de la Conchyliculture (CNC) assure la représentation de l’ensemble des éleveurs et distributeurs de coquillages.
L’organisation interprofessionnelle de la conchyliculture comprend 7 comités Régionaux situés chacun dans une région de production : Normandie Mer du Nord, Bretagne Nord, Bretagne Sud, Pays de la Loire, Poitou Charentes, Arcachon Aquitaine et Méditerranée.
L’adhésion au CNC est obligatoire.

En 2011 la loi a étendu les missions de cette représentation régionale comme celles du Comité National de la Conchyliculture.
Parmi ces nouvelles missions figurent :

  • la promotion des produits issus de la conchyliculture ;
  • l’amélioration des connaissances du secteur conchylicole, notamment pour favoriser l’adaptation quantitative et qualitative de l’offre à la demande des produits conchylicoles ;
  • l’harmonisation des pratiques de production et de commercialisation.

Plus généralement, ces nouvelles attributions renforcent les missions d’étude du CNC et des CRC et le rôle de l’organisation professionnelle en termes de proposition aux pouvoirs publics et aux organismes compétents pour toutes mesures d’ordre général concernant la conchyliculture.

Pour faciliter la transmission des exploitations et l’installation de jeunes conchyliculteurs, l’organisation ia également en charge de gérer :

  • un registre d’immatriculation des entreprises conchylicoles, composé à partir de la déclaration obligatoire de toute personne physique ou morale ex erçant des activités de cultures marines ;
  • un répertoire des candidats à l’installation dans le secteur conchylicole.

Le Comité Régional Conchylicole de la Méditerranée

Jusqu’à la fin du 19ème siècle, aucune organisation professionnelle n'existait.
C’est à partir du moment où les premiers élevages sont expérimentés d’abord dans les canaux de Sète puis dans la lagune de Thau que le besoin d'un collectif professionnel se fait sentir.
Roger TUDESQ, en 1950 prend la Présidence du Comité local Interprofessionnel de l’Ostréiculture et des Cultures Marines.
En janvier 1958, M. Louis ROUVIERES est élu président du Comité Local et oeuvrera pour l’activité conchylicole jusqu’en 1972. A partir de 1972, il gravit l’échelon national en devenant président du CIC (Comité Interprofessionnel de la Conchyliculture) jusqu’en 1982.
M. Louis ROQUES prendra la présidence par Intérim pendant les 6 premiers mois de l’année 1973.
M. François BONDON sera élu Président de la Section Régionale de la Conchyliculture de la Méditerranée en juin 1973 et ce, jusqu’en 1991, date de son décès dans l’exercice de ses fonctions.
De 1991 à 2004, c’est M. Jean-Claude ARCHIMBEAU qui a repris la présidence avant de démissionner.
Depuis 2004, c'est M. Phlippe ORTIN qui assure le poste de Président de la SRCM devenue CRCM en 2011.

Philippe Ortin

Le CRCM regroupe les professionnels :

  • de Thau : 580 producteurs
  • de Fos : 50 producteurs
  • des Etangs de Leucate et de Barcarès (Aude) : 30 producteurs
  • de Toulon  : 8 producteurs
  • de Vendres : 8 producteurs
  • de Gruissan  : 2 producteurs
  • de Corse : 2 producteurs

Développer l'activité conchylicole, préserver la qualité du milieu maritime dont elle dépend et structurer la profession, telles sont les missions du Comité Régional Conchylicole de la Méditerranée, interlocuteur unique autorisé des Pouvoirs Publics pour la Méditerrané.

   

Thau-info : que penser des missions élargies confiées au Comités Régionaux de la Conchyliculture?

Philipe Ortin:
C'est une excellente chose. Nous pouvons être mieux associés aux décisions qui nous concernent. Au plan national ou régional, nous pouvons émettre des avis sur les lois et les réglementations. Nous pouvons aussi les faire évoluer. Par exemple, nous avons pu faire modifier les grammages des calibres des huîtres de +15g ce qui était important pour nos huîtres creuses plus fortes que celles de l'Atlantique. Ainsi la n°3 toujours très demandée peut atteindre 85 g. Nous avons pu aussi contribuer utilement à la politique de formation et au calendrier de la mise en place des exigences de diplômes de niveau bac pour l'installation des nouveaux exploitants. L'eau et le milieu naturel sont importants pour notre profession, tout comme le nécessaire équilibre entre l'activité conchylicole et les autre activités qui convoitent notre espace de production tant maritime que terrestre. (tourisme, immobilier,etc.). C'est pourquoi il était important que la voix du CRCM soit entendue dans l'élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) qui vient d'être retenu pour le bassin de Thau. Il faut d'ailleurs noter que le SCOT de Thau est le premier SCOT de France comportant un volet maritime tout comme nous avions déjà été les premiers à avoir mis une priorité à la pêche et à la conchyliculture lors de l'élaboration du schéma de mise en valeur de la mer (SMVM).

