Terroirs

HVE, TERRA VITIS : deux certifications pour Montagnac Domitienne (2)

 

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Les Vignerons de Montagnac Domitienne regroupent depuis près de 2 ans les coopérateurs de Montagnac et de Tourbes ainsi que ceux de Cournonsec...
Cette union ne les a pas empêchés de voir Montagnac Domitienne labellisée HVE et Terra Vitis pour une partie de ses exploitations agricoles...
 
Deux certifications qui prouvent que Montagnac Domitienne et de nombreux coopérateurs sont soucieux du respect de l'environnement et agissent pour que leurs exploitations soient de plus en plus respectueuses de celui-ci.
 
Car la certification HVE ou Haute Valeur Environnementale (HVE) correspond au niveau le plus élevé de la certification environnementale des exploitations agricoles. Depuis février 2012, date de mise en œuvre de ce dispositif français, le nombre d'exploitations certifiées a connu un développement constant.
 
Et Terra Vitis, c'est la certification écoresponsable en viticulture durable. Fondée sur les 3 piliers du Développement Durable, elle s’applique de la plantation à la mise en bouteille et intègre une dimension sociale et économique. Les objectifs de la démarche sont clairs : répondre aux attentes du consommateur, respecter l’environnement et le terroir, préserver la santé des consommateurs et des vignerons, être compétitif et économiquement viable. Par conséquent, les adhérents Terra Vitis® observent, raisonnent toutes les interventions et n’interviennent avec des intrants que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution. De plus, ils s’engagent à respecter les règles de décision et les engagements définis par Terra Vitis®.plantIMG_20200727_184725
 
Cela a impliqué un travail différents dans les caves.
 
domi3333CaptureCar pour obtenir la certification HVE il y a deux voies : une comptable et une technique .
La technique est la plus utilisée : avec ses 3 niveaux
Les différentes démarches à mettre en place
  1. 1er niveau : le respect des exigences environnementales et agricoles. ...
  2. 2e niveau : respect d'un référentiel plus complet de mesures. ...
  3. 3e niveau : la vérification de l'efficacité des mesures.

    Pour obtenir cette certification HVE, trois niveaux de démarches ont été identifiés. Ce n’est que lorsque le troisième niveau est atteint que la certification peut être accordée.

    1er niveau : le respect des exigences environnementales et agricoles

    Les exploitations agricoles qui reçoivent des aides de l’Etat, via la PAC notamment (c’est-à-dire la quasi totalité d’entre elles) sont tenues de respecter différentes exigences, notamment en matière environnementale. La première démarche pour les exploitations agricoles qui souhaitent obtenir la certification HEV est donc de respecter ces exigences de base.

    En outre, il s’agit de réaliser une évaluation de la situation de l’exploitation au regard des exigences des niveaux deux et trois.

    2e niveau : respect d’un référentiel plus complet de mesures

    Dans un second temps, l’exploitant agricole devra aller plus loin dans sa démarche, notamment :

    • en veillant à identifier et protéger les zones qui, dans son exploitation, sont les plus importantes pour le maintien de la biodiversité ;
    • en utilisant de manière plus ciblée les produits phytosanitaires ;
    • en stockant les fertilisants et en les utilisant de manière raisonnée ;
    • en optimisant les apports en eau.

    Il s’agit donc de se donner les moyens de mettre en place une agriculture plus raisonnée.plantIMG_20200727_190231

    3e niveau : la vérification de l’efficacité des mesures

    Un organisme certifié vérifie que les moyens mis en place dans ces différentes matières (biodiversité, produits phytosanitaires, fertilisants, eau) ont porté leurs fruits. Il s’agit de mesurer les résultats concrets et de vérifier qu’ils ont atteint les seuils définis.

    Comment lancer la procédure pour être certifié HVE ?

    Il est possible d’introduire sa demande de manière individuelle ou collective :

    • demande individuelle : l’exploitant contacte un organisme certificateur agréé à chaque étape ;
    • demande collective : la structure (coopérative, négociant, collectivité territoriale) recense les agriculteurs intéressés et les accompagne dans la réalisation du premier niveau d’exigence, elle vérifie en interne qu’ils respectent le second niveau avant de prendre contact avec un organisme de certification qui valide ou non le travail mené.

