Sciences

L'appareil digestif : le tube de l'année

6ème journée de l'innovation en diabétologie

L'Université de Montpellier organise le mercredi 6 février la 6ème journée de l'innovation en diabétologie dans l'amphithéâtre du CHU Lapeyronie, 119 avenue du Doyen Gaston Giraud à Montpellier.

 

Diabète:
un problème de santé publique

A en croire les dernières statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 360 millions de personnes dans le monde souffrent du diabète. Chaque année, plus de 3 millions de personnes en meurent ; et l’Organisation annonce un doublement de la mortalité d’ici 2030. Face à l’urgence, les chercheurs se mobilisent pour mieux comprendre les mécanismes d’apparition de la maladie et concevoir des thérapies innovantes.

Lab Work

   


Ce symposium mobilisera les meilleurs spécialistes du domaine, chercheurs et cliniciens, tant académiques qu’industriels, venant de toute la France et de l'étranger.
Quatre sessions sont au programme :

  • Nutriments et métabolisme
  • Homéostasie métabolique
  • Microbiote : mécanisem d'action
  • Microbiote : modulation

» programme détaillé

Lancement du premier dictionnaire scientifique d’agroécologie !

Un dictionnaire scientifique, libre, gratuit, participatif et accessible à tous : telle est la définition de cet outil innovant et original ! Issu d’un dispositif de veille territoriale né à l’Inra de Toulouse, le dictionnaire d’agroécologie définit les contours sémantiques de ce domaine pour permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Denmark
nature
Sunflower
 

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire répond aux besoins du citoyen, de l’agriculteur, des acteurs du développement des chercheurs pour comprendre le sens de chaque terme aujourd’hui couramment utilisé par les différents acteurs investis dans ce domaine.

Né d’un dispositif de veille territoriale en région Occitanie
Depuis 2013, les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives, issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, sont collectées, analysées puis validées. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 termes qui ont été capitalisés à partir de l’observation et l’analyse des réalités du terrain et de l’expertise de scientifiques de différentes disciplines : agroécologie, agronomie, sciences de gestion, écologie, zootechnie, économie, sciences des organisations, géographie.

Expertise et validation par un comité scientifique
Chaque entrée du dictionnaire est rédigée par un expert scientifique. Certaines définitions associent des étudiants ingénieurs de l’Ecole de Purpan.
Lors de séminaires mensuels, les définitions sont mises en débat au sein d’un comité d’experts favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Ce projet de dictionnaire est adossé à un projet scientifique, ATA-RI* issu du Programme pour et Sur le Développement Régional.

Un dictionnaire accessible à tous et participatif !
Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteurs et aux infographies. Il est une ressource pédagogique conçue pour apporter à un large public des définitions claires rédigées et validées par la recherche.

Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement.

» Accéder au dictionnaire

Chicxulub

un cratère unique pour mieux comprendre les surfaces planétaires

Il y a 66 millions d’années, la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatán (Mexique) aurait mis fin au règne des dinosaures. Elle créait aussi le cratère d’impact de Chicxulub, le seul cratère connu sur Terre à posséder encore un anneau central, alors que ce type de structure est fréquent à la surface de nombreux objets du Système solaire. Pour ces différentes raisons, et bien que le cratère soit enfoui sous plusieurs centaines de mètres de sédiments, les scientifiques du monde entier sont prêts à tout pour percer ses secrets. L’expédition IODP/ICDP 364, réalisée par une collaboration internationale1 impliquant notamment une chercheuse CNRS du laboratoire Géosciences Montpellier, publie ses premières analyses dans la revue Science du 18 novembre 2016 : les 835 mètres de carottes récupérées permettent pour la première fois de retracer l’histoire des roches lors de la formation de ce type de cratère.