Thau-info: où en sommes-nous avec la crise des surmortalités

Philippe Ortin :
Dans les années fastes, l'étang de Thau produisait jusqu'à 12 voire 14.000 tonnes d'huîtres. En 2008, la production était tombée à 6500 tonnes. Depuis la production remonte peu à peu. Elle tourne actuellement autour de 9.000 tonnes.
De nombreuses études et analyses nous ont permis de mieux comprendre le phénomène même si encore aucun remède définitif n'a pu être mis au point. De ce fait nous avons pu modifier nos pratiques culturales (période de transferts, type d’élevage, etc.) pour tenir compte de l'impact de la température et des autres facteurs influençant la virulence des agents pathogènes. Ceci nous a permis de limiter les pertes mais nous avons du également développer d'autres méthodes de travail comme le recours au naissain d'écloserie.

 

La crise des mortalités

Plusieurs épizooties majeures ayant entrainé des mortalités importantes, ont jalonné l’histoire de l’ostréiculture : mortalité de l’huître plate (1920, 1974), mortalité de l’huître creuse portugaise (années soixante‐dix)... Ces différentes crises ont à chaque fois contraint les producteurs à s’adapter en se tournant vers d’autres espèces et /ou en adaptant leurs techniques et systèmes de production.
Depuis 2008, l’huître creuse japonaise (crassostrea gigas), espèce qui représente actuellement près de 97% de la production ostréicole mondiale connait à son tour une surmortalité sans précédent qui touche tous les bassins ou presque. Des pics de mortalités avaient déjà été enregistrés en 1994‐1995, mais c’est au cours de l’année 2008, que les mortalités ont atteint une intensité exceptionnelle (de 60% à ... 100% selon les zones).

Deux agents infectieux sévissent plus particulièrement. Le virus OsHV1(herpès virus) est considéré comme l’organisme prépondérant à l’origine des mortalités chez les huîtres juvéniles. La bactérie Vibrio splendidus s’attaque quant à elle aux huîtres creuses adultes. Sans danger pour l’homme, ces deux organismes induisent pour les ostréiculteurs des pertes pouvant atteindre encore aujourd'hui plus de 65 % d’un élevage.

 

Thau-info: Quelle est aujourd'hui la proportion de naissain d'huîtres provenant d'écloserie?

Philippe Ortin:
La part captage en milieu naturel décline peu à peu et le naissain d'écloserie atteint à présent 50% du total. Le naissain d'écloserie offre de nombreux avantages et permet de mieux gérer la crise des mortalités mais les conchyliculteurs languedociens sont tributaires des offres en naissain d'huîtres provenant des sites ostréicoles de l'Atlantique puisque qu'aucune écloserie n'existe à ce jour en Méditerranée. C'est pourquoi nous avons le projet d’en créer une sur le port de Frontignan (dans les locaux de la Simyra), ce qui permettrait de produire ici le naissain dont nous avons besoin. Une première étude de faisabilité est maintenant lancée, si tout va bien, une écloserie méditerranéenne verra le jour dans les toutes prochaines années.

Thau-info : l'huître triploïde peut-elle être aussi une partie de la réponse

Philippe Ortin :
L'huître triploïde ne résiste pas mieux que l'huître classique aux agents pathogènes mais elle a beaucoup d'autres avantages, en particulier, étant en principe stérile, elle n'est jamais laiteuse et peut donc être plus facilement consommée pendant la saison touristique. Elle "pousse" aussi plus vite ce qui est avantageux sur le plan économique. Il est aussi important de rappeler qu'une huître triploïde ne résulte pas d'une manipulation génétique mais d'un croisement entre une huître diploïde et une huître haploïde. Une technique déjà utilisée depuis des années pour d'autres espèces animales comme le saumon ou la truite mais aussi végétale comme la banane ou le kiwi. Aujourd'hui environ 30% des huîtres consommées en France sont triploïdes ce qui renforce la nécessité de l'écloserie car le conchyliculteur qui les élève doit obligatoirement se tourner vers une écloserie pour renouveler son stock.

