Sciences

Toujours plus vite

 
Ainsi que le notait Gaston Bergé le père de la prospective française, « l'homme a mis des milliers d'années pour passer de la vitesse de sa propre course à celle que peut atteindre un cheval au galop. Il lui a fallu vingt-cinq ou trente siècles pour parvenir à couvrir cent kilomètres dans une heure. Cinquante ans lui ont suffi pour dépasser la vitesse du son. ». En 1969 Appollo 10 fut le premier engin spatial à pilotage humain à atteindre les 40.000 km/h. Lancée en 1976, la sonde Hélios 2 allait dépasser les 250.000 km/h en pointe. Nous verrons au chapitre 8 consacré à l’espace que certains projets nous amènent encore plus loin avec des vitesses prodigieuses.

Certains scientifiques envisagent même sérieusement que la vitesse de la lumière soit un jour dépassée. Selon Harold G. White, un ingénieur de la NASA, qui travaille au Centre spatial Lyndon B. Johnson de Houston, il est théoriquement possible de contourner la théorie de la relativité d’Albert Einstein selon laquelle aucune vitesse dans l’univers ne peut excéder celle de la lumière. Pour cela il propose d’utiliser la « propulsion Alcubierre » qui permettrait d’atteindre des vitesses supraluminiques en déformant l’espace-temps autour du vaisseau et ainsi de réduire considérablement la distance réelle à parcourir . Harold White a calculé que l’énergie nécessaire pour courber l’espace serait minimum si la « bulle de distorsion » prenait la forme d'un tore. Pour le moment la petite équipe de la NASA qui travaille sur ce sujet cherche modestement à créer de telles distorsions à l’échelle microscopique. Pour suivre ces éventuelles distorsions de l’espace-temps, la NASA a fabriqué un interféromètre spécial dit de White-Juday. En cas de réussite de ces tests, le projet s’intéressera à des objets plus gros avec l’espoir de parvenir à une véritable percée dans le domaine spatial.

source : Harold G. White. [2]

[1] Gaston Berger, Jacques de Bourbon-Busset, Pierre Massé. “De la prospective – Textes fondamentaux de la prospective française (1955-1966 )” – Editions L’Harmattan
[2] Harold G. White. Warp Field Mechanics 101. 100 Year Starship Symposium, Orlando, Floride (septembre 2011) 

Les Romains chassaient-ils la baleine en Méditerranée ?

 

© D. Bernal-Casasola, University of Cadiz. Des archéologues en train de travailler sur les ruines de Baelo Claudia.

Cette ancienne ville romaine (proche de Tarifa, dans l’Andalousie, Espagne) avait une des plus grandes usines de transformation de poissons de la région, avec une capacité totale de 475 m3. Cette étude suggère que ces usines auraient pu aussi servir à transformer des baleines.


© NOAA - Une baleine franche de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) et son baleineau.

Cette espèce a quasiment disparu suite à des siècles de chasse. Aujourd’hui, seulement une petite population persiste au large des côtes de l’Amérique du Nord. Cette étude révèle que cette espèce entrait dans la mer Méditerranéenne pour se reproduire.

   

La chasse commerciale à la baleine, jusqu’ici considérée comme ayant commencé avec les baleiniers basques vers 1 000 après J.-C., a entrainé la disparition des baleines franches (Eubalaena glacialis) et des baleines grises (Eschrichtius robustus) dans l'Atlantique Nord-Est.

Une équipe internationale, impliquant des chercheuses du CNRS et de l’université de Montpellier (1), a utilisé de nouvelles techniques d’analyses moléculaires pour étudier des os de baleines provenant de sites archéologiques d’usines romaines de salage de poisson dans le détroit de Gibraltar. L’équipe a montré qu'il y a 2 000 ans, des baleines grises et des baleines franches étaient présentes en Méditerranée, probablement pour s’y reproduire.

Cette découverte, publiée le 11 juillet 2018 dans Proceedings of the Royal Society of London B, élargit considérablement l'aire de répartition historique connue de ces deux populations de baleines et soulève la possibilité qu'une industrie baleinière romaine oubliée ait contribué à leur disparition.

 

(1) Au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/Université de Montpellier/Université Paul Valéry Montpellier/EPHE) et au laboratoire Archéologie des sociétés méditerranéennes (CNRS/Ministère de la culture/Université Paul Valéry Montpellier).

