Vigne

Importante rencontre parlementaire sur la viticulture



 

Une réunion délocalisée de l’Assemblée nationale sur le thème de la viticulture a été organisée dans la salle des fêtes de Bessan, à l’initiative de Christphe Euzet, député de la 7e circonscription de l’Hérault, avec Marie-Christine Verdier-Jouclas, co-présidente de l’assemblée et députée du Tarn, et les membres du groupe d’études « Vigne, vin et œnologie », en présence des représentants de la profession viti-vinicole et d’élus locaux originaires d’Agde, Bessan, Marseillan, Puissalicon, Sète, Tourbes, Vias, Valros…

Une réunion avec des députés vraiment motivés, lucides, sans parti pris politique, dans les lieux où vivent et travaillent les professionnels, premières personnes concernées, et cela dans un village viticole de l’Hérault, est assez rare pour être noté ; d’autant que ces parlementaires, qui connaissaient parfaitement leur dossier, faisaient montre d’une véritable envie d’écouter les professionnels et élus locaux confrontés à de multiples problèmes, et du désir de faire tout leur possible pour faire avancer les choses par tous les moyens en leur pouvoir.

Après le mot d’accueil de Stéphane Pépin-Bonet, maire de Bessan, le groupe d’études a présenté ses principaux objectifs, scindés en trois parties pour la commodité des échanges ; c’est ainsi qu’ont été abordés de nombreux sujets, entre autres : le foncier, les assurances, la loi littoral, les constantes modifications des lois et des normes, la commercialisation et l’étiquetage, les stratégies d’exportation, l’installation « parcours du combattant » des jeunes viticulteurs, la diminution de l’usage des pesticides, le développement de l’œnotourisme…

La réunion, basée sur des discussions et des échanges nourris entre tous les participants, professionnels et élus, a été intéressante et riche, et a touché toutes les problématiques actuelles que le monde viticole doit surmonter. 

Le groupe d’études, très concerné et bien décidé à faire avancer les choses, fera remonter auprès des ministères l’ensemble des points soulevés par les interventions, les propositions concrètes et les besoins essentiels de la profession, les présentera dans le but de les faire aboutir, et communiquera ensuite sur les avancées obtenues.

A l’issue du débat, ont été mis à l’honneur les deux produits phares du tourisme héraultais : les vins (ceux de la cave coopérative de Bessan) et la production conchylicole (celle de la Ferme Marine de Marseillan). Patricia Mirallès, députée de la circonscription de Montpellier et Frédéric Lacas, président de l’agglomération de Béziers, y ont rejoint les participants afin de poursuivre les échanges de façon informelle mais conviviale.

Monique Joly

Randonnées gourmandes

Les Vignerons de Florensac organisent leur deuxième randonnée gourmande, le Dimanche 17 juin!!! C'est à vous de réserver!
Rendez vous au caveau de Vinipolis pour un départ soit à 11H soit à 12H. Avant le départ, nous vous remettons un canotier accompagné d'un verre et porte de verre, une bouteille d'eau et un livret explicatif des différents points de vue. Le petit train du Cap d'Agde vous déposera au milieu des vignes des Vignerons de Florensac où vous aurez à faire une marche de 6km, attention chaussures de sport conseillées, il vous redescendra sur la cave après l'étape du fromage.
Tout au long de cette marche, vous aurez l'occasion de vous restaurez et de déguster un vin différent à chaque étape.

En voici le menu par étape:

  • - Halte 1: assortiment de Pinchos par Vince's Truck avec notre IGP Pays d'Oc Muscat sec
  • Halte 2: l'assiette d’huîtres de chez Kiki avec notre AOP Picpoul de Pinet
  • Halte 3: la bourride de Baudroie à l'Agathoise par le Bistrot d'Alex avec notre IGP Pays d'Oc Viognier ou Mademoiselle rosé
  • Halte 4: le Pélardon de la ferme du Mas Rolland avec notre IGP Cotes de Thau Scorpius Rouge
  • Halte 5 : Le Gaspacho du moment du Bistrot d'Alex accompagné d'une coupe de Mademoiselle Blanche


A la fin de cette journée, vous aurez comme cadeau la bouteille que vous aurez préférée durant les differentes dégustations.
Réservation obligatoire auprès du caveau des Vignerons de Florensac, tarif 45€ par personne.
Tel: 04 67 77 77 70 72 Mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Venez participer à une journée épicurienne, authentique, familiale, conviviale et savoureuse!!!!

L'escale des caves Richemer

Les caves Richemer, idéalement situées entre terre et mer produisent des vins de qualité médaillés chaque année au salon de l'Agriculture.
Pour autant, l'encadrement jeune et dynamique ne se repose pas sur ses lauriers, et ne cesse de rechercher des projets innovants pour la mise en valeur de la production en évolution permanente, mais également pour une mise en synergie avec la richesse des produits locaux et la beauté de ce territoire d'exception.
Encouragé par le succès sans précédent de la soirée animée par un groupe musical à Marseillan-Plage l'été dernier où 10 food-trucks proposaient des plats variés à marier avec les différents crûs en fonction des goûts de chacun, il a été décidé de développer le concept et de diversifier les activités liées au vin en les associant à la pêche, l'ostréiculture, le transport et le tourisme. Avec l'appui méthodologique au chef de projet tourisme de Muriel Bousquet consultante et formatrice en tourisme (Territour).

Les 3 caveaux en raison de leur localisation, offrent un potentiel extraordinaire mais pour faire aboutir les projets il fallait développer le relationnel avec divers partenaires : les conchyliculteurs, le Belvèdère de la criée du Grau d'Agde, les hôtels et restaurants.
La cave de Marseillan-Plage est en pleine transformation et il est prévu d'y organiser des séminaires dans les 2 salles Hippocampe (275m2) et Domaine de Maraval (110m2) et des ateliers de cuisine avec le chef Jacques Vinas cuisinier de la Guinguette Richemer pendant la saison estivale.

De plus idéalement située au croisement de l'Eurovélo 8, du Véloroute Méditerranée et Canal des 2 Mers à vélo, elle a été aménagée en garage à vélo et historiquement partenaire de Handi Thau Accès, on y trouve également des vélos handis et un atelier de réparation.