Thau-info: des recherches sont-elles en cours pour améliorer la résistance des huîtres

Philipe Ortin:
La recherche et développement sur ce thème est importante en Languedoc - Roussillon. Plus d'une dizaine de chercheurs travaille sur l'huître. L'Université de Montpellier II en particulier en liaison avec la station de Sète a mené, depuis 2008, plusieurs projets de recherche qui ont permis d'améliorer nos connaissances sur le phénomène. Aujourd'hui le CRCM est partenaire de 2 programmes qui semblent prometteurs, l'un basé sur la sélection génétique, l'autre sur l'immunisation. Concernant l'immunisation, les scientifiques ont trouvé le moyen pour immuniser totalement une huître contre les agents pathogènes. L'étape suivant est de pouvoir réaliser cette immunisation à grande échelle sur de grandes quantités d'huître et de vérifier que cette immunisation perdure dans le temps et dans un contexte normal d'exploitation

Thau-info : La dorade est-elle aussi toujours une menace pour les coquillages du bassin de Thau ?

Philippe Ortin:
Très voraces, les dorades causent en effet de lourds dégâts dans les élevages de moules et d’huîtres dont elles broient les coquilles grâce à leurs dents. Les pertes peuvent atteindre plus de 50% dans certaines zones. Nous avons à notre disposition plusieurs moyens de lutte contre ce prédateur:  relargage des petites moules en des points précis pour les fixer hors des tables d'élevage, filets, efficaces mais couteux, et  enfin, très prometteurs, les systèmes effaroucheurs lumineux ou sonores du programme Predador de l'Ifremer.

Thau-info: Vos actions sont payantes puisque la production remonte mais avec la remontée des volumes, n'y a-t-il pas un risque de baisse des prix de vente?

Philippe Ortin :
C'est certain et c'est pourquoi le CRCM ne prône pas une politique de quantité mais plutôt une politique de qualité et de certification.
Par exemple nous sommes en train de finaliser le label Bio pour les huîtres de Thau. Tout est près au plan du cahier des charges et des démarches administratives. La labellisation étant accordée au niveau de l'entreprise, chaque exploitant devra donc faire la démarche mais il sera guidé par le CRCM. De même nous travaillons à l'obtention d'une IGP (Indication géographique protégée) label rouge pour les huîtres travaillées par exondation

 

Exondation

Cette technique, utilisée par exemple par l'entreprise Médithau (Tarbouriech), consiste à sortir quotidiennement les huîtres de l'eau pour reproduire le rythme des marée. Leur croissance est plus lente que celle des huîtres classiques mais l'exondation permet aux huîtres de s’épanouir et de s’affiner à l’air libre. Exposée au soleil et au Mistral, avant de replonger dans les eaux riche de la lagune, l'huître acquière ainsi une texture et une saveur qu'apprécient ceux qui veulent retrouver dans ce produit à la fois les qualités de l'huître de l'Atlantique et de celles de l'huître de la Méditerranée.

 

Thau-info : Cette politique de qualité concerne-t-elle uniquement les huîtres.

Phippe Ortin :
Non, elle s'inscrit dans une démarche globale d'innovation et de diversification des élevages conchylicoles. Avec le CEPRALMAR, nous étudions la possibilité d'élever d'autres espèces de coquillages comme la palourde ou la coquille Saint-Jacques. La production nationale de coquilles Saint-Jacques, assurée en quasi totalité par la pêche en Atlantique, est loin de suffire au besoin du marché national puisque la France en importe plus de 100 000 tonnes chaque année (sous toutes ses formes, frais, produits congelés et/ou cuisinés). Pour des raisons de sécurité sanitaire, la législation limite le transport de nessain de coquilles Saint-Jacques, raison supplémentaire pour développer une écloserie proche de chez nous.

Thau-info : Quelles sont les formes de commercialisation des coquillages du bassin de Thau?

Philippe Ortin:
Les établissements du bassins de Thau sont essentiellement des entreprises familiales qui vendent leurs produits sur les marchés ou localement via les circuits courts. Néanmoins quelques uns on fait le choix de vendre leurs coquillages via la grande distribution.  En terme de volume, un peu plus du tiers de la production est commercialisée via les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS). Le marché reste national , l'export est marginal et ne concerne que quelques producteurs placés sur le haut de gamme comme par exemple  Médithau (Tarbouriech).

Thau-info : Le récent épisode d'attaque par l'Alexandrium qui a conduit à l'interdiction de la commercialisation des coquillages de Thau  pendant plusieurs semaines est-il un signe de la dégradation de la qualité du milieu?