Plateforme de forage
©LeBer@ECORD_IODP

Vue des carottes prélevées lors de l’expédition
© lofi@ECORD_IODP 

L’expédition IODP/ICDP 364 a débuté par deux mois de forage en mer, d'avril à mai 2016, à bord du L/B Myrtle. Cette première phase de la mission a permis, grâce à un forage en eaux peu profondes, de récupérer 303 carottes de grande qualité (de sédiments et d’impactites2) et près de 6 km de données de puits cumulées. Ces données ont été analysées par une équipe internationale d’une trentaine de scientifiques, dont quatre provenant des laboratoires français : les premiers à pouvoir découvrir les roches formant l’anneau central d’un cratère d’impact.
C’est en effet la première fois qu’un forage est réalisé dans l’anneau central (ou « peak ring ») d’un cratère d’impact météoritique. Le peak ring est une structure circulaire constituée de monts souvent discontinus, localisés à l’intérieur de grands cratères. Fréquemment observées à la surface des corps silicatés du Système solaire tels que la Lune, Mercure ou Vénus, ces structures topographiques sont le sujet de nombreux débats quant à leur formation et n’avaient, jusqu'à présent, jamais été échantillonnées.
Les chercheurs ont notamment découvert que l’anneau central est majoritairement constitué de roches granitiques, mélangées à de la roche fondue, qui ont été non seulement choquées mais aussi déplacées de plusieurs kilomètres vers la surface lors de l’impact. Ces roches sont également traversées par des zones de cisaillement. Leur analyse montre que le choc a généré des flux verticaux et réduit la densité dans la croûte terrestre. La nature des roches qui forment l’anneau central du cratère de Chicxulub et leurs caractéristiques physiques permettent ainsi de confirmer l'un des modèles de formation de ces structures dit « par soulèvement dynamique suivi d'un effondrement ». Ces résultats sont les premiers d’une longue série qui lèveront une partie du mystère de ce type de cratère, depuis leur rôle dans la géologie des planètes jusqu’à leur impact sur le climat. Les chercheurs espèrent par ailleurs déterminer si une vie microbienne, ancienne ou moderne, a pu se développer dans les roches du peak ring. Source : www.cnrs.fr

Les racines des plantes perçoivent les inondations et y répondent

On savait déjà les racines des plantes capables de percevoir séparément de nombreuses propriétés du sol (disponibilité en eau, en nutriments et en oxygène), sans comprendre comment elles intègrent les variations simultanées de ces différents signaux pour y réagir de manière adaptée. Des chercheurs du CNRS et de l’Inra viennent de découvrir un mécanisme permettant à la plante d’ajuster son statut hydrique et sa croissance en fonction des conditions d’inondation des sols. Publiés le 15 septembre 2016 dans la revue Cell, leurs travaux décrivent comment les racines perçoivent de manière conjointe la teneur en potassium et en oxygène du sol afin de moduler leur capacité à absorber l’eau. Outre leur importance fondamentale, ces résultats permettent d’envisager une optimisation de la tolérance des plantes cultivées aux inondations.


http://www.devbio.biology.gatech.edu/wp-content/uploads/2014/04/a.thalianaWIKI.jpgCela ne se voit pas au premier coup d’oeil mais la croissance et la survie des plantes reposent largement sur leurs racines, dont les ramifications dans le sol permettent d’y prélever l’eau et les nutriments nécessaires. Ces activités souterraines requièrent de l’énergie et donc une respiration intense des racines, qui utilisent l’oxygène présent dans les cavités du sol. En cas d’inondation, l’oxygène, qui diffuse mal dans l’eau, vient à manquer, générant un stress sévère pour les racines et la plante. En conséquence, la perméabilité à l’eau des racines de nombreuses plantes est réduite. C’est ainsi que les plantes poussant dans un sol inondé voient parfois leur teneur en eau réduite, et leurs feuilles flétrir – un paradoxe bien connu des agronomes.
En utilisant différentes lignées de la plante modèle Arabidopsis thaliana, des chercheurs du Laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes de Montpellier (CNRS/Inra/Université de Montpellier/Montpellier SupAgro) et de l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra/AgroParisTech/CNRS) ont identifié un gène qui contrôle la perméabilité à l’eau des racines, sous l’influence conjointe des teneurs en oxygène et en potassium du sol. Nommé HCR1, il réduit l’entrée d’eau dans les racines quand l’oxygène fait défaut… mais uniquement quand le sol est aussi riche en potassium, un sel minéral indispensable à la croissance des plantes. De fait, ces conditions sont favorables à une meilleure récupération une fois l’inondation passée. Aussi, le gène HCR1 déclenche toute une série de réactions métaboliques de « survie » qui contribuent à la résilience de la plante. Lorsqu’elle retrouve un sol oxygéné, la plante réhydrate ses feuilles et croît davantage que si elle avait été précédemment privée de potassium.
Outre leur intérêt fondamental, ces recherches ouvrent des perspectives importantes en agronomie. L’utilisation de l’eau par les plantes et les performances des racines sont des cibles cruciales pour les sélectionneurs de variétés cultivées. Mais dans la nature, les plantes ne sont jamais exposées à un seul stress ; aussi les sélectionneurs s’intéressent-ils aussi aux capacités des plantes à résister aux contraintes multiples de l’environnement. L’identification d’un mécanisme reliant disponibilité en oxygène, teneur en minéraux et perméabilité à l’eau des racines est donc une avancée importante pour l’agronomie. Ce mécanisme représente une cible prometteuse pour de futurs travaux dans le domaine de l’amélioration des plantes.

