Environnement

Réchauffement climatique : jusqu'où montera le niveau des mers?

Cet article est reproduit avec l'aimable autorisation de Jacques Carles et de futuroscopie.org

Depuis des millions d’années, la Terre connaît des alternances de périodes glaciaires et de périodes interglaciaires avec des variations considérables du niveau des océans. Ainsi lors de la fin de la dernière période glaciaire, il y a quelque 20.000 ans, la fonte des calottes continentales et la dilatation de l’eau sous l’effet du réchauffement climatique (1) a entraîné une formidable remontée du niveau des mers de l’ordre de 120 mètres. Au plus fort de ce processus, il y a 14.000 ans, la hausse du niveau marin a pu atteindre 4 à 5 mètres par siècle pendant 400 ans selon une étude réalisée par une équipe scientifique française, étudiant les évolutions des récifs coralliens de Polynésie (2).

Après s’être peu ou prou stabilisé pendant quelques millénaires, le niveau des mers est reparti à la hausse au cours du 19ème siècle avec une nouvelle phase de réchauffement climatique. Le phénomène semble même s’accélérer depuis quelques décennies au point que, dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a revu à la hausse ses prévisions. Il estime à présent que le réchauffement en cours pourrait se traduire par une montée des eaux de 0,5 à 1 mètre d’ici 2100.

Plus pessimiste encore, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, dans sa toute dernière analyse, n’exclue pas une montée du niveau des eaux pouvant atteindre 2,5 mètres en 2100, ce qui n’aurait d’ailleurs rien d’exceptionnel à l’échelle des temps géologiques. Ainsi pendant les précédents âges interglaciaires, le niveau des océans a souvent été supérieur au niveau actuel. Lors de la période interglaciaire de Riss-Würm, il y a 125.000 ans, les scientifiques estiment que le niveau des mers s’élevait à environ 6 mètres au-dessus du niveau actuel. Lors de la période interglaciaire de Mindel-Riss, il y a 400.000 ans, le niveau des mers s’est stabilisé à un niveau proche, à quelque 5 mètres au dessus de la valeur actuelle. A noter que pendant cette période les paramètres de l’orbite terrestre par rapport au Soleil étaient proches de la situation actuelle.

Ces constatations montrent qui si l’activité humaine explique sans doute une part du réchauffement actuel de note planète, d’autres paramètres, liés au système solaire, sont également à l’œuvre. En effet plus de 99% de l’énergie terrestre provient du soleil et toute variation même infime de l’activité solaire a d’énorme répercutions sur le climat. Les fluctuations de l’activité solaire affectent d’ailleurs les autres planètes qui nous entourent. Ainsi les calottes polaires martiennes se réduisent également et les températures moyennes relevées à la surface de Mars montrent qu’elles s'accroissent encore plus rapidement que sur Terre (3).

Quelles que soient les mesures prises pour tenter de contrôler le réchauffement climatique, qu’il faut prendre car elles ont de toute façon des impacts positif pour l’environnement, il faut s’attendre à une modification importante du tracé des côtes marines dans le monde d’ici 2100 et plus encore dans les siècles à venir.

Avec l’hypothèse d’une montée des eaux limitée à un mètre d’ici 2100, ce sont quand même près d’un demi-milliard de terriens qui seront affectés dans les prochaines décennies.
En Asie, les pays très peuplés du sud du continent, entre autres, le Bangladesh, l’Inde, la Thaïlande, le Vietnam, seront les plus durement touchés. En Chine les zones industrielles de Shanghai ou de Shenzhen devront s’adapter très rapidement ou disparaître. Au Japon, Tokyo et Osaka feront également face aux inondations d’une grande partie de leurs agglomérations.
En Amérique du Nord, si le Canada devrait bénéficier du réchauffement climatique et devenir une puissance arctique majeure, les Etats-Unis par contre en subiront des effets dévastateurs. La façade atlantique dans son ensemble sera d’autant plus remodelée par la montée des eaux que les zones côtières subissent par ailleurs un phénomène de subsidence, c’est-à-dire un affaissement progressif de l'écorce terrestre. New-york, Miami, Cap Canaveral feront partis des zones les plus menacées. A l’ouest, le trait de côte de la Californie, de Los Angeles jusqu’à San Franscisco, pourrait reculer que plusieurs dizaines de kilomètres.
L’Amérique du Sud devra également faire face à l’élévation du niveau de la mer mais dans des proportions moindre que pour d’autres régions. Des zones de pêche et de tourisme seront néanmoins touchés telle que Rio de Janeiro où la plage de Copacabana disparaitra.
En Afrique, le delta du Nil sera submergé et provoquera la migration forcée de millions d’habitants., de grandes métropoles comme Lagos au Nigeria, Abidjan en Côte d’Ivoire, Lomé au Togo, Le Cap en Afrique du sud devront également lutter contre les eaux. Des villages côtiers disparaitrons entièrement et avec eux certaines des plaines côtières les plus fertiles d’Afrique.
En Europe, des terres seront englouties le long de l’Atlantique, aux Pays-Bas, en Angleterre et en France où des villes comme Dunkerque, Saint-Malo ou Bordeaux seront touchées. En Méditerranée, Sète deviendra plus jamais une île singulière.

