Histoire d'Agde

La Glacière Communale d'Agde

Depuis des temps lointains, on utilise la glace pour conserver certains aliments (poisson et gibier), se désaltérer (avoir du vin frais) ou faire tomber les fièvres. Agde n'a pas failli à cette règle.
Les travaux de la « grande glacière communale » d'Agde débutent dès le 28 mai 1680. Elle se trouve au point le plus haut de la ville et elle côtoie les remparts, ce qui permettra l'écoulement des eaux de fonte dans les fossés de la ville. Elle a un diamètre de 6,50 m et une hauteur moyenne de 7,80 m à 8,50 m. Elle a été construite entièrement en basalte, en pierre de lave.

Toute proche et actuellement invisible car recouverte, il y a à ses côtés la « petite glacière » de dimensions plus modestes, 4,95 m de haut pour un diamètre identique, soit 4,95 m. Les deux étaient reliées par un caniveau d'évacuation des eaux de fonte.
La collecte se faisait, bien évidemment en hiver, à une période, il faut le souligner, où les températures étaient bien plus froides que maintenant. Il est dit qu'à cette période il n'était pas rare d'avoir de la neige à mi-cuisse en pays d'Agde. Même le fleuve Hérault gelait parfois, c'est dire que les temps ont bien changé. Les douves au pied des remparts de la ville servaient elles aussi à collecter de la glace sans aller bien loin la chercher.

Le transport de la glace était fait par des tombereaux et toute la population participait à ce ramassage, hommes, femmes et même les enfants. La glace collectée dans les fossés de la ville était alors descendue par l'ouverture supérieure puis disposée au sol sur une « trame de bois  de tamarins pour soutenir la glace tout en permettant l'évacuation de l'eau de fonte. Une couche épaisse de paille était ensuite déposée puis le tout recouvert de toiles de jute ». Et ainsi de suite jusqu'à combler tout l'espace vide de la glacière. Les hommes étaient chargés de la descente de la glace et le rôle des femmes était de piler cette glace. Puis la glacière pleine, on en scelle l'ouverture supérieure (l'occulus) pour ne la rouvrir qu'au mois de mai/juin.

Malgré l'isolation et la fermeture de tous les accès il n'était pas rare de constater entre 20 et 30% de perte en glace.
Une boutique de vente était située sous les arcades de la Maison du Coeur de Ville. La vente était sévèrement contrôlée et les débits de boissons (les bars à vin de l'époque) ne pouvaient en bénéficier car la glace était réservée à la population et pas comme une « denrée » de luxe. La vendeuse devait aussi tenir un état récapitulatif à jour qu'elle devait remettre, chaque soir, au contrôleur de la communauté.

La grande glacière continuera à produire de la glace jusqu'en 1884. En 1879, Agde voit apparaître la première machine à fabriquer la glace. Son propriétaire en est un certain François Pelissier et il tient boutique. Cette acquisition sonne la fin progressive de la glacière productrice de glace. Ensuite elle sera revendue pour d'autres utilisations dont comme poulailler.
C'est par un pur hasard, en 1994/1995, que des ouvriers de la municipalité ont redécouvert cette glacière qui avait été « oubliée ».

La ville d'Agde aurait, hors de glacières privées, possédait jusqu'à 4 glacières communales. Certaines ont été découvertes encore récemment. Dont la dernière il y a environ 3 ans, celle du Comte-Evêque d'Agde située entre la cathédrale et le Palais des Evêques. Elle s'avère peu visitable à l'heure actuelle mais on a pu voir que sa construction était bien supérieure à la « grande glacière ». Ses murs sont en pierres taillées et même finement taillées.

Un grand merci à Arnaud Sanguy guide conférencier du Service Patrimoine ainsi qu'aux archives municipales de la ville d'Agde.

Photos et plans en provenance des archives municipales de la ville d'Agde.
Des visites sont organisées à la belle saison pour visiter cette « grande glacière ».

Renseignements pratiques :
Mission Patrimoine - îlot Molière 06 45 82 46 14 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

La naissance du Grau d'Age.

avec l'aimable autorisation de Arnaud Sanguy, guide-conférencier à la ville d'Agde

Le Grau d'Agde est un quartier de la ville d'Agde. Il est situé à la fois sur les bords du fleuve Hérault, sur sa rive gauche, et oui l'Hérault est bien un fleuve, et en bordure de la mer Méditerranée. Sa position stratégique en a de tout temps fait un lieu fréquenté par les pêcheurs. Mais avant cette implantation, qui perdure encore, il a fallu « nettoyer » la zone de ses marais insalubres.
L'embouchure du fleuve s'ensablant assez régulièrement il a aussi fallu réfléchir et agir pour limiter cette nuisance gênant la circulation des barques de pêche et des navires de commerce. De tout temps il a fallu combattre cette gêne qui empêchait le trafic normal des bateaux.