Bibliographie
A potassium-dependent oxygen sensing pathway regulates plant root hydraulics, Zaigham Shahzad, Matthieu Canut, Colette Tournaire-Roux, Alexandre Martinière, Yann Boursiac, Olivier Loudet, Christophe Maurel. Cell, 15 septembre 2016. DOI : 10.1016/j.cell.2016.08.068.
Contacts Chercheur CNRS l Christophe Maurel l T +33 (0)4 99 61 20 11 l Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lancement du projet "Popstar"

Le projet « Popstar » vient d'être lancé à l'Ifremer. Il a pour but d'étudier l'état physiologique des poissons migrateurs en Méditerranée, associé à leurs déplacements collectifs, en développant un système innovant de marquage électronique de nouvelle génération. Testée sur le thon rouge, la marque sera plus petite, moins chère et capable d'acquérir une grande gamme de données biologiques et environnementales. Objectif : identifier les zones d’alimentation et de reproduction du thon rouge, et mieux gérer son exploitation en étudiant les variations de ses réserves de gras au cours du temps. Cette espèce, observée du ciel par survols aériens réguliers, le sera maintenant sous l’eau grâce à la future marque électronique « Popstar ». Une opération de marquage d'un banc entier de 200 spécimens est déjà programmée en Méditerranée au cours de l’été 2019... source Ifremer

Les joies de la géologie.

La géologie ou science de la terre, n’est pas un monument de rigueur ; sans rivaliser avec Gilles Lapouge, le poète géographe, on peut l’appréhender d’une manière plaisante. Par ses aspects spectaculaires, on peut même passionner un auditoire, ce fut le cas pour les 40 personnes venus écouter Dominique Coërchon sur ce thème ce vendredi 8 avril à la médiathèque de Florensac..

 Parmi les faits marquants, il y a par exemple un magnifique modèle d’inversion de relief à St Thibéry : le volcan Ramus qui sommeille depuis 650 000 ans a eu des moments de folie au cours desquels il répandit sa lave dans un vallon, et comme le basalte solidifié est très résistant, les collines environnantes se sont érodées plus vite et maintenant, ce qui était une vallée est devenue une colline, aujourd’hui de magnifiques orgues basaltiques dominent le village. Cet exemple local d’inversion de relief est commun dans les zones volcaniques, ce n’est pas un auvergnat comme moi qui dirait le contraire.

 Un autre aspect pittoresque de l’hydrographie peut s’illustrer avec notre facétieux fleuve Hérault ; depuis des millénaires ce capricieux cours d’eau a serpenté entre Pézenas et Florensac, il a ainsi laissé derrière lui des bras morts, le domaine de l’Ile qui ne l’est plus et, très récemment, cette formidable crue de 1996 reste gravée dans nos mémoires, cette année-là, à St Joseph et à Caillan, la nature a montré son horreur de l’angle droit ; cette fois-là le fleuve, faisant fi des digues qu’on lui avait imposées, est allé tout droit, ravageant tout ; l’homme avec ses gros moyens techniques et sa rancune tenace l’a méchamment remis dans son lit, solidement bordé ! Rendez-vous à la prochaine crue…