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Réfeérence :
Forgotten Mediterranean calving grounds of gray and North Atlantic right whales: evidence from Roman archaeological records. Ana S. L. Rodrigues, Anne Charpentier, Darío Bernal-Casasola, Armelle Gardeisen, Carlos Nores, José Antonio Pis Millán, Krista McGrath, Camilla F. Speller. Proceedings of the Royal Society of London B, le 11 juillet 2018. DOI : 10.1098/rspb.2018.0961

Le besoin d’explorer l’inconnu

Depuis la nuit des temps les hommes ont été attirés par l’inconnu. Sur Terre ils n’ont eu de cesse d’aller au delà de l’horizon, de découvrir de nouveaux continents et d’autres formes de civilisations. Leur curiosité les a amené à explorer le moindre recoin de la planète. Ce désir de connaître et de repousser les limites du monde connu a modifié le cours de l’histoire de l’humanité. Il a été la source de drames mais aussi de bénéfices et de progrès pour nos sociétés. La conquête spatiale répond à ce même besoin d’explorer l’inconnu. Pour les hommes, fasciné depuis toujours par le ciel, l’exploration spatiale n’est pas qu’un exploit technique ou la recherche de nouvelles ressources minérales, elle contient une part de rêve. L’infiniment lointain s’adresse à notre imaginaire, il nous amène à réfléchir sur l’avenir de notre espèce et sur sa place dans l’univers. Qui ne s’est interrogé en levant les yeux vers le firmament étoilé ?

Nous savons aujourd’hui que la terre n’est plus au centre de l’Univers, que l’homme n’est qu’une espèce parmi d’autres et qu’il n’est pas la finalité de la création. Nous comprenons que les atomes qui composent notre corps proviennent de la matière fabriquée par les étoiles comme toutes les autres formes de vie. Treize milliards d’années après le big bang nous commençons à percevoir l’unité et la cohérence derrière l’extraordinaire diversité des éléments qui constitue le monde visible. Nous sommes partie d’un tout. A un degré ou à un autre nous sommes issus de poussières d’étoiles, parent des galaxies et des nébuleuses, des pulsars et des comètes.

Si la science progresse et nous éclaire sur l’univers qui nous entoure, elle reste néanmoins incapable de répondre à la question de savoir si cet univers est le fruit du pur hasard ou s’il est la matérialisation d’un dessein qui nous échappe. Notre monde a-t-il un sens ? Existe-t-il un au-delà ? Face à l’immensité du cosmos, science et spiritualité se côtoient pour tenter d’apporter des réponses aux questions métaphysiques que l’humanité se pose depuis toujours. Ce désir universel de comprendre l’univers et de l’explorer peut-il aujourd’hui faire de l’espace un lieu de fraternité pour l’espèce humaine?

» lire aussi l'espace rapproche les peuples sur futuroscopie.org , un magazine numérique du réseau OC-INFOS

Diminuer la taille des parcelles pour favoriser les pollinisateurs

L’agriculture intensive est l’une des principales causes de l’actuelle crise de la biodiversité, qui touche notamment les insectes pollinisateurs pourtant indispensables à la production de certains aliments. Une équipe internationale impliquant des chercheurs du CNRS (dont celle du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et de l’Inra vient de démontrer qu’un paysage agricole fait de parcelles plus petites augmente l’abondance des pollinisateurs, et par conséquent le transport de pollen et le succès reproducteur des plantes (nombre de graines produites).

Expérimentation de pollinisation dans un des paysages agricoles étudié. © Annika Hass

L’explication est simple : lorsque la taille des parcelles diminue, la densité de bordures de champs augmente mécaniquement, ce qui crée des sortes de corridors favorables au déplacement des insectes pollinisateurs. De manière contre-intuitive, l’étude montre aussi qu’une plus grande diversité de cultures n’est pas forcément favorable aux pollinisateurs notamment lorsque l’augmentation de la diversité est due à la présence de cultures intensives telles que la culture de maïs, peu favorables aux adventices et aux pollinisateurs.
Ces résultats sont basés sur des observations recueillies dans le cadre du projet Farmland dans 229 parcelles de 94 paysages agricoles dans quatre pays (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni), par des scientifiques de 15 laboratoires.

Aveugles sourds et muets…

Ne cherchez pas ! Ce sont les vers de terre…Très précieux alliés des jardiniers ou des agriculteurs. Ils digèrent les débris végétaux et enrichissent le sol en humus, et grâce à leurs galeries, aèrent la terre et limitent le ruissellement de l'eau. Et ils méritent vraiment qu’on s’intéresse à eux…

 

 
Lombricus Terrestris Montpellieris

 

Les 3 catégories de vers de terre

En fonction de leur mode de vie, de leur taille, de leur habitat, de leur comportement et de leurs ressources alimentaires les vers de terre se répartissent en trois grandes catégories : 

LES ÉPIGES

Ce sont des vers de surface et les plus petites espèces, ce sont eux principalement que l’on utilise pour le compostage particulièrement Eisenia Fétida et Eisenia Andrei.