Carte du grau d'Agde (1698)
 
Plan et sondes du grau d'Agde (1735)

Les bateaux de commerce était contraints de s'amarrer sur la côte, de décharger leurs cargaisons sur des barques à fond plat qui allaient porter les marchandises sur le port d'Agde. LoLa naissance du Grau d'Age.ng et fastidieux travail.....Et l'Hérault est un fleuve capricieux.La naissance du Grau d'Age.
Il y a même eu une période où il était possible de traverser à pieds d'une berge à l'autre de l'Hérault.
Les autorités voulant éliminer ces contraintes ont tenté de modifier le barrage de la Pensière (près du Moulin des Evêques) pour en augmenter le débit et ainsi évacuer le sable … Ce fut un échec. On construisit des quais en basalte pour canaliser le lit du fleuve qui eux aussi n'amenèrent pas les progrès souhaités.
A certaines périodes les gros navires étaient contraints de naviguer au centre du fleuve, ce qui posait un réel problème pour le croisement des bateaux.
Puis on se fit la réflexion qu'il fallait agir sur l'embouchure du fleuve et pour cela on fit venir un ingénieur de Paris qui étudia les courants marins et qui fit construire deux jetées encore visibles de nos jours.
Par un système simple, mais il fallait y penser, en construisant une jetée plus longue que l'autre, il créa une sorte de siphon qui draguait l'embouchure du fleuve. La jetée actuelle du côté du Grau est de 20 m plus longue que celle côté Tamarissière.
Ce système fonctionnera jusqu'au début du 19° siècle environ.
Depuis vous pouvez admirer le travail qui a du être entrepris et qui fut une réussite.
Laissez moi vous « guider » sur la rive droite à la découverte de la jetée. Un lieu qui m'a paru « magique »...

Le Grau d'Agde aujourd'hui
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Visites Théâtralisées d'Agde

photo: Renaud Dupuy de la Grandrive

Tous les mercredis soirs durant l'été. La Mission Patrimoine de la Ville d'Agde propose des Visites Théâtralisées.
Des personnages de l'histoire d'Agde vous entraînent dans un tourbillon imaginaire à travers les époques.
De l'action, de l'amour, de l'humour, une occasion de passer les portes du temps et de découvrir les personnages hauts en couleur ...dans le décor patrimonial de la cité d'Agde.
Un superbe spectacle qu'il serait dommage de manquer.

Prévoir chaussures adaptées. Tarif : 10€, 7€.
informations et réservations : 06 45 82 46 14 ou 04 67 31 87 54 à 21h départ de l'Office de Tourisme d'Agde, Place de la Belle Agathoise, Agde

Une plongée au cœur de la cité agathoise occupée …

Ce livre unique de David Mallen nous fait revivre ou découvrir cette période troublée de la Seconde guerre mondiale en abordant notamment l’occupation de la région d’Agde, l’organisation de l’armée allemande, son dispositif ainsi que la construction des fortifications.
Illustré de nombreux documents photographiques inédits, ce travail d’histoire et de mémoire vous fera pénétrer dans le quotidien des Agathois pendant cette période sombre.

David Mallen

Né en 1973 à Béziers, David Mallen est originaire d'Agde. Il a fondé en 2009 l'association "Agde Histoire 39-45", dont il est le président, qui a pour but la recherche, l'inventaire, l'étude et la sauvegarde du patrimoine historique Agathois pendant la deuxième guerre mondiale.
"Agde sous l’occupation allemande – 1942 - 1944" est son premier livre, fruit de sa passion pour l’histoire et de multiples années de recherches dans les archives françaises, américaines et allemandes.

pour commander cet excellent ouvrage:
http://agdesousloccupation.free.fr

Quand les Alliés bombardèrent la ville d’Agde

par David MALLEN


en arrière plan le Cap d Agde et Fort Brescou

 

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David MALLEN

David Mallen, originaire d’Agde, tient sa passion pour l’histoire régionale en générale et pour la période de la Seconde Guerre Mondiale en particulier, de ses racines familiales.
Son grand-père paternel, Pascal MALLEN, a servi la France pendant cette époque notamment pendant la Campagne de France de 1940. Blessé puis fait prisonnier à Epernay, il fut par la suite interné dans le stalag IXA de Ziegenhain en Allemagne.
Son grand-père maternel, Joaquim FALO, fut aussi un témoin de cette période marquante. En tant que réfugié espagnol, fuyant la dictature de Franco, il fut également interné dans un premier temps au camp d’Argelès puis au camp d’Agde en 1939. Engagé volontaire aux travaux de la ligne Maginot jusqu’à la débâcle puis caché par les FFI à la Grand- Combe dans les Cévennes.
Ces grands témoins de l’histoire vécue ont fait naître en David MALLEN cette passion pour cette période allant de 1939 à 1945, à travers les différents récits qu’ils lui ont racontés dans son adolescence. Ils lui ont donné cette envie d’aller plus loin sur le sujet et de comprendre cette époque dans son contexte historique.