A plus long terme, la dernière étude exhaustive, publiée par 59 chercheurs de 17 pays, dans la revue scientifique Nature Géoscience (4) montre que les modèles climatiques actuels pourraient encore sous-estimer les changements climatiques à venir. Selon un communiqué du CEA (5) qui a participé à cette étude, « un réchauffement même limité de 1,5 à 2°C au-dessus du niveau pré-industriel sera suffisant pour causer une fonte substantielle du Groenland et de l’Antarctique à long terme, et engendrer une hausse du niveau de la mer de plus de 6 mètres qui persistera des milliers d’années. Des vitesses de montée du niveau de la mer supérieures à celles de ces dernières décennies sont alors probables » . Une prévision qui rejoint les conclusions des paléoclimatologues qui ont pu mettre en relation, sur longues périodes, les cycles glaciaires et le niveau des océans.

Sète deviendra une véritable île et Agde deviendra l'île singulière de la cote languedocienne...

De Béziers à Sète en passant par Agde


situation actuelle


Montée des eaux : +1 m (hypothèse GIEC, 2100)


montée des eaux : + 6m (consensus des paléoclimatologues pour le niveau d'équilibre à long terme)

références :

  1. Comme tout corps physique l’eau se dilate avec la température et plus la température s’élève, plus la dilation s’accentue. Le coefficient de dilation passe ainsi de l’ordre de 0,02% à 10° à 0,2% à 20° et 0,8% à 40°.
  2. Lettre n°5 du Changement Global (octobre 1996) : « Le niveau marin depuis 20 000 ans enregistré par les coraux ». La Lettre du Changement global, issue du Programme Mondial de Recherches sur le Climat, émane du Comité national français du changement global, en relation avec l'Académie des sciences.
  3. Lori K. Fenton, Paul E. Geissler & Robert M. Haberle. Global warming and climate forcing by recent albedo changes on Mars. Nature,Vol 446, 5 April 2007
  4. Fischer, H., Meissner, K.J., Mix, A.C., et al.: Palaeoclimate constraints on the impact of 2°C anthropogenic warming and beyond. Nature Geoscience, 25 June 2018.
  5. CEA, communiqué de presse du 26 juin 2018

Notre planète va bientôt manquer de sable

50 Milliards de tonnes de sable sont extraits par an mondialement, notre utilisation du sable est irresponsable. Nous en consommons beaucoup plus que la terre ne peut en produire, les réserves s’amenuisent et les conséquences de notre surconsommation se font de plus en plus voir sur l’environnement. L’infographie de Trade Machines revient sur la problématique du sable.

Le secteur de la construction est le premier consommateur de sable, le sable utilisé afin de créer du béton, est un sable marin ou des affluents. Les caractéristiques de ce sable font qu’il s’agglomère mieux au ciment, le béton est constitué au ⅔ de sable. On parle donc de quantité énorme de sable, pour vous donner une échelle, 1 KM d’autoroute nécessite 30 000 tonnes de sable. L’urbanisation croissante et l’explosion de la population mondiale tirent la demande vers le haut. Ironie du sort, le sable du désert, disponible à perte de vue ne peut être utilisé dans le BTP, moins de 5% du sable présent sur terre peut servir dans la construction. Avec une urbanisation démesurée et des infrastructures rutilantes, la Chine est naturellement le pays qui consomme le plus de sable. .

Devant un marché aussi juteux que celui du sable, il ne fallait pas attendre longtemps pour qu’une multitude d’acteurs s’intéresse à la ressource. L’extraction de sable marin est chose facile pour les pécheurs qui ont délaissés leurs filets par manque de prises, il constitue une bonne source de revenu et surtout il est gratuit et abondant. Tout ce qu’il vous faut c’est une pelle et une charrette. Par manque de sensibilisation, ils ne s’imaginent même pas que cette extraction illégale détruit l’habitat sous marin. La mafia du sable sévit partout dans le monde et n’hésite pas à éliminer quiconque ose gêner. .

Au Maroc, les plages sont défigurées, la mer avance et avale par la même occasion les habitations au bord de la mer. Les bateaux dragueurs sont ceux qui causent le plus de dommages, ils aspirent le sable au fond de la mer sans laisser de chances aux micro organismes dont se nourrissent les animaux marins. La chaîne alimentaire est perturbée et à plus long terme, c’est notre survie qui est en jeu. .

En Indonésie, 24 îles ont déjà disparues englouties par la mer et si nous ne faisons rien d’ici 2100 les Maldives n’existeront plus. Malgré les mesures prises par les gouvernements dont le Cambodge, le Sénégal ou encore la Malaisie, l’extraction de sable continue de manière illégale afin d'approvisionner les chantiers du monde. En France, l’activité d’extraction de granulats marin est beaucoup plus contrôlé, mais l’impact sur l’environnement n’est jamais totalement prédictible. C’est cet argument qui a permis à l’association Le Peuple des Dunes de Trégor de mettre fin au projet d’exploitation d’un gisement de sable dans la baie de Lannion en Juin 2018 au terme d’une longue mobilisation. .

Ibrahim Habi
trademachines.fr

Chantier innovant : le végétal remplace les produits pétroliers sur la RD26

Comment apporter une nouvelle jeunesse à la route entre St Mathieu de Tréviers et Guzargues, tout en respectant l‘environnement ? Le Département réalise actuellement des travaux innovants de retraitement en place des anciennes chaussées de la RD26 en utilisant un liant végétal à la place de produits pétroliers.
 