 
Eisenia Fétida
 tigre rouge ou ver rouge de Californie


Eisenia Andrei
 ver de fumier, ou ver tigré

Ils vivent, surtout dans les prairies et les forêts, longueur 2 à 8 cm, durée de vie 1 à 2 ans. Ils n’ont que très peu de galeries, ils se nourrissent directement de matières organiques et de végétaux en décomposition ; ce sont entre autres des vers de compost Ils sont petits et fins, vivent à la surface du sol, au niveau de la litière rarement en dessous de 5 cm. Ce sont des décomposeurs.

On les trouvera également dans les excréments des grands herbivores ou dans le bois humide en cours de décomposition, Ils sont parfois utilisés de façon industrielle (épuration des eaux) et pour produire du « lombricompost » ou pour traiter les déchets ménagers (lombricompostage) ou vermicompostage, terme utilisé en Belgique et au Canada. Certaines espèces sont élevées pour servir d’appâts pour la pêche, entre-autre le Dendrobaena Veneta qui est un peu plus long, mais difficile à identifier.

Peu protégés, les épigés subissent une forte prédation qu’ils compensent par une fertilité élevée (42 à 106 cocons par adulte et par an). Quand la nourriture est abondante et les conditions climatiques favorables, ils peuvent se multiplier très rapidement. (Ils deviennent adultes en l’espace de 2 mois) Leurs cocons, qui résistent à la sécheresse, assurent la survie de l’espèce.

LES ENDOGES

Ils vivent dans leurs galeries horizontales entre 15 et 30 cm de profondeur dans la terre arable et ne viennent jamais à la surface. Ces vers mesurent de 4 à 18 cm et ont une durée de vie de 3 à 8 ans.  Ils se nourrissent de terre mélangée à la matière organique et vivent en permanence dans le sol généralement assez haut dans la zone racinaire des plantes. Ils représentent 20 à 50 % de la biomasse des terres fertiles .Ils ne sont pas pigmentés. Ils ont une fécondité moyenne de 8 à 27 cocons par adulte et par an.

En période de sécheresse ils tombent en léthargie (diapause) et on les trouve enroulés sur eux-mêmes. Les vers endogés présentent des modes de vie assez différenciés. Certains sont filiformes et s’installent le long des racines, d’autres forment des pelotes dans les couches profondes du sol, à proximité des drains, et filtrent l’eau dont ils séparent les particules organiques.

On en connaît aussi qui sont prédateurs d’autres vers de terre. Le corps du ver peut comporter jusqu’à 200 segments dont chacun est muni de poils courts (soies). Les muscles circulaires et  longitudinaux se trouvent sous la peau. S’il contracte les muscles circulaires, les muscles longitudinaux se relâchent et l’endroit concerné se rétrécit et s’allonge. C’est en alternant l’allongement et le raccourcissement des parties de son corps que le ver de terre rampe vers l’avant.

Pour s’enfoncer dans le sol, il enfile sa «tête» fine dans une étroite fissure, puis il contracte ses muscles longitudinaux, l’avant de son corps s’épaissit et écarte la terre. Les vers de terre peuvent déplacer de cette manière jusqu’à 60 fois le poids de leur corps, ce qui les propulse par rapport à leur poids parmi les animaux les plus puissants du monde.

LES ANECIQUES

(Dont le lombric commun fait partie) sont les plus grosses espèces.ils sont capables d’ingérer en moyenne 270 tonnes de terre à l’hectare et par an

D’une longueur de 15 à 45 cm Ils creusent des galeries verticales jusqu’à 6 m de profondeur Ils cherchent leur nourriture à la surface du sol puis la distribuent en profondeur grâce aux galeries verticales qu’ils creusent.Ce sont eux que l’on trouve lorsqu’on retourne la terre du jardin.

S’il n’y a pas de vers de terre dans votre jardin ce n’est pas bon signe…Les feuilles et les débris organiques qu’ils peuvent entraîner dans leurs galeries sont ingurgités avec de la terre. Les excréments sont déposés à la surface du sol sous forme de tortillons appelés aussi turricules. Des trois groupes ce sont eux qui ont la fécondité la plus réduite, soit de 3 à 13 cocons par adulte et par an.

En Europe tempérée les vers anéciques représentent 80 % de la masse totale des lombrics. Le plus grand vers anécique de la faune française est le Lombricus Terrestris. Ce ver de terre est rouge-brun à l’avant et plutôt pâle à l’arrière. On le trouve partout sur la planète: dans les prairies, les champs, les jardins et les forêts, où il perce dans le sous-sol des galeries presque verticales jusqu’à près de 2 mètres de profondeur.