David Mallen a écrit un livre passionnant sur la ville d’Agde sous l’occupation allemande de Novembre 1942 à Août 1944. Cet ouvrage contient de nombreux éléments inédits : photos, documents d’archives de divers pays, interviews, etc.
Il sera publié d’ici la fin de l’année par les “Editions Histoire et Fortifications" et il contribuera à pérenniser l’indispensable devoir de mémoire des jeunes générations pour cette période où la liberté et les valeurs républicaines étaient en jeu.

 

   

En prélude au débarquement de Provence, le 15 août 1944, opération Anvil Dragoon, les Alliés lancent une vaste offensive sur l’ensemble du littoral méditerranéen. En fait, cette attaque à deux objectifs : affaiblir les défenses Allemandes, et les tromper quand au lieu du débarquement. En effet, il faut savoir que les plages languedociennes représentent un point idéal de débarquement, malgré le mur de la Méditerranée « le Südwall » construit par les Allemands. De plus, Sète est un port relativement important, ce qui est nécessaire pour assurer le ravitaillement des troupes débarquées. Les Alliés souhaitent conforter les Allemands dans cette idée. Or, s’ils envoient tous leurs bombardiers sur la Provence pour affaiblir les défenses côtières, l’Etat major allemand en déduira que c’est le lieu du futur débarquement.

Aussi pour tenir secret le lieu du débarquement, tout en affaiblissant les défenses côtières, il est nécessaire de bombarder tout le littoral Méditerranéen. C’est la tâche qui est confiée à l’aviation.

Les bombardements américains des 12 et 13 Août sur les positions d’artillerie allemande de la zone côtière d’Agde, furent effectués par le 55th Bomb Wing (escadre), composé des 460th, 464th, 465th et 485th Bombs Groups ; Ces groupes basés en Italie, Spinazzola pour le 460th, Pantanella pour les 464 et 465th et Venosa pour le 485th, étaient équipés de bombardiers quadrimoteurs B-24 « Libérator ».

Pour les missions sur Agde, ces groupes évoluèrent en deux formations de croisière à partir de leurs bases jusqu’au Point Initial à proximité de l’objectif entre 35 et 40 km défini en latitude et longitude lors de la préparation de la mission pour se scinder alors en quatreformations d’attaque, de 6 à 8 appareils, chacune se dirigeant alors vers l’objectif qui lui était désigné. Ces formations étaient codées des noms donnés aux objectifs : Able, Baker, Charlie et Dog voir Easy pour le 485th BG.

Le 12 Aout 1944 à 11h12, la formation Dog, du 460th Bombs Groups, 6 appareils bombardèrent la position d’artillerie de Saint Martin des Vignes cible R-911096. Ils larguent 15 tonnes de bombes de 500 livres, soit 240 kg. Il s’agit de la bombe de 500lb type M.43 (L : 1,14 m, diamètre 0,41 m) contenant 120 kg d’explosif. Le lendemain, le 13 Août à 13h08 et 13h15, les formations Dog du 460th et 464th Bombs Groups soit 13 appareils larguent 32 tonnes de bombes sur Saint Martin. Les dégâts furent énormes sur la campagne de Saint Martin des vignes, son château et sa chapelle attenante, où réside l’état major Allemand de la 4ième Compagnie de la 101ième  Groupe d’instruction d’artillerie côtière. Ces deux bâtiments furent totalement dévastés par le feu et détruits par les bombes. Les autorités allemandes en place furent appel aux pompiers d’Agde vers les 21h50 car ils n’arrivèrent pas à maîtriser ce feu.

Ce n’est pas la seule position sur Agde qui est bombardée, outre la zone interdite, où  seuls les Allemands et les requis peuvent aller, le 12 Août 1944, à 11h03, la campagne de Baluffe cible 943108 fut la cible du 465th et 485th Bombs Groups de la formation Dog. Un total de 13 appareils largue 33 tonnes de bombes sur les positions de la 1ère Compagnie de la 101ième  Groupe d’instruction d’artillerie côtière Allemande. Le lendemain en début d’après midi à 13h11 et 13h16,  le 465th et le 485th Bombs Groups larguent sur cette même position à l’aide de 14 appareils un total de 32 tonnes de bombes. Sous ce déluge de bombe, le château de Baluffe fut détruit car les Allemands avaient mis leurs cannons en position autour de celui-ci.

On ne peut pas dire que les bombardements furent un grand succès malgré les 112 tonnes de bombes et les dégâts occasionnés aux positions allemandes mais, comme on le sait, ce n’était pas le but de ces deux jours. L’opération était une forme d’intox pouvant laisser croire aux troupes d’occupation que le débarquement du 15 Août pouvait avoir lieu sur ce secteur du Languedoc-Roussillon.

David MALLEN
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vue aérienne sur l'hérault et les bombes qui explosent en bord de mer