Pour les groupes de plus de 20 personnes et les CE (Comités d'Entreprise) 2 programmes de 2 jours seront proposés pour une découverte de notre territoire.
Entre Thau et Méditerranée une découverte depuis Sète en autocar avec arrêts et visite pédestre des sites remarquables ( St Clair, la plage, le port), un déjeuner de spécialités locales, une croisière en bateau (traversée de Sète) et pour finir cette 1ère journée en beauté installation au Grand Hôtel et dîner au Quai 17 avec présentation des vins Richemer.
Le 2ème jour après un accueil au caveau du port à Marseillan présentation des caves suivie d'une visite du Belvèdère de la Criée au Grau d'Agde, d'une dégustation dans un mas ostréicole, une visite du Bagnas cet espace naturel site Natura 2000 et pour conclure un atelier de dégustation à la cave de Marseillan-Plage.
Au choix un 2ème programme en direction de la cité agathoise.
Après un accueil à la cave de Marseillan par les Guides gourmands Maxime et Emmanuelle , sortie en bateau sur la lagune de Thau pour la découverte des tables ostréicoles, une restauration dans la cité agathoise, une visite au Belvédère de la Criée et une installation à l'hôtel Palmyra.
Et le 2ème jour, visite du musée de l'Ephèbe, repas servi par Jacques Vinas au Domaine de Maraval, rencontre avec des viticulteurs pour une connaissance du cépage local le terret qui donne un vin blanc idéal pour accompagner les produits de la mer.
La journée s'achèvera à la cave de Marseillan-Plage avec une éventuelle balade à vélo vers le Canal du Midi ou à la plage, ou pour certains par un temps de repos dans cette cave historique.

C. Gressier

 

» pour en savoir plus :
Votre escale entre terre et mer
détails du programmes de découvertes - détail du programme séminaires et réunions

 

La circulade des vins à Saint-Pons de Mauchiens

Le petit marché aux vins bio
dimanche 27 mai 2018 de 10h à 18h


La Circulade des vins de Saint-Pons-de-Mauchiens est une nouvelle manifestation, lancée par deux professionnels passionnés par les vins bio : Patrick Suat, caviste dans le village, et Philippe Poitevin, agent de plusieurs domaines languedociens. Les vins bio sont des vins produits sans engrais chimiques et sans pesticides de synthèse, conformément à un cahier des charges européen.


7 Vignerons présents

Pour cette première édition, le grand public pourra rencontrer sept vignerons du Languedoc et en déguster les vins : le Mas Coris (AOC Languedoc Cabrières), le Mas des Rompudes (IGP Hérault), Guillaume Chamboredon (IGP Coteaux de Béziers), le Domaine de Bassac (IGP Côtes de Thongue), le Domaine de Bon Augure (IGP Haute Vallée de l’Orb), le Domaine de Campaucels (AOP Picpoul de Pinet) et le Domaine de Roquemale (AOC Languedoc Grès de Montpellier). Un verre sérigraphieé sera mis à la disposition des visiteurs, soit à l’achat, soit avec caution.

Nombreuses animations

À 12h et 14h, Patrick Suat proposera deux ateliers d’initiation à la dégustation à partir d’expériences ludiques à base de fioles odorantes et de dégustation à l’aveugle dans des verres opaques. Un questionnaire sera également remis aux participants avec des questions concernant l’ensemble des vignerons présents pour tenter de gagner des bouteilles de vin. Enfin, il sera possible de se restaurer sur place.

Le 27, Mai de l’art dans ton vin !

Initié par Les Clos de Miège, expérience viticole et historique, Mai de l’art dans ton vin fait dialoguer arts, vins bio et patrimoine au plus près de la nature. Parcours artistique et littéraire dans les vignes, dégustation de vins, tous biologiques, balade patrimoniale se succèdent dans une ambiance musicale.

 



cliquez sur le plan pour l'agrandir

   

Pour sa 2è édition, la manifestation s’installe sur le Domaine de la Belle Dame de Jean-Luc et Béatrice Mazas, en cours de conversion bio. Elle se place avec eux sous le signe de la préservation. Préservation viticole, de terres menacées, préservation environnementale, de paysages hors du commun, des ressources en eau proches, préservation mémorielle avec une balade au cœur des origines antiques de notre viticulture. Le parcours artistique, éphémère, réunit dans cette optique sculptures et photographies, dessins et installations*. Plusieurs artistes se sont prêtés au jeu d’une création spécifique à cette journée. Vins et vignerons présenteront quant à eux une culture bio dans toute sa diversité : en biodynamie, sans sulfites ajoutés, en vins nature patrimoniaux, accordée, pour le repas, avec les mets bio également de la Cambuse.

*Avec : les Présences de Joël Bast, Rainer Büchner, Jo Château, Jean-Jacques François, Florence H, Kitoo, Michèle Malaval, Jean Milon

 

Le 27, Mai de l’art dans ton vin ! en pratique :

De 10h à 19 h, Caves du Domaine de la Belle Dame, RD 116 à Mireval. (En face de la gare de Vic-Mireval) - Entrée libre - Accueil Tourisme et Handicap

Au programme de la journée :

  • « Vernissage » à 11 h
  • Dégustation avec les vignerons à 11h30
  • Restauration sur place avec le Food truck bio La Cambuse, ses accords mets-vins et une assiette spéciale « Fête des Mères »
  • Dans l’après-midi : Conversation autour d’outils agricoles anciens
  • Balade patrimoniale à 17h30 suivie d’une master class en bord d’étang de Vic (sur réservation, participation 5 €)

Renseignements :

Les Clos de Miège
06 25 55 16 96 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - http://lesclosdemiege.fr

Domaine de la Belle Dame
06 62 24 10 10 - https://www.belledame.fr

 

Vinocap 2018

 

   