Le verre de terre Lumbricus terrestris s’accouple quant à lui une fois par année en formant 5 à 10 cocons contenant chacun 1 œuf. Sa durée de vie va de 4 à 8 ans

Dans un prochain reportage nous aborderons
le compostage et le lombricompostage.

   

Les vers de terre se rencontrent dans tous les milieux excepté les déserts trop secs et les glaciers trop froids. Les vers de terre mesurent de 2 cm (pour l'espèce Nord-américaine Bimastos parvus) à près de 3 m (pour l'espèce australienne Megascolides Australis). Ils mesurent plus généralement de 5 à 30 cm.

Dans une prairie en système tempéré la biomasse lombricienne peut atteindre 22 % de la biomasse totale de l'édaphon (ensemble des organismes vivants dans le sol.)

Au 19ème et début du 20ème siècle, le ver de terre est plutôt considéré comme malfaisant. Dans les cours d’agriculture de l’abbé François ROZIER (botaniste et agronome français 1737–1793), un chapitre traite des aspects « nuisibles » de l’animal. Mais c’est Charles Robert DARWIN, naturaliste anglais (1809-1882) qui redonnera au ver ses « lettres de noblesse »

 

Les vers de terre n'aiment pas :

  • Les sols trop travaillés : le travail du sol, et en particulier le retournement de la terre, peut détruire les œufs (déposés généralement en surface) et les galeries ; les outils blessent les vers
  • Les sols nus (peu de débris végétaux donc peu de nourriture)
  • Les sols compactés (par le piétinement ou le passage de véhicules par exemple)
  • Les sols sableux, et/ou demeurant longtemps secs en été
  • Les sols très acides.

Les vers de terre n’aiment pas non plus les pesticides… (On trouve rarement des vers de terre dans les vignobles) 

 

Des études ont montré que les déjections des vers de terre sont, par rapport au sol environnant :

  • 5 fois plus riches en azote
  • 2 fois plus riches en calcium
  • 2,5 fois plus riches en magnésium
  • 7 fois plus riches en phosphore
  • 11 fois plus riches en potassium

LES INTESTINS DE LA TERRE

Apparus il y a 635 millions d’années les vers de terre actuels remontent au mésozoïque soit environ 200 millions d’années. Leurs ancêtres étaient des vers de vase et vivaient en eau douce. Et ils ont fait leur évolution principale au même moment que les plantes à fleurs, il y a environ 100 millions d’années. Il n’existe pas à ce jour de fossile de vers, seulement quelques empreintes laissées dans l’argile.

Entre - 384 et - 322 le philosophe Aristote déclarait que les vers de terre étaient « les intestins de la Terre". Animaux sacrés en Grèce et en Egypte ! Cléopâtre (-69-30 av. J.C.) avait même édicté une loi interdisant d’exporter les vers de terre. Accusés à tort au 18ème siècle de manger les racines des plantes ! C’était une erreur, car ils n’ont pas de dents !

L’ensemble des vers de terre représentent treize familles et près de  7000 espèces documentées, 400 en Europe et 150 en France. De très nombreuses variétés de lombrics sont d'ailleurs encore peu connues, surtout dans les régions tropicales. Certains vers de terre d’Amérique centrale et du Sud peuvent atteindre 3 mètres. Et les plus grandes espèces de vers se trouvent en Australie (Vers du Gippsland) qui atteint plus de 3 mètres, avec 3 cm de diamètre pour un poids de 500 gr.
Le Lumbricus terrestris mesure couramment de 9 cm à 30 cm de long et de 6 mm à 10 mm de large En France le plus grand ver de terre se trouve dans la région de Montpellier le Lombricus Terrestris Montpellieris, il peut atteindre 1.10m de long et peut creuser des galeries jusqu’à 5/6 mètres de profondeur Hélas il est en voie de disparition.
On dénombre de à 4 millions  de vers par hectare (dans une prairie Normande), eton estime à 1,2 tonne la moyenne par hectare en France pour cette biomasse lombricienne vive, constituée à 80% d’anéciques, 20 % d’endogés, et seulement 1% d’épigés. En Guadeloupe Marcel Bouché* estime à 7 tonnes par hectare la biomasse lombricienne.