Philippe Ortin :
Les producteurs sont soumis à un grand nombre de contrôles qui attestent de la bonne qualité sanitaire de leurs produits et du faible impact environnemental de leur activité. Ils sont aussi tenus de respecter un nombre élevé de normes et de maitriser des compétences de plus en plus variées pour exercer leur métier. Thau est le bassin le plus surveillé de France. Les pouvoirs publics de leur coté font jouer le principe de précaution. Ce n'est donc pas le signe de la dégradation de la qualité de l'eau de la lagune.  La micro-algue Alexandrium qui peut être toxique quand sa concentration est élevée est plutôt un signe du déséquilibre du milieu, ce n'est pas un signe de pollution. Aujourd'hui la qualité des eaux est maîtrisée, il n' y a plus comme dans le passé, de déversement d'eaux venant des terres chargées en nitrates ou en phosphates. Paradoxalement cet apport ayant disparu le phytoplancton ne se développe plus de la même manière dans les eaux du bassin de Thau. Les eaux sont plus saines mais les micro-algues comme l'Alexandrium en profitent. Le mieux est parfois l'ennemi du bien. Il est donc nécessaire de poursuivre les études pour comprendre plus précisément les causes de ce déséquilibre pour y remédier.
Nous souffrons aussi d'un manque de zonage de l'étang contrairement au bassin d'Arcachon par exemple. Un problème à la crique de l'Angle à Balaruc peut arrêter la commercialisation sur tout le bassin alors qu'à Marseillan par exemple, rien ne justifie une telle interdiction. La création de secteurs pour l'étang de Thau sur le modèle de celui d'Arcachon serait donc un progrès.

Thau-info : pour conclure, la profession attire-t-elle de nouvelles vocations?

Philippe Ortin :
La formation, la nouvelle image de notre métier avec des produits de qualité, les possibilité de diversification et l'innovation attirent de nouveau les jeunes.  Pour la première fois depuis longtemps  une dizaine d'entre eux, tous de niveau bac,  viennent de s'installer. C'est une belle satisfaction pour le CRCM.

propos recueillis par Jean-Marc Roger et Jacques Carles

Modernisation du traitement des déchets conchylicoles de Mèze

Chaque année, près de 8000 tonnes de déchets conchylicoles passent par l'usine du Moure Blanc à Mèze.
Géré par le Syndicat Mixte du Bassin de Thau (S.M.B.T), cet équipement va être modernisé, à partir du 15 mars 2016, pour mieux prendre en compte les contraintes environnementales.

Certifiée Iso 14 001 en août 2012, l’usine d’exploitation du Mourre Blanc traite l’ensemble des déchets coquillés des producteurs de la lagune de Thau. Du 15 février au 15 mars 2016, cet équipement va faire l’objet de travaux de rénovation pour un montant de 174 320 euros. Sont prévus : la réfection de la toiture sur une surface de 730 m2 et l’amélioration du système de ventilation.
Le Syndicat mixte du bassin de Thau est maître d’ouvrage du programme. La maîtrise d’œuvre sera assurée par Christian Grillet et le chantier sera réalisé par la société Embellitoit située à Cers.
Le bassin conchylicole de Thau est le seul en France à avoir mis en place une filière de collecte et de traitement des déchets conchylicoles. Une démarche à haute valeur ajoutée environnementale puisque s’ils ne sont pas éliminés, ces résidus de production provoquent l’eutrophisation et dégradent la qualité des eaux.
Créée en 2000, l’usine de traitement a vu son process entièrement revu en 2007. La méthode initiale d’inertage/séchage par four à gaz a laissé place à un système de compostage par aération forcée. Cette modification a permis de diminuer de façon significative les nuisances olfactives ressenties sur la commune de Mèze et le Port du Mourre Blanc.
Cette nouvelle phase de travaux va permettre d’améliorer encore le fonctionnement de cette usine qui suscite l’intérêt de nombreux autres bassins ostréicoles

Les huîtres au Concours Général Agricole 2016 de Paris




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A Paris, la région était bien représenté au salon de l'agriculture où se déroulait le Concours Général Agricole 2016 : un très Grand Cru pour les Huîtres de Méditerranée.

 

Quelques fondamentaux :

  • Du foie gras, des huîtres, du miel, du fromage en passant encore par les vins, le Concours Général Agricole a récompensé de nombreux producteurs depuis 1870 .
  • Le Concours ne récompense que des produits d'excellente qualité
  • La médaille peut être d’or, d’argent ou de bronze et elle est décernée par un jury indépendant, bénévole et constitué pour moitié de professionnels des filières concernées et pour l’autre de consommateurs avertis.
  • Les jurés ont la possibilité de ne pas attribuer de médailles si le niveau de qualité des produits présentés n’est pas jugé suffisant
  • L'obtention de la célèbre « feuille de chêne » est révélatrice de la qualité d'un produit.
 