En cohérence avec sa démarche « route durable », le Département de l’Hérault se positionne comme un acteur historique de l’innovation, en incitant la profession routière à développer des techniques nouvelles au bénéfice de l’environnement et du cadre de vie. 
Le Département a confié à l’entreprise Eiffage le retraitement à froid de la chaussée avec un produit de la sylviculture et de l’industrie papetière. Ce procédé à base d’huiles végétales issues des pins constitue un substitut potentiel aux produits pétroliers pour les routes du futur. 
Dans une logique d’économie de ressources naturelles et de valorisation des matériaux, l‘ancienne route est rabotée sur 6 cm, recyclée sur places, puis mélangée avec le liant végétal. Cette technique est appliquée à froid, limitant ainsi l’émission de gaz à effet de serres et de substances polluant l’air ambiant.
Ce chantier innovant est réalisé sur la RD 26 entre St Mathieu de Tréviers et Guzargues sur une longueur d’environ 2,5 kilomètres, avec deux parties distinctes :
- une partie retraitée à froid à l’émulsion classique de bitume, en cours de réalisation,
- une partie retraitée à froid au liant végétal, programmée les lundi 30 et mardi 31 juillet.
Les services routiers du Département et les experts des laboratoires pourront ainsi suivre l’évolution des deux techniques pendant trois ans, et comparer leurs performances. Si ce chantier expérimental s’avère concluant, la technique pourrait se généraliser à terme sur l’ensemble des routes françaises.
Ce chantier innovant, d’un montant de 251 000 €, est intégralement financé par le Département.
 
Les chiffres clés du chantier :
7 000 m² de retraitement de chassée à froid à l’émulsion de bitume
7 000 m² de retraitement de chaussée au liant biosourcé Recytal
6 cm d’épaisseur de rabotage et retraitement
3 % de dosage de liant innovant Recytal
4 000 m² d’enduit de scellement gravillonné provisoire sur les zones retraitées
900 tonnes de bétons bitumineux minces (qui seront réalisés ultérieurement en septembre)
 
 

Rencontre avec un jeune poisson lune au large de Brescou

Une rencontre toujours insolite dans l'Aire marine protégée avec un jeune poisson lune (Mola mola), non loin de Brescou ! Il faut dire que les méduses sont aussi là et font le régal de ce poisson peu farouche, avec des nageoires un peu spéciales, qui peut mesurer 3 mètres et peser une tonne !
Ci-dessous un belle vidéo témoignant de l'évènement filmé par Renaud Dupuy de la Grandrive et sa super équipe de Aire marine protégée de la côte agathoise.
A suivre aussi sur la page Facebook de l'AMP

La Région adopte un Plan d'intervention pour l'eau

Réunie en Assemblée plénière sous la présidence de Carole Delga, le 22 juin 2018, la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée a adopté son Plan d'intervention pour l'eau. Présenté par la vice-présidente Agnès Langevine, il poursuit l'ambition régionale de mener une action exemplaire et innovante en matière de gestion intégrée de l'eau.

OCCICapture

« Nous avons en Occitanie un patrimoine lié à l'eau d'une grande richesse. Afin de préserver cette ressource vitale, il s'avère indispensable que la Région apporte sa contribution pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés.. Les épisodes de sécheresses et d'inondations impactent fortement notre territoire et nous ne pouvons plus ignorer les effets du changement climatique. Se préparer face à ces risques hydrologiques, c'est préserver ce bien commun qu'est l'eau, maintenir la qualité du cadre de vie de nos habitants, de leur environnement, et assurer à tous un accès durable. C'est pourquoi je souhaite que la Région assume son rôle dans la mise en œuvre d'une politique ambitieuse de gestion de l'eau » a notamment annoncé Carole Delga.

 Le Plan d'intervention adopté se compose d'un programme d'actions et de trois dispositifs d'interventions financières pour une gestion intégrée de l'eau, sous tous ses aspects : de la gestion durable de la ressource, à la préservation et la restauration des milieux aquatiques et la prévention et la réduction des risques d'inondation. Il s'inscrit également dans une collaboration étroite avec les autres politiques régionales en matière de transition écologique et énergétique, mais aussi d'agriculture, de tourisme, de développement économique, de formation, etc.

 La Région souhaite également favoriser les aménagements économes en eau, adaptés au climat (notamment pour les espaces verts), peu vulnérables aux inondations et optimiser le patrimoine naturel que constituent les milieux aquatiques régionaux. En matière d'innovation, elle soutient des projets de recherche et la mise en œuvre d'opérations pilotes, notamment sur les ressources alternatives, comme la réutilisation des eaux usées ou la recharge artificielle des nappes.

 De ce fait, la Région s'engage à promouvoir de bonnes pratiques, sur tous les territoires d'Occitanie. Le Plan d'intervention prévoit, par ailleurs, une utilisation des concessions hydrauliques du territoire comme « zones d'expérimentation » afin d'apporter des solutions et des modes de gestion plus vertueux. 

La Région adopte les statuts de l'Agence Régionale de la Biodiversité Occitanie 

L'Agence Régionale de la Biodiversité se présente comme un outil opérationnel, afin de permettre à la Région de démultiplier son action au sein de son territoire. Parmi les missions qui lui sont confiées, voici 3 axes structurants : 

  • La valorisation de la connaissance et la mobilisation citoyenne autour d'un Observatoire régional de la biodiversité Occitanie ;
  • La mise en relation des différents acteurs avec la création d'un réseau des gestionnaires et d'un forum des acteurs de la biodiversité ;
  • L'accompagnement des porteurs de projets à travers notamment un appui technique et administratif. 