Dans la catégorie perturbations hydrographiques graves, il fut bien sûr question du méandre recoupé de la Vis, qui donna l’imposant Cirque de Navacelles. Plus au Nord, la pauvre Meuse qui perdit ses affluents principaux l’Aire et la Moselle, à cause de la Meurthe et l’Aisne qui coulaient gentiment parallèlement et en contrebas, d’innocents ruisseaux qui, comme toute rivière, subissent la loi géologique du recul de source, sont allés capturer la Moselle et l’Aire, sans que la Meuse endormeuse n’eût rien à y redire. Au seuil de Toul, on en parle encore, pauvre Meuse !

Inversion de relief, méandres recoupés, captures de rivière, la géologie ne manque pas d’exemples spectaculaires, c’est une science qui n’est pas impressionnée par les millions d’années. Elle peut donner à l’homme quelques leçons de philosophie, il pourrait se demander ce qui restera de lui, de sa belle civilisation, de ses cathédrales médiévales dont il est si fier, ses pyramides d’Egypte qu’il croit défier le temps, rien ? une strate dans les dépôts alluvionnaires ?…  et personne pour les voir, dans les années futures, y aura-t-il un géologue pour les analyser ? …

Dominique Coërchon

 

L'hippocampe et son ADN

photo: Sophie Falloud


Nicolas Bierne


Florentine Riquet 

 

Par un jour du mois de mars ayant lu sur un réseau social que l'on recherchait, pour une étude, des spécimens d'hippocampes, je me suis rendu à la Station Marine de La Plagette à Sète. Là, une petite équipe de recherche rattachée à l'ISEM (Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier) réalise cette étude.
Le projet sur l'hippocampe a été financé par un prix Chercheur d'Avenir 2011 de la région Languedoc-Roussillon, un prix décerné à Nicolas Bierne, directeur de recherche au CNRS. J'ai aussi pu y rencontrer Florentine Riquet, Post Doctorante du LabEx CeMEB, Université de Montpellier.
Outre la curiosité qui m'animait j'y venais aussi pour apporter l'unique hippocampe (sec) en ma possession. Un hippocampe « familial » en provenance de l'Atlantique.
Mon spécimen, identifié sous le nom d'Hippocampus guttulatus ou hippocampe moucheté, fut donc pris en charge par Florentine Riquet qui m'expliqua la suite des opérations.

Après avoir réalisé un léger découpage de sa nageoire dorsale, il y aura l'extraction de son ADN afin de rechercher les différences génétiques entre les différents spécimens collectés depuis le début de cette étude.
Cette équipe travaille actuellement sur des individus vivants, le but étant de séquencer des fragments d'ADN qui sont différentes d'un individu à l'autre et ce sont ces différences qui sont informatives et donc intéressantes. Le principe est identique pour les individus « secs ».

La première étape de cette recherche a concerné 292 hippocampes mouchetés répartis sur 24 sites géographique. Depuis la recherche s'est orientée vers le séquençage de 96 individus ainsi qu'un mâle tunisien et sa progéniture (112 juvéniles). Cette « petite famille » va aider à déterminer la diversité génétique transmise par le père.
Localement, c'est à dire sur le Bassin de Thau, le laboratoire travaille en liaison avec le CPIE Bassin de Thau et avec d'autres associations pour ce qui est des prélèvements dans l'étang.
Les prélèvements qui sont réalisés sur des animaux vivants sont effectués lors de plongées dans l'étang de Thau. Que l'on se rassure, il a été constaté que les animaux n'étaient pas affectés par ce prélèvement et que la nageoire repoussait chez la grande majorité des animaux prélevés.

