Personnalités

Christian et Joachim Belmas sculpteurs animaliers

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Christian Belmas a jadis été docker sur le port de Sète. Il a aussi été et il est toujours chasseur de gibier d'eau sur l'étang de Thau. Il préside l'association intercommunale de chasse maritime. Il se souvient de ses chasses d'antan et de la nécessité, pour attirer les canards et autres volatiles, d'avoir ses propres pépettes » ou « appelants ». Disposant sur les quais de Sète de la matière première, le liège, il a commencé, comme tout un chacun, à en fabriquer de très simples, juste une forme. Sa technique s'est affinée, ses « formes » sont devenues de plus en plus réalistes et ses amis chasseurs ont commencé à lui demander de leur en faire. Très vite la sculpture sur bois est devenue pour lui une porte de sortie et une fenêtre ouverte sur la nature. Il en a fait son activité principale.

Christian Belmas en fabrique depuis plus de 35 ans. Amoureux de cette chasse traditionnelle, il a, à ce jour, réalisé entre 5 à 6.000 mannequins de bois. Issues d'une longue tradition sétoise, ses « pépettes » se retrouvent partout en France mais aussi à l'étranger dans les sacs des passionnées de cette chasse. A sa grande satisfaction, Joachim, son fils, marche sur ses traces et lui aussi amoureux de la nature perpétue cette tradition.

Un nouveau client pour la famille Belmas, la « Maison régionale de la chasse et de la pêche » à Montpellier (inaugurée en novembre 2015).
C'est une première du genre en France. Elle réunit sous un même toit la Fédération régionale des chasseurs et l'Union régionale de la pêche. Son but ? Tout simplement faire connaître au grand public qui sont ces passionnés de chasse et de pêche et de pouvoir ainsi faire de la pédagogie sur leurs activités.
Pour l'occasion les deux sculpteurs sétois ont eu à créer, chose qu'ils pratiquent peu, des poissons et tout naturellement des oiseaux.

Autre satisfaction, leur contact avec un nouvel admirateur, le Grand Chef 3 étoiles (au guide Michelin) de Megève, Renaut Emmanuel. Ce dernier avait eu l'occasion d'admirer leurs sculptures chez le regretté Benoît Violier. Il leur a donc passé commande de représentations d'oiseaux qui viendront décorer les tables de son restaurant, « flocons de sel ». Aux dernières nouvelles les clients de Megève ont tant apprécié de déjeuner avec les sculptures que certains ont désiré les acquérir.

Quand on est un tant soit peu « ignorés » dans sa propre ville, il est réconfortant d'être appréciés ailleurs.
Mais rassurons nous, Christian et Joachim Belmas ne manquent pas d'admirateurs.

Jean-Marc Roger

 


Morizot, créateur de figurines en bois.

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Michel Izoird, pur pointu (habitant de la Pointe courte à Sète), fut jadis pêcheur « petits-métiers » sur l'étang de Thau. Et comme tout un chacun il a du prendre sa retraite.
Il a été également jouteur, sans l'être à l'excès car il a toujours privilégié son rôle de ramasseur de pavois. Il embarquait aussi les jouteurs. Ce qui lui laissait peu de temps pour jouter personnellement. Il était le soutien logistique lors des tournois car une fois le jouteur tombé à l'eau, il lui fallait vite le remplacer pour équilibrer le poids des barques et il était assez réputé dans ce domaine.
Jouteur, de temps en temps, il créait la surprise en jetant à l'eau quelques lourds alors que lui n'était que moyen. Donc, oui il a jouté mais sans plus.
Suite à une maladie il a carrément arrêté de jouter sans cesser son rôle de ramasseur de pavois. Puis, dans l'incapacité de faire de gros efforts, il a cherché à occuper son temps désormais « libre ».

En 2007/2008 inspiré par le peintre Pierre François, un peintre sétois, il a commencé à peindre. Et tout naturellement il s'est tourné vers ce qu'il aimait le plus, les joutes.
« Les épingles à linge (qui constituent la base de ses réalisations) c'est de tout temps que je les ai regardées car je leur trouvais l'aspect d'un bonhomme. Dans le doute, j'ai commencé par une moitié de figurine ». Puis il s'est progressivement mis à faire des formes entières et « depuis j'invente, je créé mes personnages. Je m'amuse ».
Il prépare actuellement, pour la Saint Louis de 2016, des petits pavois que l'on pourra s'accrocher sur la poitrine. Les 33 qu'il a fait cette année, il les a offert aux femmes de l'animation. Il en portait lui-même deux (un rouge et un bleu) lors du déjeuner de la Saint Louis qui s'est déroulé à la Pointe-Courte.
« Quand j'ai des moments libres, je travaille telle ou telle partie de mes figurines et tout ça à la main, au cutter et à la râpe, sans aucune machine ».
Pour l'an prochain, il envisage même de construire les deux barques des tournois, la rouge et la bleue, complètes avec le jouteur arc-bouté et prêt au combat.

