Bâti & architecture

Opération de nettoyage du Fort de Brescou

Par les bénévoles de l’association « Les Amis du Fort de Brescou ».

Créée en  mars 2012, l’association « Les Amis du Fort de Brescou » compte à ce jour 250 membres et elle s’est donné pour but premier d’aider à la restauration du Fort de Brescou. Elle est issue de la passion d’hommes et de femmes amoureux de la mer et du Fort de Brescou, et ce sous l’impulsion de Jean-Louis Guggisberg, le président de l’association.
Elle participe tout naturellement à la recherche de financements et ce dans le cadre de la souscription lancée par la ville d’Agde le 1er mars 2016. L’association n’entend pas se substituer à la ville, à qui le fort appartient depuis 2005, mais l’aider en étant force de proposition.

Les travaux à réaliser sont considérables mais sans attendre leur lancement, les membres de l’association se sont retrouvés au fort pour un nettoyage des herbes folles et des grilles et barrières métalliques laissées depuis quelques années sur le site.  Les bénévoles ont été accueillis par Sébastien Frey, 1er adjoint et Chargé du Développement du Territoire, Urbanisme et Grands Travaux. Une bonne trentaine sont venus passer leur journée à déblayer et à entasser tout ce qui n’a pas lieu d’être à l’intérieur de l’édifice. Les services de la mairie d’Agde auront, par la suite, la tâche de rapporter à terre ces éléments indésirables.

Le nettoyage s’est déroulé dans une ambiance très conviviale avec la visite du maire de la ville, M. Gilles d’Ettore venu les encourager et les remercier pour leur participation à cette tâche que certains, sous un franc soleil de juin alors que d’autres sont à la plage, pourraient qualifier d’ingrate.
« C’est une journée très importante car cela démontre que ce fort suscite l’adhésion et on le voit aujourd’hui avec tous ces bénévoles de l’association. Je suis venu en ma qualité de maire les encourager et les remercier car tout cela préfigure de gros travaux ici-même.  Je suis très fier de tout ce qu’ont réalisé les bénévoles pour la sauvegarde du fort ».
Christine Antoine, chargée du Patrimoine à la ville d’Agde, résume ainsi les progrès sur ce dossier concernant cette restauration : « Dès le 15 juin nous allons choisir l’architecte du patrimoine qui va devoir gérer la réhabilitation et les premiers travaux à engager pour consolider les remparts de l’édifice qui sont assez dégradés par la houle et les coups de mer. Nous pensons que les travaux devraient commencer dès l’an prochain avec le soutien de l’Etat, de la Région et de l’Europe.  A ce jour, la souscription a permis la collecte de dons à hauteur de 47.000 euros ».

La Fondation du Patrimoine fait aussi partie de la logistique mise en place pour trouver des financements pour la réhabilitation de ce monument emblématique de la cité. Il est à noter que le Fort de Brescou a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Rappelons que la somme de 6,2 millions est nécessaire pour cette réhabilitation. Il est encore possible de devenir acteur de cette sauvegarde.

Comment faire un don pour sauver le Fort de Brescou ?
-Par courrier à Fondation du Patrimoine Languedoc-Roussillon – 2 bis rue Jules Ferry – 34000 Montpellier.
1. Paiement par chèque en libellant son chèque à l’ordre de « Fondation du Patrimoine – Fort de Brescou ». Le reçu fiscal sera établi à l’attention de l’émetteur et envoyé à l’adresse figurant sur le chèque.
2. Paiement en espèces en indiquant ses coordonnées auxquelles sera adressé le reçu fiscal.
-Par internet, en faisant un don en ligne sur le site internet sécurisé de la Fondation Patrimoine, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Des bons de souscription sont disponibles à l’accueil de l’Hôtel de Ville Mirabel, dans les mairies annexes ainsi qu’à l’Office de Tourisme (Bulle d’accueil du Cap d’Agde et ses annexes du centre-ville ou du Grau d’Agde).

Association « Les Amis du Fort de Brescou »
3 Rue de la Haye – 34300 Agde – 06 24 38 48 10 - www.amisfortbrescou.fr