    Les différentes informations et les formulaires peuvent être trouvés sur le site du ministère de l’Agriculture.ghivIMG_20200328_192258

    Qu’elle soit collective ou individuelle, la certification HVE est valable pour trois ans et peut bien entendu être renouvelée.

Les précisions sur : https://agriculture.gouv.fr/la-haute-valeur-environnementale-une-mention-valorisante-pour-les
 

Pour Terra vitis ce sont des valeurs auxquelles l'on doit se tenir :
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Respecter ses engagements pour le consommateur et pour les générations futures
Protéger la vie de la terre
Conduire la vigne de manière raisonnée
Tous les jours, se remettre en question
Avoir le goût des autres
Etre transparent à tous les étages
Penser que la Terre n'est qu'emprunter et servira aux générations futures
  1. Les détails sur : https://terravitis.com/les-vins-terra-vitis/

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    Lors des dernières vendanges (2020) 100% de la récolte sur des exploitations HVE est passée ce qui permet à MONTAGNAC-DOMITIENNE d'être labellisée. Il y a eu un audit à la cave (Véritas) et la procédure pour la récolte sur 52 exploitations (vinification à part) a été validée. Ces 52 exploitants étaient volontaires pour passer en HVE. Ils avaient été 72 à participer à une formation de 3 jour. 52 ont été retenus car ils rentraient dans le cadre des critères demandés. 

    Si HVE est la priorité, Terra Vitis est une certification différente mais au niveau de la Cave le choix a été que les "Terra Vitis" soient aussi HVE. (Terra Vitis correspond en effet au niveau 2 de HVE)

    6 exploitations Terra Vitis à Montagnac Domitienne dont la récolte est vinifiée elle aussi à part (certification Afnor)...

    Actuellement, sur 176 000hl de vin (2020) 80 000 Hl ont été certifiés HVE et 12 500 Terra Vitis.

    L'objectif étant de passer en plusieurs années à 95% de la "Cave" en HVE.

    Cette année 15 exploitations de plus devraient passer en Terra Vitis, et pour HVE, ce devrait être 26 de plus.

    Car la prise de conscience des viticulteurs au niveau environnemental ne date pas d'aujourd'hui. Déjà 800 Ha sur les 2800 pratiquent la confusion sexuelle (  ) qui va dans le sens du respect de la biodiversité. Mais il est nécessaire d'aller plus loin et tout est fait pour motiver les exploitants.dominnnDSC00006

     

    A ce sujet Monsieur Frédéric Clerissi  de Montagnac Domitienne est un bon relais de communication. Il précise à ce sujet : "Les indécis  sont motivés par le fait que la HVE est une plus-value qui valorise leurs exploitations et leurs récoltes... Cela se traduit en premier lieu avec des crédits d'impôts au niveau des exploitations en HVE et il en est de même pour l'abandon du glyphosate".

    Mais ce n'est pas tout, car avec la nouvelle PAC, pour les exploitants qui s'engagent en HVE la subvention pour l'aide à la plantation est de 100% (de l'aide prévue).

    Et enfin, depuis le 1er janvier 2021, les non HVE sont dans l'obligation de payer un conseil stratégique pour leur exploitation. Les HVE non...

    "Nous avons bien compris qu('il y a plus de rentabilité en étant certifié HVE et aucun exploitant qui a fait la démarche ne le regrette d'autant que leurs récoltes ne sont pas (ou très peu)  impactées. Et de plus, les négociants pour répondre à la demande achètent eux-aussi des vins qui résultent de ce type de démarche. Castel et Grands Chais de France sont très demandeurs. C'est donc une valorisation pour tous." Précise Frédéric...

    La cave est fière de voir de nombreux exploitants s'inscrire dans cette voie.

    Elle est même aidée par l'Etat, la Région et le Département... Pour réimplanter des haies autour de certaines vignes d'exploitants coopérateurs

    Et pour compléter tous ses efforts qui vont dans le sens d'un meilleur respect de l'environnement, des Terres et de la Biodiversité des aires de lavage collectives pour le remplissage, le lavage ... des pulvérisateurs, dédiées aux viticulteurs, sont ou seront crées dans le secteur (Cournonterral, Montagnac...).