  L'Occitanie poursuit et amplifie sa démarche Région à énergie positive (REPOS) 

Afin d'agir concrètement sur la transition énergétique, la Région souhaite diviser par deux la consommation d'énergie par habitant et multiplier par trois la production d'énergies renouvelables d'ici 2050.

Dans cette dynamique, la Région a voté le lancement d'un nouvel appel à projets pour le développement des projets d'énergies renouvelables territoriaux et la reconduction de 3 appels à projets relatifs au photovoltaïque en autoconsommation, aux énergies renouvelables coopératives et citoyennes et à la réalisation de « bâtiments NoWatt », sobres et économes en énergie.

Opération anti-pollution grandeur nature au Cap d’Agde

Mardi 26 et mercredi 27 septembre derniers, c’est une simulation grandeur nature d’une pollution maritime arrivant à terre qui a été organisée par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM 34) sur le port du Cap d’Agde.

 

Elaboré en lien avec le Service Interministériel de Défense et Protection Civile, la Sous-Préfecture de Béziers, la commune d’Agde ainsi que les différents services concernés comme la Police Municipale, les Pompiers ou la SNSM, le dispositif ORSEC POLMAR-TERRE a pour objectif de faire face à une pollution maritime de grande ampleur par hydrocarbures ou tout autre produit, notamment chimique arrivant sur la frange littorale.
Un dispositif nécessaire comme l’a expliqué le Sous-Préfet de Béziers Christian Pouget «en raison de l’importance du trafic maritime en Méditerranée, le risque de pollution marine accidentelle est un risque non négligeable, puisque 25 % du trafic mondial y transite dont 30% du trafic pétrolier. Les principaux ports de commerce générant un trafic maritime au large des côtes de l’Hérault sont le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) puis les ports régionaux de Sète et de Port-la-Nouvelle».
Ainsi, plus de quatre vingt personnes ont été reçues par Gilles D’Ettore, Maire d’Agde, qui s’est dit «impliqué par ce dispositif de protection du port», - il faut dire que le port du Cap d’Agde représente une dizaine de bassins et 3 100 anneaux - et «sensible à la problématique de la Méditerranée qui est une mer semi-fermée et donc vulnérable».
Ainsi, un barrage de protection d’une longueur totale de 350 mètres a été mis en place principalement pour tester le dispositif grandeur nature. En parallèle à la manœuvre, un chantier de nettoyage des parties sableuses et rocheuses atteintes de la plage Richelieu a eu lieu.
Un exercice grandeur nature qui sera reconduit tous les trois ans maximum et qui devrait permettre de se tenir prêt et de faire face efficacement à une pollution marine sur notre littoral.
(source FB Ville d'Agde)

l’EID Méditerranée au cœur de la lutte contre les moustiques

 

l'EID Méditerranée :

Un acteur de l'aménagement du territoire


Il y a 50 ans, le littoral méditerranéen français n'était pas celui que tout le monde connaît aujourd'hui. Les villes, les campagnes et les plages risquaient de passer à côté de sérieuses opportunités de développement économique et touristique. Car elles étaient envahies par des insectes insupportables : les moustiques, qui rendaient ce pays magnifique invivable !
C'est pourquoi en 1958, les Conseils généraux des départements de l'Hérault, du Gard et des Bouches-du-Rhône évaluant l'avenir exceptionnel qui s'ouvrait à leurs départements, ont décidé de créer l'EID Méditerranée, l'Entente Interdépartementale pour la Démoustication du littoral méditerranéen (EID-Med).
En 1963, l'Aude et les Pyrénées-Orientales les rejoignent. C'est cette année-là que l'Etat a créé la Mission interministérielle d'aménagement touristique du Languedoc-Roussillon, dite "Mission Racine". Fixant la démoustication comme préalable incontournable à toute démarche d'aménagement, l'Etat a contribué au financement de l'EID Méditerranée, aux côtés des collectivités territoriales, jusqu'en 1982, date de dissolution de la Mission interministérielle.

Pour un développement local durable

L’EID-Med a pour mission centrale le contrôle de la population des espèces nuisantes de moustiques proliférant dans les zones humides marginales des étangs et lagunes du littoral. Ce contrôle consiste, non pas à éradiquer l’ensemble des insectes piqueurs, mais à maintenir la gêne due aux moustiques à un seuil jugé tolérable, avec un impact environnemental minimum et dans un cadre budgétaire maîtrisé.
Les zones d'activités économiques, les établissements scolaires, universitaires, culturels n'auraient pu se développer à quelques encablures du littoral s'ils avaient dû être envahis par des nuages de moustiques. La démoustication a donc directement contribué à l'essor économique de notre région, particulièrement le tourisme, tout en œuvrant chaque jour, du printemps à l’automne, pour la salubrité et le confort de vie pour tous. Cette mission ne peut être ralentie sous peine de revenir... plusieurs decennies en arrière !
L’EID Méditerranée participe également à des actions importantes de conservation et de mise en valeur écologique des milieux naturels (restauration des cordons dunaires et suivi des systèmes littoraux). Elles contribuent à faire de notre région l’une des destinations préférées des touristes et un territoire propice à l’essor des activités économiques tout en assurant la salubrité publique à l'échelle de sa zone d'action

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Christophe Morgo
président de l’EID Méditerranée

Christophe Morgo, conseiller départemental du canton de Mèze et maire Villeveyrac, connaît bien l’EID Méditerranée puisqu’il y partiicpe au titre de représentant du Département depuis 2008. En 2015, il en a été élu président pour succéder à Christian Jean.