Dans 1 m² de terre les lombriciens, représentent en moyenne 500 mètres de galeries creusées (5000 km pour un hectare) Ces nombreuses galeries permettent en cas d’inondation d’absorber jusqu’à 16 cm d’épaisseur d’eau par heure (sauf si le sol est bitumé ou bétonné !)Il suffit d’imaginer que pour un mètre cube de terre colonisée normalement par les vers de terre, c’est 900 mètres de galeries présentes ! Un kilo de vers remue environ 240 kg de terre par an. On estime la production de déjections annuelles (fèces) à 300 tonnes à l’hectare (30 kg au m²)

Si on pesait tous les vers de terre de la planète, ils seraient plus lourds que tous les autres animaux et humains de la planète réunis. En effet, on estime qu'ils représentent à eux seuls près de 80 % de la biomasse animale de la planète. Ce sont des animaux consommateurs dominant, et la biomasse animale la plus importante des terres émergées (environ 20 fois celle de l’homme) 

Ils sont devenus habitants de la terre à partir de la formation du sol, par l’interaction de la végétation, du climat et des roches primitives. L’évolution des vers a continué avec l’apparition des plantes. Les vers de terre appartiennent à de nombreuses espèces et, dans un milieu donné, on trouve facilement une dizaine d’espèces différentes, toutes hermaphrodites.

 LA VIE AMOUREUSE DES HERMAPHRODITES

Les vers de terre s’accouplent surtout au printemps et en automne. Ils sont hermaphrodites, c’est-à-dire qu’ils possèdent aussi bien des testicules que des ovaires. Les vers qui ont atteint leur maturité sexuelle se reconnaissent à un épaississement situé au tiers antérieur du corps, le clitellum.

Pour se reproduire, deux vers de terre se collent tête-bêche étroitement l’un à l’autre et échangent leur sperme. Ils forment ensuite autour du clitellum un anneau de mucus dont ils se dépêtrent ensuite lentement en y excrétant leurs œufs et leur sperme.

Une fois détachée, cette manchette de mucus forme un cocon gros comme une tête d’allumette. Après une période de quelques semaines à plusieurs mois, selon l’espèce, les jeunes vers de terre éclosent de cet «œuf».


Oeufs d'Eisenia avant et lors de l'éclosion

ALERTE AU PLATHELMINTHES TERRESTRES INVASIFS

Chercheur au muséum national d’histoire naturelle, le professeur Jean-Lou Justine a lancé un vaste appel à témoin via la presse et les réseaux sociaux pour tenter de mesurer l’ampleur de l’invasion en France des plathelminthes terrestres invasifs depuis 2013. Ces vers plats venus de l’hémisphère sud représentent une menace écologique majeur puisqu’ils se nourrissent de lombrics. Les témoignages recueillis par le professeur Justine lui ont permis de découvrir qu’en fait sept espèces différentes sont désormais présentes en France dont certaines ont colonisé des départements entiers.

Et parmi toutes ces espèces il en est une encore plus redoutable que les autres, le Platydemus manokwari. Celui-ci dévore les escargots puis il s’attaque à d’autres animaux « mous » : limaces, vers de terre… C’est un monstre qui n’a jamais été détecté en Europe jusqu’à présent. Or, il vient d’être découvert au jardin des plantes de Caen (Calvados). L’affaire est suffisamment grave pour que le professeur Justine publie un article dans une revue scientifique américaine et lance un appel à la mise en place de mesures pour éradiquer ce nouvel intrus (cliquez ici pour le consulter)

Georges Cantin

pour en savoir plus : vous pouvez vous procurer l’excellent livre de Marcel B. Bouché "Des vers de terre et des hommes " publié chez Acte Sud.

D'abord jardinier, puis chercheur et directeur de recherche, Marcel B Bouché, mondialement reconnu, s'est consacré aux études écologiques concrètes des vers de terre et à l'élaboration de techniques d'observation et de gestion-interprétation des connaissances rendant effectivement possibles les évaluations et valorisations environnementales de nos activités.

L’Institut Carnot ouvre son portail sur le web

Lancement d’une plateforme web dédié à la R&D en Chimie, Matériaux et Procédés
A l’occasion des Rendez-Vous Carnot 2017, évènement majeur de la R&D française, l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat met en ligne son nouveau site web. Un portail unique pour des projets R&D sur-mesure à destination des industriels.

http://www.carnot-chimie-balard-cirimat.fr/wp-content/uploads/2017/09/institut-carnot-chimie-balard-cirimat-slider-1.jpg  

www-carnot-chimie-balard-cirimat.fr : c’est à cette adresse que l’on trouve le site de l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat. Le site web s’adresse aux industriels à la recherche de solutions innovantes pour leurs projets R&D dans 5 domaines thématiques : Chimie et Procédés Durables , Énergie, Santé et Cosmétiques, Matériaux Haute Performance, Matériaux pour le transport.