Jeudi 10 mai, jour de l'Ascension c'était l'ouverture de la 9 ème édition Vinocap le plus grand salon à ciel ouvert des vins de l'Occitanie sur le port du Cap d'Agde.
Les confréries bachiques et gastronomes , la peña "Le Poulain de Pézenas" ," Agde au fil du temps" invitées à participer à cet évènement et au défilé ont été reçues dès 9h du matin à l'Office de Tourisme pour se mettre en tenue, et là, un sympathique petit déjeuner leur était proposé par un personnel souriant et compétent.
C'est en musique qu'ils  sont allés ensuite rejoindre la place Pierre Racine où M.Gilles d'Ettore maire d'Agde et Président de l'Agglo Hérault Méditerranée  procède chaque année à la coupure du cordon déclarant ouvert pour 3 jours ce salon de plein air de découverte de vins et produits de terroir.
Entouré des 20 maires des 20 communes de cette agglomération, du Sénateur-maire de Sète M.Commeinhes et d'autres maires des alentours venus honorer cette manifestation, M.d'Ettore a rappelé que la vigne est une affirmation de notre identité, que les vignerons façonnent les paysages et produisent des vins de plus en plus élaborés et fabuleux, et il a remercié les Confréries, les participants et les commerçants de la plus grande station balnéaire de France qui accueillent et partagent ces moments.
"Le Cap, c'est la vitrine de cette agglo".
Le Cap qui évolue et  fait peau neuve avec  la réalisation d'un quartier high tech.
M. René Moreno conseiller régional représentant Mme Carole Delga, lui-même vigneron,  a salué cette belle initiative, moment de découverte, de partage et de convivialité de la 1ère région viticole de France.
Cette édition s'est enrichie cette année d'un food-truck proposant des produits Sud de France, la marque que soutient la Région qui investit également pour l'embellissement et le développement du territoire et de la culture comme par exemple la rénovation du Château Laurens.
Après ces discours et la remise d'un chèque de 1000€ à la Croix Rouge, M.d'Ettore a coupé le cordon et le défilé  avec fanfare et danses  a déambulé le long du quai sous un ciel dégagé par une tramontane qui a chassé les nuages et permis au soleil d'être de la fête pour le plus grand bonheur des nombreux visiteurs et vacanciers.
Pendant ces 3 jours, des animations sont venues enrichir ce salon, dont une dégustation le samedi 12 à 11h place de l'Arbre/ Denestèbe de tielles  confectionnées par un tielliste de la Confrérie sétoise, de petits pâtés de Pézenas accompagnés de vins des caves Richemer, des produits  authentiques et typiques de notre belle région, offerts gracieusement par l'Agglo Hérault Méditerranée.

C.Gressier


Vinisud, une invitation au voyage

A l’intérieur de Vinisud, salon professionnel des vins de la Méditerranée où se brassent des affaires à l’international, s’immisce, à travers stands et halls, une invitation au voyage. Tout autour de Mare Nostrum, notre mer commune fondatrice d’une civilisation du vin, nous voguons, dans le sillage d’Ulysse, du Portugal au Liban, de la Slovénie au Maroc, faisant halte dans les îles de Chypre et de Malte.
Le voyage se fait invitation à une découverte touristique, vins, art, gastronomie, histoire entremêlés, dans une dimension plus culturelle du vin, portée par le développement de l’oenotourisme. Un large espace dédié appuie et suscite des démarches pour asseoir les régions viticoles comme destination de choix, à l’instar de l’Occitanie.
Avec les master classes, conférences et Talk and Taste qui se succèdent, le voyage part à la découverte de terroirs et de cépages, éclaire des pratiques et des choix. Les sommelières Elizabeth Gabay et Sarah Abbott, Master of Wine, Adriano Zago, ingénieur agronome, nous ouvrent des portes inconnues sur la plaine argilo-calcaire de la Bekaa au Liban, les terroirs volcaniques de l’ile de Santorin, les montagnes de l’Atlas ou de Turquie, les sols littoraux de Bandol (Var), les terres grillées de soleil des Pouilles ou argileuses du nord de l’Italie. Nés de cépages importés ou autochtones, des goûts très divers libèrent des fraicheurs insoupçonnées sur des vins blancs grecs, libanais, marseillais, une élégance inattendue sur d’anciens cépages rouges italiens[1].

   


Les zones traditionnelles de vigne rétrécissent au sud (en rouge) et de nouvelles aires apparaissent au nord(en bleu)

Migration vers le nord? Master class,Sarah Abbott

 

Voguer à Vinisud procède également d’un voyage dans les temps. C’est le futur qui s’invite, études de marchés, de modes de consommation, outils numériques ou neurœnologie en tête.
Omniprésent dans les esprits, le changement climatique interpelle nos pratiques culturales, menace la pérennité de nos terroirs, redessine la carte des vignobles. Une migration vers les pôles - le vin progresse à pas de géants en Pologne, par exemple- et vers des vignobles en altitude est envisagée.

La question de l’eau, cruciale sur le pourtour de la Méditerranée promis à un assèchement, l’augmentation des degrés alcooliques des vins font de la biodiversité un enjeu, imposent des pratiques éco-responsables dont Vinisud se fait l’écho. Les bouleversements conditionnent des adaptations novatrices, comme celles de la propriété de Pierantonio Fiorentino dans les Pouilles, à l’extrémité sud de l’Italie. Entrepreneur pionnier dans les énergies renouvelables, il a développé à la vigne un programme de développement durable complet.[2]  Sur une zone très ensoleillé et très sèche, il donne l’exemple d’une culture de cépages anciens adaptés au lieu et sans irrigation. Car gestion de l’eau – il faut 632 litres d’eau pour concevoir une bouteille de vin – et arrosage des vignes font débat, tandis que les pratiques biologiques et en biodynamie, versant de la bio travaillant en accord avec la nature et le cosmos, s’installent dans les stands et les discussions.

  Elizabeth Gabay et Sarah Abbott

Jusqu’à quel point nos cépages seront-ils capables de s’adapter? Quel rôle joueront les cépages résistants en cours de création ? Quelle part prendront les cépages anciens ?[3] Dans cette interrogation sur le devenir de la viticulture, Vinisud nous emporte au cœur d’une vinodiversité ancienne, de pratiques viti-vinicoles que l’association Wine Mosaic s’attache depuis 2013 à mettre en lumière. On assiste dans le monde depuis une quinzaine d’années à une  réappropriation  de ses cépages locaux, porteurs de vins d’un lieu, d’histoire et de fiertés. La terminologie varie, tâtonne encore. Cépages rares, oubliés, autochtones, historiques, modestes reflètent le continuum que seul une viticulture industrielle, appuyée par la destruction des vignobles par le phylloxéra, a mis à mal pendant plus d’un siècle. Préservation de souches identifiées, remise en culture sans repère, micro vinifications, les patients pionniers ont travaillé à l’aveugle. La vinodiversité qu’ils ont retrouvée s’expose dans la richesse de ses noms, barbera italienne, bogazkere « gratteur de gorge » turc, ribairenc et œillade languedociens, comme dans la richesse de ses gouts, ressurgis, surprenants, loin de la standardisation opérée les trente dernières années. Elle s’accompagne d’usages fort anciens, dans la gestion de la canopée[4] ou la protection millénaire contre les vents asséchants qu’Elizabeth Gabay et Sarah Abbott observent tout autour de la Méditerranée.