"Les défis à relever aujourd’hui sont déterminants pour le devenir de notre établissement et le nouveau conseil d’administration, désigné en 2015 par les collectivités membres. Il a devant lui une tâche difficile mais motivante.

Tout d’abord, il faut apporter des réponses à la forte colonisation par le « moustique tigre » (Aedes albopictus) de l’ensemble des départements de la façade méditerranéenne, tant au niveau de la nuisance qu’il provoque que du risque de santé publique qu’il représente.

Au-delà, nous devons aussi accompagner l’état et les Départements qui nous sollicitent dans l’application du plan antidissémination de la dengue et du chikungunya.

Bien sûr, dans le même temps, il faut veiller à être toujours aussi efficace (voire plus efficace) dans le contrôle des moustiques autochtones, malgré de nombreux facteurs qui compliquent notre action : conditions climatiques augmentant la période de nuisance, restrictions d’accès aux zones productrices de moustiques, limitation du nombre d’insecticides utilisables et de méthodes de lutte alternatives vraiment efficaces à ce jour…

De plus, les restrictions budgétaires qui s’imposent aux collectivités membres impactent l’EID. Il faut donc se préparer à faire plus et mieux avec moins.

Heureusement, l’EID Méditerranée ne manque pas de ressources, humaines au premier chef, qui lui permettront de réussir, tout en poursuivant les efforts au niveau financier. C’est une structure solide qui dispose de nombreux atouts pour répondre aux attentes des citoyens en matière de lutte contre les moustiques, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs : des équipes professionnelles au niveau de compétences élevé, tant sur le terrain qu’au siège, dotées de moyens de qualité, des finances maîtrisées et une démarche d’amélioration constante."

Christophe Morgo, Président de l’EID Méditerranée
Rapport d’activités EID Méditerranée 2015 .

   
       
 

Quelles nouvelles du côté des biocides ?

En Europe, les insecticides utilisables dans le cadre de la lutte contre les moustiques nuisants ou vecteurs sont régis par le règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012. Ce dernier limite le panel de biocides disponibles sur le marché national et européen. Des recherhces sont toutefois en cours pour identifier et à sélectionner de nouvelles substances actives insecticides pouvant, à moyen terme, renforcer la panoplie des moyens biocides. Parmi ceux-ci, deux projets sont particulièrement prometteur le GreenProtect (près de 500 molécules d’origine naturelle testées depuis 2012)et le projet QSAR-LAV.
Une fois sélectionnées, les molécules ayant une activité larvicide potentielle sont synthétisées et purifiées. L’EID Méditerranée se charge alors de la réalisation des tests d’efficacité sur des espèces de moustiques de référence élevées au laboratoire. Ainsi, depuis 3 ans, ce sont près de :

  • 55 molécules testées.
  • 152 tests larvaires réalisés.
  • 4 molécules actives à faibles doses.
   

Avec ses 150 agents permaments et un budget annuel d'environ 140 millions d'euros, l’EID Méditerranéee, joue un rôle central dans la lutte contre les moustiques. Chaque années se sont des centaines d'actions concrètes qui sont menées depuis la destruction physique des gîtes larvaires à la prévention en passant la mobilisation des institutionnels, les enquêtes entomologiques suite à des signalements des agences régionales de santé, l'information et la sensibilisation du public etc.

Optimiser les méthodes de lutte

Les opérations de lutte de l’EID Méditerranée visent à contrôler la nuisance des moustiques afin de protéger les agglomérations. Elles consistent à traiter à la source les larves présentes dans l’eau avant qu’elles ne se transforment en adultes et ne se dispersent vers les zones habitées. Il s’agit ainsi de la stratégie de lutte la plus efficace et la moins impactante pour l’environnement (actions ciblées dans l’espace et dans le temps, produit sélectif…).
On distingue les interventions en « milieu rural » (zones humides littorales, principalement), où l’objectif est de traiter des espèces ayant des capacités de dispersion importantes vers les habitations et les interventions en milieu urbain.
Environ 40.000 hectares sont traités en milieu rural. Trois quarts des surfaces traitées le sont par épandage aérien (par avion ou hélicoptère), le dernier quart fait l’objet d’épandage terrestre. En milieu urbain, les traitements concernent près de 60 000 gîtes larvaires. La stratégie de la lutte urbaine consiste en des actions ciblées chez les privés où se trouve 80 % des larves : suppression physique, sensibilisation sur le terrain, intervention à la demande , etc.) et des actions qui visent à être exemplaire dans le domaine public, avec un le rôle central de l’EID Méditerranée pour le traitement des gîtes identifiés et amener les concepteurs ou gestionnaires d’espaces, d’ouvrages et de bâtiments publics à la bonne « gestion » pour une moindre production de moustiques.