     

    Que du positif...

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L'avenir de nos terroirs

« Quelle agriculture pour demain ? » s’interrogeait un café citoyen à Mauguio début mars. La COP 21, le Salon international de l’Agriculture à Paris, la 11e Semaine mondiale pour des alternatives aux pesticides, du 20 au 30 mars, fournissent autant d’occasions de réfléchir, débattre, alerter, sur l’état et le devenir de la production agricole, encore massivement viticole autour de Montpellier et dans l’Hérault. Acteurs économiques - producteurs, groupes agroalimentaires, distributeurs -, acteurs politiques, du gouvernement aux pouvoirs locaux et aux partis, consommateurs, nous voilà tous concernés. Chacun fait entendre sa voix, parfois avec véhémence, ou pèse de son silence sur le débat. Le consommateur qui veut manger sain, mais hésite à payer un surcoût, l’élu qui défend un périmètre agricole pour nourrir sa métropole, mais fait face à une pression foncière grandissante, le vigneron qui livre son vin en gare St Roch à Montpellier, Ségolène Royal venue à Escale à Sète s’engager contre les pesticides? C’est un premier pas. Un nombre grandissant de courants s’accorde sur l’urgence à passer de la parole aux actes. Alors oui, quelle agriculture, quelle viticulture voulez-vous pour demain? La réponse n’est pas seulement économique, politique, environnementale ou philosophique, elle est aussi citoyenne.

 

Pesticides : des chiffres contre des idées reçues

  • Une consommation de pesticides en hausse: +5,8 % entre 2011 et 2014, + 9,4 % entre 2013 et 2014, faisant de la France le 2e utilisateur en Europe, après l’Espagne.
  • 3/4 des principales cultures alimentaires dépendent des pollinisateurs, victimes des pesticides.
  • Plan Ecophyto, de réduction de moitié des herbicides, lancé en 2009 : a échoué. Repoussé de dix ans en Octobre 2015, objectif 2025
  • Nous portons tous de traces de pesticides sur nous, selon l’Institut de veille sanitaire.
  • Néonicotinoïdes: pesticides tueurs d’abeilles. Le Ministre Le Foll reconnaît leur toxicité, mais aucun chiffre n’est disponible sur les quantités utilisées en France.
  • Le coût des pesticides: l’étude de deux chercheurs de l’INRA, Thomas Guillemaud et  le Montpelliérain Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations (INRA, Cirad, IRD, SupAgro Montpellier) sur les années 1990 aux Etats-Unis, publiée dans Sustainable Agriculture Reviews chiffre à  27 milliards de dollars par an les gains et 40 milliards de dollars les coûts. Parmi eux, les couts économiques sont d’ordinaire peu évalués ou sous-estimés, comme la perte de productivité par usure des sols, ou la résistance aux pesticides. S’y ajoutent des coûts sanitaires (frais médicaux, maladies chroniques, ) environnementaux (pollinisation) réglementaires  (contrôles, dépollutions) et d’évitement (surcoûts de consommation  bio).

L’agroécologie 
« La pratique agricole ne doit pas se cantonner à une technique, mais envisager l’ensemble du milieu dans lequel elle s’inscrit avec une véritable écologie » écrivent Jacques Caplat, agronome, et Pierre Rahbi Le Monde du 15 mars. Cette pratique alternative vise, entre autre, à utiliser les interactions entre écosystèmes, cultures associées, insectes prédateurs auxiliaires, plutôt que des intrants chimiques. Elle refertilise les sols, lutte contre la désertification en visant à « réinvestir les campagnes », préserve la biodiversité - dont les semences-, et optimise l’usage de l’eau. Elle se présente comme « une alternative peu coûteuse », pour une agriculture de qualité, dont les rendements sont désormais aussi bons que ceux de l’agriculture conventionnelle. L’agroécologie prône les circuits courts, court-circuit de la logique des grands groupes et des grandes surfaces. « L’agroécologie est … un humanisme véritable » selon ses penseurs.