Photo: vignes dans des nids à Santorin (S.Abbott)

Adriano Zago

 

 

 

 L’élaboration actuelle de vins en amphores, dont la plus ancienne a été retrouvée … au Portugal, illustre cette réinterprétation de traditions anciennes. Nés de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, ces contenants sont encore fabriqués de la main de l’homme en Géorgie (qvevris), Espagne et Italie, à l’identique des pots des Médicis, à base d’argile bleue. Le travail en amphores n’a rien de spécifique, c’est le travail avec l’amphore qui amène une spécificité. On utilise l’œnologie différemment, avec des macérations longues pour affiner les vins. La dimension artisanale de l’amphore, et sa dimension comme un fil rouge pour raconter une histoire, un vigneron   » prédominent, explique Adriano Zago, spécialiste des vins bio et biodynamiques

Les vignerons qui mènent ce travail de réappropriation posent eux-mêmes la question du prix et de la viabilité économique des vins élaborés. Jean-Luc Etievent, co-fondateur de Wine Mosaic, en rappelait la pertinence aux AOC Languedoc réunis à Montpellier. Ces vins portent une différenciation, appréciée notamment par les Anglo-saxons, ouvrent des marchés de niche, sur lesquels l’Espagne et Italie ont pris de l’avance, dans un processus mondial lui aussi.
Quelques cépages se distinguent : assyrtico blanc de Grèce, barbera et sangiovese du nord et negroamaro des Pouilles, cinsault, star actuelle des dégustateurs. Le Liban le redécouvre, il fait figure d’ancien en Argentine et au Chili, le Languedoc le remet au goût du jour, sur la base de résultats splendides, en rosé comme en rouge.

Les patrimoines viti-vinicoles interprétés dans leur dimension historique et culturelle, agronomique et œnologique insufflent un nouveau regard sur nos vignobles. André Deyrieux, spécialiste de l’oenotourisme, propose un retour à l’esthétique des vignobles, qui s’appuie sur la vision du monde de Virgile et des auteurs romains. « Pour faire un bon vin, il faut un beau vignoble, qui corresponde à un ordre du monde, une richesse, une vitalité, une fertilité ». A son avis, les chartes paysagères établies par des domaines viticoles, la biodynamie, se mettent en accord avec cette harmonie du monde.
Le même angle est développé dans le projet Méditerranée, terroir divin du photographe Claude Cruells, de Laurence Crinquant et l’équipe de Ca CarttooN Spirit, qui livre sur cinq ans, à travers 19 pays de la Méditerranée, un instantané de la viticulture pour les générations futures. « Parcours à la fois artistique, mémoriel et initiatique » à l‘écoute des terroirs et des hommes, de « la vivance de la terre » qu’ils laisseront en héritage, la transmission patrimoniale se fait par la beauté des paysages photographiés, remarquables tout autant que les hommes qui les façonnent.

 Vinodiversité et pratiques patrimoniales sources d’innovation ? Joëlle Brouard, qui a défendu pendant dix ans le dossier des Climats de Bourgogne à l’Unesco, cite Marguerite Yourcenar : « la tradition est une innovation qui a réussi ». L’éminent agronome et chercheur Alain Carbonneau rappelle que, dans tous les cas, la tradition ne signifie pas le conservatisme. Il place « le retour à une grande vertu : celle de l’observation » comme essentielle pour la vigne, ainsi qu’une plus grande diversité dans les modes de conduite, de taille par exemple, l’introduction de nouvelles technologies pour épauler le vigneron, et de réflexion sur la génétique : pourquoi ne pas sélectionner des cépages anciens comme nouveaux géniteurs ?

Cet aller-retour entre les temps a enrichi les débats, nourri les pistes pour le futur à un moment où l’histoire viticole, convoquée comme source de connaissance du passé et d’enseignement pour innover, connaît un engouement non démenti sur le salon. La conclusion appartient à Adriano Zago, dont la jeunesse n’a d’égal que la sagesse: ne pas refuser le progrès, y compris dans les pratiques biologiques et biodynamiques qui gagnent du terrain. « Il faut oser, aller vite et loin ».

Florence Monferran

Des vins en amphores, en bio et biodynamie
Sept vins présentés, sept vins différents confortent cette idée simple: c’est le vigneron qui fait le vin, et son mode de conduite, ici en biodynamie, qui imprime sa marque. Un Château Gand Boise près de Marseille à la salinité, la minéralité, la complexité remarquables sur un Vermentino-sémillon, ou un mélange d’anciens cépages du Valais (Suisse) sur un blanc de la brillante Valentina Andrei, des cépages anciens italiens longuement macres, avec ou sans leurs peaux, produisent des vins intenses, qui demandent du temps avant de s’affiner (barbera , sangiovese, negroamaro)

  • 1701 Franciacorta, Surnat 2016, Cazzago San Martino (Lombardie)
  • Château Grand Boise, cuvée 1610, 2016, à Trets (13)
  • Domaine Zénitude, Solstice 2016 à Saint Jean de Fos (34)
  • Valentine Andrei 2016, Valais (Suisse)
  • Al di là del Fiume, Dagamo 2016 (Emilie-Romagne)
  • Merriggio, Corte d’Aibo 2016, Monteveglio (Emilie-Romagne)
  • Montalcino, Sileo 2016 (Toscane)

[1] Vins dégustés : 
[2] leds, utilisation des reflets du soleil, nettoyage à la vapeur, toits thermiques, recyclage de l’eau par exemple
[3] Voir l’article de novembre 2017 « La vigne à la croisée des chemins » http://montpellier-infos.fr/index.php/terroirs/vigne/les-nouvelles-de-la-vigne/13358-la-vigne-a-la-croisee-des-chemins-quels-cepages-demain-en-occitanie
[4] Taille créant de l’ombre, soin à éviter l’évaporation