Le recours ultime et raisonné aux traitements "adulticides"

La lutte contre le moutiques se concentre prioritairement sur la prevention et l’élimination des larves mais les traitements “adulticides” font partie de la stratégie de lutte contre la nuisance liée aux moustiques. Conformément à la réglementation, ils sont limités à des épandages par voie terrestre, en milieu urbain et périurbain. principalement en début d’été, Ces traitements, qui représentent moins de 2 % des surfaces traitées, restent nécessaires dans la panoplie et sont mis en oeuvre après évaluation des services de l’EID-Med et accord du Conseil départemental et de la commune concernés

Le « moustique tigre » Aedes albopictus

Le « moustique tigre » Aedes albopictus est une des espèces les plus invasives au monde. Comme pour la plupart des espèces d’Aedes, il ne pond pas ses oeufs au niveau de l’eau mais au-dessus : une élévation du niveau de l’eau est donc nécessaire pour permettre l’éclosion (arrosage, pluie, etc). Aedes albopictus affectionne particulièrement les petits gîtes et peut pondre dans les coupelles de pots de fleurs, les arrosoirs, les vases et même les pneus laissés à l’abandon. C’est principalement par ce biais que les oeufs ont été transportés sur le continent européen. Il est relativement simple de limiter sérieusement leur développement, en s’assurant qu’au moins une fois par semaine ces petits gîtes soient complètement asséchés, ce qui permet de tuer les larves avant qu’elles ne deviennent les adultes piqueurs qui nous importunent.

Aedes albopictus n’a de cesse de coloniser de nouveaux territoires, depuis son introduction à Menton, en 2004. C’est la seule espèce de moustiques de métropole capable de transmettre la dengue et le chikungunya. Afin de prévenir l’apparition d’épidémies, le ministère de la Santé a mis en place un plan antidissémination. L’EID Méditerranée participe activement à ce plan, en surveillant l’expansion du « moustique tigre » et en mettant en oeuvre des traitements insecticides préventifs, en cas de risque de transmission vectorielle.
» pour en savoir plus : www.moustiquetigre.org

L'EID : promotteur d'innovations

Nouvelles approches aériennes

Les applications professionnelles impliquant des drones sont en plein essor en France. Les outils sont nombreux, la réglementation complète, d’où l’idée de faire appel à des spécialistes pour savoir où positionner le curseur (applications de biocides, prise de mesures, surveillance…). Au-delà, de nouvelles classes d’engins aériens légers (Classe 6 ULM) permettent de réfléchir à de nouveaux moyens.

Des techniques nouvelles pour limiter les nuisances

Pour rester performant et répondre du mieux possible aux attentes des populations, le mode opératoire appliqué par l’EID Méditerranée est en permanence enrichi de nouvelles méthodes issues de la R&D. En 2015, deux méthodes prometteuses ont été expérimentées sur le terrain avec succès : d’une part, les techniques de piégeage massif de moustiques adultes et, d’autre part, l’autodissémination de biocides pour atteindre les gîtes d’Aedes albopictus (« moustique tigre »).

Innovation et accès-plage

Dans le cadre du programme européen MedSand- Coast, le Département de l'Hérault a retenu l'EID Méditerranée pour mettre en oeuvre des actions innovantes de gestion de la fréquentation de sites littoraux.
Le pôle Littoral de l'EID a été la cheville ouvrière d'une expérimentation menée sur le cordon dunaire de Sérignan- Plage où deux accès-plage ont été matérialisés, l'un avec des copeaux (bois flotté, broyé et étalé au sol), l'autre encadré avec des plantes dunaires.
Il a aussi conçu et réalisé des travaux d'aménagement dunaire d'avant-garde sur les communes de Marseillan, Sète et Frontignan: pose de ganivelles, plantations, paillage géotextile, etc..
Par ailleurs face au problème de l'érosion marine et du recul du rivage qui en découle, plusieurs réponses sont apportées aux collectivités gestionnaires du littoral. Parmi elles : le choix de réparer les dégâts avec des techniques douces, pour conserver l'existant ou l'acceptation du recul et son accompagnement. Par exemple la réalisation d'un cordon dunaire de second rang sur la commune du Grau du Roi , afin de soustraire la ville à la submersion marine, tout en anticipant le recul du rivage dû à l'érosion. Cette opération innovante est le fruit d'une réflexion de longue date, associant la commune, le Syndicat Mixte de la Camargue Gardoise, la DREAL et l'équipe de maîtrise d'oeuvre du projet (BRLi/ONF/EID).

L’évaluation environnementale : le plan QSE (Qualité - Sécurité - Environnement)

Suite à l’analyse environnementale qui a été réalisée à l’échelle de l’ensemble des sites de l’EID Méditerranée, un plan d’action « environnement » est à l’oeuvre, afin d’améliorer notre performance environnementale. Il s’articule autour de 3 thèmes majeurs : gestion des déchets (traitement des effluents / gestion des déchets ménagers). - amélioration des conditions de stockage. - économies d’énergie. Initié en 2015, ce plan d’action va se déployer jusqu’en 2017

 

Les récifs artificiels : bientôt un réseau européen?

Depuis les premières expériences innovantes d'André Lubrano au large de Palavas en 1968, la Région LR, avec le CEPRALMAR reste le pionnier en Europe dans l’expérimentation d’immersion de récifs artificiels, un outil qui a fait ses preuves pour la protection  et la gestion de la bande côtière.