Cette interface digitale doit permettre aux entreprises, TPE, ETI-PME ou grands groupes, d’accéder facilement et rapidement aux compétences des équipes de recherche et de prendre contact avec elles. Nos partenaires pourront également découvrir les équipements et plateformes haute technologie de l’Institut. À travers les « Success Stories », le site valorisera les travaux menés par les chercheurs et les partenariats fructueux développés avec les entreprises.

 La création du site s’inscrit dans un projet plus vaste de visibilité de l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat. L’Institut entend s’appuyer sur la communication pour gagner en notoriété et s’imposer auprès des industriels comme un partenaire de référence dans le domaine de la Chimie, des Matériaux et des Procédés.

 

L’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat est une structure de recherche partenariale labellsée par le Ministère de la Recherche. Créé en 2006, il regroupe plus de 600 personnels de recherche reconnus pour leur expertise dans le domaine de la Chimie, des Matériaux et des Procédés.
Ses unités mixtes de recherche du CNRS, des Universités de Montpeliier et de Toulouse et de l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier (ENSCM) apportent des solutions innovantes aux enjeux industriels.

 

Le Phasme Gaulois

Photo d’un Clonopsis gallica trouvé à Balaruc le vieux

Ils ne se remarquent pas, et pour cause ils ont un pouvoir de camouflage étonnant. Il s’agit des phasmes, et ici plus particulièrement du Phasme Français. Car cet insecte à 6 pattes que l’on trouve plutôt dans les régions tropicales du globe tel le Vietnam (avec le Medauroidea Extradentata), l’inde (avec le Carausius morosus), l’Afrique du sud, la Guyane ou l’Indonésie, mais savez vous que l’on peut trouver certaines espèces dans notre région ?
On les trouve surtout dans les massifs de ronces, de lierres Ils sont, en effet, très difficiles à apercevoir dans la nature par un œil non exercé, ils prennent la couleur de leur environnement. De plus ils ressemblent à de simples brindilles et vivent la nuit.
Il n’existe en France que 3 sortes de phasmes :

  • Le Bacillus rossius
  • Le Pijnackeria masettii anciennement Pijnackeria hispanica
  • Le Clonopsis gallica appelé aussi Phasme Gaulois.

Ce dernier est le plus courant des phasmes français, sa longueur totale (sans les pattes) est d'environ 70 mm
Le Clonopsis gallica est commun dans la moitié sud du pays jusqu’en Bretagne. Ce phasme vit à une faible hauteur, entre 1 et 2 mètres, surtout sur les rosiers sauvages les lierres et les ronces, mais on le rencontre aussi sur les genêts, les aubépines et les prunelliers. Les phasmes français ne boivent pratiquement jamais, ils utilisent simplement l'eau contenue dans les plantes qu'ils mangent.
Reproduction :
Fait important, chez les phasmes français il n'existe pas de mâle, il n'y a que des femelles. Celles-ci peuvent pondre des œufs fertiles (entre 50 et 600 œufs par ans) sans fécondation. Ce mode de reproduction asexuée s'appelle la parthénogenèse thélytoque, c'est à dire qu'une femelle seule ne donne naissance qu'à des femelles. La durée de vie d’un phasme est de l’ordre de 6 à 12 mois.
L'élevage de ces trois espèces est délicat, mais possible à condition de bien respecter quelques règles, et je vous recommande l’excellent site créé par Philippe Lelong sur les phasmes pour compléter ces informations :
http://www.asper.org/france/france.htm

Georges CANTIN

L'université de Montpellier à la pointe de l'innovation française

L’Université de Montpellier entre au très sélectif sélectif top 200 du Nature Index Innovation où elle occupe le 129ème ranf. Elle se positionne dans le trio de tête des établissements français, troisième derrière l’Université de Strasbourg et l’Université Paris - Descartes. et bien avant  l’ Université Paris - Diderot (150e) , le CNRS (151e), l’ Université Lyon - I Claude Bernard (154e) , l’ Université Paris - Sud (158e) , l’ENS (163e), l’AMU (164 e ), l’UPMC (170e), le CEA (172e) et l’ École polytechnique (186e).