Clap de fin à Millésime Bio : regard dans le rétro et cap sur l’avenir

Millésime Bio, salon mondial des vins biologiques, a fermé ses portes le 31 janvier sur un franc succès, avec une fréquentation en hausse de 17 %. 5 700 acheteurs, dont 25 % d’étrangers, en majorité européens et nord-américains, se sont déplacés à Montpellier. Sudvinbio, son organisateur, qui promeut les productions et les valeurs de la viticulture bio, y voit le symbole de la réussite de cette filière en plein essor, véritable locomotive de l’ensemble des productions biologiques en France.
Aujourd’hui, surfaces et volumes de production, ventes et  tendances de consommation, revenus des vignerons, emploi, tous les indicateurs signalent un marché bio en hausse structurelle, tant en France que dans le monde. Dans ce bond en avant, l’Occitanie prend toute sa place. « La vigne est notre identité. Elle existe depuis l’Antiquité » rappelle d’emblée Carole Delga dans son discours inaugural. Une place de leader aussi, l’Occitanie se prévaut d’être la plus grande région viticole du monde, la première de France et la première région bio, ce qui fait dire à Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’Agriculture que  « L’agriculture bio est un atout certain dans le développement économique régional, car elle est créatrice de valeur, d’innovation et d’emploi. »

 

Carole Delga (au centre), Denis Carretier (à droite).

 

Dans un contexte où la question alimentaire est décrétée grande cause 2018 en Occitanie, pas le temps de se reposer sur ses lauriers : il est déjà demain. Les défis pointent de toutes parts  pour les vins biologiques. Faire face à la hausse de la consommation implique une hausse de la production, donc une progression nécessaire des conversions de viticulteurs en bio. Il s’agit aussi de trouver des solutions techniques pour un mode de production moins enclin aux rendements, plus sensible aux aléas climatiques. Des chantiers structurels surgissent, comme disposer de services statistiques renseignant mieux sur l’évolution des marchés et les capacités à y répondre. Mobiliser tous les tous les acteurs de la filière,  dans un souci d’efficacité, a conduit d’ores et déjà à la création d’InterBio, association interprofessionnelle qui fédère 5 structures régionales[1].

Il est déjà demain avec le plan Bi’O 2018-2020 pour « produire, consommer et vivre bio en Occitanie », plan de valorisation des produits de qualité dans la restauration des lycées, d’accompagnement à l’installation - transmission en agriculture, à la conversion et d’aide aux investissements spécifiques des exploitations bio. Un prochain projet de loi va demander 50 % de produits locaux et bio dans la restauration collective pour le 1er Janvier 2022. Dans son discours de clôture des Etats Généraux de l’alimentation, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a esquissé le 21 décembre 2017 un onjectif assez spectaculaire de 15 % de la surface agricole cultivée en bio en 2022 en France, alors qu’elle n’est actuellement que de 6,5 %.
Produire plus, convertir plus, pour tendre vers quelle(s) forme(s) de consommation de vins biologiques? L’attente des consommateurs est forte, tant en termes d’information sur les différents vins bio, leurs modes d’élaboration que de qualité et de bienfait pour leur santé.
Pour répondre à plus long terme, Millésime Bio s’est projeté après-demain, alors que la région Occitanie bâtit un plan à 30 ans autour de trois enjeux majeurs, dont la préservation du foncier agricole et des ressources en eau. Un travail collaboratif sur les prospectives pour la filière viticole bio à 20-25 ans était présenté en conférence par SupAgro et France AgriMer. Cinq scénarios possibles retenus parmi une cinquantaine, du plus défavorable au plus florissant, ont été élaborés afin de réfléchir et d’agir, de pouvoir peser sur cet avenir[2].

 

Le monde du vin biologique est arrivé à un carrefour, générationnel – les pionniers parachèvent leur travail de défricheurs - et structurel. Vers quel type de production va s’orienter la culture biologique ?
Autour de réglementations souples ou contraignantes (avec ou sans OGM, des cépages résistants, hors sol) intégrant ou refusant des innovations techniques ? Dans quels contextes économiques, climatiques, législatifs ?
Les prospectives remettent également en perspective le chemin parcouru. Présents dans les stands, piliers de ce salon qu’ils ont forgé de leurs mains, quand ils n’étaient qu’une poignée, vignerons bio de la première heure, c’est à eux qu’il revient de donner d’abord la parole.

Florence Monferran

 


[1] Coop de France, Chambre régionale d’agriculture, Sudvinbio,Bio Occitanie (afédération régionale d’agriculture biologique) et OCEBIO, Occitanie Entreprises Bio
[2] 1. La filière bio essaie de survivre : contexte peu favorable et impasses techniques, le marché régresse.
     2. la filière bio gère sa rente de situation : contexte plus favorable, une viticulture bio qui va bien mais ne cherche pas à prendre toute la place. La filière contrôle son développement de manière restrictive
     3. disparaître pour renaître : contexte hostile, la bio victime de son succès, rejoint la production à Identité Géographique pour créer une IG-Bio ; une tendance plus bio que le bio sort de sa  marginalité  avec des refondateurs
     4. croissance quantitative assumée : la filière bio sort de sa niche dans un contexte où le vin est devenu un produit agro-industriel. La réglementation s’assouplit : Hors OGM et systémiques, tout est possible, le développement est quantitatif et conséquent
     5. filière réduite au segment premium « Vin Bio et Santé »: dans un contexte économique difficile, une réglementation contraignante, les surfaces baissent, la productivité augmente. Supplanté par d’autres labels, le bio joue sur l’argument santé. Ce sont les grandes entreprises qui développent ce segment et jouent perso sur leur marques

Synthèse disponible: http://www.franceagrimer.fr

   

 

Parole de pionniers

Thierry Julien, Mas de Janiny à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, fondateur et actuel Trésorier de Sudvinbio

« A la fin des années 1980, nous voyions des gens malades, la toxicité de produits chimiques, interdits depuis. C’est ce qui nous a alertés et nous a fait peur : c’était un poison pour nous, notre famille, notre environnement (…) Le but ultime serait que toute la viticulture passe en bio. Ce n’est pas possible. Nous avons  aidé à gagner du terrain.