 

La filière pêche en Languedoc-Roussillon est un maillon essentiel de l’économie régionale (700 navires, 4 500 emplois directs et indirects et un chiffre d’affaire de 60 millions d’euros) qui subit depuis plusieurs années une crise sans précédent.
La raréfaction de la ressource halieutique en lien avec la destruction des habitats sous-marins et la pollution des eaux, ainsi que l’augmentation du coût du gazole, sont autant de causes qui expliquent aujourd’hui les difficultés rencontrées par la profession.
En tant que Président du Cépralmar et ancien pêcheur professionnel, j’ai à cœur de soutenir la filière pêche et d’accompagner les professionnels de la région pour trouver des solutions pérennes.
L’accompagnement des plans de sortie de flotte successifs ne peut être satisfaisant. Les pêcheurs doivent pouvoir vivre de leur métier et de leur passion en exploitant raisonnablement et durablement les ressources halieutiques.
La restauration des habitats marins, la gestion des conflits d’usages, la gestion de la ressource, sont autant de problématiques à laquelle les récifs artificiels peuvent apporter des réponses.
Acteur en 1968 de la première expérimentation d’immersion de récifs artificiels d’Europe au large de Palavas, je reste un fervent défenseur du développement de ces outils d’aménagement des fonds marins.
Pour répondre à la demande des prud’homies de pêche d’avoir une bande côtière aménagée et réservée à certaines catégories de pêcheurs, le Cépralmar a été en 1984 maître d’ouvrage d’un projet ambitieux et novateur d’immersion de 15.000 m de récifs artificiels sur 5 sites de la région (Agde, Gruissan, Port la Nouvelle, Canet, Saint Cyprien).
Depuis, le Cépralmar poursuit son accompagnement des porteurs de projet pour développer de nouvelles immersions et capitaliser la connaissance sur les immersions existantes.
La future génération de récifs artificiels ne répondra plus aux seuls besoins exprimés par les professionnels de la pêche. En effet, les nouveaux projets devront présenter une véritable approche écosystémique et faire l’objet d’une concertation entre les différents usagers utilisateurs des récifs artificiels afin de tendre vers une gestion efficiente de ces aménagements.
Les pêcheurs auront néanmoins toujours un rôle central à jouer dans la nouvelle organisation qui devra se mettre en place à l’échelle de chaque projet.
Ils devront notamment participer activement à la mise en œuvre de la gestion des récifs artificiels puisqu’ils demeurent les premiers observateurs de la qualité et de l’évolution du milieu marin.

André Lubrano

   

Près de quarante ans après les premiers essais d'André Lubrano, sous l’impulsion des prud’homies de pêche, ce sont plus de 30 000 m3 de récifs artificiels qui ont été immergés sur l’ensemble du littoral avec le soutien notamment de la région Languedoc-Roussillon.
Les récifs, véritables habitats artificiels, jouent un rôle de nurserie à poissons et ils empêchent le chalutage dans la zone des 3 miles. Ils constituent donc de réels outils pouvant être à vocation halieutique, récréative, de restauration, ou même de compensation écologique pour pallier la perte de biodiversité ou la disparition d’habitats naturels face à la pression humaine.


En 2013, un bilan critique de ces outils d’aménagements des fonds marins a permis d'identifier les pratiques les plus efficaces. Ce point exhaustif a par ailleurs démontré la nécessité de mettre en place une logique d’intervention globale à l’échelle régionale pour éviter des actions au coup par coup avec des choix techniques parfois discutables ou sans suivi scientifique. Il a été aussi le point de départ d’une réflexion pour donner un nouveau cadre à la réalisation de ces immersions et il a servi de base à la définition de la doctrine de l’État à l’échelle méditerranéenne française.

La Région et le Cépralmar ont donc très largement contribué à l’établissement de cette doctrine qui lui permet aujourd’hui de s’appuyer sur un cadre validé par les usagers et l’administration pour définir les contours d’une future politique ambitieuse en matière d’immersion. Cette politique se veut résolument tournée vers l’avenir en privilégiant des projets exemplaires en matière de stratégie d’implantation, d’objectifs attendus, de gouvernance mais également en matière de communication, d’association des usagers et du grand public et d’intégration environnementale (approche écosystémique).
Un guide pratique de référence a été réalisé. Destiné aux gestionnaires de milieux marins, aux collectivités désireuses d’immerger des récifs artificiels ainsi qu’aux bureaux d’études, ce guide est aussi disponible sur l'internet : télécharger le guide pratique d’aide à l’élaboration, l’exploitation et la gestion des récifs artificiels en LR. 

 

Bientôt un réseau européen?

Le CEPRALMAR a accueilli Mathilde Chatelain une stagiaire en fin d'étude de master océanographie afin d'étudier la possibilité de mettre en place un réseau européen des structures et des personnes impliquées dans la gestion des récifs artificiels qui ont vu le jour depuis les côtes espagnoles jusqu'aux confins de la Mer Noire en Ukraine et en Russie.
Ce travail en cours permet d'identifier et de contacter toutes les parties prenantes en France et à l'étranger. Il permettra au CEPRALMAR, de faire des propositions concrètes et budgétées à ses éventuels partenaires afin de franchir une nouvelle étape pour la protection et la gestion du littoral de l'ensemble de la façade européenne de la Méditerranée.

 

Fortune de mer

Au XIIIème siècle, la fortune de mer soit, ''fortuna maris'' correspondait à un accident sur l'eau et devient au XVIème, un naufrage après une tempête. La fortune de mer est, aujourd'hui, un objet trouvé au bord de la mer après une tempête.