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La Villa Laurens

(Un entretien avec M. Laurent Félix, responsable de la Conservation du Patrimoine à la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée).
Lorsqu’Emmanuel Laurens hérite du domaine en 1897, la maison familiale est certes confortable et cossue mais pas extravagante comme elle l’est devenue plus tard. Mais le nouveau propriétaire veut faire de sa demeure quelque chose d’unique. Pour y parvenir il va dépenser sans compter et son temps et son argent. Les premiers travaux débutent en 1898 et ils dureront trois ans. L’extérieur n’est guère changé mais tous ses efforts se portent sur l’intérieur qui subit de profondes modifications avec des décors de style égyptien et une bonne part d’orientalisme, le tout agrémenté de mobilier moderne fabriqué sur commande (réalisé par Léon Cauvy). Les goûts d’Emmanuel Laurens le portent vers l’Art Nouveau et ils s’entourent alors d’artistes résolument modernes qui pour la plupart sont devenus ses amis.
« Dès que l’on pénètre dans la villa, et ce malgré l’état de dégradation du décor mural, on est vraiment dans une villa antique théâtralisée, on est vraiment dans un décor de théâtre, une folie qui fait penser à Pierre Loti avec cet univers mâtiné d’orientalisme, de voyages, et d’antiquités. Nous avons encore aujourd’hui sous nos yeux la vision d’un autre art de vivre ». (dixit Laurent Félix qui est en charge des recherches sur l’histoire de la villa Laurens)
Depuis l’achat par la commune d’Agde en 1994, le service du patrimoine de l’agglomération a entrepris de nombreuses recherches sur des archives liées au domaine. Le fonds de documents initial a « disparu » et a été emporté par les anciens propriétaires, c’est-à-dire toutes les archives personnelles d’Emmanuel Laurens Quand ils ont vendu à la commune, les anciens propriétaires ont vendu sans le mobilier. Grâce à des aides de l’Etat une partie de ce mobilier a pu être acheté mais le contenu ne faisait pas partie de la vente, les écrits et tout l’acquis d’une vie, celle d’Emmanuel Laurens, ont « disparu » à la vente de la villa.
Une partie du mobilier est actuellement visible au musée agathois Jules Baudou. Il a été acheté par la ville d’Agde et déposé au musée en attente de son retour dans la villa. En 2001, la ville a acquis du mobilier réalisé par le même artiste, Léon Cauvy, qui pourra s’intégrer dans la villa.
« Il y a trois modules au sein de la villa, tout d’abord le salon de musique (restauré), le corps de bâtiment central et l’appartement privé. C’est cet appartement privé qui est appelé à devenir un espace de reconstitution, de l’univers d’Emmanuel Laurens, à partir de la documentation que nous possédons ».
« Dans le reste de la villa, il n’est pas envisagé de le meubler mais de refaire les peintures murales, ce qui sera un gros travail passionnant car aucune pièce ne ressemble à une autre aussi bien sur le support que sur les motifs. Concernant l’escalier central qui est un endroit « phare », des colonnes en céramiques, représentant des éléphants, ont été rachetées par la communauté d’agglomération ».
« L’idée aujourd’hui c’est d’ouvrir toute la villa au public. Nous sommes actuellement en train de travailler sur les flux, les parcours du public. Le but sera d’ouvrir sur son aspect historique mais aussi de concevoir un projet culturel qui engloberait outre la visite du monument historique mais aussi un questionnement sur l’Art et sa pratique. C’est ça qui est très important et sur lequel nous travaillons actuellement ».
« Aujourd’hui tous les corps de métier ont été déterminés pour les 14 lots de cette restauration. Concernant les peintures murales, pas mal d’étapes de conservation préventive ont été réalisées. Les menuisiers vont aussi prochainement intervenir pour déposer la porte et le plancher doit être prochainement pris en charge ».
Le salon de musique dédié à Louise Blot, cantatrice et épouse d’Emmanuel Laurens, a fait l’objet d’un programme de réhabilitation dès 2007. Après 7 années de travaux, l’auditorium a été ouvert au grand public lors des Journées du Patrimoine en 2014.
La durée du chantier de restauration va s’échelonner jusqu’à fin 2019. Après les fondations et les planchers, les travaux concerneront les peintures murales.
Pour le jardin proprement dit, une étude paysagère est en cours de réalisation dans le cadre de la requalification du quartier de la gare qui prendra en compte le domaine de Belle-Isle et l’ensemble de la zone avec aussi le port fluvial.
Au cours de tout cet entretien et lors de la visite de la villa nous avons pu sentir que Laurent Félix est passionné par son travail et qu’il continue ses recherches avec un certain succès.
« Quelques archives refont petit à petit surface et des découvertes sont encore réalisées. Le fonds initial est encore récupérable et nous y travaillons. Mais surtout nous travaillons et nous valorisons ce que l’on possède déjà par des écrits, par des études scientifiques et par des recontextualisations historiques et même artistiques.
D’ici la fin de cette année (2017) nous allons proposer une très belle étude à l’appui de nouvelles documentations, de nouvelles photographies.
J’ai retrouvé encore de nouvelles informations concernant le propriétaire Emmanuel Laurens que nous allons remettre en forme pour le publier et qu’ainsi tout un chacun puisse se le réapproprier ».
« Agde-infos » s’efforcera de suivre la suite de cette restauration.

« Agde-infos » adresse un grand merci à Mr Laurent Félix pour son accueil et sa disponibilité ainsi qu’aux membres de la société CORREA.

Photos de la villa : Janet L. Clark

Jean-Marc ROGER.