L’enjeu maintenant réside dans une bio pour tous, ne pas rester cloisonné, ne pas rester dans une niche ».

 

 

 

Jacques Frelin, vigneron et négociant en vins bio à Terroirs Vivants, fondateur et actuel Vice-Président de Sudvinbio

« J’ai démarré par hasard en bio, en 1983, car mon beau-père l’était déjà. Peut-être trop tôt. Le respect de l’environnement est une priorité aujourd’hui, pas alors (…) Le plus dur est fait. Une prise de conscience a eu lieu de diminuer l’utilisation de produits chimiques. Cela ne veut pas dire que c’est gagné. Seulement 10 % de l’agriculture est en bio aujourd’hui ».

 
Louis et François, fils de Louis Delhon, fondateur de Sudvinbio, Domaine de Bassac à Puissalicon
« Notre père s’est converti en 1985-1986, par éthique et pour lutter contre les résistances de la vigne aux produits chimiques. La réunion de deux domaines a permis le passage en bio. Notre père s’est lié d’amitié avec un acheteur allemand pour mettre en bouteille Lo Bartas (le buisson en occitan), cuvée qui existe toujours ».

 Olivier Azan, Domaine du Petit Roubié à Pinet (Hérault), fondateur et actuel Secrétaire de Sudvinbio

« Tout au début, en 1985, peu de gens consommaient bio. Il a fallu tout de suite faire de l’export, vers l’Allemagne, le Danemark, plus tard la Belgique et la Hollande. (…) Nous sommes la caution morale du salon, nous, les vieux grognards. Un développement de la bio est indispensable dans l’avenir ».

 

 Françoise et Vincent Costes, Domaine Costeplane à Cannes-et-Clairan (Gard)

« Peu de monde était intéressé. Les conseillers poussaient au désherbage total. La pression était très importante, mais nous n’en voulions pas. Nous ne voulions pas d’un sol mort. Nous avons quitté la cave coopérative et sommes passés au bio en 1990. Le domaine n’a jamais grandi et on se porte bien, sans aller jusqu’à la décroissance. Nous sommes passés d’écolo à bio, et à la biodynamie ».  

 

 Jean-Paul Cabanis, Domaine Cabanis à Vauvert (Gard)

« J’ai toujours adoré la nature. Travailler la terre, c’était la respecter, respecter les oiseaux, les fleurs, les plantes. Travailler en conviction, en conscience aussi. Je suis fier de ce que je fais depuis 1986.
Le but est de travailler en équilibre, dans un fonctionnement raisonnable, qui fait que cela marche, avec l’environnement sans prendre de risque financier. L’engouement actuel envers le bio me touche, comme une reconnaissance.

L’avenir sera-t-il bio ? Il sera responsable et citoyen : on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit  ».      

 Olivier Durand, Domaine de la Triballe à Guzargues (Hérault) , président de l'AOC Languedoc-Grés de Montpellier

"Quand j'ai passé mon diplôme pour devenir vigneron, en 1987-1988, j'étais le seul à être bio, le seul qui décavaillonnait. On était montré du doigt. Alors que la chimie, ça marchait tout seul dans les années 1980, ça ne coûtait pas cher, tu étais tranquille en deux coups de désherbant, deux coups d'engrais chimiques. Pour nous, c'était du travail intense (...) Je pense qu'aujourd'hui, il faut que le bio rejoigne les locavores. Cela paraît logique."  

 JC Daumond, vigneron à la retraite au domaine Folle Avoine à Vendargues

« Intoxiqué en 1984 par un insecticide, je suis passé à une pratiqué bio pour me protéger, puis protéger la terre, pour prendre soin de son corps et de la terre qui nourrit le corps. Il fallait avoir la foi pour le bio. Et pourtant, s’il fallait recommencer, je courrais ! »


FM

Vinifilles et Femmes de vin illuminent le soir montpelliérain

En avant-première de Millésime Bio, les fées se sont penchées sur la soirée des Vinifilles, association de 18 femmes vigneronnes du Languedoc et du Roussillon, à l’image de Caelia et Abonde qui ont donné leur nom à deux cuvées solidaires pour leur consœur du Mas Thélème.

Délaissant les ambiances intimistes et culturelles des dernières années, elles recevaient en grand, dans la Salle des Rencontres de la Mairie de Montpellier, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle du Cercle des Femmes de vin. 10 associations régionales, 70 vigneronnes, des terroirs d’Alsace à la Provence, de la Loire au Sud-Ouest, des Appellations prestigieuses de Bourgogne, Champagne  ou de Bordeaux… le monde du vin s’est écrit au féminin pluriel pour une soirée tout feu, tout flammes.



Valérie et Dominique Ibanez

 

 

Des stands qui n’ont pas désempli, des vigneronnes difficiles à approcher, la présence des AOC Languedoc, des medias, France Télévisions, tous les projecteurs étaient braqués sur ces vins de filles, de copines, de vigneronnes. Carole Delga, s’est  déplacée pour passer un long moment parmi elles « C’est la première fois qu’une Présidente de la région Occitanie, vient – peut-être parce que c’est une présidente » souligne Pascale Rivière, de la Jasse de Castel (Saint-Jean-de-Fos).


Fabienne Bruguière

Ces vigneronnes ont décidé de mettre en commun des idées, des moyens, commerciaux ou communicants, des réflexions, sur leurs pratiques techniques par exemple. « Nous avons une belle dynamique. L’association est une bouffée d’oxygène, on peut tout se dire » explique la Présidente des Vinifilles, Valérie Tabariès-Ibanez, du Domaine de Roquemale (Villeveyrac).