Florentine Riquet travaille en génétique des populations d'où l'intérêt de cette étude qui court sur plusieurs années. Les différences entre individus permettent de déterminer la structure génétique des populations. Dans cette équipe les chercheurs travaillent sur la spéciation.
La spéciation est, en biologie le processus évolutif par lequel de nouvelles espèces vivantes apparaissent.
Mais ensuite les problématiques sont assez différentes car pour les individus vivants il est recherché la structure génétique contemporaine alors que pour les individus « secs » les chercheurs tentent de retracer l'histoire en remontant le temps. Afin de se procurer des hippocampes secs il a déjà été fait appel au don des particuliers. Plus d'une centaine de spécimens ont ainsi été collectés à ce jour.
La plupart proviennent de l'étang de Thau et leur âge varie de 5 ans à 80 ans, le plus vieux étant de 1935.
Sur cette quantité les ¾ viennent de l'étang de Thau, une dizaine de spécimens proviennent de la mer (la Méditerranée dans son ensemble) et 2 à 3 proviendraient de Tunisie. Désormais il y en a 1 de l'Atlantique (le mien).

Lors de l'étude sur les 292 hippocampes il a été déterminé qu'ils étaient issus de la même espèce morphologique mais, par contre, génétiquement ils étaient issus de 4 espèces.
A l'heure actuelle, d'autres lagunes (à Leucate et une en Espagne) sont ou seront explorées (dont une lagune italienne) afin de déterminer si la lagune de Thau est spéciale ou pas.
Le spécimen « blanc » que Florentine tient dans sa main provient de l'étang de Thau, il aurait 35 ans et il aurait été pêché dans les années 80.

A l'heure actuelle la petite équipe est toujours prête à recevoir de nouveaux spécimens « secs » apportés par des particuliers. Si vous souhaitez confier vos hippocampes, il vous est toujours possible de joindre les chercheurs. Pour cela contacter Nicolas Bierne ou Florentine Riquet au 04 67 46 33 75 ou par e-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Point important, il est à noter qu'ils vous seront restitués après étude.

Un grand merci à Florentine Riquet pour son accueil et pour l'aide apporté à la rédaction de cet article.

Jean-Marc Roger

 

photo: Sophie Falloud

Expirer en inspirant

Le comportement anormal d’un matériau nanoporeux

Véritables éponges high-tech de l’infiniment petit, les matériaux nanoporeux permettent de capturer et libérer de manière contrôlée les composés chimiques, gaz ou liquides. Une équipe franco-allemande comprenant des chercheurs de l’Institut de recherche de Chimie Paris (CNRS/Chimie ParisTech) et de l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/ENSCM)1 a mis au point et décrit un de ces matériaux au comportement totalement contre-intuitif, le DUT-49. Lorsque la pression augmente pour faire entrer davantage de gaz dans un échantillon de DUT-49, celui-ci se contracte subitement et libère son contenu comme si, au cours d’une inspiration, les poumons se rétractaient et expulsaient l’air qu’ils contiennent. Publiés le 6 avril 2016 sur le site de la revue Nature, ces travaux permettent d’envisager des comportements innovants en science des matériaux.

La capture de molécules toxiques dans l’air ambiant, le stockage de l’hydrogène ou la libération ciblée de médicaments… Autant d’applications qui peuvent faire appel à des matériaux nanoporeux flexibles. Ces matériaux utilisent la grande surface déployée par leurs pores pour capter et stocker les molécules de gaz ou de liquide : c’est le phénomène d’adsorption2. Leurs pores peuvent ainsi adsorber des quantités impressionnantes de produits, s’agrandissant dans la limite de leur flexibilité.

Une équipe franco-allemande a conçu un nouveau type de matériau nanoporeux : le DUT-49. Formé par auto-assemblage d’un squelette carboné et d’atomes de cuivre, sa structure est à la fois organique et métallique. Il se présente sous la forme d’une poudre incroyablement poreuse : la superficie interne3 d’un seul gramme de ce matériau couvre 5000 m². Le DUT-49 est ainsi capable d’adsorber l’équivalent du tiers de son poids en méthane. Tout comme les autres matériaux « intelligents » de sa famille, ses propriétés changent selon les stimulations extérieures, comme la pression, la température ou la lumière. Si l’on augmente la pression lors de la capture d’un gaz, on augmente à la fois la quantité de gaz adsorbée et, dans le cas le plus courant, la taille des pores du matériau. La très grande flexibilité du DUT-49 provoque cependant un phénomène imprévu : alors que le matériau se remplit de gaz jusqu’à une certaine pression, il va se contracter brutalement et voir son volume diminuer de moitié si la pression continue d’augmenter