Sa dernière création (les 4 musiciens traditionnels dont une femme au tambour) qu'il a présenté lors de ce même repas, il l'a offert à la jeune femme joueuse de tambour. Michel Izoird ne vend rien mais par contre il offre.
Il aime à travailler sous son abri devant sa cabane au port de la Pointe-Courte mais parfois il entend le pigeon « roucouler » et il sait alors qu'il est attendu au foyer pour une partie de belote. Il ne résiste jamais à cet appel et il s'y rend. Il fait deux ou trois partie et il revient façonner ses figurines.
Calé devant son établi, il prépare déjà la saison prochaine.

Jean-Marc Roger


François Barthélemy Arlès-Dufour

François Barthélemy Arlès est né le 3 juin 1797 à Sète. Il est mort le 21 janvier 1872, lors d’un séjour avec sa femme dans la villa de leur amie Juliette Adam à Vallauris dasn les Alpes-Maritimes. Homme d'affaires pro-européen, il est, entre autres, le fondateur du Crédit Lyonnais et de l’École Centrale. Humaniste, il est aussi l’un des principaux saint-simoniens.

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Une enfance modeste

Fils d'un sous-officier de Lodève, François Barthélémy Arlès connait, après la mort de son père, une jeunesse assez pauvre. En 1814, âgé de 17 ans, il obtient un poste de contremaître dans une manufacture de châles en soie.
En 1816, son employeur, l’envoie en Allemagne comme voyageur de commerce. Il ne se contente pas de vendre tissus et châles mais lit aussi Adam Smith, Stuart Mill, Ricardo et assiste en 1820 au cours de Jean-Baptiste Say au Conservatoire. Il apprend non sans difficulté l’anglais et l’allemand et fait la connaissance à Francfort de Prosper Enfantin, le futur prophète du saint-simonisme et à Munich de Gustave d’Eichtal, qui devait être le banquier du mouvement. Le congrès de Carlsbad (1819) le conforte dans son hostilité aux rois et aux prêtres : il est un partisan convaincu de la souveraineté du peuple.

Alès devient Alès-Dufour

 A Leipzig, grande ville de foire, il se lie avec Paul-Émile Dufour qui lui propose d’entrer dans la maison Dufour frères . A 28 ans il prend la direction de la succursale lyonnaise (1822) et épouse la fille unique de son patron en 1824. Il accole - par souci d'égalité homme/femme - le nom de Dufour à celui d'Arlès. La succursale lyonnaise de la maison Dufour durera jusqu'en 2013, sous les noms successifs de Chabrières-Morel (à partir de 1885), puis Morel-Journel & Cie (à partir de 1930).

Éclairé et humaniste

Élu à 35 ans à la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon, il joue un rôle de premier plan tant sur le plan strictement industriel, organisation du chemin de fer Lyon-Paris, initiateur du Canal de Suez, que sur le plan financier, création du Crédit lyonnais, sur celui de l'humanisme. Il fonde la Ligue internationale et permanente de la paix avec le journaliste Émile de Girardin et le pacifiste Frédéric Passy, contributeur au développement du Saint-simonisme en France avec pour maxime: « Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »
Il attache une grande importance à l'enseignement, lui qui fut autodidacte, en créant l'École centrale de Lyon et la Société d'enseignement professionnel du Rhône.

Militant pour l'égalité de l'homme et de la femme, il accole dès son mariage, le nom de son épouse au sien. Il soutient personnellement Julie-Victoire Daubié dans sa démarche à devenir la première femme bachelière de France à Lyon. Avec J-V Daubié, il fonde l'Association pour l’émancipation progressive de la femme dont il en est le président. De l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, il obtient que la Légion d'honneur soit décernée à la femme peintre Rosa Bonheur.

Passionné par l'économie en lien avec des penseurs anglais - notamment John Bowring, Richard Cobden et John Bright -, il rédige divers articles sur l’industrie lyonnaise, la tarification douanière, le rapprochement nécessaire avec l’Angleterre facteur de « l’association universelle des peuples », etc. Il plaide également pour l’impôt progressif, «proportionné aux revenus, le seul raisonnable, le seul en harmonie avec le principe de l’égalité des charges ».

Militant pour la paix entre les peuples d'Europe par le commerce et le libre-échange, il catalyse en 1860 la signature du Traité de commerce franco-britannique, dit traité Cobden-Chevalier et dont le signataire pour la France Michel Chevalier dira : « La Chambre de commerce de Lyon a mérité que son nom fut inscrit dans l’histoire. Rien n’aura contribué autant que l’impulsion d’Arlès pour lui valoir cet honneur. »

Fondateur en 1863, avec le concours de son ancien collaborateur Henri Germain, du Crédit lyonnais, il s'implique également dans la Banque de Lyon, future succursale lyonnaise de la Banque de France ainsi que dans la Caisse des associations coopératives à Paris.

Commandeur de la Légion d'honneur et membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, il a été adjoint au maire de Lyon en 1830, conseiller municipal de la Guillotière, conseiller municipal de Lyon en 1855, et conseiller général du Rhône, après avoir refusé à diverses reprises la députation.

Pionnier des chemins de fer

Comme nombre d'autres saints-simoniens, c'est un fervent partisan du chemin de fer qui participe à son élaboration et son extension, notamment dans la région lyonnaise, en étant administrateurs des compagnies de Paris à Lyon, de Marseille à Avignon et de la de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Ancien résidant d'Oullins et père du maire de cette ville, ses funérailles dans cette commune ont lieu en présence de nombreux employés du PLM.