Ainsi, l’assemblée générale  des Femmes de vin tenue le matin a dégagé trois projets d’action. La transmission et la formation, présentées par les Femmes de Loire, s’attache à répertorier toutes les formations pour que les jeunes puissent s’investir dans un métier de la vigne et du vin, en particulier en viticulture biologique où les besoins en personnel sont importants. Les Femmes du Sud-Ouest proposent un volet éducatif  de formation ludique sur la vigne et le vin pour les écoles élémentaires. Quant aux Vinifilles, elles ont apporté leur expérience sur une action de solidarité, menée à l’égard de Fabienne Bruguière, entièrement grêlée en Aout 2016 en Pic Saint Loup. Comment mettre en route une action dans des cadres contraignants (administratif, technique) ? Don de vin, assemblage de plusieurs cépages, commercialisation aujourd’hui concrétisent cet élan.
Elle regardent le mouvement Women do Wine, initié en 2017 contre l’absence de visibilité des femmes dans l’ensemble du monde du vin, comme « une mise au point nécessaire, qui libère la parole ». Valérie Tabariès-Ibanez ajoute : « Nous, nous militons pour le bien boire, bien manger, la formation. Plus qu’une entraide de femmes, les Vinifilles sont une entraide de vigneronnes ». Ce que confirme Fabienne Bruguière : « Sans elles, je n’y serai pas arrivée. Je n’ai reçu aucune aide du Syndicat ». En écho, sur un autre salon, le vigneron Vincent Bonnal envoie un message : « Le vin est là pour séduire, qu’on soit homme ou femme. C’est un art, un artisanat. Est-ce qu’on se préoccupe du sexe d’un artiste, plutôt que de son œuvre ? Cela ne changera pas le goût du vin ».

 Le vin, l’essentiel. Un niveau qualitatif irréprochable, grimpant à des sommets avec quelques grands crus, une présence non négligeable de vins biologiques – beaucoup enchaînaient avec le salon Millésime Bio, les dégustateurs ne savaient plus où donner de la tête et des papilles.

L’an prochain, le Cercle des Femmes, créé en 2009, fêtera ses 10 ans. Les Vinifilles du Languedoc aussi. Que nous réserveront-elles ? « Nous allons y réfléchir très vite », répond Françoise Ollier ci-contre, du Domaine Ollier-Taillefer (Fos).

Auréolé d’une Médaillé d’or au concours Challenge Bio, l’Allegro, produit sur une terre de schistes chère à sa famille, prouve encore une fois la qualité des vins blancs du Languedoc.

Délaissera –t-on en 2019 la notion de vin de femme pour parler enfin de femmes de vin, comme le nom de l’association nationale réunie à Montpellier nous y invite ? Voilà qui serait un beau cadeau d’anniversaire.

Florence Monferran

 

 Les dix associations régionales du Cercle des Femmes de vin

Aliénor du vin de Bordeaux ( créée en 1994) 

 

Etoiles en Beaujolais ( créée en 1998)

 

Femmes et Vins de Bourgogne ( créée en 2000) 

 

Femmes Vignes Rhône ( créée en 2004) 

   

 Eléonores de Provence ( créée en 2008)

 

Vinifilles (créée en 2009)

diVINes d’Alsace ( créée en 2011)

SO Femme & Vin ( créée en 2014)

Fa’bulleuses ( créée en 2015)

Dames de Cœur de Loire (créée en 2015)

La planète bio se donne rendez-vous à Montpellier

 

Du 29 au 31 janvier 2018, le cœur de la Métropole bat pour les vins biologiques venus du monde entier. Le salon Millésime Bio donne rendez-vous, sur 3 halls, à 1.000 exposants, 5.000 acheteurs professionnels attendus, 15 pays européens et du Nouveau Monde. 40 % de la production française y sera représentée.




Photos: Sudvinbio

   

Fidèle à sa philosophie, il n’accueille que des vins labellisés biologiques, loge tout le monde à la même enseigne, sur de simples tables, deux mètres sur un. Il célèbre cette année ses 25 ans, en mesurant le chemin parcouru depuis la première édition, à Saporta (Lattes). Avec une poignée de précurseurs,  peu pris au sérieux, venus déguster ensemble leur nouveau millésime, est né le nom de Millésime Bio.  Un anniversaire au goût du succès pour la viticulture bio dans le monde, au gout de l’ambition pour son organisateur, Sudvinbio, qui met le cap sur un avenir vert, tout en gérant la croissance du salon. Créée en 1991, l’association fait figure d’expert de la filière bio en Occitanie, organise des évènements, tels Millésime Bio et son concours mondial Challenge Bio, et a même créé une chaine You tube.

Des vins biologiques, toujours plus de vins biologiques

Très stricts sur la certification des vins, effectuant des contrôles pendant le salon, Sudvinbio se veut le garant d’une sécurité d’achat pour le consommateur. Sont également admis des vins qui, outre le label vins biologiques, proposent une certification en biodynamie (Demeter ou Biodyvin). L’édition 2017 a vu apparaître le premier vin vegan, au Château Beaubois à Franquevaux (Gard). Le label Bee Friendly « respectueux de l’abeille » est à ce jour proposé par deux entreprises dans le sud de la France: l’opérateur languedocien Gérard Bertrand, par le biais de partenariats avec les viticulteurs, et Les Vignerons de Buzet (Lot-et-Garonne).
Millésime Bio n’accueille pas de vins nature ou en biodynamie s’ils ne sont pas certifiés en vins biologiques. 

Dans les off, de retour sur Montpellier et ses environs, des vignerons s’expriment en toute liberté, sans obligation de label mais avec le même respect de la terre, dans une relation humaine privilégiée (pas plus d'une cinquantaine d'exposants) et une ambiance décontractée, Vins des amis, Affranchis, Roots 66, BioTop Wines, Vignerons de l’Irréel affichent leur philosophie.
En avant-première de Millésime Bio, auquel elles participeront en nombre, les Vinifilles, association de 18 femmes vigneronnes du Languedoc-Roussillon, organisent une dégustation professionnelle  de vins de 70 femmes vigneronnes en France, à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de l’association Femmes de vin à Montpellier.
L’année 2018 sera bio, et se conjuguera au féminin.