Les chercheurs ont d’abord cru à une erreur d’instrumentation, car aucun autre des millions de matériaux connus qui adsorbent les gaz ne se comporte ainsi. Ce phénomène « d’adsorption négative » a pourtant bien été confirmé par des mesures complémentaires et l’équipe est parvenue à en décrire le mécanisme. Les molécules de gaz stockées dans les pores du DUT-49 établissent des interactions fortes avec la structure de ce solide ce qui, selon la quantité de gaz adsorbée, perturbe la disposition des atomes qui le composent et finit par provoquer sa contraction. Testé avec le butane et le méthane, ce comportement caractéristique du DUT-49 serait généralisable à d’autres composés gazeux.

DUT-49 rejoint les récentes découvertes de matériaux aux propriétés physiques « anormales », comme ceux à expansion thermique négative qui se contractent lorsqu’ils sont chauffés. Ce résultat ouvre un grand champ d’étude dans la compréhension des matériaux poreux flexibles et permet d’envisager des comportements innovants en science des matériaux. Il pourrait ainsi conduire à développer des interrupteurs et des capteurs à échelle nanométrique. Le dégonflement du matériau correspond en effet à une réponse forte à un petit évènement, déclenché à partir d’une valeur seuil facilement détectable.

source : CNRS

Ces nouveaux immeubles qui purifient l’air

The Manuel Gea González Hospital in Mexico City
l'hôpital Manuel Gea González à Mexico

Le projet Sapphire à Berlin (source : libeskind.com)

Il y a une cinquantaine d’années les chercheurs de l’université de Tokyo furent les premiers à travailler sur des matériaux capable de photosynthèse c’est-à-dire de se comporter comme les plantes : absorber du CO2 pour rejeter de l’oxygène et de la vapeur d’eau.
Depuis cette idée a fait son chemin et la technologie a progressé pour sortir du laboratoire et devenir une réalité concrète.

C’est ainsi qu’à Mexico, une des villes les plus polluées au monde, les murs de l’hôpital Manuel Gea González « mangent le smog » selon l’agence Bloomberg. Construit en 2013,  les façades de l’hôpital sont recouverts de dioxyde de titane spécialement traité pour épurer l’atmosphère. Les émissions nocives, en provenance de voitures par exemple, sont alors emprisonnées et transformées en eau et en gaz carbonique.

A Berlin,  le cabinet d’architecte Daniel Libeskind vient de présenter le projet d’un complexe immobilier en plein centre ville futuriste. Les 73 appartements prévus sont spacieux et présentent des larges baies angulaires vitrées qui laissent entrer la lumière naturelle et donnent du volume et de l’espace. Le toit est un patio paysagé avec une vue imprenable sur la ville. Mais si le design est d’avant-garde, les matériaux utilisés le sont plus encore puisqu’ils incorporent des panneaux céramique, qui purifie l’air et élimine  l a pollution

Ces dalles développées par société Casalgrande Padana en collaboration avec le groupe japonais Toto, sont capables, en présence de lumière solaire, de réduire les polluants présents dans l’air. Elles sont également auto-nettoyantes car elles décomposent les saletés déposées en surface qui sont ensuite éliminées par l’action naturelle de l’eau de pluie.

Le pays de Thau qui est déjà en avance sur la qualité de l'air grâce à son partenariat avec Air LR devrait suivre ces développements. On pense en particulier au grand projet de l’aménagement de l’entrée Est de Sète  dont les enjeux sont multiples (économie, habitat, environnement ou encore identité culturelle) pour les 20 ans à venir.

L’efficacité de la cure thermale de Balaruc démontrée

L’Etude Aqua Vena Temporis à Balaruc-les-Bains : des résultats démontrant scientifiquement l’efficacité de la cure thermale

Les Thermes de Balaruc-les-Bains démontrent l’efficacité de la cure thermale sur les pathologies liées à l’insuffisance veineuse grâce à l’Etude Aqua Vena Temporis. Cette étude clinique prospective observationnelle, menée en 2014, durant toute la saison thermale, décrit l’amélioration des signes et symptômes de 420 patients insuffisants veineux au cours et au décours d’une cure thermale avec un suivi à 6 mois.