Travail en laboratoireCet excellent résultat dans un classement qui s’intéresse à l’impact des avancées scientifiques fondamentales sur les grands défis sociétaux conforte la place obtenue par l’UM dans le palmarès européen des universités les plus innovantes élaboré par Reuters (15 e place). Les travaux de l’Université de Montpellier ont été les plus cités dans les disciplines suivantes :

  • Sciences de la Terre et de l’Environnement
  • Sciences du Vivant
  • Chimie
  • Sciences physiques

Montpellier université d’excellence

Le résultat de ce palmarès confirme l’ambition du projet d’I - SITE MUSE porté par l’Université de Montpellier aux côtés de 19 partenaires. A rticulé autour de 3 défis majeurs du XXIe siècle : nourrir, protéger et soigner, MUSE fait de la valorisation une de ses priorit és. Ce sont ainsi près de 180 partenaires qui soutiennent le projet (autres universités, industries, PME, collectivités, ONG...) dont cinq qui participent au pilotage du projet (la Banque Populaire du Sud, B rl, Horiba, InViVo, MSD France).
Le projet MUSE pré voit que laboratoires de renommée mondiale, plateformes technologiques de pointe, formations de haut niveau et entreprises régionales s’allient pour convertir l’intelligence en action, et la recherche en avancées sociétales. Le premier appel à projet MUSE « Soutien à la recherche 2017 » doté de 6 millions d’euros a été lancé le 7 septembre (cf. http://www.umontpellier.fr/universite/muse )

 

Le Nature Index Innovation

Ce classement est axé sur l’impact des recherche s académiques sur l’innovation. Il est fon dé sur la manière dont les articles scientifiques des établissements d’enseignement supérieur et de recher che sont cités dans les brevets. » Voir le classement du top 200

 

Le soleil de minuit

Une solution béton pour stocker l’énergie solaire à faible coût

 

VOSS
(Volant de Stockage Solaire)

Eclaté du Volant Energiestro

Le volant ENERGIESTRO est constitué d’un cylindre (1) capable de résister à une grande vitesse de rotation pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Un moteur/alternateur (2) permet de transférer de l’énergie électrique au volant (accélération) puis de la récupérer (freinage). Les paliers inférieur (3) et supérieur (4) sont des roulements à billes. Une butée magnétique passive (5) supporte le poids du volant. Une enceinte étanche (6) maintient le volant dans le vide pour supprimer le frottement de l’air. Un convertisseur électronique (non représenté) transforme la tension continue aux bornes du volant en une tension alternative haute fréquence pour le moteur/alternateur.

André Gennesseaux

Né en 1962, André est ingénieur des Arts et Métiers ainsi que de l’Ecole Polytechnique. En 1988, il commence une carrière de chercheur puis devient responsable de la recherche chez Total (filiales Hutchinson et Paulstra). Il travaille sur des projets concernant la réduction des nuisances des moteurs qui donnent naissance à 20 brevets dont plusieurs sont en exploitation aujourd’hui.
Avec sa femme Anne, il fonde Energiestro en 2001 avec pour objectif de développe la technologie du volant de stockage d’énergie pour réduire le coût du stockage trop élevé des batteries, et ainsi augmenter la pénétration des énergies renouvelables.

Son projet de volant de stockage solaire (VOSS) lui a permis d’être lauréate du Concours Mondial d’Innovation 2030.

 

   

Le prix des panneaux photovoltaïques a tellement baissé que l’énergie solaire est devenue moins chère que le nucléaire et les autres ressources fossiles. En plus, c’est une énergie non polluante et renouvelable.
L’énergie solaire est aussi extrêmement abondante : une surface carrée de panneaux photovoltaïques de 500 km de coté dans le Sahara permettrait d’alimenter la planète entière en électricité.
Alors, pourquoi n’est-elle pas notre ressource principale pour produire de l’électricité, pour nous chauffer, pour nous éclairer ?  André Gennesseaux, le fondateur de la start-up « Energiestro » nous en  donne la raison :  l’intermittence du flux solaire. L’énergie solaire arrive de façon concentrée au milieu de la journée, quand l’intensité du soleil est la plus forte. En revanche, notre consommation d’énergie est régulière. La nuit, on a besoin de lumière et de chaleur.  Pour utiliser de grande quantité d’énergie solaire, le stockage est indispensable. Les batteries ne peuvent répondre au problème comte tenu de leur coût élevée et de leur faible durée de vie : elles ne dépassent pas quelques milliers de cycles et n’aiment pas les températures extrêmes.
La solution est celle des volants d’inertie, ces cylindres qui tournent à grand vitesse pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Leur énorme avantage sur les batteries est qu’ils ont une durée de vie illimitée  mais leur matériau habituel (acier spécial ou carbone) est très cher.
André Gennesseaux, avec sa société Energiestro, a réussi ,pour la première fois, à utiliser le béton, matériau très économique pour réaliser le VOSS : VOlant de Stockage Solaire.La fabrication d’un VOSS ne nécessite aucun matériau toxique ou stratégique comme le plomb, le cadmium le  lithium qu’on trouve dans les batteries.

source :www.energiestro.fr

L’association de panneaux photovoltaïque et de VOSS produit une énergie renouvelable, disponible nuit et jour, à un prix inférieur à celle issue du nucléaire et des autres ressources fossiles..