En cette année 2016, dans la catégorie « huîtres creuses de Méditerranée », les membres du jury se sont "surpassés" en décernant pas moins de 5 médailles à des producteurs.
Ils étaient quinze producteurs à se présenter au Concours.


Lauréats Huîtres creuses du Bassin Méditerranéen

Médailles d'Or :

« L'Ostréidé » et Christophe Fournier

Christophe Fournier achète en 2000 des tables à Port Loupian puis soutenu par sa famille il ouvrira un magasin de vente à Sète sous l'appellation "L'Ostréidé".
Pour sa première participation au concours agricole de Paris les huîtres de Christophe Fournier ont été primées par une médaille d’or. Il s'est vu décerner la distinction suprême pour la qualité de ses huîtres.
"C’est le résultat de 15 années de sérieux et de passion pour l’ostréiculture qui m’ont permis d’obtenir cette médaille et cela pour le plus grand plaisir de ma clientèle."
Sa motivation ? Faire plaisir à ses clients.

Occi-Marée

Installée à Marseillan, au bord de l’Etang de Thau, depuis 1978, la société Occi-Marée, produit des huîtres creuses (crassostreas gigas).
Les huîtres sont collées, à l’état de naissain, une à une sur des cordes et mises en suspension sous les tables pendant une durée de 12 à 18 mois, en respectant un espace suffisant pour un développement sain et harmonieux. Pendant cette période elles seront régulièrement visitées et contrôlées.
La production d'huîtres d'Occi-Marée a été plusieurs fois récompensée au Concours Général Agricole, médailles d’or en 2006 , 2009 et 2014 , médaille d’argent 2010.

Médailles d'Argent :

La Perle d'Oc » et Thierry Rouquette

L'entreprise de Thierry Rouquette a été fondé en 1946 par sa grand mère paternelle, qui fut la première ostréicultrice sur l'étang de Thau. Son père a rejoint l'entreprise en 1963. Thierry Rouquette a pour sa part commencé à travailler avec lui en 1993.
Il possède aujourd'hui 8 tables dans l'étang et 4 filières en mer où il produit la quasi totalité des moules commercialisées. Ses ventes se concentrent sur des restaurants se situant aux Saintes-Maries de la mer pour la majeure partie et sur un marché en Arles où l'entreprise est présente depuis 50 ans.
Thierry Rouquette a créé son huître spéciale nommée « La Sublime de la Perle d'Oc » il y a 2 ans. Avec cette huître il a voulu produire un produit haut de gamme.
Il se dit fier de la récompense obtenu lors du salon de l'agriculture. « Cette médaille d'argent récompense à mes yeux un travail de tous les jours sur cette huître et sur tout ce qu'on su me transmettre mon père ainsi que ma grand mère. Je vais donc tenter d'améliorer la qualité de mon huître sublime dans l'espoir d'obtenir dans les années à venir une médaille d'or ».


Gaec « Chez Titin » avec Edith et Philippe Ortin

Philippe Ortin a commencé son activité d'ostréiculteur en 1990.
Le Gaec, « Chez Titin », a été créé en 2013 avec l'arrivée de sa fille Edith venue le rejoindre avec son bac en poche. Fort de cette « association familiale » les bâtiments et les 7 tables conchylicoles ont été mises en commun. La production est de 30 tonnes par an que les membres du Gaec vont vendre sur les marchés.

Depuis, tout à côté de la production d'huîtres, il y a eu la création d'un espace de dégustation, ouvert sur l'étang, très prisé l'été par les estivants.
Un lieu qui permet la vente d'environ 30% de la production.
C'est la première participation du Gaec au Concours Général Agricole.

Médaille de Bronze :

Les Viviers de Carteau

La société Les Viviers de Carteau est située sur la commune de Port St Louis du Rhône, en bordure de la Camargue, à l'embouchure du grand Rhône, où les espaces sauvages ont été grandement préservés.
La Anse de Carteau est une zone halieutique d'une grande richesse, où la mytiliculture et l'ostréiculture ont été implantées depuis de nombreuses années afin de développer une très belle qualité de moules pas toujours bien connue.
En plus d'être producteur, la société est spécialisée dans l'achat quotidien d'une grande variété de coquillages à de nombreux artisans-pêcheurs locaux.