Menée par une CRO indépendante Dijonnaise dirigée par Mr le Professeur François-André Allaert, (Chaire d’Evaluation Médicale de Ceren ESC Dijon) et Vincent Crebassa, coordinateur de l’étude, médecin vasculaire et phlébologue à la Clinique du Millénaire de Montpellier, cette étude est unique en France.

Les résultats de cette étude montrent le bénéfice important apporté par la cure thermale de Balarucles- Bains tant sur la symptomatologie fonctionnelle liée à l’insuffisance veineuse que sur ses manifestations physiques objectives et sur la qualité de vie des patients. De surcroît, ses effets perdurent dans le temps et apportent un soulagement durable aux patients

 

Innovation thermale

Unique en France, un nouveau procédé d’application de boue thermale Après 5 ans de recherches, les Thermes de Balaruc-les- Bains ont développé un nouveau procédé d’application de boue : le lit de diffusion de boue thermale.

Récompensé au congrès de l’ESPA (European Spas Association), le 21 mai 2015 en Pologne, dans la catégorie « innovative thermale water spa » puis le 26 novembre 2015 par l’association Française des Techniques Hydrothermales. Uniquement Balaruc-les-Bains a d’ailleurs breveté ce procédé.

Chaque lit de diffusion, sur lequel le curiste est installé, dispose de buses de distribution, en forme de petites cornes, qui versent la boue sur les articulations à traiter en fonction de la prescription médicale. L’argile naturelle sélectionnée est stockée aux thermes dans deux silos. Elle est ensuite mélangée à l’eau thermale suivant les proportions définies. La composition de la boue a été améliorée avec une proportion plus importante en eau thermale (72,8%). Une fois le mélange eau thermale et argile réalisé, la boue thermale est envoyée dans des cuves de distribution où elle est maintenue à 42°C jusqu’au démarrage du soin. « L’efficacité thérapeutique de l’application de boue de Balaruc-les-Bains a été améliorée, assure le Dr Desfour, président de l’Association des médecins thermaux de Balaruc-les-Bains, car la température est maintenue à 42°C durant les 13 minutes de soin, alors qu’elle pouvait retomber à 30°C au cours de l’enveloppement pratiqué traditionnellement avec des cataplasmes. »

Chiffres clés de la boue thermale

  • 5 ans de recherche
  • 99 % des curistes en rhumatologie bénéficient du lit de diffusion de boue 20 000 tonnes de boues mélangées par jour
  • 112 cabines équipées
  • Un soin à 42°C
  • 72,8 % d’eau thermale dans la nouvelle boue 
 

Monsef Benkirane reçoit la Médaille d’argent du CNRS

Mardi 12 janvier 2016, au GENOPOLYS (141 rue de la cardonille à Montpellier) Monsef Benkirane, directeur de recherche CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine, recevra à Montpellier la Médaille d’argent du CNRS. Cette médaille distingue un chercheur pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux, reconnus sur les plans national et international. En France, 17 chercheurs sont lauréats de la Médaille d’argent du CNRS pour l’année 2015.

Monsef Benkirane
Guérir le Sida plutôt que le soigner par trithérapie en éradiquant le réservoir viral. Tel est l’ambitieux objectif des recherches menées par Monsef Benkirane.

Ses travaux ont permis d’élucider plusieurs étapes clés de l’infection par le VIH mais aussi de comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans la régulation de la transcription du virus.

La carrière de ce scientifique est jalonnée de plusieurs articles précurseurs dans le domaine de la virologie moléculaire. Dans une étude publiée dans Science, en 2007, il démontre le rôle de la machinerie cellulaire de petits ARN dans le contrôle de la réplication virale. Quatre ans plus tard, sa découverte d’un facteur de restriction capable de bloquer la réplication du VIH dans les cellules humaines lui vaut un article dans Nature. En 2014, il montre dans un article publié dans Cell que les protéines de réparation de l’ADN sont utilisées par le VIH pour échapper au système immunitaire.
À l’origine de trois brevets, ses recherches ont été distinguées, en 2012, par le Grand prix Jaffé de l’Académie des sciences.
Il est actuellement directeur de l’Institut de génétique humaine à Montpellier.