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L'abbaye de Valmagne magnifiée



 

En  août les propriétaires de l'Abbaye de Valmagne proposent des "Son et lumière" pour que les visiteurs puissent découvrir ce merveilleux monument historique en nocturne et mieux s'imprégner des siècles qui ont permis à ce site de perdurer, en ressentant la sérénité du lieu ainsi qu'en percevant le côté hors du commun de cette Cathédrale des Vignes, dédiée à "Marie", de son cloître et de sa cour d'honneur.
Une bien belle découverte architecturale tout d'abord : Un édifice dont les surfaces bâties (avec les étages) sont de l'ordre de 2 Ha avec plusieurs milliers de M2 de toit. Des pierres qui proviennent des anciennes carrières de villages voisins (Loupian-Mèze), des clefs de voûte à 25 m de haut...
Et que dire de l'histoire de cet édifice de plus de 900 ans qui a su tenir debout malgré les guerres,  les brigands et aussi la Révolution Française.
Jusqu'à 200 moines ont séjourné à Valmagne tandis que ses vignes et ses terres atteignaient presque Béziers. Des campagnes et des édifices encore "debout" dépendaient de son autorité.
Si l'abbaye fut édifiée au XIIème siècle sur les fondations d'une église romane, précédée certainement par une grande villa romaine, c'est une majestueuse abbatiale de style gothique. C'est en 1138 que Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers, fonda l'Abbaye de Valmagne sur la commune de Villeveyrac, prés de Mèze et de l'étang de Thau dans le Languedoc Roussillon. Du 12ème siècle au début du 14ème elle fut l'une des Abbayes cistercienne les plus riches du sud de la France.

Abbaye bénédictine lors de sa fondation, Valmagne se rattachera, dès 1159, à l'ordre de Cîteaux, deuxième réforme des Bénédictins, et dès lors observera la règle morale, mais aussi architecturale qui avait été définie par St Bernard.
Après une période d'expansion et de richesse, l'Abbaye fut confrontée à la Guerre de Cent ans et aux Guerres de Religions.
Très endommagée, l'Abbaye n'eût pas trop des deux siècles suivants pour retrouver sa splendeur primitive. Mais la révolution vint fondre sur une Abbaye où la décadence s'était déjà installée. Les derniers moines s'enfuirent en 1789 et Valmagne fut saccagée.
 Confisquée comme bien national, l'Etat ne garda pas cet édifice et M. Granier-Joyeuse en fera l'acquisition en 1791. Après sa mort, ses héritiers s'en débarrassèrent. L'Abbaye fut rachetée le 29 juillet 1838 par le Comte de Turenne et ne fut jamais revendue. Les propriétaires actuels sont les descendants du Comte de Turenne. L'abbaye fut classée Monument Historique en 1947 et n’a cessé de faire l’objet de travaux de restauration, elle est ouverte aux visites depuis 1975. Actuellement le vignoble représente 58 hectares de vignes.

L'église actuelle, de style gothique classique, reconstruite en 1257, 24.5m de haut et 83m de long, fut convertie en chai après la Révolution.
Le charme de la fontaine du cloître, la pureté de la salle capitulaire avec sa voûte d'arête surbaissée d'ogives, la taille de cet édifice majestueux font de Valmagne un des monument historiques prestigieux du Languedoc Roussillon, siège de nombreuses animations culturelles.

Entre le charme florentin du cloître, la salle capitulaire avec sa voûte en anse de panier, et sa fontaine vraiment unique, la majestuosité de l'abbatiale s'imposera à vous.
Pour en savoir plus :  http://beta.valmagne.com/ 

et  wikipedia.org/wiki/Abbaye_Sainte-Marie_de_Valmagne

La Villa Laurens et la restauration du Salon de Musique.

 
Plus d'un siècle après sa construction, le château Laurens retrouve de sa splendeur d'antan.


Grâce au soutien de nombreux acteurs institutionnels (la Région, la DRAC, la CAHM, le Département et bien sûr la ville d'Agde propriétaire de la Villa) le Salon de Musique a pu retrouver tout son lustre.

A la suite d'un appel à concurrence publié le 23 mai 2013, il a été choisi, parmi les candidatures de 35 artistes, un des projets proposé par des artistes contemporains. Contemporains car à l'époque de la construction, Emmanuel Laurens était très engagé dans les courants artistiques des années 1900, disons de style Art Nouveau.

La proposition des artistes Ida Tursic et Wilfried Mille a été retenue.Leur projet, qui s’intitule «Blow Up», comprend 11 panneaux de bois peint et sérigraphié, sur lesquels, en filigrane, motifs floraux et motifs picturaux révèleront ou cacheront des images du XXème siècle ».
Le public qui s'est présenté lors des Journées Européennes du Patrimoine ont admiré leur travail et leur admirable réalisation.

Après cette première étape de la restauration, le reste du château sera lui aussi restauré dans les années à venir et ainsi la ville d'Agde et les agathois pourront se réapproprier ce lieu si étonnant et si chargé de mystère.
Pour en savoir : www.agglo-heraultmediterranee.net/categories/patrimoine

Jean-Marc Roger


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