Applications potentielles.

  • Le stockage et le lissage des énergie renouvelable intermittentes
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source : TedxParis/YouTube

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L’audition des premières baleines

L’organe auditif des premières baleines, les protocètes, vient d’être reconstitué virtuellement par des paléontologues de l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE). Ces cétacés aujourd’hui éteints, étaient, malgré des moeurs essentiellement aquatiques, pourvus de membres postérieurs leur permettant de se mouvoir sur la terre ferme. La reconstitution virtuelle de leur cochlée, l’organe siège de l’audition, suggère que leurs capacités auditives étaient très différentes de celles de leurs cousins actuels.

Les protocètes, « baleines à pattes » disparues il y a 38 millions d’années, ont aujourd’hui laissé place à deux grands groupes de cétacés qui diffèrent considérablement par leur mode de communication et leurs capacités auditives. Les mysticètes, baleines à fanons, sont sensibles aux basses fréquences et émettent des infrasons pour communiquer sur de très grandes distances. Au contraire, les odontocètes, baleines à dents, produisent des ultrasons utilisés pour l’écholocalisation.

Jusqu’ici, deux hypothèses s’opposaient concernant la mise en place de ces capacités auditives remarquables : l’une proposait que l’ancêtre commun des cétacés soit sensible aux infrasons, l’autre qu’il le soit aux ultrasons. Dans une étude publiée le 8 juin 2017 dans Current Biology, Mickaël Mourlam et Maeva Orliac, paléontologues à l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE), proposent un nouveau scénario évolutif de la mise en place des capacités auditives des cétacés.

En utilisant la micro-tomographie à rayons X, les chercheurs ont extrait virtuellement le moulage 3D de la cochlée, l’organe siège de l’audition, à partir de restes crâniens fossilisés de protocètes. Ces derniers, vieux d’environ 45 millions d’années, provenaient d’une mine de phosphate du Togo et étaient conservés dans les collections de l’Université de Montpellier. Cette étude montre que la forme et les caractéristiques de la cochlée des cétacés protocètes différent nettement de celles des deux grands groupes actuels de cétacés. Cela implique que la spécialisation vers les infrasons et les ultrasons est intervenue au sein des cétacés modernes après la séparation historique entre les mysticètes et les odontocètes.

Les capacités auditives des protocètes étaient finalement proches de celles de leurs cousins ongulés pleinement terrestres : ils n’étaient vraisemblablement sensibles ni aux ultrasons, ni aux infrasons. Cette absence de spécialisation suggère que les protocètes n’utilisaient pas l’écholocalisation et, contrairement aux baleines actuelles, ne communiquaient pas sur de longues distances grâce à des basses fréquences, ce qui est en accord avec leur habitat préférentiel supposé, proche des côtes. Selon le nouveau scénario évolutif proposé, l’ancêtre commun des cétacés ne présentait pas non plus de spécialisation auditive : ses capacités couvraient une gamme de fréquence optimale à la fois sur terre et dans l’eau correspondant à son mode de vie amphibie.

Ces découvertes soulignent l’importance de l’étude des premiers cétacés pour comprendre l’adaptation à la vie aquatique chez ce groupe de mammifères hors-normes. En effet, les protocètes nous permettent d’obtenir une image plus précise de l’histoire évolutive des cétacés, qui s’avère plus complexe que celle proposée jusqu’alors. Jusqu’à présent les chercheurs ont pu documenter l’oreille de deux des trois espèces retrouvées au Togo. Ils espèrent, lors de leur prochaine mission en décembre, mettre la main sur un fossile qui leur permettra d’explorer l’oreille de la troisième.


Figure 1
: illustration du modèle 3D de la cochlée de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164, vue ventrale), une des espèces de protocète du Togo. © M. J. Orliac
Figure 2 : os pétreux isolé de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164), une des espèces de protocète du Togo et reconstruction in situ du moule de la cochlée (en rouge vif) visible au travers d'un rendu transparent de l'os pétreux (vue ventrale). © M. J. Orliac
Figure 3 : portrait d'un protocète du Togo © illustration M. J. Orliac d'après une reconstruction du crâne réalisée par Róisín Mourlam.

Bibliographie
Infrasonic and Ultrasonic Hearing Evolved after the Emergence of Modern Whales, Mickaël J. Mourlam et Maeva J. Orliac, Current Biology, 08 juin 2017. DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.061