   

Des questions et des chiffres

Qui nous nourrira demain? Les agriculteurs disparaissent, qui travaillent pour une rémunération de misère, leur prix de vente étant inférieur au prix de revient, et font figure de premières victimes des pesticides qu’ils épandent.
Comment faire face à l’augmentation de la population mondiale ?
Les fermes de mille vaches dans le nord de l’Europe, ou plus vastes encore en Chine sont-elles la solution ? Les vieux démons resurgissent, avec un cas avéré de vache folle en France le 24 mars.
Sur quelles terres? Si elles n’ont plus de valeur dans le centre de la France, elles en ont trop  en zones péri-urbaines dans le Sud. Et la terre s’épuise à nous donner ses fruits. Les agronomes Lydia et Claude Bourguignon nous alertent depuis trente ans sur l’érosion des sols, sur lesquels nous ne pourrons plus cultiver. Notre système d’exploitation arrive en bout de course.
Quels effets de nos modes de production sur la santé et l’environnement ?
Le risque sur la santé est triple: cancérogène, mutagène (toxicité pour l’ADN), endocrinien, sur la fertilité, le fœtus et l’enfant, selon les travaux du professeur Charles Sultan à Montpellier. On s’interroge sur un effet cocktail, multiplicateur, entre différentes substances.
Les alertes des chercheurs sur les altérations climatiques, sur la raréfaction de l’eau pour les productions, largement évoquées à la COP 21 à Paris, ne se sont pas traduites en actes. La semaine pour les alternatives aux pesticides met en lumière la présence de résidus dans notre eau potable, touchant 400 000 habitants dans l’Hérault selon une enquête de Midi Libre. Après la bataille contre les pesticides « tueurs d’abeilles » à l’Assemblée Nationale, celle autour du glyphosate va se porter à la commission européenne à Bruxelles. Pollution de l’air, de l’eau, des sols, les signaux se multiplient pour nous engager à changer de pratiques.
Et l’idée gagne du terrain … agricole. Les surfaces en culture biologique progressent, + 17 % en 2015, et couvrent 1,5 million d’hectares. 24 000 ha de vignes sont convertis en Languedoc-Roussillon, champion de la viticulture biologique (30 % de la production nationale). 65% des Français ont consommé régulièrement des produits bios en 2015, contre 37 % en 2003.
Des alternatives sont pensées à tous les niveaux. Sudvinbio  accompagne les viticulteurs dans leur conversion et leur adaptation à de nouvelles pratiques. Le concept d’agroécologie entre dans les esprits. Il est inscrit depuis Octobre 2014 dans la loi d’avenir de l’agriculture. Le Ministre, Stéphane Le Foll veut maintenant en introduire des principes dans les cahiers des charges de l’INAO, qui délivre AOP, IGP et labels rouges, sur la base de changements « qui ne peuvent être instantanés, mais progressifs ».
Les pouvoirs locaux ne sont pas en reste. Au 3e Parlement des territoires à Castries, 110 élus de huit départements s’engagent à poursuivre leur démarche de coopération territoriale entre monde rural, urbain et périurbain (…) « à défendre conjointement la production locale viti-vinicole »
Montpellier Méditerranée Métropole, qui intègre une commission à l’agroécologie, s’est engagée dans une réflexion pour la sauvegarde de terres agricoles en zone péri-urbaine. La question agite nos territoires, du pays de l’Or au pays de Thau. De Mauguio, Castries à Montbazin, des collectifs  sensibilisent, invitent à des actions.  Les initiatives locales ne manquent pas d’imagination pour mettre sur pied des circuits courts (marchés, paniers, boutiques) afin de privilégier les productions de proximité et minimiser les transports. En toile de fond, ce sont de nouvelles solidarités que portent ces expériences locales. Le Village des possibles à Montpellier fin mars en est l’illustration.
Le tableau s’assombrit quand le Ministre Stéphane Le Foll lui-même écrit aux députés pour ne pas procéder à l’interdiction brutale des néonicotinoïdes, qui sont finalement disponibles jusqu’en 2018, ou que les échéances des programmes Ecophyto sont repoussées de dix ans. Les déclarations d’intentions ne suffisent plus. Le Président de la Fabrique citoyenne à Mauguio, Daniel Bourguet, résume : « Il y a du pain sur la planche, mais plus que parler, il faut maintenant agir ». N’est-ce pas ce qu’est venue dire la Ministre de l’environnement à Sète ?

Florence Monferran