Challenge Bio, concours international des vins de Millésime Bio, livre son Palmarès

Le concours a accueilli cette année 1516 échantillons. Près de 29 % des vins (434) ont été récompensés de 136 médailles d’or, 201 d’argent et 97 de bronze, par un jury présidé cette année par Klaus Hermann, Directeur de la publication du magazine professionnel allemand WEIN+MARKT.
50 médailles d’or ont été décernées à l’Occitanie. Quelques grands traits ressortent du palmarès : une prédominance des AOP (60 %), des vins rouges (60%), des cépages régionaux, d’origine languedocienne ou rhodanienne. Syrah, grenache, carignan mourvèdre en rouge, grenache blanc, vermentino (rolle), viognier, roussanne en blanc, côtoient des cépages historiques: bourboulenc et muscats, en de l’el gaillacois, seul représentant de l’ancien Midi-Pyrénées. Les piliers du Languedoc viticole, AOP Corbières, Faugères, Cotes du Roussillon, y côtoient les jeunes appellations Terrasses du Larzac, Languedoc Grés de Montpellier, Montpeyroux ou Cabrières. Pays d’Oc, Hérault, Cotes catalanes, Cotes de Thongue témoignent de la vitalité en vins de Pays IGP, du renouveau des vins des Cévennes (deux médailles d’or).
Un palmarès à l’image de la production en vins biologiques : ancrée dans ses terroirs, ses cépages, appuyée sur ses piliers, Château de Caragulhes (Corbières), Château Maris (Minervois-la-livinière), Cazeneuve (Pic-saint-Loup), Domaine Ollier-Taillefer (Faugères), accueillant une jeune garde confirmée, Domaine Decalage ou Virgile Joly (Languedoc AOP)
Tout le palmarès ici : www.challenge-millesime-bio.com/home/palmares

Florence Monferran

 

Vins bio : Le grand bon en avant

Alors que Millésime Bio, le salon mondial créé par l’association Sudvinbio, s’apprête, de  retour à Montpellier, à fêter sa 25e édition, tous les signaux clignotent en faveur de la culture biologique. Elle gagne toutes les filières de production, se répand telle une vague verte sur la planète. Elle trouve en la viticulture son fer de lance et des terres de prédilection dans les vignobles du sud (Espagne, Italie, sud de la France) moins sujets aux maladies avec leurs climats secs, leurs vents asséchants.

 


Source: Agence Bio

Circuit du vin bio produit en France. Source: Sudvinbio

 

L’Occitanie se place ainsi en leader, première région productrice de bio tous secteurs confondus, avec plus de 25 000 ha certifiés ou en conversion, soit un tiers de la surface bio en France, et 700 000 hl de vin biologique produits. Près de 1 600 producteurs se sont réunis sous la même bannière dès la fusion des anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, prenant l’aspiration d’un Languedoc pionnier en la matière.

Terroir de Cabrières (Hérault). Ph. AOC Languedoc

Exempte de pesticides, tel le glyphosate qui défraie l’actualité, soucieuse d’une alimentation saine et respectueuse de son environnement, la culture en vins biologiques ne cesse, en France, de conquérir des consommateurs. Elle confirme son expansion à l’export, la viabilité des modes de production et la pertinence de ses choix.
Ce véritable boom sur le bio dans nos verres se mesure d’abord à l’aune des indicateurs économiques. Le secteur affiche un taux de croissance moyen de 20 % par an. La filière a triplé en seulement 7 ans son chiffre d’affaire, à 1,2 milliard d’euros, et ses ventes à l’étranger[1]. Pour faire face à une demande croissante chaque année, l’offre progresse également : + 35 % de vins biologiques entre 2010 et 2016. Les conversions en vin bio grimpent en flèche, passant de 170 en 2014 à 467 pour le seul premier semestre en 2017.
« Nous ne sommes plus une niche, mais bien une filière organisée avec des volumes » démontre Sudvinbio avec près de 2 millions d’hectolitres produits en France en 2016. Une filière plus créatrice d’emplois[2], plus performante dans ses résultats d’exploitation, avec un chiffre d’affaire supérieur de 46% aux viticulteurs conventionnels,  valorise mieux les vins, offrant des prix supérieurs de 10 à 40 %, notamment par une plus forte présence d’AOP dans sa production.[3]
Des consommateurs soucieux de l’origine des vins, de la préservation de l’environnement, de la biodiversité et de leur santé, attentifs au goût se tournent plus facilement vers le bio. Plus de femmes, plus de jeunes, ces moins de 35 ans sensibles à l’éthique portée par le bio, de locavores modifient les données de consommation. Ils achètent en majorité par vente directe (41%), magasins spécialisés et cavistes, peu en supermarchés (17 %), ce qui fait dire à Patrick Guiraud, président de Sudvinbio, que la consommation bio relève aussi d’un acte militant

Une marge de progression s’ouvre encore: la France n’est que le 3e vignoble bio du monde,  avec plus de 70 000 ha [4], distancée et fortement concurrencée par l’Espagne et ses 106 000 ha, puis par l‘Italie. L’offre encore déficitaire par rapport à le demande en France incite Sudvinbio à fixer un objectif ambitieux : 50 % de vignes certifiées bio en 2025. Les aléas climatiques de 2017, qui ont entrainé une baisse de production de 25%, n’entravent pas ce désir de  marche en avant.
Une génération prépare le passage de témoin. Arrivée au moment des arrachages massifs en Languedoc-Roussillon, ces vignerons ont fait le choix de replanter et de travailler différemment. Ils ont structuré la production biologique à partir des années 1980. Avec l’objectif 2025, qui n’est que le premier volet d’un plan pour les 25 prochaines années, se profile l’arrivée d’une génération nouvelle. C’est elle qui aura en charge de transformer la vague verte qui déferle en lame de fond, avec quelques enjeux majeurs: la gestion du développement des vins biologiques, les prix, la concurrence.
2025, 25 ans à venir, 25e anniversaire, le chiffre s’affiche dans toutes ses dimensions. Regard sur tout ce qui a été fait, célébration actuelle et cap sur le futur sont à l’ordre du jour.

Florence Monferran


[1] Etude Sudvinbio, juin 2017. En 2016, en un an, les ventes ont progressé de 18 % en France et 32 % à l’export.
[2] Les domaines certifiés bios emploient 1,5 fois plus de salariés, plus permanents et au niveau de technicité plus élevé. étude INRA et Sup Agro Montpellier 2016 
[3] Avec le maraîchage et la production laitière, le vin est le secteur qui affiche les meilleurs résultats d’exploitation : CA moyen de 17 000 €/ha, excédent but d’exploitation double du conventionnel. Le vin bio est plus rémunérateur, de 8 à 10 000 /ha, contre 1300 €/ha pour les céréales par exemple.  Etude INSEE, 5 décembre 2017. 82 % des vins vendus chez les cavistes sont en AOP. Etude Sudvinbio, juin 2017
[4] 70 740 ha certifiés ou en conversion