L'ægagropiles

Le Turbo Rugueux coté coquille

Le Turbo Rugueux et son oeil de Ste Lucie

Oeufs de buccinum undatum
 

En cette fin d’année, c’est le moment pour flâner sur les plages dépourvues de touristes et autres baigneurs. Mais à y regarder de plus près, on trouve beaucoup de choses à observer sur le sable de nos plages, et des curiosités dont quelquefois nous ignorons même le nom. En voici quelques unes parmi tant d’autres…


L’ægagropile :

En se décomposant, les feuilles fanées de Posidonia oceanica se transforment peu à peu en fibres végétales qui, sous l’effet de l’eau et des vagues, se compactent parfois de manière sphérique autour d’un reste de rhizome. Il en résulte une petite boule beige qui semble faite de poils et que l’on retrouve quelquefois à certains endroits agglutinées par milliers sur nos plages. Nommées « aegagropiles », ou aussi « Pelotes de mer »  elles étaient autrefois utilisées par les vénitiens pour protéger leurs verreries pendant les transports. C’est aussi une touffe de poils et de résidus végétaux que l’on trouve dans l’estomac de certains ruminants  


L'œil de Sainte Lucie :

Cest l'opercule orange d'un coquillage appelé Turbo Rugueux de Méditerranée. Cet opercule tient son nom de la légende du martyr de Sainte Lucie. Considéré par les marins  comme porte bonheur, et conservé dans les portes monnaie il peut aussi être monté en bijou, pendentif, bague ou boucles d’oreilles…il est présent uniquement en Méditerranée. De forme ovale, sa taille maximum est de 25 à 30 mm. Son épaisseur est d'environ 5 mm.


Œufs de Buccinum undatum :

Ou œufs de buccin. Les marins appellent également ces grappes que l’on trouve sur nos plages « savonnettes de mer » Pondu par cet escargot de mer qu’est le bulot il est capable de se reproduire vers l'âge de 4 ans, dès qu'il a atteint une taille d'environ 5,5 cm. La ponte a lieu en général au mois de février.

Georges Cantin

Le Département de l’Hérault toujours opposé à l’exploitation de gaz de schiste

Le 28 janvier dernier, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) annulait l’abrogation du permis de recherche d’hydrocarbures attribué en  2010 à deux sociétés du groupe Total pour une zone de recherche concernerait une grande partie des départements de la Drôme, de l’Ardèche, du Gard, de l’Aveyron, de la Lozère et de l’Hérault.
Rappelons que le gouvernement avait abrogé ce permis en octobre 2011, estimant que les sociétés de Total restaient floues, notamment sur l’emploi de la fracturation hydraulique, une technique interdite par la loi du 13 juin 2011.

La Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a décidé, le 30 janvier 2016, de faire appel du verdict du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, réaffirmant « sa détermination à faire respecter strictement l’interdiction de la fracture hydraulique dans un objectif de protection de l’environnement et de la santé ».

Le Département de l’Hérault, dont une partie du territoire est concernée par la zone de recherche, avait déjà affirmé son opposition à l’exploitation des gaz de schistes par le vote d’une motion demandant au gouvernement de prononcer un moratoire sur ces recherches et l’ouverture d’un débat public, le 24 janvier 2011.
Aujourd’hui, Kléber Mesquida, Président du Département, Député de l’Hérault réitère son opposition aux recherches d’hydrocarbures, leur exploration et leur exploitation. Une opposition motivée par des arguments concrets : « concernant les quantités d’eau à mobiliser, le choix de la région frappée de sècheresse endémique depuis plusieurs années est loin de satisfaire au principe de préservation des ressources en eau énoncé à l’article 27 du Grenelle. Par ailleurs, de nombreux problèmes de protection des captages d’eau, du fait des aquifères karstiques qui peuvent réagir de façon très violentes aux polluants, ont été identifiés dans cette même région. Enfin, ces permis sont totalement incompatibles avec les projets existants (Causses et Cévennes inscrits au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO) ou en cours de classement de grands sites, et avec les schémas de développement du tourisme, Natura 2000 … »

Le ramassage des escargots est soumis à une réglementation

Lors des dernières pluies dans notre région on pouvait voir au bord de la route des ramasseurs d’escargots mais il faut savoir que le ramassage des escargots est soumis à une réglementation stricte.


 

On ne ramasse pas librement les escargots, que se soient l’hélix pomatia, l’hélix aspersa ou le Zonite algirius. Un arrêté ministériel de 1979 instaure pour eux un cadre précis : lorsque leur coquille a un diamètre inférieur à 3 cm, le ramassage de l'escargot est strictement interdit. Lorsqu'il excède cette taille, l'interdiction ne couvre que la période du 1er avril au 30 juin. De plus ramasser des escargots avant le 30 juin appauvri la ressource, c’est leur période de reproduction (quelques fois la période va jusqu’à fin aout…) Le petit gris pond une moyenne de 85 œufs dans un petit trou creusé 4 à 8 cm sous terre, il est adulte à 2 ans mais peut vivre plus de 5 ans s'il n'est pas dévoré par un prédateur.
Alors si vous voulez en ramasser encore l’année prochaine, abstenez-vous à ces périodes, il en va de nos prochaines « cueillettes »… Et puis n’oubliez pas qu’en cas de contrôle et d’amende, il s’agit d’infractions au code de l’environnement, des délits d’atteinte aux espèces animales ou végétales sont passibles de 6 mois de prison et jusqu’à 9 000 euros d’amende… De quoi vous donner une « indigestion d’escargots » !
A noter que cette réglementation peut être renforcée par un décret préfectoral ou communal.

  • Hélix pomatia (escargot de bourgogne)
  • Hélix aspersa (escargot petit gris)
  • Zonite algirius ou escargot peson ou plus trivial « mange-merde »

Georges Cantin

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